Category: Hellfest Open Air Festival 2016

Black Sabbath, Megadeth, Slayer, Ghost, … @ Hellfest Open Air Festival 2016 - Jour 3

Ghost

Ghost

Dimanche 19 juin – Dimanche… le réveil est plus difficile que la veille et, comme chaque année, on se dit « dimanche ? déjà ? ». Le temps passe à une vitesse folle lorsque l’on vit sur la planète Hellfest. Le rythme marathonien des deux premiers jours et le manque de sommeil évident se font sentir mais il faut s’activer car il est déjà 10h30. Pour les premiers groupes que je voulais voir (Corrosive Elements et Lecherous Gate) c’est raté ! J’arrive finalement sur le site vers 11h30, le soleil est présent et je file directement me placer devant la Mainstage 1. De là, je regarde un peu la prestation de Nightmare mais je suis surtout impatiente de voir Municipal Waste.


ARTHEMIS (10:30-11:00 // Main Stage 2)


RAVENEYE (11:05-11:35 // Main Stage 1)


ALEA JACTA EST (11:05-11:35 // Warzone)


LECHEROUS GAZE (11:40-12:10 // Valley)


MUNICIPAL WASTE (12:15-12:45 // Main Stage 1)

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Fan inconditionnelle de thrash metal et de ses dérivés, Municipal Waste est évidemment, pour moi, une référence. C’est pourtant l’une des formations que je loupe systématiquement ! Aujourd’hui je vais ENFIN pouvoir me rattraper.
Originaire de Virginie, la bande menée par le vocaliste Tony Foresta (Iron Reagan) est composée du guitariste Ryan Waste (BAT), de Land Phil (Iron Reagan,Cannabis Corpse) à la basse et Dave Witte (Publicist UK, Brain Tentacles) à la batterie. Le guitariste Nick Poulos (BAT) est récemment venu rejoindre cette fine équipe. Les américains sont connus pour distiller un thrash crossover ultra catchy à la fois plein d’humour et engagé. Dire qu’ils affichent leurs idées politiques serait un doux euphémisme étant donné le thème choisi pour cette tournée. C’est bien un dessin de Donald Trump en train de s’exploser la cervelle qui domine la scène. Une image choc qui fait mouche mais certainement pas débat.
12h15… L’intro retentit, le public s’est amassé, les membres de Municipal Waste sont attendus de pied ferme et déboulent acclamés par la foule. Nous rentrons dans le vif du sujet avec les titres percutants que sont Unleash the Bastards et Mind Eraser, dans le pit la réaction est immédiate, les spectateurs s’agitent instantanément. Du pur thrash crossover à l’américaine dont les rythmiques punk, riffs mélodiques et thrashy doublés de touches hardcore bien pugnaces, ont un effet plus que vivifiant, parfait pour se réveiller. Tony excelle dans son rôle de frontman, hyperactif doté d’une bonhomie naturelle et communicative, il prend clairement plaisir à se produire sur scène et amuser la galerie. On remarque une belle complicité entre les zicos, ultra souriants, ils arpentent la scène en jouant avec enthousiasme. Dans le public, une vague de crowed surfers se forme pendant que d’autres s’adonnent aux circle pit, pogos et headbanging, stimulés par les entraînantes You’re Cut Off, Beer Pressure ou encore Toxic Revolution. Instant bref mais intense avec I Want to Kill the President et son éloquente variante I Want to Kill Donald Trump, un message fort délivré de la meilleure façon possible: en musique et avec humour et qui fera, bien évidemment, rire l’assemblée. Encore quelques titres histoire de bien se chauffer les cervicales en cette belle matinée: Terror Shark, Bangover… Nous nous égosillons sur Sadistic Magician avant un final plutôt inattendu. En effet, alors que Municipal Waste annonce Born to Party, justement bien décidé à prolonger les festivités, la régie coupe le son… et oui le timing est déjà écoulé… La bande est priée de quitter la scène au grand regret des spectateurs. Les thrasers nous auront régalés avec un excellent show. Pour moi ce n’est que partie remise, je retrouve le combo quelques semaines plus tard en tête d’affiche. Hihaaaaa !

Je rejoins ensuite Anaëlle pour partager avec elle la divine prestation de Fallujah dont nous sommes toutes deux friandes. Je les avais vus à Toulouse, pour elle c’est une première alors c’est elle qui vous raconte. Puis, nous nous déhancherons un peu devant Skálmöld, toujours aussi bon en live ! Je me dirige ensuite vers les Mainstages.


FALLUJAH (12:50-13:30 // Altar)

Après un très bon moment passé avec Municipal Waste, je me précipite sous la tente pour un changement d’ambiance radical. Je ne voulais pas rater ce set de Fallujah, surtout après avoir écouté leur – très bon – dernier album Dreamless. Les cordes des guitares de Brian James et Scott Carstairs vibrent, Alex Hofmann derrière son micro se met également en route. Le chanteur crache ses poumons, les amplis crachent des décibels, le public est déjà captivé. Rob Morey à la basse et Andrew Baird à la batterie ont pour mission d’apporter un peu de brutalité à ce petit monde déjà bien violent… Et ils s’en sortent avec aisance. Le groupe enchaîne les morceaux avec de plus en plus d’entrain, chauffés par le bon accueil des festivaliers. Le son passe plutôt bien mais reste très agressif, desservant le côté « ambiance Â» bien lourde qui fait partie de l’univers du groupe. J’attends impatiemment de pouvoir les revoir en salle, pour une énergie encore un peu plus monstrueuse. D’ailleurs, piqûre de rappel pour les toulousains : le 22 novembre au Metronum ils jouent lors du Impericon Never Say Die ! Faites-moi le plaisir d’aller y mettre un peu de bazar. Ce set m’a tout simplement transporté, ces petits sont excellents. La journée s’annonce prometteuse !


DEATH ALLEY (12:50-13:30 // Valley)


VINTAGE TROUBLE (13:35-14:15 // Main Stage 1)

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J’arrive devant la Mainstage 1, le public est plutôt dense et les membres de Vintage Trouble sont en pleine action. Je ne m’étais pas précipitée car, eux aussi, je les avais déjà vus.
Un des points forts du Hellfest Festival Open Air, c’est sa programmation diversifiée. Il est évident que pour les éclectiques les choix sont souvent difficiles, mais cela permet aussi de découvrir d’autres styles. C’est le cas de Vintage Trouble, groupe alliant rythm & blues et rock’n’roll, venu de Californie. Inconnu en France, VT a su marquer les esprits en brillant aux côtés d’AC/DC l’an dernier. Leur show avait été vraiment très bon, c’est donc un plaisir de retrouver les gentlemen souriants toujours vêtus de leur beaux costumes. C’est Richard Danielson, caché derrière sa batterie, qui donne la cadence, soutenu par les vrombissements de la basse jouée par Rick Barrio Bill qui ne cesse de se déhancher. Les riffs bluesy sont délivrés par Nalle Colt, ahhhh ce joli son de Gibson…que c’est bon ! Que serait Vintage Trouble sans son incroyable frontman, le fougueux Ty Taylor (qui rappelle par moment un certain James Brown) ? Une véritable bête de scène au sourire éclatant, toujours à courir de part et d’autre de la scène, encourageant la foule à bouger et taper dans les mains. Les notes envoûtantes de Run Like a River résonnent, l’ambiance est aussi bonne sur scène que sur la pelouse. Le chanteur viendra, comme à chaque fois, se mêler aux spectateurs avant de regagner la scène en surfant sur les bras tendus. Vintage Trouble nous aura offert un très bon moment, tant sur le plan musical qu’humain. Ces musiciens passionnés et généreux remportent tous les suffrages, nous les reverrons, c’est certain…


SKALMOLD (13:35-14:15 // Temple)

Je change de tente pour, encore une fois, changer radicalement de délire. Sortez les haches et les peaux de bêtes, on va voir les vikings, les vrais, ceux qui viennent d’Islande et qui font de la musique de guerriers. Skalmöld, c’est six musiciens aux noms totalement imprononçables et qui se proposent de nous transporter dans le temps avec des rythmes épiques, des accents folks, une langue venue d’un autre monde et une énergie folle. Les garçons ouvrent sur Innras, le public est déjà assez compact devant la scène et l’ambiance monte rapidement. Dès les morceaux suivants, au hasard Fenrisulfur ou l’ultra épique Meo Drekum, les fans sautillent frénétiquement dans tous les sens. Il faut dire que le style folk metal du groupe se prête à cette ambiance de fête. Les morceaux pourtant bien sombres en enregistrement résonnent aujourd’hui avec légèreté. Les musiciens apportent beaucoup à cette ambiance, ils ont l’air de s’éclater là-bas sur scène et tout ça en déballant une maîtrise de la technique et des rythmes assez folle. L’ambiance est au rendez-vous, en même temps comment faire la tête devant un vrai groupe de vikings ? Le set se termine sur le faussement traditionnel Narfi, suivi du très hollywoodien Hefnd et finalement avec le tolkienien Kvaoning. Ça nous a emporté loin tout ça mais, il est temps de redescendre sur terre. Une dernière salve d’applaudissements et c’est parti, malgré mes coups de soleil et ma déshydratation grandissante – non, la bière ça n’hydrate pas les enfants – il faut retourner en plein cagnard.


DRAGONFORCE (14:20-15:00 // Main Stage 2)

Le soleil est haut au dessus de Clisson, les déjà cultes DragonForce montent sur scène. Le public est venu nombreux pour les applaudir, en même temps il faut les avoir vus au moins une fois dans sa vie. Herman Li et Sam Totman font rugir les guitares, Vadym Proujanov tapote ses touches avec entrain, Gee Anzalone maltraite frénétiquement sa batterie, Marc Hudson essaie de se faire entendre au dessus de tout ce bruit et notre Frédéric Leclercq national s’éclate sur sa basse. Les garçons enchaînent des morceaux toujours plus épiques les uns que les autres dans une ambiance bonne enfant Holding On, My Spirit Will Go On, Heroes of Our Time, Cry Thunder. Il faut rentrer dans le style « toujours plus Â» du groupe, ça va avec le côté épique de la chose. Je trouve ça sympathique pour délirer sur deux ou trois morceaux mais je me lasse assez rapidement. J’admire toutefois la performance, les titres sont exécutés correctement, ça pêche un peu au niveau de la voix de Marc mais rien de catastrophique. J’ai l’impression que les fans du groupe sont assez nombreux pour prendre leur pied à ma place et je préfère observer tout ça de loin. Je ne suis pas assez dedans et je vais passer à autre chose, ce qui ne m’empêche pas de respecter ce qui se passe sur scène.


NO ONE IS INNOCENT (15:05-15:45 // Main Stage 1)

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POWER TRIP (15:05-15:45 // Warzone)

Après le gentillet blues/rock de Vintage Trouble, il est temps de repasser aux choses sérieuses et de revenir aux basiques avec une petite dose de violence à base de thrash crossover. C’est une Warzone clairsemée que je rejoins , une majorité de festivaliers, en bon chauvins qu’ils sont, préférant assister au concert de No One is Innocent. Pas de doute quant à moi, ce sont les texans de Power Trip (et pas Powertrip) que j’attends.
Un album est prévu pour cette année mais le jeune groupe a choisi de nous jouer la quasi intégralité de leur actuel et unique full-album Manifest Decimation sorti en 2013. On découvre Riley Gale au chant, Blake Ibanez et Nick Stewart aux guitares, Chris Whetzel à la basse ainsi que Chris Ulsh derrière les fûts. Power Trip c’est puissant et efficace. Dès les premières notes, on sent que ça va être bon. Le duo basse/batterie des deux Chris est excellent. L’un martèle sa batterie avec force et précision pendant que l’autre fait gronder sa basse avec hargne, la rythmique est à la fois cinglante et ultra groovy. Les riffs incisifs sont bien équilibrés, avec des parties agressives et d’autres carrément mélodiques. Riley délivre un chant impeccable, et même si sur scène ce n’est pas la folie furieuse, nous avons face à nous une formation pour le moins solide. Putain que c’est bon ! Dans le pit ça bouge plutôt pas mal, moi, je me régale. Allez hop: headbanggggg !!! Parmi les morceaux joués, Crossbreaker est de loin THE titre, celui qui met tout le monde d’accord, celui qui vous emporte et vous invite à gueuler « Crossbreaker » à tout va.
C’était un fucking good concert et j’espère bien que les texans se produiront dans le coin, histoire que l’on profite un peu plus longuement que durant ces courtes 40 minutes de show. Et oui, 40 minutes quand c’est bon, c’est toujours trop peu !


UNSANE (15:50-16:40 // Valley)

Rendez vous sous la Valley pour un groupe qui aime bien faire du gros son bien gras. Unsane, le trio emblématique du Noise Rock fait grésiller les amplis sous la tente. Chris Spencer, Dave Curran et Vinnie Signorelli profitent d’être à l’ombre pour essayer de recréer par un jeu de lumières, l’ambiance chaotique qui va bien avec leur style de musique. Bon, pour moi qui suis éjectée de la tente et en plein soleil c’est un peu délicat à appréhender, mais vu le monde à l’intérieur, je pense que ça marche, ils sont déjà tous partis loin. Les musiciens tournent depuis un moment et n’ont pas de mal à piocher dans leur discographie pour livrer une setlist de qualité. On ouvre avec Sick, Committed, Over Me et Against The Grain. Le son est saturé, lourd, gras mais énervé à la fois, en bref c’est vachement bien ! La qualité du son n’est pas forcément au rendez vous, et l’ambiance est assez oppressante, mais c’est aussi ça ce qu’on aime sous cette tente. Line on The Wall, Alleged, Out, les grosses lignes de basse bien burnées sonnent, la voix cassée de Chris crisse puis s’éteint. C’est un peu ma pause ce set, et j’en profite pour partir loin. Merci au groupe pour ce moment hors du temps, il est l’heure de retourner au travail !


TARJA (15:50-16:40 // Main Stage 2)

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GOJIRA (16:45-17:35 // Main Stage 1)

Est-il nécessaire de présenter Gojira ? Au vu de la foule amassée devant la scène pour les voir ce dimanche, j’imagine que non. La sortie de l’excellent Magma cette année a été l’occasion de remettre les choses à leur place : le groupe est toujours et tout simplement adoré par les festivaliers. Si je vous disais que 90% d’un des plus gros festival de métal d’Europe s’est retrouvé les yeux rivés sur la scène ou sur des écrans pendant 50 minutes pour regarder un seul et même groupe, vous auriez du mal à me croire. Et pourtant, pour l’avoir vécu comme une expérience assez traumatisante, je vous assure que c’est la vérité. Malheureusement un son beaucoup trop fort qui empêchait d’apprécier la musique – ce qui est tout de même le but d’un concert – et une foule compacte qui a réussi à réveiller mon agoraphobie ont eu raison de moi. A peine le temps d’un Toxic Garbage Alliance et L’enfant Sauvage et il faut que je m’enfuis. Je suis assez déçue de rater le groupe, c’était mon dépucelage de Gojira, il ne s’est pas passé en douceur et je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout. Je croise les doigts cependant pour pouvoir réitérer l’expérience à l’occasion. En attendant, je me fraye un chemin au milieu de la foule opaque avec Fanny pour aller respirer sur la Warzone.


RATOS DE PORÃO (16:45-17:35 // Warzone)

Mon cÅ“ur balançait entre Gojira, et Ratos de Porão. L’insupportable agitation devant la Mainstage m’aura rapidement convaincu de repartir en direction de la Warzone. (Pas si grave étant donné que je reverrai les français en salle à peine 15 jours plus tard). Une fois de plus, la zone est faiblement peuplée et, le temps de traverser la foule, je découvre que les brésiliens ont déjà démarré le set. Pas évident de jouer en face d’un groupe aussi populaire chez nous que Gojira.

Ratos de Porão est néanmoins une référence en matière de punk/hardcore – thrash/crossover. Né en 81, le quatuor a réalisé pas loin de 15 albums dont l’excellent et culte Anarkophobia sorti (en portugais et en anglais) en 91. Il s’agit d’un album engagé que RDP va aujourd’hui jouer intégralement, la pochette de celui-ci décore d’ailleurs la scène. Lorsque j’arrive enfin, je constate que l’ambiance est à la fête, les festivaliers (et bien évidement la Mosher Team) sont d’ores et déjà bouillonnants, portés par la dynamique Sofrer/ Born to Suffer. Les pogos vont bon train. Le groupe n’est pas tout jeune mais le vocaliste João Gordo et ses acolytes ont la pêche, et vu leur large sourire il est clair que les brésiliens sont heureux d’être ici et prennent du plaisir sur scène. D’un côté nous avons le bassiste Juninho qui remue dans tous les sens, de l’autre, Jão lui plus posé et concentré sur sa guitare. Les rythmiques endiablées sont envoyées par Boka qui frappe ses fûts du haut de sa petite estrade. Les aficionados reprendront le refrain de Mad Society en chÅ“ur, les festivaliers se défouleront pendant presque une heure sur des titres ravegeurs tels que Odio, Anarkophobia ou encoreCommando. Les rythmes qui tabassent, les mélodies percutantes et le chant agressif sont propices à la « bagarre ». Beaucoup de pogos, un peu de slams, un peu de circle pit… Les thrashers, les moshers et même les novices s’éclatent, la bonne humeur a totalement envahi la Warzone (bien moins vide qu’au début du show). Les membres de RDP ne sont peut-être pas tout jeunes mais ils ne sont clairement pas dépourvus d’énergie. Une énergie communicative qui nous aura permis de passer un moment extra et même d’oublier Gojira. Ótimo!


INSOMNIUM (17:40-18:30 // Altar)

La tente se remplit et le public se fait fébrile, les finlandais de Insomnium s’apprêtent à entrer en scène. Niilo Sevanen à la basse et au chant, Markus Vanhala à la guitare, Ville Friman à la guitare et au chant et Markus Hirvonen Ã  la batterie débarquent cheveux au vent. Les premiers accords chargés d’obscurité de The Primeval Dark emplissent l’espace. La tension se crève d’un coup, le public est tout de suite dedans, les musiciens leur rendent bien. While We Sleep, Change of Heart et Down With The Sun. Les rythmes alternent entre grosse brutalité, voix gutturale et basse qui s’emballe, et entre passages mélodieux sombres et mélancoliques soutenus par une guitare lancinante. J’ai beaucoup de mal à rentrer dans le set : trop de fioritures musicales et une ambiance « dark Â» à l’extrême qui a quelque chose d’artificiel. Mais j’observe les fans et je vois bien que sur un Killjoy ou un Devoid of Caring les nuques se cassent, les cheveux volent et la tente reste pleine. Je vois même passer un ou deux slammeurs, en kigurumi de surcroît, et je me dis que quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans ce monde. Les musiciens décident d’interpréter le mélodique The Promethean Song avant de se retirer … Pour mieux revenir. Le rappel se fait sur The Gale et Mortal Share. Pour certains se set restera un des meilleurs du festival, je leur laisse, bien que le style se laisse écouter et que les titres soient exécutés sans accrocs, je n’ai pas été transcendée par la performance.


BLIND GUARDIAN (17:40-18:30 // Main Stage 2)

On repart dans l’autre sens pour aller vers les scènes principales. C’est noir de monde, ça grouille et pendant que les gens quittent les Mainstages je prends mon courage à deux mains, et je fonce dans le tas pour m’avancer.

Petite parenthèse : ayant passé le plus clair de mon temps sous l’Altar, je n’avais pas trop subi les mouvements de foule, mais là clairement je me suis dit qu’il y avait trop de monde et me suis sentie assez oppressée. C’est peut-être le seul reproche que je pourrais faire, le manque de fluidité pour circuler à cet endroit du fest. Et-vous comment l’avez vous vécu ?

Revenons à nos moutons ! Il est 17h40, l’heure pour Blind Guardian de prendre place sur la Mainstage 2. J’ai choisi d’aller me placer pour Slayer mais je peux tout de même écouter et voir la prestation des allemands. Bon… revenons 15 ans en arrière, l’adolescence et tout… le thrash, le death ? Beaucoup trop violent pour moi à cette époque ! Parmi les albums qui tournaient en boucle je pourrais citer : Brave New World de Maiden, The Divine Wings of Tragedy de Symphony X, Rebirth d’AngraRenegade d’Hammerfall ou encore Something Wicked This Way Comes d’Iced Earth, et bien entendu Imaginations From the Other Side de Blind Guardian. Du heavy, du power et du prog. En 2006 BG sortait Twist in the Myth que j’ai écouté maintes et maintes fois. L’année suivante le groupe se produisait au Hellfest, mon tout premier festival. J’avais adoré leur prestation et je suis finalement très contente de les revoir presque 10 ans plus tard, d’autant que leur dernier album Beyond the Red Mirror est vraiment très bon. Ils sont attendus, les festivaliers se sont massivement rassemblés devant la Mainstage.
L’introduction du titre d’ouverture de leur dernier opus, The Ninth Wave résonne et les allemands s’installent, chaleureusement accueillis par la foule. Ma première déception concerne le décor. Je m’attendais à une belle décoration, être visuellement plongée dans l’univers heroic-fantasy de Blind Guardian avec du rouge, des dragons, du feu… que nenni ! Le backdrop et les peaux de grosses caisses sont les seuls éléments qui colorent (à peine) la scène. Ma deuxième déception sera la mobilité clairement réduite des musiciens. Je ne critique en rien la qualité de la prestation car malgré le son imparfait, musicalement c’est excellent. La setlist est bien équilibrée avec de superbes morceaux comme Time Stands Still, Prophecies ou Valhalla. Les deux guitaristes, André Olbrich et Marcus Siepen  sont appliqués et nous démontrent que les compositions sont techniquement complexes et Olbrich nous offrira de magnifiques soli. Frederik Ehmke envoie du lourd à la batterie, une rythmique solide doublée par le jeu du bassiste Barend Courbois. La basse est d’ailleurs un peu trop présente. Le clavier est subtile, c’est ce que j’aime chez Blind Guardian, il y a une grosse partie symphonique mais ce n’est jamais too-much. Que dire du frontman Hansi Kürsch ? Il échange avec les spectateurs en toute simplicité et surtout il est doté de cette voix incroyable : puissante, limpide et chargée d’émotion. Les festivaliers ne se feront pas prier pour reprendre en chÅ“ur tous les refrains, le soleil est toujours là et l’ambiance est très bonne. Blind Guardian nous servira la belle Mirror Mirror avant de tirer sa révérence. Un concert bien exécuté, mais un show malheureusement en dessous de mes attentes. J’espère réellement voir le groupe en salle, plus longuement avec un poil plus de dynamisme et un décor digne de ce nom !


SLAYER (18:35-19:35 // Main Stage 1)

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Beaucoup critiquent mais je suis désolée, Slayer c’est Slayer et Slayer c’est sacré ! Groupe culte du big four américain et l’un des piliers du thrash, plus de trente ans après sa création et malgré l’énorme perte de Jeff Hanneman, Slayer tient bon et est de retour au Hellfest.
Pas trop mal placée, j’attends avec impatience l’arrivée des américains. Le soleil brille encore, les techniciens s’activent et pour le coup, c’est un putain de décor que nous avons devant les yeux ! Le drapeau aux couleurs de Repentless, sorti l’an dernier, tapisse quasi entièrement le mur du fond. Moultes amplis et rampes de spots sont installés sur la scène encadrant ainsi la batterie surélevée. La célèbre Thunderstruck retentit, signe que le show va démarrer incessamment sous peu. Les notes de l’intro du dernier album, Delusions of Saviour, s’élèvent et, alors que la tension est à son comble, le quatuor débarque face à une foule en ébullition. Les clameurs redoublent d’intensité lorsque le charismatique Tony Araya apparaît. Le set démarre sur les chapeaux de roues avec le titre Repentless et des riffs assassins parfaitement taillés pour le live suivi de Disciple . La setlist est plutôt bien équilibrée avec des nouveautés dont la brutale et efficace You against You mais aussi des incontournables de leur discographie comme Post Mortem, Hate Worldwide et War Ensemble. Le son n’est malheureusement pas très bon, de mon côté, la guitare de Gary Holt sera inaudible pendant les 3 premiers morceaux. Malgré cela, la puissance des morceaux envoyés sans concession me fait toujours l’effet d’un rouleau compresseur. De la violence brute de décoffrage, Paul Bostaph frappe ses fûts comme un forcené, Gary et Kerry King se partagent les riffs plus dévastateurs les uns que les autres. Tom n’a peut-être plus l’enthousiasme d’antan mais il est plutôt en forme vocalement. Slayer c’est méchant hein ! L’impassible Kerry nous le fait bien savoir, un sourire lui arracherait probablement la gueule… Gary Holt affublé de son t-shirt fétiche « Kill the Kardashians » est en revanche toujours aussi souriant. Araya est lui aussi de bonne humeur et nous gratifie également d’un large smile, plaisantant même un peu avec le public. Et oui, c’est qu’il a mis le béret qu’un spectateur a balancé sur scène ! En parlant de spectateurs, même si les fans comme moi s’égosillent et headbang, j’ai trouvé le public particulièrement mou. Dans mon coin, je suis la seule à bouger dans tous les sens. Ben alors ? C’est Slayer merde ! Qu’à cela ne tienne, une consÅ“ur thrasheuz’ me rejoint et nous nous déboîterons la nuque, portées par les fucking  good Mandatory Suicide, South of Heaven, Born of Fire… Visuellement le show est top avec des très belles lights et des changements de drapeaux (avec un bel hommage à Hanneman), on est bien loin de Blind Guardian. Le groupe clôturera le set avec le combo mortel Raining Blood /Angel of Death. Il n y a rien à dire, j’ai toujours autant de plaisir à voir Slayer, un show imparfait peut-être mais pour moi c’est toujours la branlée. Profitons-en tant qu’ils sont encore là.


KATATONIA (19:30-20:25 // Altar)

Je cours en direction de l’Altar pour un changement de style radical. S’il y a groupe dont je suis ultra fan et dont la musique est aux antipodes du thrash c’est bien Katatonia. Créé il y a plus de 25 ans, par le duo Jonas Renkse / Anders Nyström (alias Blakkheim) le groupe qui s’illustre dans un genre de metal extrême plutôt sombre, gothique, doom, a énormément évolué. Après leur échappée acoustique avec Dethroned & Uncrowned en 2013 et leur merveilleux DVD live Sanctitude, les suédois sont de retour avec une dixième galette The Fall of Hearts. Un album abouti avec des compositions longues et complexes, mélancolique et dans un style bien plus progressif. Je me suis pris une énorme claque en écoutant cet album que je trouve sublime mais peut-être un poil difficile à appréhender pour les novices ou fans des premiers albums de la bande. Et bien il me tarde de découvrir cette pépite en live d’autant que je n’ai encore jamais vu la formation sur scène.
Les membres de Katatonia sont déjà sur les planches. Caché derrière ses longs cheveux noirs, on retrouve Jonas Renkse au chant accompagné par Blakkheim et Roger Öjersson (arrivé cette année) aux guitares, Niklas Sandin à la basse ainsi que Daniel Moilanen à la batterie. Je reconnais la magnifique mélodie de Serac, je me faufile jusqu’aux barrières… Très vite, je ferme les yeux, bien décidée à me laisser porter par la douce mélodie d’Hypnone avant une petite montée en intensité avec Consternation. Quel plaisir de constater que le son sous l’Altar est idéalement réglé et met, par conséquent, parfaitement en valeur la voix de Jonas. Si la musique de Katatonia est excellente en tout point, c’est principalement le chant qui m’avait donné envie d’écouter ce groupe. Ce timbre si singulier, doux, envoûtant et opulent d’émotion, aussi parfait en live qu’en studio, waouh…
Les titres défilent à une vitesse phénoménale, Deliberation, Serein ou encore l’ensorcelante My Twin qui déclenche d’ailleurs de vives réactions dans le public. Les variations rythmiques et mélodiques, à la fois complexes et prégnantes vous emportent littéralement. Mon cÅ“ur s’emballe dès les premiers accords de Old Heart Falls, j’ai la chair de poule et les larmes aux yeux, ce morceau est juste divin… j’ai encore des frissons en écrivant ces lignes. Katatonia a choisi Forsaker en guise de final pour ce set, un choix idéal à mon goût. Merci pour ce délicieux moment d’évasion, émotionnellement intense et musicalement parfait (bien qu’une heure soit réellement trop courte), on remet ça au Summer Breeze et en octobre en salle. Vivement !


AMON AMARTH (19:40-20:40 // Main Stage 2)

On embarque devant la Main Stage pour mon deuxième groupe de Vikings de la journée, mais cette fois-ci c’est la version Disney, celle qui chante en anglais avec les drakkars qui se baladent sur scène. Si vous n’avez jamais entendu parler d’Amon Amarth c’est que vous vivez dans une grotte depuis une dizaine d’années minimum – ou que vous n’aimez pas les vikings, ce qui est pire, honte à vous ! Les suédois savent habilement mélanger leur héritage culturel et un style de métal ni trop brutal, ni trop épique, ni même trop technique pour rassembler au maximum le public. Et ça marche, une bonne partie du festival a ce soir, les yeux rivés sur la scène où se déroule le show. Le set s’ouvre sur The Pursuit of Vikings et on peut entendre les rugissements poussés par les fans hardcore plus proches de la scène. Ils ont bien du courage à s’avancer ainsi, l’atmosphère autour des Mains et quelque peu étouffante pour ce dernier soir. As Loke Falls, Cry of The Black Birds ou Death In Fire, Johan Hegg s’égosille sur ses textes mythologiques, la batterie frappe ses rythmes martiaux et les guitares de Olavi Mikkonen et Johan Soderberg font rouler leurs riffs un poil répétitifs le long des morceaux. Le groupe joue énormément sur le visuel, malheureusement ça ne me permet pas de rester accrochée au set pendant une heure, ce n’est pourtant pas faute d’aimer les vikings ! Si certains continuent à s’éclater sur Runes to My Memory ou Raise Your Horns, je me suis déjà lassée depuis un moment. Cela n’empêche pas le son d’être bon et les musiciens de se donner, mais quand les dernières notes de Twilight of The Thunder God s’évanouissent dans le soir naissant, je ne me précipite pas pour demander du rab non plus. Il faut passer à autre chose.


MEGADETH (20:45-22:00 // Mainstage 1)

Petit break histoire de reprendre ses esprits. Megadeth, voilà un groupe que j’ai longtemps boudé. Pourquoi ? Bien qu’il fasse partie des pionniers en matière de thrash et donc membre du Big Four, avec à sa tête l’antipathique Dave Mustaine et des récents albums ne cassant pas trois pattes à un canard, Megadeth m’a déçu. L’arrivée de Kiko Loureiro au sein du groupe et la sortie de Dystopia que j’adore changent la donne et me voilà donc rabibochée ! Tout de même bien fatiguée, je décide de faire le concert en mode tranquille tout derrière avec les copains. On remarque le chouette décor, sobre backdrop avec le logo du groupe et une batterie entourée de cette « machine » sortie tout droit de Rust in Peace. Concert qui démarre fort, puisque ce n’est autre que la célèbre Hangar 18 qui fait office de mise en bouche, rien que ça ! Les américains enchaînent avec The Threat Is Real, on sent bien que les gens connaissent moins ce titre récent qui n’en est pas moins efficace pour autant. Dave n’a jamais été un grand  chanteur mais il est en forme et chante juste, de plus, le duo de guitares Mustaine/Loureiro est explosif ! (Dans le bon sens du terme évidemment). Certains regretteront l’absence de Chris Adler (Lamb of God) à la batterie mais c’est tout de même le très bon Dirk Verbeuren (Soilwork, entre autres) qui le remplace et fait, par ailleurs, très bien le job ! Le bassiste David Ellefson est, quant à lui, égal à lui même, professionnel et souriant. J’apprécie le concert de loin, on danse sur les titres phares que sont Tornado Of Souls (dédié à Nick Menza) ou Sweating Bullets, la groovy She-Wolf est également parfaite pour se déhancher et chanter à tue-tête. Kiko toujours ultra souriant est comme un poisson dans l’eau, et nous délivre ses riffs avec aisance et légèreté. C’est frais et cette fraîcheur fait du bien, Mustaine a clairement repris du poil de la bête et semble beaucoup plus détendu qu’à l’accoutumée. Les nouveaux morceaux comme Poisonous Shadows, Dystopia et Fatal Illusion sortent rudement bien. Le public est déchaîné, ça pogote, ça surf, ça tournoie et ça chante, of course ! Les festivaliers seront tous heureux de s’époumoner sur le refrain de A Tout le Monde, j’ai beau abhorrer cette chanson, je me surprends à chantonner également… Damned ! Megadeth envoie la purée avec une succession de trois titres monstrueux en guise de final : Symphony of Destruction, Peace Sells et Holy Wars...The Punishment Due. Le message est clair : Megadeth is back !
Le groupe prend congé et la foule s’en va tranquillement se ravitailler au bar. Excellent concert dans une ambiance familiale, appréciable alors que le festival touche presque à sa fin.


JANE’S ADDICTION (21:30-22:30 // Valley)

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GHOST (22:05-23:05 // Mainstage 2)


BLACK SABBATH (23:10-00:40 // Mainstage 1)

A l’heure qu’il est, nous sommes tous lessivés, nous avons mal aux pieds et supporter la foule, dont une bonne partie est complètement bourrée, devient difficile mais c’est un grand moment qui nous attend maintenant. La légende Black Sabbath s’apprêtent à monter sur l’une des scènes principales du Hellfest pour un ultime show en terre gauloise (c’est aussi ce qu’ils avaient dit la fois précédente). Le trio anglais avait fait débat après leur prestation de 2014, surtout Ozzy Osbourne qui avait malheureusement très mal chanté. Le sol est noir de monde, il est presque impossible de circuler du côté des Mainstages, les festivaliers sont à l’affût. Un film d’introduction démarre, et les premières notes de Black Sabbath accompagnées des vives acclamations du public viennent combler le silence. Le son est plutôt bon, bien qu’un poil trop fort et pour le coup c’est un Ozzy bien en voix qui débarque, même pas besoin de se chauffer, il chante juste dès le premier morceau. Les grandes gueules auront vite fermé leurs clapets! (oui bon je suis fan de sa voix et alors?) Il n’y a pas grand chose à dire sur la prestation de Black Sabbath si ce n’est que c’est toujours impressionnant de les voir sur scène, après tout, c’est un groupe emblématique, un de ceux qui a influencé tous les autres. Le chanteur est en forme (vocalement parce que visuellement on dirait toujours une vieille loque), ses acolytes Tony Iommi et Greezer Butler, à la guitare et à la basse, sont totalement statiques mais excellent dans leurs rôle de musicien, c’est parfaitement carré. C’est encore Tommy Clufetos (Rob Zombie) qui assure à la batterie, tout remuant, il apporte clairement une bonne dose d’énergie avec son jeu à la fois robuste et précis. Le groupe fait son set, c’est propre mais ça manque cruellement d’enthousiasme. On est tout de même heureux d’entendre les morceaux cultes que sont Snowblind, War Pigs, Iron Man, Dirty Women avant un final (prévisible) sur Paranoid. Tous ceux qui voyaient Black Sabbath pour la première fois repartiront sans doute des étoiles plein les yeux, ceux qui les ont vus dans les années 80 râleront, et puis d’autres comme moi seront contents. Contents parce que ça sonne, que la musique de Black Sab‘, contrairement à ses musiciens, n’a pas pris une seule ride. C’est simplement bon…


REFUSED (00: 45-01:45 // Warzone)

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Si vous vouliez finir ce Hellfest en beauté, c’est sur la Warzone qu’il fallait accourir. Pour cause, ce n’est pas un groupe de minots qu’on a choisi pour le dernier concert de la zone réservée à l’amicale de la patate dans ta face. Refused, les suédois pionniers du hardcore menés par le charismatique Dennis Lyxzen sont au taquet, le public, venu en masse, est hyper réceptif, de quoi se mettre bien en cette fin de festival. La guerre commence sur Elektra et se poursuit au fil des classiques du groupe : Rather Be Dead, Dawkins Christ, The Deadly Rhythm … La fête au riff efficace, à la basse en roue libre, à la batterie ronflante et à la mandale. Bon, on ne va pas se mentir, il est presque 2 heures du matin, on vient, pour la plupart, de s’enquiller trois jours de festival avec option “peu de sommeil et beaucoup de houblon” du coup, on sent bien que c’est l’énergie du désespoir qui parle dans ces élans d’agressivité festive. Mais les garçons sur scène eux n’ont de cesse de faire retentir les tubes : Destroy The Man, Coup d’état, Refused Are Fucking Dead ou Summerholidays Vs. Punkroutine. A la fin du set je suis sur les rotules, un dernier New Noise pour repartir la tête pleine de sons, d’acouphènes et d’encore plus de souvenirs aussi fabuleux que surréalistes.


KING DIAMOND (00: 45-02:00 // Main Stage 2)


C’était pour nous les derniers concerts du week-end, et que dire à part que cette édition 2016 fût encore grandiose? Nous repartons fatigués, oui très fatigués mais surtout avec des souvenirs plein la tête, en ayant vu des groupes de folie et fait de belles rencontre. Les équipes du Hellfest se sont encore surpassées et nous ont permis de vivre une énième magnifique expérience en enfer. Merci et à l’année prochaine!

Auteures: Fanny Dudognon & Anaëlle Martin

Photographe : Antony Chardon

Korn + Twisted Sister + Fu Manchu + Asphyx + Disturbed + … @ Hellfest Open Air 2016 (Jour 2)

Twisted Sister

Twisted Sister

Samedi 18 juin – Nous attaquons la seconde journée et, malgré une nuit courte, nous arrivons à l’heure pour les premiers concerts. C’est une bonne chose car il aurait été regrettable de louper la prestation d’Undead Prophecies.


UNDEAD PROPHECIES (10:30-11:00 // Altar)

Après un vendredi presque intégralement axé thrash metal, aujourd’hui c’est principalement le death metal qui résonnera sous l’Altar. Anciennement connu sous le nom d’Undead, Undead Prophecies investit les planches à 10h30 pour nous livrer quelques titres de son unique album False Prophecies (Listenable Records). Nous découvrons ce mystérieux quintet dont les membres apparaissent, cachés sous leurs habits de faucheuses et nous fixant avec leurs LED rouges. Ils démarrent en force avec le titre pêchu Unborn. Chouette découverte live avec un death carrément old-school qui n’est pas sans rappeler celui des pionniers du genre, j’entends Death, Obituary, Morbid Angel ou même Pestilence. Voix caverneuse, riffs affûtés aussi mélodiques qu’irascibles et rythmique à la fois robuste et variée doublée d’un son de basse lourd et ostensible comme je l’aime. Ce n’est pas novateur j’en conviens mais c’est rudement bien exécuté et, par conséquent, absolument efficace, ce n’est pas moi qui vais cracher sur du bon death old-school.  On se prend vite à secouer la tête sur des titres tels que False Prophecies ou Descending Souls et sa cadence infernale. Un groupe qui s’est fait remarquer grâce à cet excellent set et que j’espère vraiment revoir plus longuement, excellent !


THY ART IS MURDER (10:30 – 11:00 // Mainstage 2)

Pas facile de se retrouver devant la Main 2 à l’heure après une première journée (et nuit) agitée de festival. Mais je me donne un sévère coup de pied au derrière pour assister au set des australiens de Thy Art. Déjà parce que le Deathcore est, pour mon plus grand malheur, un des sous genres les moins représentés de la programmation, et ensuite, parce que j’ai bien envie de voir ce que le chanteur Lochlan Watt, remplaçant de CJ Macmahon, a dans le bide.Apparemment je ne suis pas la seule puisque, pour un concert d’ouverture, le public est présent en nombre important. Le nouveau venu ne démérite pas, il fait le job, avec beaucoup de bonne volonté en prime. Le tout est plutôt bien en place, avec tout ce qu’on attend d’un groupe comme celui-ci : de gros breaks et de bons solos. Une petite déception toutefois quant au choix de la scène et de l’heure de passage, ils auraient pu causer tellement de contusions dans des conditions plus favorables ! A la fin de leurs courtes trente minutes de set je me sens requinquée. Une petite dose de “bourrinitude” ça aide à commencer la journée de bon pied. Le reste du public a l’air de partager mon avis et le groupe est chaudement applaudi. Pour les toulousains, ils partagent l’affiche du Impericon Never Say Die ! Tour 2016 au Metronum le 22 Novembre prochain, prenez vous places si ce n’est déjà fait, ça va tabasser sec!


STEAK NUMBER EIGHT (11:05-11:35 // Mainstage 1)

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Je me dirige vers la Mainstage 1 pour un changement de style radical. C’est en fouillant sur le net que j’étais tombée sur le clip Dickhead de Steak Number Eight. Mais qu’est-ce que c’est ? Les quatre jeunes natifs de Wevelgem en Belgique, qui sortaient leur quatrième album Kosmokoma en 2015, distillent une musique orientée psyché, mêlant post-rock et sludge, agrémentée par des sonorités « métalliques » plus modernes. Nous retrouvons la très jeune formation (en moyenne 23 ans) sur l’une des scènes principales à 11h00. Ils sont jeunes, oui, mais en matière de musique et de scène on peut dire que le quatuor fait preuve d’une maturité certaine.  Le vocaliste et guitariste Brent Vanneste a un grain de voix très intéressant, son chant clair est fluide et touchant ce qui contraste avec ses hurlements transperçants. Non seulement sa technique est impeccable mais il est également fort d’une présence scénique incroyable, s’appropriant rapidement l’espace, il donne tout ! A l’arrière, Joris Casier frappe le rythme, et ce sont Jesse Surmont et Cis Deman qui assurent à la basse et à la guitare, remuant aux côtés du déjanté Brent. Déjanté serait presque un euphémisme, il saute dans tous les sens, grimace, et lorsque son pied de micro fait des siennes, il fait le show. Il grimpe et chevauche le pauvre technicien puis, n’ayant plus de pied il prend le micro dans la bouche chantant alors la bouche pleine, dément ! Le public bien qu’un peu mou, se marre et semble apprécier le show. On ne s’ennuie pas, d’autant que les compos sont vraiment bonnes. Très bonne prestation même s’il n’est pas évident de se laisser porter par la musique et l’univers un poil torturé de Steak Number Eight vu le contexte (matinée, plein air…). A savourer dans un lieu intimiste…


DIRTY FONZY (11:05 – 11:35 // Warzone)

La Warzone se réveille énergiquement avec du bon vieux punk rock du sud. Les Dirty Fonzy composés d’Angelo Bomberos et Johnny Gazoline  au chant/ guitare, Turbo Le Jeune à la basse et Le Fils à la batterie ont attiré du monde. En même temps, un groupe de punk à l’ancienne avec l’humour un poil décalé qui va avec, ça ne pouvait que marcher. Les musiciens font montre d’une énergie débordante, il faut bien ça pour motiver les curieux qui titubent encore au milieu du pit, … La nuit a été longue pour tout le monde. Ça envoie sur scène et, en trente minutes de set, le groupe arrive à créer cette ambiance de fête si particulière au genre. Mission accomplie, la journée commence bien sur la zone.


LOUDNESS (12:15-12:45 // Mainstage 1)

Que l’on aime ou pas le heavy metal, le groupe Loudness fait partie de ces groupes à voir au moins une fois dans sa vie. Les japonais sont les premiers à avoir sorti des albums en occident dans les années 80.  Trente-cinq ans de carrière, une trentaine d’albums réalisés, la venue de Loudness en France est exceptionnelle, et oui, c’est la troisième fois seulement que les nippons foulent nos terres. Les voilà donc, trente ans après leur dernier passage, qui investissent la Mainstage 1. Si vous aimez le true heavy metal 80’s à la Judas Priest vous n’allez pas être déçus. Les premiers riffs électriques de Crazy Nights résonnent, le son est étonnamment bon, les mecs envoient la sauce d’entrée de jeu. Le chanteur Minoru Niihara est bien en voix et nous gratifie d’un large sourire durant tout le set. Akira Takasaki nous envoûte avec ses riffs ultra mélodiques. On pourrait lui reprocher d’abuser un peu de la branlette de manche, mais les japonais font rarement dans la demie mesure, et puis, techniquement on frôle la perfection alors pourquoi s’en priver ? La rythmique, un peu trop forte, est assurée par l’excellent duo basse/batterie jouées par Masayoshi Yamashita et Masayuki Suzuki. Le public est venu en nombre pour assister au show, les nippons semblent ravis et l’ambiance est vraiment bonne. Heavy Chains, The Sun Will Rise Again, Crazy Doctor… que des morceaux phares! Un set court mais intense, je ressors de là surtout marquée par l’incroyable voix de Takasaki.


ENTRAILS (12:50-13:30 // Altar)

Après un petit voyage au cœur du heavy des années 80 dans une ambiance festive, il est temps de revenir aux choses sérieuses et se replacer devant l’Altar. Alors ceux-là, je les attendais ! Il s’agit d’Entrails. Né dans les années 90, le groupe suédois s’était rapidement éteint pour finalement se reformer en 2008 et pondre un premier album en suivant. Aujourd’hui , le quatuor vient défendre sa dernière galette, Obliteration, sortie l’an dernier chez Metal Blade Records. Le fondateur et guitariste Jimmy Lundgvist débarque sur scène en compagnie de l’autre guitariste Pontus Samuelsson (Penki) ainsi que des deux nouveaux membres, Matin Michaelsson (Fjalar) à la batterie et Tommy Carlsson au chant et à la basse. Le set s’amorce avec un ancien titre ultra catchy, Voices. Les suédois annoncent la couleur, ce sera du death old-school, un point c’est tout ! Le public n’est pas très très dense mais la foule se chauffe rapidement lançant un premier (petit) circle pit. Malgré une prise de poste en qualité de frontman plus que récente, Tommy assure ! Le jeune homme est charismatique et nous balance son growl puissant et diablement efficace. Les musiciens sont assez statiques mais n’en sont pour autant pas moins compétents. Je pense que ce genre de groupe est plutôt habitué aux shows de proximité et s’apprécie davantage dans une petite salle. Entrails nous sert des compositions tout ce qu’il y a de plus classique en matière de death old-school mais, qu’est-ce que c’est bonnard ! Le son est bon, c’est ultra carré, propre et efficient. On s’adonne à une séance brisage de nuque intensive, guidé par les rythmiques prégnantes, brutales avec des parties bien groovy à la Entombed des titres comme In Pieces et Eaten by the Dead. Les suédois nous offrent un excellent concert, un peu froid mais bien couillu ! Après tout, c’est cela que l’on attend lorsqu’on va voir un groupe de ce genre : du death poisseux aux sonorités prégnantes et velues; un peu de douce violence pour des oreilles affûtées. Trop bon !


AUGUST BURNS RED (12:50 – 13:30 // Mainstage 2)

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Dans la série des groupes de Metalcore à succès des années 2000 je demande la tatie qui passe ses dimanches à l’église … Bon si cette introduction plus que douteuse a retenue votre attention c’est déjà ça. ABR c’est donc ce groupe de Pennsylvanie qui sévit depuis plus d’une dizaine d’années. Ils sont là aujourd’hui pour promouvoir leur dernier disque en date Found in Far Away Places sorti en 2015 que j’ai découvert à l’occasion du festival et qui mérite votre attention, la bestiole envoie bien. Les morceaux sont bien construits, bien énervés, aux riffs et solos efficaces, un poil technique par moment et surtout, les breaks sont très bien amenés. Le set s’ouvre sur Martyr, tiré de cette dernière galette, et je sens déjà que tout ça va être bien vénère. Jake Luhrs au chant est une vraie boule d’énergie qui prend possession de la scène comme s’il était chez lui. Le son ne permet malheureusement pas de capter toute les subtilités du jeu de JB Brubaker et Brent Rambler aux guitares ou Dustin Davidson à la basse mais le tout passe quand même sans problème. La setlist permet à Matt Greiner de bien s’amuser derrière ses fûts, notamment Provision qui est quand même un bon défouloir à batteur. Ma première impression sur le concert est confirmée, ça envoie du lourd et les titres s’enchaînent sans laisser beaucoup de temps pour respirer : Identity, Empire, le très beau Everlasting Ending, Ghosts, Composure et la fin sur White Washed.  Rien à redire, les gars font très bien le boulot et ça fait toujours plaisir de se prendre cette dose de gros son qui tend vers la nostalgie qu’ils savent envoyer.


CROBOT (12:50 – 13:30 // Valley)


DARK FORTRESS (13:35-14:15 // Temple)

Vous prendrez bien un peu de black metal ? Alors direction la Temple ! Là encore le Hellfest nous a fait un beau cadeau en intégrant les allemands de Dark Fortress à la programmation 2016, car leur venue en France est pour le moins rarissime. Les teutons, grimés de corpsepaint, investissent les planches, sobrement affublés de noir, acclamés par une foule rassemblée en nombre malgré l’horaire redouté pour ce genre de groupe. Le vocaliste Morean remerciera d’ailleurs l’audience à maintes reprises, touché par ce bel accueil. Au vu de leur apparence, on pourrait penser qu’il s’agit d’un groupe de true black, que nenni ! Dark Fortress évolue dans un univers plus mélodique avec des parties symphoniques rappelant Dimmu Borgir et d’autres plus groovy dans l’esprit des compos de Satyricon. Certains titres flirtent même avec le style progressif.  La bande se compose d’Asvargr et V.Santura aux guitares, Draug à la basse, Hrymr à la batterie (qui remplace Seraph), Phenex au clavier et Morean au chant depuis 2007. Les allemands sont habités, ils nous livrent un set prenant avec de superbes titres The Valley ou bien Chrysalis, issu de leur dernier opus Venereal Dawn. Les riffs très mélodieux contrastent à merveille avec les autres plus lourds. Le réglage sonore au poil met en valeur l’aspect symphonique, le clavier résonne agréablement sous la Temple. On se laisse facilement emporter par les variations rythmiques subtilement dosées. Les passages atmosphériques, très lents quant à eux, vous ensorcèlent. Le tout est dense, intense avec un chanteur charismatique au chant black parfaitement maîtrisé. C’est la succulente Baphomet qui viendra clore cette belle prestation. Du bon black metal made in Germany, envoyé avec générosité et une technique irréprochable. Dark Fortress fait partie de ces groupes qui ne déçoivent pas, j’en aurais bien pris une petite dose supplémentaire.


GLENN HUGHES (13:35 – 14:15 // Main Stage 1)

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STRIFE (13:35 – 14:15 // Warzone)


ATREYU (14:20 – 15:00 // Main Stage 2)

Je regarde ce live d’Atreyu avec un peu de retrait, je fais déjà le pied de grue devant la Main 1 pour le concert de Sixx :A.M (fangirlisme quand tu nous tiens). Je suis néanmoins curieuse et, au final, un peu déçue devant la performance. Contrairement à ABR, que j’écoutais aussi dans mes années metalcore, Atreyu a tendance à beaucoup moins envoyer que dans mon souvenir. Les californiens se sont reformés il y a quelques années déjà, 2014, et ont dans la foulée engendré un album Long Live (2015) que, dans mon grand professionnalisme, je n’ai pas écouté. On note dans leur choix de morceaux une ouverture sur Doomsday, Ex’s And Oh’s, titre qui me rappelle mes meilleurs années Three days Grace (osez juste me dire le contraire !), le rigolo Do you Know Who You Are avec une intro à la We Will Rock You, une reprise de You Give Love A Bad Name de notre Dieu à tous Bon Jovi qui est très bien foutue pour le coup. Pas un concert à se faire pipi dessus donc, mais de loin, le tout a un aspect sympa, devant la scène les fans doivent être aux anges. Un dernier Lip Gloss and Black et le groupe tire sa révérence.


CATTLE DECAPITATION (14:20-15:00 // Altar)

Encore un groupe que je n’ai jamais vu malgré des passages réguliers, j’ai nommé Cattle Decapitation. Crée en 96, il nous vient de San Diego et fait partie des références en matière de death/grind. Je ne suis pas friande de ce style, tout comme Napalm Death, c’est un genre qui me prend rapidement la tête sur album. Néanmoins, c’est le type de groupe qui défend des valeurs que je partage et surtout, qui vous en met plein la face en live. Je saisis donc l’occasion de me prendre une vague de pure violence en pleine poire. Le public est là lorsque les américains montent sur la scène habillée aux couleurs de leur dernier album The Anthropocene Extinction (2015). Le vocaliste Travis Ryan se pointe en compagnie de Derek Engemann (basse), Josh Elmore (guitare), Dave McGraw (batterie) ainsi que d’un autre guitariste live. Les premières notes de Manufactured Extinct retentissent, le ton est donné, ça va envoyer ! Qu’on se le dise, Cattle Decapitation ce n’est pas juste du grind bête et méchant. Les compositions sont très complexes et on peut largement parler de death/grind technique voir progressif quand on mentionne la formation.  Nous voilà soufflés par une puissance absolue ! Le pit s’agite rapidement, porté par ces propos irascibles. Le titre Your Disposal est vraiment excellent en live, ça blast sévère et les riffs dévastateurs ont le même impact qu’un super uppercut. Wow ! C’est clairement une grosse branlée technique. En dépit d’un manque de communication certain, les musiciens se donnent et Travis délivre une énergie folle qui se répand sous l’Altar. Le son n’est pas parfait, le tout est un peu trop dense. C’est étrange mais malgré la brutalité, cette musique a sur moi un effet soporifique causé par cette cadence un tantinet redondante. Les coups de double pédale me font l’effet d’un coup de massue. J’avais ressenti exactement la même chose au concert de leurs confrères de Dying Fetus. Quoiqu’il en soit, Cattle Decapitation c’est du très lourd en terme de qualité et de technique. Ce n’est pas ce qui me transcende mais, à l’instar des groupes complexes comme Nile, c’est à voir. Et bien j’ai vu !


Sixx :A.M (15:05 – 15:55 // Main stage 1)

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On passe au concert que j’attendais le plus de tout le fest et donc celui sur lequel je vais être la personne la moins objective du monde, garde bien ça en tête lecteur. Le projet impulsé par Nikki Sixx, ancien bassiste de Motley Crue, par DJ Ashba, qui a dernièrement lâché la guitare des Guns et par James Michael  au chant est, depuis peu, fort de 4 albums studios, avec le dernier en date Prayers For The Damned Vol. 1. Le backdrop est descendu sur la Main, le public est fébrile et les musiciens arrivent, peinturlurés de rouge, choix artistique que je ne comprends toujours pas, et grand sourire aux lèvres. Ce dernier détail a toute son importance car, en plus de balancer du gros son très très bien exécuté, ces messieurs vont cabotiner comme des gamins tout le long du set, créant une ambiance de bonne humeur qui tranche avec la lourdeur de leurs morceaux et qui est rare dans ce genre de concert. Le set débute sur This is Gonna Hurt et je suis aux anges, on enchaîne avec  Rise, When we were Gods, Prayer for The Damned. Les textes du groupe font partie intégrante du show et James Michael a une élocution parfaite qui permet de les comprendre sans souci et de vraiment rentrer dedans. Les choristes sont elles, un peu lésées niveau son, certainement très performantes mais leurs solos sont presque inaudibles. Les notes du tube Lies of The Beautiful People résonnent, je n’en peux plus, malheureusement j’ai l’impression d’être en décalage avec le reste du public. L’attente devant la scène m’avait laissée à penser que j’étais entourée d’aficionados, mais là c’est mou, personne ne chante, personne ne bouge, je suis déçue. Ces courtes 50 minutes de set s’achèvent sur le classique Life is Beatiful. Bien sûr j’aurais aimé un peu plus de titres tirés de The Heroin Diaries Soundtrack, le magnifique premier album du groupe, et j’aurais aussi aimé que le reste du public ressente un peu plus ce concert, pour moi le groupe a quelque chose de viscéral … Mais je n’ai pas trop à me plaindre, les titres ont été exécutés sans fausse note et les garçons avaient l’air heureux d’être là. Et je n’ai plus qu’à les remercier d’être venus.


TORCHE (15:50 – 16:40 // Valley)


THE AMITY AFFLICTION (15:50 – 16:40 // Main Stage 2)

Les notes de Shine On résonnent et les australiens de The Amity Affliction envoient tout ce qu’ils ont. Et on peut dire que, quand il faut crier, Joel Birch sait crier, et je suis même optimiste quant au concert … Jusqu’à ce que Ahren Stringer, vocaliste pour les parties claires et bassiste du groupe ne fasse vibrer ses cordes vocales. Non pas que ça soit faux, mais c’est un style de metalcore dans lequel la différence voix claire – voix criée est tellement tranchée que j’ai l’impression que le morceau lui-même ne sait pas s’il veut être en colère ou s’apitoyer sur son sort. Les kids devant la scène ont l’air d’apprécier, Death’s Hand, Never Alone, Lost and fading … Vous l’aurez compris on nage dans la joie et l’optimisme. Mais la setlist convainc les fans. Surtout que niveau performance les musiciens font le job correctement, Ryan Burt derrière ses fûts arrive à gérer ces changements de rythme soudains et Dan Brown à la guitare apporte un peu plus à la mélancolie des compositions. Entre un petit Open Letter et Don’t Lean on Me, le frontman du groupe n’oublie pas de communiquer chaleureusement avec son public, allant jusqu’à commenter l’ambiance du fest et s’amusant beaucoup de la tyrolienne placée devant la scène. Le set s’achève sur ce morceau à propos d’une ville dont personne n’a grand-chose à faire au milieu de la Pennsylvanie (Pittsburgh), les fans ont eu leur dose d’émotion et de petite violence contrôlée, et repartent heureux.


FOREIGNER (16:45 – 17:35 // Main Stage 1)


FLESHGOD APOCALYPSE (16:45-17:35 // Temple)

Les italiens de Fleshgod Apocalypse créent l’engouement, j’arrive alors que le set est déjà commencé et je me retrouve sur les bords d’une Temple blindée de festivaliers. Les musiciens s’affairent dans leurs belles tenues, occupant l’espace devant l’immense drapeau sur lequel est imprimée la pochette du dernier album, King. C’est certain que visuellement ça en jette, enfin, si l’on aime les chevelus en costume d’époque. Si mes camarades sont totalement fans de ce groupe, sur album comme en live, moi, j’y suis vraiment hermétique. Je n’ai jamais réussi à écouter un cd en entier, le clavier à outrance me saoule et quand j’écoute, j’ai l’impression d’entendre des musiciens désaccordés, jouant des partitions différentes… Je ne comprends pas du tout cette musique, ni la folie qui règne autour de ce groupe. Quoiqu’il en soit, ma nature curieuse et l’envie de ne pas mourir bête me poussent à venir jeter un œil et une oreille à leur prestation live. Et bien je vais faire court : Non ! Je n’y arrive pas, à part un son brouillon et une batterie triggée à souhait je ne perçois rien de « beau ». No way ! Je m’en vais après deux titres…


SICK OF IT ALL (17:40 – 18:30 // Mainstage 2)

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On passe à un des choix de la programmation qui m’a le plus surprise cette année : Sick of sur une Main. Oui parce que je fais partie de ces gens qui n’aiment pas le changement et que pour moi un des plus gros représentants du New York Hardcore ça se programme sur la Warzone. Après avoir vu le monde massé devant la scène je révise un peu mon jugement. Parce que oui, malgré leurs 3 précédentes participations au festival, leurs trente années de carrière et leurs nombreux concerts dans notre pays, Sick Of attire toujours beaucoup de monde. Je comprends le public qui vient les applaudir à chaque fois puisque le groupe envoie vraiment du lourd. En presque une heure, les frères Koller ont le temps de faire goûter au fest un échantillon de leur sourire ultra bright et de leur hardcore patate : Take the Night Off, Injustice System, le survolté Road Less Traveled. Armand Majidi assène des coups toujours plus puissants à sa batterie et les lignes de basse de Craig Setari fusent sur scène. Le set est bien mené, mais je préfère toujours voir ce genre de groupe en comité restreint et en salle. L’affluence fait qu’au Hellfest il est presque impossible de ne pas les mettre sur la Main Stage, mais on perd beaucoup à l’esprit de guerre que la promiscuité d’une salle ou d’un espace plus petit apporte. En attendant les morceaux s’enchaînent rapidement et les plus motivés s’ambiancent dans le pit : Step Down, My Life, Death or Jail, le groupe est toujours énervé et la performance est un exutoire de violence assez jubilatoire. Les setlists des groupes de hardcore font toujours la taille d’un bras alors je ne vais pas tout lister, sachez que les classiques y passent et un bon DNC ou World Full of Hate font toujours autant plaisir. Le set s’achève sur un dernier petit Goatless histoire de remettre les idées de tout le monde en place et de délivrer une dernière grosse décharge au public avant de passer à autre chose.


ENTOMBED.A. D (17:40-18:30 // Altar)

Je vais pouvoir me décrasser les oreilles avec le prochain groupe qui va se produire sur la scène Altar. Même si beaucoup critiquent la formation actuelle, personnellement, Entombed.A.D ne me déçoit jamais. Les suédois sortaient Dead Down il y a quelques mois, pas novateur pour un sou mais néanmoins toujours aussi efficace et c’est un plaisir de les voir au Hellfest. C’est d’ailleurs avec un morceau issu de cette dernière galette que le set débute, le très bon Midas in Reverse et sa rythmique thrashy. Lars-Göran Petrov est hyper souriant, lui est sa bande sont heureux d’être là et nous le font savoir. Le quatuor est bien décidé à nous faire headbanguer au rythme des titres phares d’Entombed et nous auront le plaisir de savourer des morceaux tels que Stranger Aeons, Eyemaster, Living Dead, Wolverine Blues… Ah ce death old-school… on ne s’en lasse décidément pas. Putain que c’est bon ! Petrov brille, comme à l’accoutumée, parfaitement dans son rôle de meneur. Fort d’une bonhomie naturelle et d’un humour bien gras, le chanteur sait mettre l’ambiance. A ses côtés, le guitariste Nico Elgstrand et le bassiste Victor Brandt ne sont pas en reste, occupant l’espace tout en faisant résonner leur instrument respectif. Les riffs ravageurs font leur effet, mettant ainsi le public en délire. Olle Dahlstedt, quant à lui, nous envoie du blast et frappe ses fûts avec force et précision. Le son n’est pas optimal mais ce n’est pas dérangeant. Le show est, comme toujours, agrémenté par les projections nasales de notre cher Petrov, c’est clairement dégueulasse mais quand on a déjà vu le phénomène, on prend ses précautions et on évite le premier rang ! Je partirai un peu avant la fin pour reprendre des forces mais, une fois de plus, je suis ravie de la prestation d’Entombed.A.D et me languis d’ores et déjà de leur retour en France l’automne prochain aux côtés de Voivod.


JOE SATRIANI (18:35 – 19:25 // Main Stage 1)

On respire un peu pendant une heure devant la Main 1. Pas besoin de donner des coups, pas non plus de grosse envie de se déhancher mais un excellent moment passé à écouter l’un des plus gros guitaristes que l’on puisse trouver actuellement. Le guitar Hero Joe Satriani, qui a tué son styliste récemment j’imagine, au vu de la veste en sky argentée d’un autre monde qu’il arbore sur scène, arrive, et pas seulement pour nous montrer sa jolie collection de grattes. J’avais du mal à me figurer ce que pourrait donner un set reposant sur le talent guitaristique d’un seul homme au milieu de gros bourrins qui misent tout sur la saturation. Et pourtant je suis plutôt scotchée. Satch entre sur Shockwave Supernova, et on peut déjà se rendre compte que, malgré un son plutôt moyen voire passable, ce qui va se passer risque d’être intéressant. Il enchaîne sur Flying in A Blue Dream, Ice 9, On Peregrine Wings …  C’est beau tout ça, bien rythmé ou plus ambiant, monsieur sait varier les plaisirs. Ce n’est pourtant pas une grosse démonstration de bonhomie sur scène, caché derrière ses lunettes noires et entouré de ses zicos, le guitariste abat le travail avec une précision et un professionnalisme sommes toutes assez sévères, de petits dérapages ne manqueraient pour tant pas de nous emporter réellement un peu plus, il faut savoir rendre ses sets humains parfois. Les morceaux défilent et un petit Summer Song et Surfing With The Alien réveillent le public en ce début de soirée.  Je suis toujours étonnée de voir la sensibilité et l’émotion qui peut se dégager de ces 6 cordes –voire plus- quand elles sont maniées avec talent, et ça me rend admirative. Satriani a réussi à tenir en haleine une sceptique comme moi pendant un peu moins d’une heure, c’est pour vous dire si la performance valait le coup.


THE TOY DOLLS (18:35 – 19:25 // Warzone)


ASPHYX (19:30-20:20 // Altar)

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Place maintenant à THE concert de la journée avec une référence en matière de death metal : Asphyx. La formation fêtera ses 30 ans l’an prochain et sortira son dixième album Incoming Death fin Septembre. Les hollandais reviennent en enfer pour la troisième fois et le chanteur Martin Van Drunen évolue ici comme à la maison puisque quand il ne joue pas (avec Asphyx ou Hail of Bullets) il vient en tant que festivalier. En parlant de festivaliers, nous sommes nombreux sous l’Altar, impatients de (re)voir le quatuor. J’attends ça depuis longtemps et je prends place en plein milieu de la crash barrière. Le grand blond débarque, suivi de près par ses confrères, le tout nouveau batteur Stefan Hüskens (alias Tormentor), Paul Baayens à la guitare et Alwin Zuur à la basse. Le frontman, sourire aux lèvres, salue et harangue la foule en français. Les musiciens se regardent et les premières notes d’Into the Timewastes résonnent, les spectateurs se mettent en mouvements quasi instantanément. Le groupe a savamment préparé son set et va nous balancer des titres piochés dans l’ensemble de sa discographie : Food for the Ignorant, Death the Brutal Way, Der Landser… Les zicos sont ultra sympathiques et souriants et surtout, ils envoient la sauce ! Tormentor a clairement pris ses marques, il frappe ses fûts avec férocité, gérant les altérations rythmiques sans jamais faillir. Il faut dire que le bonhomme nous arrive du groupe de black/thrash Desaster alors le blast et ses variations, il connait. L’un des points forts des compositions d’Asphyx est la rythmique, il est clair que de ce côté-là, Paul et Alwin se défendent. Ça groove, ça ronronne, ça tartine … ouiiiiii ! Que dire de Martin si ce n’est que ce mec est une montagne de charisme dotée de cette voix éraillée si singulière que l’on reconnait parmi tant d’autres. Impossible de rester placide face à cette toute puissance ! On fait virevolter les cheveux à s’en briser la nuque, pogos, circle pit… Le public s’en donne à cœur joie, encouragé par le sympathique frontman qui ne lésine pas sur la communication. Nous n’entendrons pas de nouveauté, il faudra patienter pour découvrir Deathibel en live. Comment ne pas se réjouir et s’égosiller au son des destructrices Deathhammer, The Rack ou encore Scorbutics ? Du death brut de décoffrage, où technicité et violence vont de pair. Asphyx clôture le set en beauté avec Last One on Earth, pouah quelle claque !


DISTURBED (19:30 – 20:30 // Main Stage 2)

Disturbed c’est pas loin d’une vingtaine d’années d’activité, un passage remarqué à travers la période nu metal, le fait d’y avoir survécu, le phrasé particulier de David Draiman et les riffs simplissimes mais efficaces de Dan Donegan, et c’est sur la Main 2 ce soir. Le frontman du groupe s’installe sur scène tel un étrange mélange entre un gourou ou un pharaon et les premières notes de Ten Thousand Fists font vibrer le public. Le son est tout simplement excellent, et une bonne partie du fest se retrouve ultra motivé devant la scène.  Que ça vous plaise ou non, le style du groupe est efficace sur scène et pour une heure de set, ils ne cherchent pas plus loin que jouer de gros tubes que nous avons tous dans un coin de la tête. The Game, The Vengeful One, Stupify, Inside The Fire créent dans le pit une ambiance survoltée et bonne enfant qui fait du concert  un des plus agréables de la journée pour moi. Les musiciens se montrent très communicatifs avec le public et nous apportent quelques bonnes surprises de leur cru. A commencer par leur très jolie reprise de The Sound Of Silence de Simon and Garfunkel. Mais puisqu’on est dans les reprises, pourquoi s’arrêter là ? On a un Nikki Sixx sous la main alors autant le faire venir sur scène. Ce sont donc les membres de Sixx. A.M  qui s’invitent sur le set pour une  reprise plutôt très bien foutue de Shout At The Devil. Et puis on continue, on a aussi un Glenn Hughes sous la main, alors autant utiliser notre Glenn Hughes, et reprendre Baba O’Riley juste pour le fun. Sans oublier qu’il faut remplir un cotât par jour de RATM sur le festival cette année, alors il faut bien placer une reprise de Killing In The Name quelque part, en même temps c’est tellement efficace. Bref, vous l’aurez compris, le set devient assez surréaliste et la tension continue de monter quand le groupe décide finalement de recommencer à interpréter ses propres titres. Indestructible, Voices et on ne pouvait pas passer à côté, un dernier Down With The Sickness qui déclenche une petite guerre avant que les musiciens ne quittent la scène.


MOONSORROW (20:25-21:15 // Temple)

Jumalten Aika, c’est le nom du dernier et sublime opus de Moonsorrow, dans les bacs depuis quelques mois. Un album que j’ai écouté en boucle et qu’il me tarde de découvrir en live. Le groupe de black metal folk et pagan finlandais existe depuis déjà plus de 20 ans et c’est pour moi l’une des meilleures formations actuelles du genre. En effet, Moonsorrow est capable de se renouveler avec des créations de qualité, là où de nombreuses autres formations pagan ont tendance à pêcher (Korpiklaani, Finntroll, Ensiferum…). Un immense backdrop décoré du magnifique chêne blanc illustrant Jumalten Aika habille la scène qui s’illumine de couleurs froides. Les finlandais grimés apparaissent au travers d’une légère brume sur les premiers accords du titre éponyme de leur dernière galette qu’ils nous joueront dans sa quasi intégralité. Ville Sorvali (chant/basse) salue et remercie l’assemblée avant d’enchaîner sur Raunioilla. Le son, le décor et le jeu de light sont réglés au poil, et nous permettent de nous plonger corps et âme dans l’univers folklorique et captivant de Moonsorrow. Nous baignons dans une atmosphère à la fois douce et bestiale, bercés par des compositions brillamment construites. Henri Sorvali (guitare), Marko Tarvonen (batterie), Mitja Harvilahti (guitare) et Markus Eurén (synthé) s’exécutent de façon irréprochable. Les morceaux sont longs et complexes, tout en progression avec de belles mélodies, de nombreux changements de rythmes et beaucoup d’intensité. Des titres intelligemment écrits qui ne laissent, en somme, aucune place à l’ennui. Le chant black de Ville a quelque chose d’élégiaque, solide et bouleversant à la fois. Suden Tunti, Ihmisen Aika et finalement Sankaritarina, il est temps d’ouvrir les yeux et de reprendre conscience de la réalité. Il n’y a pas grand-chose à dire à part que le voyage aux côtés de Moonsorrow était magnifique. Merci !


WITHIN TEMPTATION (20:35 – 21:50 // Mainstage 1)

La scène est réaménagée pour laisser les néerlandais de Within Temptation mettre en place leur installation et laisser s’exprimer leur lyrisme si particulier. Des « sanctus et spiritus » envahissent le Hellfest tandis que Sharon Den Adel montée sur son piédestal commence ses vocalises. Ce qu’il y a de génial avec le métal symphonique c’est cette capacité à assumer l’exagération et le toujours plus qui va si bien au genre. Et pourtant, ce soir les musiciens me semblent plutôt softs niveau attitude, on relève en fait surtout la robe très très particulière de Sharon, mais je vous laisse juger, puis tous les goûts sont dans la nature paraît-il. Après une ouverture sur Our Solemn Hour, le groupe enchaîne sur In The Middle of The Night, Faster, And We Run, une setlist très dark donc, qui tranche avec le sourire et la bonne humeur apparente de la frontwoman. Pour ma part je trouve la performance assez molle, bien moins couillue qu’en enregistrement, la batterie claque moins et les riffs ont l’air plus édulcorés. Un des points d’orgue du set est la venue de Tarja sur scène, pour un duo sur le titre Paradise (What About us ?). Et là c’est le choc rétinien, je commence à me demander si en backstage personne n’a organisé un concours de tenu kitsch, et si oui, je pense que la robe en lamé argenté de la finlandaise doit occuper une bonne place dans le classement. Après cet échange de vocalises intempestif le set reprend son cours normal. Je trouve ça long … Les violons et les chanteuses ce n’est définitivement pas mon truc. Encore quelques morceaux : Caged, The Howling, What Have You Done et on finit le set sur Mother Earth. J’arrive à voir les qualités du set, je ne peux tout simplement pas rentrer dedans, je laisse ça aux amateurs qui, au vu des applaudissements, sont comblés.


TERRORIZER (21:20 – 22:10 // Altar)

Je vais rapidement sortir de mes rêvasseries, je me décale sous l’Altar pour un réveil tout sauf en douceur aux côtés de Terrorizer. Venus de Californie, ce sont messieurs Pete Sandoval et David Vincent (Morbid Angel) qui sont à l’origine de ce groupe de grind/death. Malgré de longues périodes d’inactivité, de nombreux changements de line-up et seulement trois albums, Terrorizer a su s’imposer et finit toujours par revenir. Aujourd’hui, c’est seulement Pete que l’on retrouve derrière ses fûts, accompagné du bassiste et vocaliste Sam Molina ainsi que de Lee Harrison et sa guitare. Trêve de plaisanterie, le show commence sans préambule avec l’agressive After World Obliteration. Le public, certes pas très dense, démarre au quart de tour : pogooooooo ! Les titres vont s’enchaîner rapidement, Storm of Stress, Fear of Napalm, Human Prey… Des morceaux courts mais ulra bourrins aliénant ainsi la foule. Terrorizer nous en balance plein la gueule; de la violence pure et simple doublée par un volume sonore excessif et probablement douloureux pour les oreilles non protégées. Rythmique thrashy et blast beats robustes, riffs acerbes et chant hargneux, un combo qui incite la foule à se lâcher. Pour résumer, nous avons assisté à 50 minutes de destruction massive au rythme du death-grind couillu et efficient de Terrorizer qui tire sa révérence après Dead Shall Rise suivie de World Downfall. Je dois le dire, nous avons pris la fessée !


BRING ME THE HORIZON (21:55 – 22:55 // Mainstage 2)

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Sur la Main Stage c’est une toute autre ambiance qui se prépare. Enfin qui tente de se préparer, car arriver à l’heure fatidique, le décor des anglais de BMTH rencontre quelques soucis techniques. Pour ne pas améliorer le tableau la pluie et le froid commencent à s’inviter … Après 10 minutes d’attente – et donc autant de temps en moins passé à chanter pour les garçons – le Happy Song résonne et le groupe mené par Oliver Sykes et sa moustache à la Vegeta entre en scène. Aussi étonnant que cela puisse paraître, puisqu’on n’est quand même pas sur le groupe le plus hardcore du festival, la foule se met en branle presque instantanément. La setlist ce soir est sans grand risque, la plupart des titres étant les tubes tirés de leur album Sempiternal (Go to Hell, For Heaven’s Sake, Shadow Moses, Sleepwalking ou Can you Feel My Heart) ainsi que de morceaux tirés de leur dernier album That’s the Spirit (Avalanche, Throne, Drown). Bien que le groupe concentre à peu prés tout ce qu’on peut trouver d’exécrable dans la scène metalcore, j’entends par là une attitude moyennement sympathique et une recherche plus visuelle et marketing que musicale, et que le dernier album sorti soit très moyen niveau qualité, c’est un des concerts qui met le plus d’ambiance aujourd’hui. Les circle pit et wall of death pleuvent, les refrains sont repris par tous, ça sautille et on est contents d’être là …  Il y a une sorte d’alchimie étrange et un peu honteuse qui se créée pendant ce set. Le frontman du groupe s’amuse à lancer régulièrement les bagarres et on atteint le maximum de la capacité de slam du public quand il décide de descendre de scène pour faire des checks aux fans récupérés au vol par les challengers, qui ont dû bien suer pendant 5 minutes, encore merci à eux d’être là. Le set s’achève dans un peu de frustration, les 10 minutes bouffées au début auraient pu être remplacées par 2 ou 3 morceaux. En attendant ce set a permis aux kids de faire la fête et de se réveiller pour la suite de la soirée.


PRIMORDIAL (22:15 – 23:10 // Temple)

Le death metal c’est fini pour aujourd’hui, c’est maintenant l’heure d’aller assister à la prestation de Primordial à la Temple. Petit rafraîchissement de mémoire : créé sous le nom de Forsaken en 87 par le bassiste Pól MacAmlaigh et le guitariste Ciáran MacUiliam, c’est en 93 que le groupe de black métal irlandais prend le nom de Primordial. C’était à la base un cover band reprenant, entre autres, Bathory et Venom. On peut dire que, depuis, la formation a fait du chemin et a su se forger une véritable identité musicale teintée de black et sonorités folk. Je n’écoute pas souvent, sans doute à cause du timbre assez particulier d’Alan Averill dit Naihmass Nemtheanga. Je me prépare donc à faire mon baptême Primordial au milieu d’une Temple pleine à craquer.
La scène se nappe d’une brume rougeoyante, assortie aux trois croix lumineuses qui la surplombent, pendant que l’introductive Dark Horse on the Wind, sublime mélopée guerrière, retentit. Un premier frisson me parcourt l’échine. Les mains se lèvent et les clameurs s’élèvent lorsque les irlandais apparaissent. Le frontman s’avance en vociférant: « we are Primordial; we are from the Republic of Ireland! […] I have one question Hellfest…Are you with us? » et Where Greater Men Have Fallen, titre éponyme de leur dernier album, démarre. D’entrée de jeu, je suis frappée par le charisme absolument incroyable du vocaliste encapuchonné. Durant tout le set, Alan arpentera la scène haranguant sans cesse la foule, flirtant avec le premier rang et préservant ainsi une proximité fort appréciable. Musicalement, et bien, c’est fabuleux ! Le paisible Simon O’Laoghaire maintient la cadence avec robustesse, doublé pas le jeu de Pól qui fait ardemment gronder sa basse. Ciáran et Michael O’Floinn, véloces et précis à la fois, se partagent les riffs mélodiques et surpuissants. Primordial nous offre un show magistral et je constate avec joie que les titres prennent réellement toute leur dimension en live. La setlist s’articule autour de titres majestueux aux rythmes lancinants tels que l’ineffable Babel’s Tower, As Rome Burns, ou Lain With the Wolf. Mélancolie, noirceur, souffrance, colère…c’est tout un panel d’émotions fortes qui se dégage de cette musique. Fermer les yeux et se laisser porter… ça fait un bien fou. Le groupe s’éclipse après Empire Fall. C’était divin.


FU MANCHU (23:15 – 00:15 // Valley)

Après LA claque émotionnelle je décide d’aller faire un tour dans une ambiance plus festive, en compagnie de Fu Manchu. Direction la Valley (ce sera d’ailleurs mon unique passage de ce côté-là sur les trois jours) où il est presque impossible de pénétrer tellement c’est noir de monde ! Ce soir, les californiens, qui se classent parmi les pionniers du stoner, jouent en tête d’affiche face aux géants de Twisted Sister. Entre « métal à paillettes » et « rock’n’roll massif » le choix est vite fait. Regarder un vieux blond tout fripé en moule-bite à strass gueuler « I wanna rock » peut être divertissant mais je préfère largement aller me déhancher et me déglinguer doucereusement les oreilles à coup de grattes crépitantes. Je n’ai pas la force de braver la foule pour m’approcher, j’aperçois donc, de loin, notre bon vieux Scott Hill, chanteur et guitariste en compagnie de Brad David (basse) Bob Balch (guitare) et Scott Reeder caché derrière sa batterie. Comme toujours le quatuor nous balance de bons titres comme Hell On Wheels, Eatin’ Dust, Mongoose… un son bien gras et électrique, des riffs efficaces avec ce qu’il faut de distorsion et de lourdeur ainsi qu’une rythmique ultra entraînante. Un tout qui donne clairement envie de se dandiner et boire des coups avec les copains. Rien à dire à part que c’est très bon ! Je vais tout de même quitter cette ambiance de folie avant la fin du set pour rejoindre ma camarade et nous placer pour le feu d’artifice.


TWISTED SISTER (23:00 – 00:15 // Mainstage 1)

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Sur le passage de la tournée d’adieu des Twisted Sister se trouvait le Hellfest, et les sœurs folles de l’Amérique ont décidé de s’y arrêter pour mettre une dernière fois le feu aux poudres. Enfin mettre le feu aux poudres c’est un bien grand mot, la flamme de Dee Snider, Jay Jay French, Eddie Ojeda et Mark Mendoza s’est un peu affaiblie depuis la grande époque des fards, rouges à lèvres et autres abus de glitters qui faisaient d’eux un groupe révolutionnaire et contestataire dans les années 80. Mais bon, 40 ans d’expérience permettent au groupe de chanter leurs classiques avec précision et c’est apparemment cela que le public, nombreux à observer le set, est venu chercher. Que dire sur le concert qui pourrait changer un peu ? En réalité pas grand-chose, le son est assez bon pour que tout le fest en profite, Dee Snider n’a pas perdu de sa gouaille, Mike Portnoy, le remplaçant à la batterie de A.J Pero, décédé l’année dernière assure le job sans grande difficulté et les riffs et solos de guitare qui ont inspiré une génération de rockers claquent dans le silence épais des fans écoutant religieusement ce groupe qui les a accompagnés une partie de leur vie. Pas de surprise dans les titres joués, on retrouve les classiques : What You Don’t Know (sure Can Hurt You), The Kids Are Back, Destroyer, You Can’t Stop Rock’N’Roll. Moi qui n’ai pas une grosse histoire avec le groupe j’observe tout cela de loin, essayant de trouver le point de vu optimal pour le feu d’artifice à venir. Mais j’avoue qu’entendre retentir un bon vieux  We’re Not Gonna Take It ou de reprendre I Wanna Rock avec le reste des festivaliers, morceau rallongé de façon assez abusive d’ailleurs, a quelque chose d’assez jouissif. Ce live est quand même l’occasion pour le Hellfest de vivre un beau moment d’émotion. C’est à la fin du set que Phil Campbell, guitariste de Motorhead, rejoint les Twisted Sister pour interpréter Shoot’Em Down mais surtout Born To raise Hell en hommage à Lemmy. Le concert se termine sur S.M.F mais nous avons tous déjà les yeux tournés vers le ciel.

La vidéo d’intro se lance sur les écrans géants, la photo du leader du groupe mythique envahit le festival … Born to Lose, Live to Win. Le ciel s’embrase au son des riffs du trio. Quelques 10 minutes plus tard c’est Phil Campbell qui revient prendre la parole avant que ne se lancent les images du concert de Motorhead, l’année précédente pendant ce même festival. Le Fest s’arrête de vivre quelques instants en la mémoire de cet emblème du rock, pour mieux repartir … Parce que c’est la vie. Et les hostilités reprennent.


KORN (01:00 – 02:00 // Mainstage 2)

Grosse originalité cette année, on finit la journée avec Korn … Bon je suis mauvaise langue, certes ils squattent le festival de plus en plus fréquemment, mais je suis aussi toujours aussi contente de les voir ceux là. Et cette année, contrairement à l’année précédente, ils sont bien lunés ! C’est un bon vieux déchaînement de violence gore et de fureur adolescente qui se déverse sur la Main stage (pour vous donner une idée ils entrent sur Right Now, que dire de plus). Head, Fieldy, Munky, Ray Luzier et Davis sont en grande forme ce soir, dans le pit c’est la fête quand Here to Stay débute, mais les alentours sont désertés assez rapidement, c’est pourtant le moment de danser les enfants !  Les tubes s’enchaînent, gros riffs bien gras et rythmes lourds à souhait : Somebody Someone, Falling Away From Me, Coming Undone, Shoots And Ladders (la cornemuse bon sang) Blind, Did My Time, ça n’arrête pas. Le rappel a de quoi provoquer une explosion dans les petites culottes, après une petite introduction sur 4U c’est Got The Life et Freak on a Leash qui ont été choisis pour clôturer ce set et cette journée en beauté. Un très bon concert que celui de Korn cette année, l’énergie et la hargne étaient là … De quoi revigorer les plus courageux pour survivre à la dernière journée de cette édition du Hellfest, qui commencera dans à peine quelques heures….


Auteurs : Fanny Dudognon & Anaëlle Martin

Photographe : Antony Chardon

Rammstein + Testament + Overkill + Anthrax + Hatebreed + … @Hellfest Open Air 2016 (Jour 1)

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16 juin 2016 – On se souvient encore du 22 juin 2015, ce jour où nous étions en train de râler à cause de la déprime post festival et de se dire “c’est déjà fini, maintenant il va falloir attendre une longue année avant de revenir”. Et bien finalement un an ça passe plutôt vite et nous voici en chemin vers Clisson. C’est donc avec une excitation au moins aussi grande que lors des éditions précédentes que nous débarquons sur le site du Hellfest. Équipés de nos bracelets, nous rejoignons les centaines de festivaliers qui ont déjà investi les lieux, ça grouille sur le camping, le Hell City Square et le Metal Corner… Quel bonheur de retrouver cet endroit qui nous est maintenant familier et de voir tous ces gens émoustillés et heureux. C’est aux alentours de 17h que les festivités commencent, les décibels résonnent, la bière coule à flot et la bonne humeur se répand.
Après une première soirée bien sympathique, il est temps d’aller se coucher car le programme du weekend s’annonce chargé.

17 juin 2016 – Premier jour de ce premier festival de la saison, les portes de l’enfer ouvrent à 10h, l’affluence est importante et l’attente devant la “cathédrale” va s’avérer assez longue pour les festivaliers.
Comme après chaque édition, les équipes du Hellfest ont écouté vos requêtes et travaillé d’arrache pied pour apporter des améliorations sur le site. L’an dernier nous découvrions les nouvelles Temple, Altar et Valley, cette année c’est la Warzone qui fait peau neuve, l’espace a été complètement revu et transformé ! Magnifique ! Des modifications sur l’ensemble du site ont également été faites, des stands ainsi que de nouvelles décorations ont été mis en place dont la superbe statue en hommage à Lemmy Kilmister. (On pourrait bien y mettre notre grand Ronnie James Dio aussi non ?). N’oublions pas de mentionner la tyrolienne d’enfer qui aura permis à certains chanceux (puisqu’il faut gratter un ticket gagnant pour y accéder) de surplomber les Main Stages le temps de la descente. Le Hellfest est un festival où il est clairement agréable de se balader entre deux concerts.


THE SHRINE  (10 :30-11 :00 // Mainstage 2)

 C’est parti pour le marathon des concerts ! Ce sont les américains de The Shrine qui inaugurent la Mainstage 2 pour l’édition 2016. La populace encore éparse se réveille tranquillement  pendant  que certains font déjà le pied de grue devant la Main 1 en attendant Delain.
Le trio natif de Los Angeles, débarque et entame le set avec Tripping Corpse. Son lourd et velu, gratte crissante, voix un poil nasillarde… Josh Landau (guitare/voix), Court Murphy (basse) et Jeff Murray (batterie) déversent généreusement leur musique qu’ils qualifient de « psychédélique violence rock’n’roll », un mélange de rock 70’s, stoner et heavy en somme. Une prestation efficace agrémentée par leur bonne humeur, de l’énergie et des titres issus de leurs différents albums comme l’excellente Death to Invaders  (Rare Breed  – 2015). The Shrine reçoit Beb le chanteur de Soggy qui n’a pas changé depuis les 80’s (hormis ses cheveux noirs devenus blancs) pour terminer le set avec cette reprise de Waiting for the War. Le frontman se donne à fond et le duo Beb/The Shrine est simplement détonant. La foule s’est amassée, du bon rock’n’roll pour bien commencer la journée.


DELAIN (11 :05 – 11 :35 // Main Stage 1)

Alors que que la pluie commence à s’inviter sur le Fest, les néerlandais de Delain montent sur scène. Les notes du clavier de Martijn Westerholt résonnent sur Sucker Punch et une petite foule s’anime devant la scène. Le groupe de métal symphonique enchaîne sur Get the Devil out of Me, Army of Dolls ou Mother Machine, des compositions à la rythmique lourde rehaussées par un clavier lyrique et des lignes de basse qui savent se faire funky. La jolie Charlotte Wessels assure plus que correctement la partie vocale – traduisez : c’est juste ! – tout en affichant un grand sourire tout le long du set. La courte performance s’achève sur Pristine, les amateurs du genre ont de quoi être ravis, ce premier groupe a chanteuse leur a permis de se mettre en train.


MOONREICH (11 :05-11 :35 // Temple)

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Après l’ambiance festive en mode redneck, changement d’atmosphère radical, direction le Temple pour du blackeuh metaleuh ! Créé en 2008 par Weddir (guitare/voix), Moonreich était un projet solo mais aujourd’hui c’est bel et bien un groupe qui apparaît sur scène. Les musiciens apparaissent arborant le total look black metoool : corpse paint et cartouchières sont de rigueur. Après une tournée européenne aux côtés de Gorgoroth et Vital Remains, le groupe sortait  Pillars of Detest sortait en 2015 dont est extrait Believe & Behead qui fait office d’introduction. Le groupe va nous livrer cinq titres, du très bon black avec ses riffs puissants et variations rythmiques parfaitement calibrées et un son pas dégueu du tout. C’est vraiment bon et pas redondant pour un sou, on retrouve dans leur musique la pure violence du true black metal avec par moment des sonorités plus thrashy à la Deströyer 666. Un excellent set mené par un frontman ultra charismatique et face à un public réceptif, le groupe s’éclipse après Long Time Awaited Funeral.


AUDREY HORNE (11: 40 – 12: 10//  Main Stage 2)

La Norvège débarque sur la Main 2 ! Les Audrey Horne et leur Hardrock qui déboîte arrivent pour leur troisième participation au festival. La voix de Toschie déchire le silence tendu de l’attente. Redemption Blues, Straight into your Grave, Out of the City … La setlist du groupe est reprise en chœur par les nombreux présents qui attendaient fébrilement de les écouter. Le chanteur de la formation, sur le devant de la scène, cabotine à volonté, mais Ice Dale et Thomas Tofthagen aux guitares et Espen Lien à la basse ne manquent pas de gigoter leur derrière … Tout en restant toujours parfaitement en place. Kjetil Greve derrière ses fûts donne de sa personne pour assurer le tempo rapide des compositions du groupe. L’énergie est là, le groupe assure de façon bien badass ses courtes 30 minutes de concert. Les notes de Pretty Little Sunshine sonnent parfaitement malgré la pluie menaçante comme le fait si bien remarquer Toschie. Ce dernier, grand sourire aux lèvres, va descendre de scène sur Waiting for The Night pour motiver un fest qui a encore du mal à entonner le refrain avec entrain. Pour se mettre dans l’ambiance en début de festival, appelez Adurey Horne, et faites les même revenir pour terminer une soirée en beauté.


DUST BOLT (11 :40-12 :10 // Altar)

Pas besoin de courir puisque le groupe suivant se produit sur la scène voisine. Difficile de faire un choix entre Audrey Horne que je n’ai jamais vu et mes chouchous de Dust Bolt que j’ai vu 3 fois (123) l’an dernier. En bonne thrasheuz’ que je suis, je décide de soutenir mes petits (plutôt très grands) allemands, d’une part, je sais que je ne serai pas déçue et d’autre part je suis très curieuse de découvrir les titres inédits tirés de leur troisième galette, Mass Confusion, dont la sortie est prévue le 8 juillet.
Adieu la déco « Awake the Riot », scène sobre pour une prestation de trente minutes seulement. Pas besoin de fioriture étant donné que le quatuor va nous en mettre plein la vue et surtout plein les oreilles ! Nico prend place derrière ses fûts et Flo (guitare), Bene (basse) ainsi que Lenny (chant/guitare) s’amènent en suivant. L’intro est lancée et le trépignant Bene s’agite comme d’habitude avant que les premières notes de Violent Abolition ne résonnent. Aucunne surprise quant à la prestation, ça décoiffe !  Le groupe nous présente des nouveautés comme Turned to Grey et Sick x Brain,au moins aussi efficaces en live que les titres phares. Il faut dire que les jeunes déploient toujours une énergie folle durant leurs prestations, c’est contagieux et pour la première fois de la journée le pit commence à chauffer. Premier circle pit, slams et headbangs, les festivaliers sont réveillés. Les membres hyperactifs de Dust Bolt enflamment la scène et feront leur final sur les incontournables Toxic Attack et Agent Thrash. Le public ressort presque bouché bée, en mode «on a pris une belle claque ». Les mecs étaient contents d’être là, au Hellfest, une belle progression pour ces jeunes qui en ont dans le ventre, Lenny viendra, comme il le fait systématiquement, saluer les gens à la barrière.
Que c’était bon, je ne m’en lasse décidément pas, vivement la prochaine fois !


HARM’S WAY ( 12: 15 – 12: 45 // Warzone)

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Je me dirige vers la Warzone pour, bien sûr assister au set des américains de Harm’s Way, mais également pour redécouvrir cet espace que j’avais bien squatté l’année dernière.  Et je ne suis pas déçue ! L’organisation a investi pour rendre l’antre du hardcore plus vivable pour les festivaliers et le pari est réussi. Marches en dur, ombre et scène réorientée font partie de ces aménagements bien appréciables. Les beaux bébés de Chicago – oui je me permets l’expression, oui il y a du muscle sur scène à ce moment là – sont les premiers que je vois sur cette scène. Le show est nerveux, James Pligge, vraie boule d’énergie, semble increvable. Les morceaux s’enchaînent sans qu’on puisse reprendre son souffle,  la plupart étant tiré de l’album Rust sorti l’année précédente : Infestation, Law of The Land, Cancerous Ways ou Amongst the Rust. La zone est loin d’être bondée et à part les quelques très (trop) motivés qui font les malins dans le pit, l’ambiance n’est pas à la grosse bagarre. Les compositions du groupe ne me parlent pas et je n’arrive pas à rentrer dans le set, tout ça est trop laborieux, très lourd et à la limite du glauque. Le concert se termine sur la démonstration de violence que sont Fantasy et Scrambled.


CRUACHAN (12 :15-12 :45 // Temple)

On se décale pour voir les irlandais de Cruachan qui investissent les planches de la Temple. Ce groupe de metal folklorique est en activité depuis les années 90 est néanmoins très rarement de passage dans nos contrées. Je découvre donc les six musiciens  vêtus de costumes traditionnels et  équipés de divers instruments: guitares, mandoline, flûte, basse, violon et percussions. Le son n’est pas fameux mais l’ambiance est bonne dans le public qui semble bien apprécier ce mélange de folk et black metal, ça remue les hanches dans le pit. L’arrivée de la chanteuse ravira les messieurs, plus pour le côté visuel qu’auditif vu qu’on ne l’entend presque pas. Le son va tout de même s’améliorer vers la fin du set, appréciable pour le côté instrumental et le très bon chant black, beaucoup moins pour la voix féminine…c’est faux ! Au final le show est plutôt sympathique et le groupe repart accompagné par de chaleureux applaudissements.


NASHVILLE PUSSY (12: 50 – 13 :30 // Main Stage 2)

Les Dirty Rockers des Nashville Pussy se mettent en place. La formation originaire d’Atlanta et son rock gras teinté de blues à l’ancienne a attiré du monde devant la scène, curieux comme connaisseurs assistent admiratifs au set. En plein milieu de leur tournée anniversaire  10 Years of Pussy, Jeremy Thompson à la batterie, Ruyter Suys à la guitare, Blaine Catwright au chant/ guitare et Bonnie Buitrago à la basse livrent quelques uns de leurs morceaux les plus connus au public du festival. Come on Come on, I’m so High, Pillbilly Blues, Hate & Whiskey ou Go mother fucker go font hocher la tête aux festivaliers. Tous les clichés habituels du groupe y passent, la bouteille de Jack, la moustache de gringo et la chevelure incontrôlable de miss Suys. Plus le concert avance et plus j’ai de mal avec la performance, la batterie semble sur le point de s’endormir et les solos pourtant célèbres du groupe manquent pour moi de cohérence et d’harmonie. Malgré une bonhommie manifeste sur scène qui fait plaisir à voir, ce concert est une petite déception pour moi ce matin.


SKELETAL REMAINS (12 :50-13 :30 // Altar)

Ahhhh voilà un groupe que j’attendais ! Skeletal Remains ! Moi qui les avais loupés à Toulouse l’an dernier j’ai l’occasion de me rattraper et je me languissais de ce moment, je prends donc place au premier rang.
La jeune formation (2011) qui nous vient de Los Angeles sortait son deuxième album Condemned to Misery en 2015. C’est d’ailleurs avec titre issu de cet opus, Viral Hemorrhagic Pyrexia que Chris Monroy (guitare/voix), Adrius Marquez (basse), Adrian Obregon (guitare) et Joe Martin (batterie) lancent les hostilités. Un démarrage en force qui laisse présager un set de qualité. Le ton est donné, ça sera du death oui et du pur death old school, il n’y a qu’à regarder les t-shirts de ces quatre chevelus pour connaître leurs influences (Carcass, Cannibal Corpse…) ! Le public restera calme, il faut dire que c’est l’heure du repas mais accueil les américains avec un enthousiasme certain, ces derniers nous le rendent bien offrant une prestation juste EXCELLENTE ! La setlist est déléctable, Homicidal Pulchritude, Sub-Zero Termination, Traumatic  Existence… Le chant de Chris est maîtrisé avec des nuances vocales qui ne sont pas sans rappeler des pointures telles que Chuck Schuldiner ou John Tardy. Riffs dévastateurs, variante entre rythmique thrash et lourdeur, idéal pour s’adonner à une session de headbanging… Skeletal Remains n’invente rien, certes, mais nous sert un set propre et ultra efficace mis en valeur par un bon réglage sonore et met ainsi tout le monde d’accord. Le quatuor nous quitte sur la puissante Obscured Velitation.
Le death old school n’est pas prêt de mourir avec des formations comme celle-ci, la relève est assurée, waouh que c’était bon, merci !


LE BAL DES ENRAGES (14: 20 – 15 :00 // Main Stage 2)

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C’est au tour du très attendu Bal des Enragés d’investir la Main Stage. Ce « supergroupe » à la française a pris le parti de réunir des membres éminents de la scène underground pour reprendre de façon burnée les morceaux rocks immanquables de ces dernières années. Et au vu du concept j’ai décidé de vous laisser deviner les artistes originels des morceaux cités, parce que si vous avez besoin que je vous donne les noms, vous avez de sérieuses questions à vous poser. Hommage oblige, on commence par un petit Ace of Spades avant de se balader dans les époques et les souvenirs : Smells like Teen Spirit, Sabotage, Killing in the Name – retenez le bien ce morceau, on en reparlera dans les reports des prochains jours – ou Refuse/ Resist. Grosse ambiance sur scène et dans le pit, quand on va au Bal on sait que ça ne sera jamais tranquille … Et ils n’ont pas failli à leur réputation d’agitateurs. Je conseille tout de même de voir le show du groupe en salle, pour un concert complet puisque ces messieurs réservent beaucoup de surprise. Petite séance de rattrapage tout de même fin juillet à Albi pour l’Xtreme FEST, n’hésitez pas à aller tâter l’ambiance.


SADIST (14 :20-15 :00 //Altar)

Petit break avant de repartir vers Altar. Nous avons pris une bonne dose de death old school, c’est maintenant dans un autre style de death que nous allons être plongés avec Sadist, Originaire de Gênes en Italie, le groupe évolue dans un style qui convient aux oreilles les plus affutées avec leur death progressif où la brutalité du death, la technique et la finesse du prog se marient à la perfection. Les italiens viennent présenter leur septième bébé, Hyaena (2015).
Let’s go ! Voilà que pendant 40 minutes nous en prenons plein les mirettes et les tympans. Le son ressort bien avec une basse clairement mise en avant,  mamamama ce son de basse! Les vibrations sont percutantes… Il faut le dire Andy Marchini est fabuleux,  faisant preuve d’une maîtrise technique parfaite, évoluant entre rythmique groovy, jazzy et metal, hallucinant !  De l’autre côté Tommy Talamanca n’est pas en reste, jouant parfois simultanément guitare et clavier avec une facilité déconcertante…easy ! A la batterie, c’est Alessio Spallarossa qui envoie la purée assurant les nombreux changements de rythmes avec précision.  Trevor Nadir fait preuve d’une générosité simple accompagné d’un sourire franc qui contraste merveilleusement avec son physique râblé et sa voix caverneuse. Une belle leçon musicale avec de sublimes morceaux tels que Season in Silence, Bouki, Tribe ou Sometimes They Come Back… Oscillant entre beauté et violence, la musique de Sadist nous a régalés !


HALESTORM (15: 05 – 15: 45 // Main Stage 1)

La bande de la charmante/ Badass  Lzzy Hale investit la Main 1. Halestorm c’est pour moi une des bonnes surprises de ce festival. Lassée par les groupes à chanteuse j’avais peur d’avoir tout simplement envie de me tirer une balle au milieu du set … c’eût été dommage, j’aurais manqué un très bon moment, et en plus j’aurais raté le reste du fest. Le groupe débarque donc sur un petit Love Hurts qui donne le ton, une voix enraillé sur fond de rock aux accents punk, de quoi me rappeler mes meilleures années Brody Dalle ou Joan Jett. On enchaîne sur le plus sombre Mayhem, le jouissif Amen puis Mz. Hyde et I like it Heavy. C’est rock, entêtant ce qu’il faut et ça bouge, on n’en demande pas plus dans le public. La performance est certes moins nette qu’en enregistrement mais cela lui donne un côté vivant et énergique. Et surtout les musiciens se donnent, le charisme de la frontwoman aidant, c’est une belle ambiance qui envahit le pit. Le set se termine sur un retentissant I Miss the Misery avant que le groupe ne nous quitte sourire aux lèvres.


BEHEXEN (15 :05-15 :45 // Temple)

Je jette une oreille vers la Temple où les finlandais de Behexen apparaissent, grimés et bien décidés à  balancer leur black metal sans concession. Malheureusement le réglage sonore les dessert bien plus qu’il ne le faudrait et je n’arrive pas du tout à rentrer dans le show. Les cris perçants du chanteur et les coups de doubles pédales incessants méritent un son optimal pour être appréciés…en tout cas, après Sadist ça ne passe pas pour moi. A revoir en salle peut-être.


Mass Hysteria (15 :50- 16 :40 // Mainstage 2)

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HAVOK (15 :50- 16 :40 // Altar)

Je fais le pied de grue devant la scène de la Altar pendant que les membres d’Havok terminent leurs balances. Havok… ce groupe de thrash que j’adore et qui nous avait mis une branlée monumental à l’Xtreme Fest en 2014 est de retour chez nous, enfin !
L’entrée en matière sera, comme à l’accoutumée, brute de décoffrage avec le combo percutant Point of No Return, No Amnesty. Les américains sont en forme, souriants et prennent du plaisir à interagir avec leur public, le public est réceptif et ça se chauffe progressivement dans le pit. Pete Webber fait résonner ses fûts introduisant  From the Cradle to the Grave dont les riffs en cavalcade propulsés par David Sanchez et Reece Scruggs vous emportent. “Emporter”…c’est bien le terme ! Mon corps tout entier remue, et je ne suis pas la seule qui s’agite, les chevelures virevoltent autant sur scène que dans la foule. Des circles pit se forment, les crowed surfers s’élancent et les objets gonflables de toute sorte viennent colorer le tout. Havok nous propose un nouveau morceau appelé Claiming Certainty, qui met bien en valeur les capacités vocales de David. Le frontman est totalement habité et nous balance ses cris puissants typiquement thrash metal avec une aisance certaine. Pour en revenir à la nouveauté, il est plaisant de voir Nick Schendzielos, qui remplace Mike Leon (aujourd’hui dans Soulfly) depuis 2015 aussi à l’aise et complètement intégré au sein du groupe. Tout sourire, le bassiste prend son pied en compagnie de sa basse habillée de LED. La belle cohésion du groupe doublée d’une énergie sans limite fait l’effet d’un tsunami et l’ambiance est excellente avec la formation d’un beau wall of death. Covering Fire suivie d’Unnatural Selection, les mecs envoient la purée, du thrash digne de ce nom ! C’est rapide, fort (trop pour certains) et brutal mais parfaitement maîtrisé d’un point de vue technique. D.O.A et Give Me Liberty…or Give me Death seront servis en guise de final. Un ultime morceau dont le refrain éloquent sera scandé par les connaisseurs. Havok a mis le feu sous l’Altar et remporte tous les suffrages. Photo et distribution de médiators puis, le groupe s’éclipse acclamé par une foule de metalhead conquise. Thrash, générosité, passion et énergie… un combo qui ne peut pas vous laisser indifférent.
Il ne reste plus qu’à attendre la sortie du prochain album et l’annonce d’une tournée histoire d’en reprendre une dose.


ANTHRAX (16 :45-17 :35 // Mainstage 1)

Absorbée par le show d’Havok, je n’ai pas vu le temps passer et je dois courir pour me rendre à la Mainstage car Anthrax est déjà sur scène. Voilà donc l’un des groupes membres du Big Four of Thrash que je n’ai encore jamais vu et pourtant… oui pourtant, je suis plus que fan.
Je vous rappelle que les américains avaient été remplacés par Sodom l’an dernier suite à leur annulation. Annulation également de leur passage à Paris en 2014 mais aussi au Summer Breeze le mois prochain. Du coup, je dois presque me pincer pour être sûre que je suis bien en train d’apercevoir Scott Ian et sa bande en train de fouler la Mainstage 1 du Hellfest. Début 2016 sortait For All Kings, un onzième album très bien reçu par la critique, j’avoue l’avoir écouté en boucle. Aucune surprise donc en découvrant d’abord le magnifique backdrop aux couleurs de cet opus puis la setlist principalement axée sur celui-ci également. Un choix qui ne fera pas l’unanimité. Anthrax ouvre le bal avec You Gotta Believe puis joue Caught in A Mosh. Dans le public c’est plutôt calme et bon enfant, on chantonne et on se dandine mais pas de gros mouvement de foule en dehors de quelques petits pogos et slams. Je suis mitigée car contente de voir enfin Frank Bello (basse), Scoot Ian (guitare),  Joey Belladonna (chant) ainsi que le nouveau Jon Donais (guitare) en chair et en os mais néanmoins déçue par la prestation globale. Non pas que ce soit mauvais bien au contraire. La claque Havok juste avant y est sans doute pour quelque chose, le choix des chansons également et ne parlons pas de la frustration de voir un tel groupe se produire si peu de temps et à cette heure là. Entendre un classique comme Got The Time en live c’est quand même quelque chose ! Le frisson est passé par là. La foule s’ambiance et réagit avec enthousiasme lorsque les américains démarrent leur reprise d’Antisocial, le refrain est repris par les spectateurs. Un chouette moment de convivialité sous un ciel dégagé.  Anthrax clôture son set avec l’excellente Breathing Lightning suivie d’Indians.
Bon… J’ai vu Anthrax et c’était chouette.  Maintenant je veux les voir dans une salle  pendant une heure et demie avec une setlist digne de ce nom, je veux du I am the Law, Among the Living, Panic, I’m the Man, Medusa… MADAFUCKA !


TURBONEGRO ( 17: 40 – 18: 30 // Main Stage 2)

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Devant de la Main Stage ça se remplit de vestes en denim et de pichets de bière, la turbojugend est en place pour accueillir leurs norvégiens préférés. Tony Sylvester, chanteur actuel du groupe et son maquillage d’un goût sans faille entre en scène accompagné de Happy Tom à la basse, Euroboy et Rune Rebellion aux guitares et Tommy Manboy à la batterie. Le groupe culte commence par faire grincer la non moins culte cloche de Big Ben dans leur The Age of Pamparius sous les acclamations des fans. On entame les choses sérieuses et on rentre un peu plus dans la poésie : You Give me Worms, All my Friends are Dead, Hot For Nietzsche et City of Satan. Les musiciens ont piochés dans nombre d’albums pour proposer une setlist variée à leurs fans, on retrouve notamment des titre de Party Animals, sorti en 2005 et Sexual Harrassment, le dernier en date, sorti en 2012. Le mélange punchy  de grosses guitares et de rythmes ronflants prend, les musiciens sont au top et l’énergie passe avec le public, ce grand moment de n’importe quoi a de quoi faire plaisir. On continue avec quelques perles du style Drenched in Blood ou Wasted Again avant de finir sur un I Got Erection repris par la foule non sans sourire aux lèvres.


VADER (17 :40-18 :30 // Altar)

Les polonais de Vader sont en place, les festivaliers sont rassemblés en nombre sous Altar. Une chose est sûre, le quatuor aime la scène et ne chôme pas avec un album en préparation, The Empire (prévu pour novembre) et des représentations très fréquentes. Le groupe de death old school nous avait offert de superbes prestations en mars 2015 à Barcelone avec Hate et en septembre avec Venom Inc à Toulouse.
Aujourd’hui nous retrouvons les polonais souriants qui nous livrent une fois de plus une performance ultra carrée. Marek Pajak (guitare), Tomasz Halicki (basse) et le charismatique Piotr Wiwczarek (chant/guitare) assurent sur le devant de la scène. La voix caverneuse de Piotr me donne quasi systématiquement la chair de poule. Bien qu’il soit caché derrière sa batterie, c’est le british James Stewart qui, une fois de plus, va bluffer le public. Je l’ai déjà dit, c’est un batteur exceptionnel qui impressionne par sa technique irréprochable qui contraste presque avec sa décontraction absolue. Je reste pour apprécier la moitié du set jusqu’à Triumph of Death qui est pour moi l’un de leur meilleur titre live à l’heure actuelle : puissant, groovy et captivant. Un bon show, un poil en dessous des prestations en salle étant donné que le son n’est pas optimal et, si l’on chipote un peu, il manquait le décor habituel et l’obscurité pour être totalement immergé dans l’univers sombre de Vader.


KILLSWITCH ENGAGE (18 :35-19 :25 // Warzone)

Changement de style radical en cette journée majoritairement thrash, je vais voir mon premier concert du weekend à la Warzone. Pas particulièrement fan de Killswitch Engage je pense que c’est un groupe à voir en live au moins une fois, ma nature curieuse me motive donc à traverser le site. L’occasion également d’admirer pleinement les chouettes modifications qui ont été apportées dans cette zone, c’est beau et aéré ce qui permet d’apprécier les concerts de près ou de loin sans être gêné.
J’arrive tranquillement, la Warzone est blindée, le show a commencé et la fête bat déjà son plein. Ce que j’aime bien dans la musique de Killswitch Engage c’est le côté agressif du metalcore avec ses parties rythmique pêchues, entraînantes et d’autres plus lourdes. Ce que je n’aime pas ? Les parties en chant clair un peu cul-cul la praline qui ont le don de vite me lasser. Concrètement sur scène ça donne quoi ? Et bien ma foi, c’est plutôt sympa ! Le frontman Jesse Leach, de retour au chant depuis 2012, met le feu sur scène en compagnie de ses confrères : Adam Dutkiewicz (chant/guitare), Joel Stroetzel (guitare), Mike d’Antonio (basse) et Justin Foley (batterie). Les fans sont présents et reprennent en chœur les refrains des titres phares. Le groupe offre un très bon set avec des morceaux percutants comme My Last Serenade ou My Curse, doublé par une belle proximité avec le public pour le plus grand bonheur de ce dernier. Cool !


BULLET FOR MY VALENTINE (18: 35 – 19 :35 Main Stage 1)

La moyenne d’âge rajeunit devant la Main Stage 1, autant dire que je suis bien dans mon élément … Oui car je suis née dans les années 90 et que pour moi le Pays de Galles c’est, outre un super drapeau et le pays de naissance de Perceval, la contrée qui a engendré BFMV. Matt, les deux Michael (Padge et Moose) et le petit Jamie, nouveau venu à la basse entrent en scène sur le catchy No Way Out issu de leur dernier album en date, Venom. Et je suis extrêmement surprise et contente de voir qu’on peut encore s’enjailler sans complexe sur du BFMV en 2016, l’ambiance est bien là (enfin le groupe arrive à faire sortir plus ou moins à faire sortir le public de sa léthargie pour être plus précise). On enchaîne sur les classiques Your Betrayal et surtout 4 Words to Choke Upon. Aujourd’hui les musiciens ont décidé de nous interpréter The Last Fight, suivi d’un très bon solo de Moose qui éclate avec bonne humeur ses fûts sous les applaudissements, Scream Aim Fire, Alone, Worthless … Les gallois arrivent à mener leur show avec énergie et rage, le public au taquet en prend plein les oreilles. Bon sans se mentir, rétrospectivement avec un peu de recule, la performance était loin d’être excellente. Pour faire clair, c’était la plupart du temps faux et le son n’était vraiment pas au top, ce qui tronquait en partie les solos pourtant excellent des guitares.  La satisfaction d’une partie du public dont je fais partie était surtout de pouvoir se remémorer la belle époque des baggys à chaîne et clips en noir et blanc super dark tout en entonnant les refrains des morceaux qui ont marqué la scène métal et metalcore du début des années 2000. Le final du groupe sur Tears don’t Fall et Waking the Demon, ne me contredit pas, imparfait mais envoyant quand même une bonne dose de paté, ce live de Bullet ne me déçoit pas, et l’accueil qu’a réservé le public au groupe y est pour beaucoup.


SACRED REICH (19 :30-20 :25 // Altar)

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Je traverse aisément le petit nombre de spectateurs amassés devant la scène Altar et me glisse presque tout devant pour assister au show de Sacred Reich. Fondé à Phoenix en Arizona en 85, ce groupe de thrash metal est connu pour ses titres aux paroles politiquement et socialement engagées. La formation n’a sorti aucun album depuis Heal en 96 mais reste néanmoins une référence en matière de thrash et a toujours maintenu une activité scénique et participe au Hellfest pour la troisième fois.
Also sprach Zarathustra retentit en guise d’introduction, le chanteur/bassiste Phil Rind apparait sur scène en compagnie de ses confrères Jason Rainey (guitare rythmique), Wiley Arnett (guitare solo) et Greg Hall (batterie). Le set commence avec la fameuse The American Way. La fosse n’est pas très remplie, pas évident d’attirer la foule avec Hatebreed qui joue en parallèle. En revanche, ceux qui ont répondu présents sont des connaisseurs, les vrais thrashers qui exhibent fièrement leur veste à patchs, ils se laissent rapidement aller au son du thrash mordant de Sacred Reich. Certains sont déjà dans tous leurs états. Les ‘ricains sont ravis d’être là et Phil, à l’aise pour communiquer, ne manquera pas de remercier les aficionados à maintes reprises. Ce dernier donne le ton et annonce qu’ils vont nous jouer des titres plutôt rares en live: Death Squad, Love…Hate, Heal … Que dire à part que le show de Sacred Reich est purement excellent, le bon son nous permet de savourer pleinement. Gros riffs et cadences endiablées : Thrashhhhhhhhhhh, Les zicos sont souriants, proches du public et balancent leurs compositions avec une vraie générosité. Les good vibes se répandent au sein de l’Altar. Le groupe nous servira également sa plaisante reprise thrashy de War Pigs dont le refrain sera repris en chÅ“ur par la foule. Le vocaliste harangue la foule et invite les spectateurs à surfer afin d’introduire l’ultime morceau du concert : SurfNicaragua. Ça pogote sévère dans le pit, on se défoule jusqu’à la dernière note !
Sacred Reich a réalisé une sacrée bonne performance et ce concert restera, pour sûr, dans les mémoires !


HATEBREED (19 :40 – 20 :40 Main Stage 2)

Place aux hardcore les enfants ! Et pas qu’un peu puisque c’est Hatebreed qui va poser ses grosses guitares velues et ses riffs agressifs sur la Main Stage 2.La bande à Jamey Jasta forte de son dernier opus The Concrete Confessional est prête à mettre le feu dans le pit. Premier gros déchaînement de violence de la journée pour moi – oui j’ai fait l’impasse sur Mass Hysteria et je m’en porte très bien – et ça se passe devant une Main et ça se passe moyennement bien. Va falloir mettre les choses au point les kids, au milieu de la fosse il y a une zone consacrée où vous pouvez vous mettre sur la gueule en toute impunité, appelons ça le pit. En dehors du pit vous trouvez des gens qui ont moyennement envie de se prendre des mandales de façon aléatoire, prière de respecter ces gens là – non parce que j’accepte mal de me retrouver par terre à cause de déglingués qui pensent que « c’est métal » de taper tout le monde sans distinction. Parenthèse mise à part, les américains commencent avec un petit Destroy Everything des familles qui donne le ton, et ça démonte, littéralement. La guerre commence, les musiciens continuent de chauffer tout ce petit monde avec Looking Down the Barrel of Today, A.D et Everyone Bleeds Now. Et là c’est le drame, la pluie qui menaçait le festival depuis un bon moment décide d’éclater, la pelouse se transforme en un joli tas de boue, ce qui n’empêche pas les galopins venus fêter la sainte beigne de sauter partout. Sur scène Chris Beattie à la basse, Wayne Lozinak et Franck Novinec aux guitares et Matt Byrne bourrinant la batterie ne les aident pas à se calmer. Les titres coup de poing du groupe s’enchaînent Everyone Bleeds Now, Live for This, Honor Never Dies, In Ashes They Shall Reap ou Never Let it Die, le groupe n’a pas de mal à garder au chaud un public qui commence à sentir le poids de cette première journée et le de la flotte sur ses épaules. La liste des morceaux cultes est longue, le temps manque pour reprendre son souffle mais cette heure de set qui a bien secoué le Fest s’achève sur quelques pépites j’ai nommé To The Threshold, Tear it Down et I will be Heard. Voilà c’était Hatebreed et c’était bien cool.


 VOLBEAT (20 :45 – 22 :00 // Main Stage 1)

On change d’ambiance de façon radicale avec Volbeat sur la Main 1. Le groupe originaire de Copenhague attire du monde devant la scène, la sortie il y a peu de leur dernier opus Seal Deal and Let’s Boogie ainsi que leur performance une semaine plus tôt au Download ne sont peut être pas étrangers à cet engouement. Michael Poulsen au chant, Jon Larsen à la batterie et Rob Caggiano à la guitare sont accompagnés de Kaspar Boyle Larsen à la basse. Ces messieurs entament les hostilités avec un The Devil’s Bleeding Crown plutôt classique, le groupe qui possède ce grosse influences Rockabilly possède dans sa discographie des titres plus groovy, mais ça reste une entrée en matière. Les solos grincent et la batterie tabasse avec joie derrière, l’exécution est excellente et le groupe communicatif. Mon seul souci est qu’après une journée de festival dans les pattes et surtout Hatebreed juste avant, je trouve ça très gentillé comme set, en bref au bout d’un morceau j’en ai marre. Et pourtant le show est bon, devant les gens s’ambiancent bien et la setlist réserve quelques morceaux couillus – je pense à de petits Sadman’s Tongue ou 16 dollars pour l’exemple. Le set se termine sur un triptyque Seal The Deal, The Mirror and the Reaper et Still Counting qui enchante les fans devant.


OVERKILL (21 :35-22 :35 // Altar)

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Cette édition 2016 est clairement la meilleure que j’ai faite en matière de programmation thrash. La journée est simplement parfaite et comme ce n’est pas fini, quoi de mieux que de s’en reprendre une dose?
Qu’à cela ne tienne, c’est maintenant OverKill qui s’amène…  Là encore c’est THE groupe de speed thrash metal du New Jersey né en 1980! Rarement de passage dans le sud de la France je vais enfin voir ceux dont je n’entends que des éloges concernant leurs prestations live. Avec un 18ème album en préparation et 16 années d’activité on peut dire qu’OverKill a de la bouteille. Le décor est posé, immense backdrop et des tonnes de lights. A l’heure qu’il est, le public est réuni en nombre sachant que Rammstein jouera juste en suivant, et ça, ça fait plaisir !
La scène s’illumine et la musique démarre, les américains nous ont réservé une entrée en matière athlétique avec Amorist. Bim dans la face ! Le vocaliste Bobby Ellsworth dit Blizt débarque en trombe accompagné de Dave Linsk et Derek Tailer aux guitares, Carlos DD. Verni à la basse ainsi que Ron Lipnicki à la batterie. Là nous allons subir un véritable assaut musical, un enchaînement de tubes plus dévastateurs les uns que les autres : Rotten to the Core, Electric Rattelsnake, Hammerhead … Il faut le dire on s’en prend plein la gueule et plein les feuilles ! C’est hyper bon ! Certains critiqueront le son ultra fort, mais quand on est comme moi et qu’on a l’habitude des concerts de thrash en Espagne…on est rôdé ! Les musiciens ont la banane et sont en grande forme. Blitz nous projette son chant strident mais ô combien puissant pendant qu’à ses côtés les deux guitaristes balancent les riffs avec une aisance certaine. On retiendra d’ailleurs le magnifique solo délivré durant Ironbound. Que dire du robuste duo basse/batterie qui tartine grave? Pouah quelle branlée ! Le superbe jeu de light vient agrémenter ce show monumental. Le frontman ne lésine pas sur la communication et enjoint son public à se bouger, à slammer ! Bien qu’un peu calmes les spectateurs se prennent au jeu, l’atmosphère se réchauffe. OverKill ne pouvait pas nous quitter sans un doigt levé et c’est tous ensemble que nous brandissons nos majeurs avant un dernier lâcher prise sur la galvanisante Fuck You. C’était énorme !


DROPKICK MURPHYS (22: 05 – 23 :05 // Main Stage 2)

Un autre genre de fête se met en place sur la Main 2, Dropkick Murphys c’est, comme leur nom l’indique si bien, 6 boys de Boston qui mélangent habilement punk et musique celtique … Le cocktail parfait pour se cogner dessus et danser en toute cordialité en somme. La voix éraillée d’Al Barr résonne sur The Boys Are Back et les regards se tournent vers la scène. Le groupe qui sévit depuis la fin des années 90 est attendu, il faut dire que les seules dates françaises de leur 20 years anniversary se déroulent ici même à Clisson et à Toulouse pour le festival Rio Loco. Le punk aux accents exotique du groupe fonctionne, alors ils s’en donnent à cœur joie : Prisoner’s song, Sunday Hardcore Matinee, Johnny I Hardly Knew Ya, Walk Away ou The Auld Triangle, des morceaux presque purement traditionnels aux paroles teintées d’ironie, une sorte de Manau de là bas diront les mauvaises langues. Nous avons sur scène ce soir James Lynch à la guitare, Ken Casey à la basse, Tim Brennan jonglant entre guitare et accordéon, Jeff DaRosa pour les autres cordes et Matt Kelly pour tenter de structurer un peu tout ça derrière sa batterie. Les titres défilent et pour moi se ressemblent plus ou moins, on peut toutefois noter la reprise de You’ll Never Walk Alone et  les très bons Warrior’s Code et Rose Tattoo. Je dois avouer que, sans un bon pote pour délirer sur les morceaux barrés du groupe, le tout devient vite lassant. Je ne remets pas là en cause l’exécution des morceaux ou l’énergie du groupe, les deux étant excellents. Le set s’achève en beauté sur les frénétiques Going out in Style et surtout I’m Shipping up to Boston, style de mélodie que tout le monde connait sans réellement savoir pourquoi tellement elle fait partie de l’imaginaire collectif. Le Fest salue la performance qui a fait bouger le public alors que la nuit est définitivement tombée et que les grosses têtes d’affiche arrivent.


 RAMMSTEIN (23 :10 – 00 :40 // Main Stage 1)

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Le gros morceau de la soirée ce sont les teutons de Rammstein qui viennent déballer leur gros matériel sur la Main 1. Le groupe est connu pour proposer un show impressionnant et les curieux sont assemblés en masse pour vivre cette expérience. D’ailleurs il va falloir qu’une partie d’entre vous se mette au clair avec ses goûts, quand j’entends toute la journée que personne n’est motivé pour voir Rammstein et que les deux tiers du festival se presse devant le concert, je pense qu’il y en a deux ou trois qui n’assument tout simplement pas leurs penchants. Le compte à rebours se met en marche sur les écrans géants, et le réflexe le plus humain et le plus incompréhensible du monde prend le festival : on compte. Introduction classique du groupe, les accords de Ramm 4 démarrent. Le décor commence à péter dans tous les sens, des étincelles à droite à gauche, des mécanismes qui les font voler dans tous les sens, les classiques de leur mise en scène certes, mais le tout forme  un tel bijou de logistique et de technique qu’il force l’admiration. Till Lindemann, son allure de statue et son charisme prenne la direction des opérations, derrière Oliver Riedel à la basse, Christoph Schneider à la batterie, Richard Z. Kruspe, Paul Landers aux guitares et le toujours brillant Flake Lorenz au clavier suivent – et subissent pour certains. Niveau setlist on reste là aussi dans les classiques connus de tous, et c’est d’ailleurs très drôle d’écouter le Fest passablement torché baragouiner les 3 mots en allemands qu’ils ont retenus de leurs cours de seconde : Reise Reise, Hallelujah, Keine Lust, Feuer Frei !, Seemann, Ich tu dir Weh, Mein Herz Brennt, Ich Will, Du Hast ou la reprise de Stripped et j’en passe. Bien que la performance soit admirable en tout ce qu’elle demande d’organisation, de créativité, de concentration et de talent, et sans que l’exécution soit catastrophique, je trouve ça mou. Le spectacle manque de peps, de rage et les écrans d’attente entre les morceaux comme l’apathie générale que je ressens dans le public depuis le début de la journée m’empêchent d’entrer à fond dedans. Bon concernant le public il faut leur pardonner, la plupart à cette heure-ci et à ce taux d’alcoolémie sont plus occuper à traquer tout ce qui possède des protubérances mammaires significatives qu’à regarder des vieux allemands sur des ascenseurs. Un concert en demi teinte donc de mon côté, qui va toutefois s’achever sur une note positive puisque le rappel choisi est quand même une petite pépite niveau nostalgie : Sonne, Amerika et Engel pour clôturer la journée, de quoi repartir avec le sourire, mais complètement vidé.


TESTAMENT (23 :45-00 :45 // Altar)

Je vais reprendre des forces et me remettre de mes émotions avant un ultime concert sur cette même scène. L’excitation est grande car le groupe qui va maintenant investir les planches n’est autre que Testament. Je ne peux que me délecter de leur venue au Hellfest étant donné que le concert Testament/Exodus à Barcelone fut pour moi l’un des meilleurs de l’année 2015.
Je retrouve donc la scène dans la même configuration avec le même joli décor et bien entendu le petit rituel de l’encens avant le début du concert. La fameuse sirène retentit pendant que monsieur Gene Hoglan s’installe tranquillement derrière les fûts, chaleureusement accueilli par le public. Ses compagnons de scène s’amènent à leur tour, eux aussi acclamés par la foule: les talentueux Alex Skolnick et Eric Peterson aux guitares, le grand Steve DiGiorgio à la basse et enfin le charismatique Chuck Billy (aussi dit Papa!). Les toms sont frappés par Hoglan et c’est Over the Wall qui débute. La setlist sera également identique à celle présentée leur de la tournée, ce n’est pas un mal puisqu’elle est excellente avec des bombes telles que Rise up, The Preacher, Into The Pit, The New Order, D.N.R … Une fois de plus, c’est brisage de nuque intensif, et destruction des cordes vocales ! Les américains nous délivrent leur thrash avec cette générosité que nous leur connaissons bien. Le son était paraît-il très mauvais. J’avoue qu’étant placée plein milieu du premier rang je savais que je n’aurai pas le meilleur rendu sonore mais surtout je suis tellement absorbée par ce qui se passe sur scène que je n’y prête pas une si grande attention. Skolnick délivre ses solos tout en faisant son jeu de charme en bord de scène, Peterson qui joue plus discrètement n’est cependant pas en reste alternant entre riffs bien heavy et accords mélodieux. DiGiorgio semble s’éclater, toujours serein et souriant. Quel régal d’entendre les vrombissements de basse s’unir avec l’impressionnant jeu de batterie d’Hoglan. Et PAPA ! Notre Chuck bien aimé envoie la purée avec sa bonhomie habituelle sans oublier  de faire  un peu de « air guitar » sur son pied de micro personnalisé. Dans le pit c’est l’effervescence ! Pogo, slams, headbang… malgré l’heure tardive les spectateurs s’en donnent à cÅ“ur joie. Un petit The Disciples of Watch en guise de clôture. Testament a encore une fois tout déchiré ! Je suis lessivée mais comblée. On remet ça fin juillet à l’Xtreme Fest ! Ouh Yeah !


ABBATH (00 :50-01 :50 // Temple)

J’ai toujours trouvé les shows d’Immortal sympas au Hellfest, je suis donc curieuse de voir ce que donne concernant Abbath. Je ne regarderai que deux titres: To War! et Nebular Ravens Winter le black metal après avoir pris une paire de claques à 90% thrash ça ne me convient finalement pas. D’autant plus que le spectacle, avec une majorité de reprises d‘Immortal, ne semble pas vraiment différent ce que je j’ai déjà vu. J’aurai bien l’occasion de les revoir !

Nous allons faire la fête avec la copains en VIP histoire de partager nos impressions sur cette journée simplement exceptionnelle! Je sais déjà que les jours suivants n’égaleront pas celui-ci (mais presque) et je remercie les personnes en charge de la programmation de nous avoir offert ces fabuleux concerts. Une journée où le thrash était à l’honneur avec des monuments du genre et une belle poignée de jeunes groupes qui, soyez-en certains, n’en sont qu’à leurs débuts. Difficile de faire un classement tant c’était la folie !


Auteurs : Fanny Dudognon & Anaëlle Martin

Photographe : Antony Chardon

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