Album Review: Graveyard – Lights Out
Le groupe suédois Graveyard avait fort à faire pour enregistrer un meilleur album que Hisingen Blues, paru en 2011. Ils ont réussi un tour de force de hard rock avec Lights Out, paru le 6 novembre dernier sous Nuclear Blast. Le groupe s’inscrit dans un mouvement suédois qui ramène le hard rock aux saveurs de Deep Purple, Black Sabbath et autres Led Zeppelin, allant même parfois jusqu’aux Jethro Tull de ce monde. Ils rajoutent à leurs racines très fortes des années ’70 une valeur de production nette, bien balancée, et une écriture sans ambition et très réussie. Ce troisième opus est encore une fois enregistré d’un bout à l’autre avec de l’équipement analogue.
La première chose qui frappe de l’album est sa couverture, ornée uniquement du nom du groupe, du titre, et d’un carré noir. Simple et efficace, le concept va chercher tout son sens quand on regarde les paroles des chansons, au ton plutôt sombre. L’album s’ouvre avec An Industry of Murder, riche en riffs hantants et portée par la voix juste assez rocailleuse de Joakim Nilsson. Lights Out se promène d’un rythme à l’autre, explorant un côté tantôt blues avec Slow Motion Countdown puis définitivement rock avec Seven Seven. C’est toutefois avec The Suits, the Law & the Uniform qu’on voit ressortir le talent des musiciens, le côté vocal complète à la perfection les riffs riches en fuzz et en distortion, portés par la batterie de Axel Sjöberg qui rappelle celle de Bill Ward (Black Sabbath) et par le le ton de basse de Rikard Edlund qui n’est pas sans faire penser à Roger Glover de Deep Purple. La chanson se finit sur un excellent solo psychédélique à la King Crimson, et est définitivement une des pièces marquantes de l’album. Endless Night reprend un rythme rapide et entraînant avant de nous faire ralentir avec Hard Time Lovin’, dans laquelle le chanteur prend toute la place. La chanson n’a rien d’une ballade typique avec son rythme un tantinet déprimant, mais reste agréable à écouter malgré tout. Goliath et Fool In The End utilisent des recettes classiques du rock, rapides et avec des riffs qui restent en tête. Elles sont bien exécutées mais ne sont probablement pas celles qui vont accrocher le plus l’auditeur. L’album se conclut avec 20/20 Tunnel Vision. Elle prend un rythme très lent et laisse la place à un blues rock aux accents de désespoir et qui n’est pas à recommander aux alcooliques avec des paroles comme :Shaking, aching, faking, trying to be on this , Admit it to myself, I’ve got nobody left to call a friend. I wanna drink again. La mélodie est porteuse d’émotion et continue à hanter même après sa conclusion, ce qui clôt l’album d’une belle façon.
Graveyard ont démontré avec Lights Out qu’ils sont capables de produire plusieurs albums de très bonne qualité en très peu de temps. Leur dernier effort est constant d’un bout à l’autre et mérite définitivement une écoute attentive pour tous les amateurs de hard rock, autant ceux qui n’écoutent que du nouveau matériel que ceux qui sont restés pris avec les goûts à la mode il y a trente ans. Leur spectacle a souvent été qualifié de flamboyant ou d’électrisant, et devrait être de passage au Canada «bientôt», selon le groupe.
httpv://youtu.be/6HmMy2ubC7E
Note: 8.9/10
Auteur: Phil Mandeville