Rodrigo y Gabriela

25 mai 2014 – Dernière soirée du festival Le Weekend des Curiosités, dédié aux groupes à découvrir et à re découvrir. Accueillie sous un soleil radieux, les finalistes du prix Ricard S.A Live Music, font leur entrée: Hill valley. Ces cinq jeunes hommes originaires de Clermont Ferrand ont envoyé leur énergie très Indie Rock au public Toulousain qui s’est montré réceptif. Les morceaux s’enchaînent à un rythme entraînant, la foule remue, le chanteur saute, empoigne son micro comme une arme et balance un tonitruant: “Est-ce que tu veux danser ?”. Un brin électro, clavier en avant et guitare qui secoue, on apprécie le talent de Raph au micro qui réussit à faire asseoir la totalité du public, avant de venir s’y mêler et de faire jumper la foule à l’unisson.

Kid Wise

Vient alors l’ambiance électro hypnotique de Kid Wise qui s’installe lentement mais sûrement sur la scène numéro 1 du port. Les lumières lancées à toute blinde, les formes géométriques hypnotiques en fond de scène font un parfait contraste avec la voix mélodieuse mais parfois hésitante du jeune pianiste/chanteur Augustin Charnet. Encore une fois la scène émergente toulousaine tient ses promesses et révèle un groupe autant agréable et surprenant qu’efficace.

Le public, loin d’être découragé par la pluie, se montre fidèle et enthousiaste. On se presse autour des buvettes et des sandwicheries. L’organisation respecte son pacte éco, les verres sont consignés et une belle ambiance règne malgré la pluie torrentielle qui s’abat littéralement sur les visiteurs.

Thomas Azier

Entre alors sur la scène secondaire  Thomas Azier,  un jeune néerlandais  dont le premier EP est sorti en 2012. Il s’impose par sa prestance et un son électro rêveur.  A la fois dans des variantes pop et inspirations futuristes, Thomas séduit au chant aussi bien qu’au clavier. Soutenu par un second claviériste/choriste, le duo en devient énergisant et séduisant ! Une affaire à suivre sans aucun doute!

Cats On Trees

Après quelques minutes de pause, la scène principale s’éclaire pour recevoir les tant attendus Nina et Yohan de Cats On Trees.  Cette voix, ce piano, cette batterie semblent avoir trouver comment toucher les gens. On se presse sur le devant de la scène, plutôt sobre. Le jeu de lumière, accompagne mélodieusement le duo. Vêtus de façon plutôt classe et simple, ces deux toulousains dont le succès a tardé à venir, ont su prendre leur temps pour séduire le public. L’interprétation de leur titre à succès Sirens call, réunit les mains et les voix qui s’élèvent sous la pluie. Leur second titre issu de leur album, Jimmy, est parfaitement représentatif de la douceur et reste gentiment émouvant. Yohan tient à soutenir la foule trempée et s’exclame: “Vous êtes beaux et courageux !” La cohésion est parfaite.

Débutent alors les premiers accords de la reprise de Gary Jules : Mad World. Une atmosphère qui colle parfaitement au groupe et suscite une belle émotion au sein du public. La chanteuse se montre joueuse et tente de faire répéter les paroles d’une chanson non présente dans l’album au public enjoué. Quelques bulles de savon s’élèvent dans le ciel et le show touche à sa fin au son du morceau intitulé Wichita, une ballade adorable presque enfantine.

Benjamin Clementine

Une voix et un piano s’empare alors des visiteurs agglutinés sous la pluie, Benjamin Clementine apparait et dépose ses premières notes aussi douces que marquantes. La voix, puissante et marquée de blues nous emporte, nous ramène, nous raconte et finit par nous déposer hors du temps. Ce jeune homme “sortie du métro parisien” offre son âme à travers son regard et ses mélodies. Ses morceaux, travaillés et affinés, s’enchainent. Quelques voix s’élèvent sur le titre révélateur du chanteur Cornerstone. Une histoire à suivre…

Rodrigo y Gabriela

Impatiemment attendus par les visiteurs trempés mais toujours fidèles au poste, les fameux mexicains Rodrigo y Gabriela font une entrée explosive!  Un écran géant sur la scène projette en live les doigts de ces deux virtuoses de la guitare. Hyper dextérité de Gabriela, rythmes endiablés, sourires aux lèvres et accords teintés de soleil, on est conquis ! La foule saute, chante, frappe des mains et des pieds ! Ce duo démentiel séduit un peu partout en Europe depuis 2005, leur musique inspirée de rock et de folk, le tout mélangé à un “je ne sais quoi” de chez eux nous bouscule, nous donne envie de saisir une guitare à la volée et de se lancer dans un solo démoniaque. Entre deux morceaux, ils nous gratifient des quelques mots de remerciements en français qu’ils connaissent. Gabriela vêtue de noir et rouge se balade d’un bout à l’autre de la scène tel un lutin malicieux et son énergie nous transporte. Au milieu du show, Rodrigo nous sert un solo formidable où il démontre son agilité en jouant avec sa canette de bière, à croire qu’il est né avec une guitare à la main.

La foule est en transe lorsque résonne les premiers accords de Tamacun, titre phare du second album du groupe intitulé simplement Rodrigo y Gabriela. Chacun bat le rythme à sa façon et certains poussent même la chansonnette. On adore cette ambiance festive qui semble mettre tout le monde d’accord. Histoire de nous faire redescendre un peu, et aussi de nous surprendre, les deux guitaristes nous offre une intro longue sur la merveilleuse reprise de Creep de Radiohead.

C’est sur cette belle note que se clôture le festival, encore une fois riche en découverte et en surprise. Le froid et la pluie n’ont pas découragés le public et les artistes se sont montrés généreux. On se donne rendez-vous l’année prochaine pour une 5ème édition du Weekend des Curiosités.

Auteur: Ottavia Marangoni

Photographe: Antony Chardon