QRFU

Les amateurs de Queensrÿche savent tous que Geoff Tate ne s’entend pas avec le reste du groupe et qu’il existe maintenant deux formations du même nom jusqu’à la décision de la cour à la fin de l’année 2013. C’est donc accompagné d’une panoplie de musiciens invités qu’il enregistre un premier album depuis la séparation du groupe.

Ceux qui ont vu la pochette de l’album Frequency Unkown savent déjà que cette dernière a suscité beaucoup de réactions dans les médias et les paroles de plusieurs titres ne feront rien pour diminuer la hargne qui existe entre les deux formations. La première pièce (Cold) contient une mélodie intéressante et lourde, mais elle devient répétitive et fait rapidement penser au style musical que l’on retrouve sur l’horrible Q2K. Son seul point positif est le solo de guitare de Kelly Gray. Le titre Dare est quant à lui plus moderne, mais ne contient aucune personnalité et ses paroles simplistes ne sont pas dignes d’êtres sur un album de Queensrÿche. Malheureusement, cette torture musicale continue à l’écoute du troisième titre (Give It To You) sur lequel nous pouvons entendre Geoff dire à son ancien groupe ‘How Do You Like Me So Far?’ le plus souvent possible. L’intensité de la mélodie de la pièce Slave est légèrement plus intéressante, mais la musique est tellement axée sur le rythme que l’on croirait écouter un groupe grunge! Le morceau le plus lourd de l’album est sans contredit Running Backward, mais encore une fois, son moment le plus captivant est l’excellent solo de guitare qui nous est offert par K.K Downing (ex Judas Priest). Geoff nous fait quelque peu revivre une excellente époque du groupe avec le titre Life Without You. Son style musical progressif et obscur ainsi que l’excellent solo Brad Gillis de nous rappelle rapidement The Killing Words de l’album Rage For Order. La seconde moitié de cet album est sans contredit meilleur que la première et cela est grandement dû au titre Everything qui contient une mélodie de guitare aussi entrainante que complexe. L’excellente ballade The Weight Of The World crée la même atmosphère que les pièces I Will Remember, Anybody’s Listening? et Someone Else? avaient générée à la fin de leur album respectif. La voix de Geoff est puissante et contient beaucoup plus d’émotions que sur les autres pièces de l’album. La mélodie de guitare alterne entre les passages acoustiques et électriques et nous avons droit à un autre excellent solo provenant cette fois de Chris Poland (ex Megadeth). Pour une raison que je ne peux expliquer, nous retrouvons à la fin de l’album de nouvelles versions studio des classiques I Don’t Believe In Love, Empire, Jet City Woman et Silent Lucidity. Comme il est tout simplement impossible d’améliorer ces titres, Geoff aurait mieux fait d’enregistrer ces derniers en concert au lieu d’essayer de les améliorer (sans succès) en studio.

En plus de Geoff et des musiciens mentionnés précédemment, Frequency Unknown renferme les excellentes prestations de Rudy Sarzo (ex Dio, Ozzy Osbourne, Quiet Riot) à la basse, Simon Wright (ex Dio, AC/DC) et Paul Bostaph (ex Forbidden, Slayer, Exodus et Testament) à la batterie et de Craig Locicero (Forbidden) à la guitare. Certains diront que c’est un album très lourd et le meilleur des albums solos de Geoff, ce qui est bien entendu très facile à faire compte tenu de la piètre qualité de ses albums solos précédents. En réalité, cet album est exécuté à la perfection, mais la musique manque grandement d’inspiration. Frequency Unknown n’est tout simplement pas à la hauteur des attentes générées par le chanteur.

httpv://youtu.be/WzDJHuxBTUw

Note : 5.5/10

Auteur : Albert Lamoureux