Scare enflamme L’Anti : Une soirée de hardcore métallique inoubliable @ Festival Phoque OFF
Scare déchaîne L’Anti pour le lancement de « In The End, Was It Worth It? »
Il était temps de remettre les pieds à L’Anti depuis ses récentes rénovations. Samedi dernier, dans le cadre du Festival Phoque OFF, je suis partie en mode découverte du groupe de hardcore métallique Scare, qui célébrait la sortie de son nouvel album « In The End, Was It Worth It? ». J’apprécie particulièrement les petites salles comme celle-ci, où l’intimité et la proximité avec les artistes créent une expérience unique. L’Anti, avec sa rénovation acoustique significative, ses jeux de lumière dynamiques et son plafond noir, a rendu le spectacle encore plus immersif
Silvasolum : une introduction introspective et progressive
En ouverture de soirée, Silvasolum a offert une performance empreinte d’atmosphère. Le quatuor, mené par Guillaume Campbell (guitare et voix) et Charles-Eric Beaulieu (guitare et voix), a présenté un métal progressif expérimental, alternant habilement moments de calme et de puissance brute. Leur musique, influencée par le post-métal et le doom, a créé une ambiance immersive avec des passages à la fois aériens et pesants.
La setlist, puisée dans leur album éponyme, révélait une maîtrise de la dynamique dans la construction des morceaux. J’ai été particulièrement séduite par leur capacité à créer des atmosphères contrastées, passant de la contemplation à la lourdeur doom avec une fluidité remarquable. Pour moi, c’était une véritable découverte, un avant-goût intrigant et prometteur. Fred Tremblay (batterie) et Robin Chanon (basse) complètent ce quatuor. Malgré la qualité de leur prestation, l’ambiance est restée relativement contenue, le public réservant son énergie pour l’explosion hardcore de Scare.
Pour découvrir leur univers sonore, leur album est disponible sur leur page bandcamp : https://silvasolum.bandcamp.com/album/silvasolum.
Scare : un assaut sonore dévastateur
Dès que les premières notes ont déchiré l’air, la scène s’est transformée en un champ de bataille sonore. Scare a déversé un torrent de hardcore métallique, chaque riff étant un coup de poing dans l’estomac. Philip Roy, comme un fauve enragé, a projeté sa voix écorchée sur la foule, déclenchant un mosh pit tourbillonnant.
Le groupe a puisé dans son arsenal de dix années de rage musicale, entremêlant savamment les hymnes de leurs albums précédents et les nouveaux morceaux de « In The End, Was It Worth It? ». Chaque morceau était une épreuve pour les tympans, une déflagration de puissance brute. Les titres « Thrash Melrose » et « Crowned In Yellow » ont frappé comme des uppercuts, leurs riffs acérés et leur rythmique implacable s’ancrant dans nos esprits.
Philip Roy, possédé par une force indomptable, n’a laissé aucun répit à l’audience. Il a escaladé le comptoir du bar, surplombant la foule, et a délivré une performance digne d’un exorcisme.
Avec « In The End, Was It Worth It? », après plus de 10 ans, Scare confirme encore son statut de figure de proue de la scène hardcore québécoise. Leur musique résonne parfaitement avec les angoisses de notre époque.
Un album ancré dans l’angoisse moderne
La puissance brute du live m’avait laissée curieuse. Une fois sortie de L’Anti, l’écoute intégrale de « In The End, Was It Worth It? » s’imposait. Cet album, succédant à « Not Dead Yet, Probably… » (2019) et à l’EP « Congratulations On Your Death » (2021), s’inscrit dans la continuité d’une exploration des angoisses contemporaines.
Dès les premières mesures, l’album m’a plongée dans un maelström de rage et de désillusion. C’est le cri d’une génération confrontée à l’incertitude, à la complexité d’un monde en perpétuelle mutation. À travers treize titres incendiaires, Scare dissèque les tourments de notre époque : l’anxiété qui ronge, la colère qui gronde, la désillusion qui tenaille. Pourtant, au cœur de cette obscurité qui nous malmène, un mince fil d’espoir persiste, comme une lueur qui refuse de s’éteindre.
L’expertise de Ryan Battistuzzi, derrière les consoles au studio Le Stuzzio, transparaît dans la richesse sonore de l’album. L’alchimie entre la voix écorchée de Philip Roy, les riffs acérés de Gabrielle Noël-Bégin (dont je connaissais le talent dans un tout autre contexte grâce à Margaret Tracteur), la basse de Jon Fillion, d’une précision chirurgicale, et la batterie de Xavier Laprade, d’une puissance destructrice, tissent une expérience d’écoute saisissante.
Le groupe sera en tournée à travers le Québec dans les prochaines semaines. Ne manquez pas l’occasion de les voir en concert et de découvrir l’intensité de leur nouvel album.
Tournée à venir :
- 28/02/2025 B7— Montréal, QC
- 01/03/2025 Petite Boite Noire — Sherbrooke, QC
- 14/03/2025 Café du clocher — Alma, QC
- 15/03/2025 Paradox — Saguenay, QC
Pour précommander l’album :
Pour suivre le groupe :
- https://linktr.ee/scareqc
- https://scareqc.bandcamp.com
- https://www.instagram.com/scaremusic
- https://www.facebook.com/scareqc
Photos et critique : Sandra Léo Esteves