Alex Skolnick est de retour dans la métropole avec son trio jazz pour la première fois depuis pratiquement dix ans afin de faire la promotion de leur nouvel album intitulé Prove You’re Not A Robot et il était accompagné par la formation locale Valediction lors de son passage au Piranah Bar.
La première chose que l’on remarque dès notre arrivée au Piranah Bar, c’est qu’il y a des tables devant la scène. Ces dernières sont toutes occupées lorsque la formation Valediction commence leur prestation avec leur musique électrique légère. Le trio joue avec passion et capte immédiatement l’attention des amateurs avec leurs mélodies. La musique instrumentale change de style et incorpore des éléments psychédéliques et fusions par moment. Ils ont aussi habilement repris Wasting Love d’Iron Maiden à la fin de leur spectacle. La majorité des amateurs étaient en mode découverte, mais ils ont grandement apprécié la prestation de ce trio.
Il ne faut pas attendre très longtemps avant de voir Alex Skolnick arriver sur scène en compagnie de Matt Zebroski à la batterie et de Nathan Peck à la basse. On remarque immédiatement que Nathan a troqué sa contrebasse habituelle pour une basse, ce changement est beaucoup plus pratique pour lui au niveau de son dynamisme sur scène et la basse lui permet aussi d’avoir un son plus polyvalent. Le groupe se lance directement dans leur dernier album avec les pièces The Polish Goodbye et Prove You’re Not A Robot (la pièce titre de leur plus récent disque) et les amateurs embarquent automatiquement dans la musique. Cette dernière contient aussi un mini solo de batterie durant lequel Matt démontre qu’il est capable d’impressionner les amateurs avec son travail malgré sa petite batterie. Son travail me fait penser à celui de Stewart Copeland par moment lorsqu’il s’anime et devient une tornade en fond de scène. Le groupe va aussi jouer les titres The Infinite Hotel et Armando’s Mood de ce même album plus tard en soirée. Cette dernière est un hommage à Chick Corea et Steve Howe et Alex va arrêter la pièce après un bref instant afin d’ajuster sa guitare. Il dira à la blague que si le bassiste Stu Hamm peut le faire, il peut faire de même lui aussi. Ce titre agence parfaitement les styles différents d’Armando’s Rumba et de Mood For A Day comme seul le trio est capable de le faire.
Les amateurs connaissent principalement Alex pour son travail au sein de la formation Testament (comme le démontre la grande quantité d’amateurs qui ont des chandails à l’effigie d’un groupe métal), mais ce dernier démontre qu’il a une passion et un énorme talent pour le jazz. Le groupe joue aussi quelques pièces   de leur album Conundrum (Unbound et la pièce titre) avant de reprendre la pièce Breakdown de Tom Petty And The Heartbreakers. Les connaisseurs reconnaissent immédiatement les arrangements et hochent de leur tête pendant ce titre. C’est cependant lors de la reprise de Dream On d’Aerosmith que les amateurs vont manifester chaleureusement leur appréciation pour le groupe. C’est justement ce genre de reprise qui a fait connaitre le groupe il y a plus de vingt ans.
Le groupe revient avec la pièce qui a tout démarré pour le groupe, c’est-à-dire Still Loving You de Scorpions. Tous les amateurs connaissent cette élégante mélodie, mais le trio réinvente la pièce pendant neuf minutes alors qu’Alex joue la mélodie vocale de Klaus Meine et il n’y a tout simplement pas de mots pour exprimer l’émotion qui est véhiculée par cette exécution. Mais, à avoir les amateurs chanter les paroles de ce titre, nous pouvons constater que cette musique touche tous les amateurs présents. À voir l’ovation que les amateurs ont réservée au groupe, il est évident qu’ils auraient aimé qu’ils jouent plus de reprises, mais toute bonne chose à une fin.
Alex Skolnick est plus qu’un guitariste, il est un musicien passionné qui a innové lors de la création du Alex Skolnick Trio il y a plus de vingt ans et le trio a démontré à quel point ils peuvent rejoints des amateurs de plusieurs styles de musique.

 
Journaliste: Albert Lamoureux