Le 3 mars 2026, Peaches faisait escale au Théâtre Rialto dans le cadre de sa tournée No Lube So Rude. La soirée s’est ouverte avec le groupe new-yorkais Model/Actriz, dont la prestation abrasive et physique a rapidement mis la salle en condition. Entre rythmiques tendues et présence scénique nerveuse, le groupe a préparé le terrain pour l’arrivée de Peaches, alors que le parterre du Rialto se remplissait d’un public visiblement prêt pour l’expérience performative qui a fait sa réputation depuis plus de vingt ans.

Lorsque les lumières se sont éteintes, le spectacle a pris la forme d’un mélange frénétique mais minutieusement orchestré de concert électro-punk et de performance théâtrale. Entourée de danseurs et d’accessoires volontairement absurdes — dont plusieurs structures gonflables et une série de changements de costumes — Peaches a enchaîné un répertoire mêlant classiques et nouveaux titres tirés de son prochain album No Lube So Rude, son premier en plus d’une décennie. Des pièces comme « Not In Your Mouth None Of Your Business »« No Lube So Rude » ou « Fuck Your Face » se sont imbriquées avec des incontournables tels que « Fuck the Pain Away »« Operate » et « Boys Wanna Be Her », le tout livré avec ce mélange caractéristique d’humour provocateur, de confrontation et d’énergie brute. Le rythme du spectacle ne retombait pratiquement jamais, Peaches naviguant constamment entre meneuse de cérémonie, performeuse et participante active à la chorégraphie collective.

Ce qui frappait surtout, au-delà des provocations et de l’esthétique volontairement déjantée, c’était à quel point le spectacle paraissait vivant malgré des moyens relativement modestes. Avec une petite équipe, quelques danseurs totalement investis, des accessoires gonflables et une scénographie soigneusement structurée, Peaches transformait le Rialto en espace de performance vibrant. Là où bien des productions d’aréna reposent sur une débauche d’écrans et d’effets pyrotechniques, ce spectacle démontrait qu’une idée forte, une direction artistique claire et un engagement physique total peuvent suffire à créer une intensité bien plus palpable. Au final, la soirée montréalaise ressemblait moins à un simple concert qu’à une véritable performance vivante : chaotique, ludique et pleinement assumée.

Journaliste et Photographe: Thomas Mazerolles