Bring Me the Horizon : Québec plongée dans l’univers POST HUMAN
Bring Me the Horizon investissait le Centre Vidéotron avec sa tournée POST HUMAN: NeX GEn – The Third Ascension Program. Avec The Plot in You et Motionless in White pour ouvrir la soirée, l’affiche promettait déjà quelques secousses. La promesse a été tenue : une musique massive, un public particulièrement actif et une production qui ne faisait décidément pas les choses à moitié.
The Plot in You donne le ton avec une musique lourde, massive, portée par des guitares qui prennent toute la place et des cris parfaitement maîtrisés. La prestation frappe fort et trouve rapidement son répondant dans la foule.
Depuis la fosse photo, l’énergie du public se mesure aussi au travail de la sécurité. Près d’une dizaine d’agents sont présents devant la scène, et les amateurs de crowd surfing leur donnent de quoi s’occuper. Les spectateurs arrivent au-dessus des têtes, puis sont réceptionnés à la barrière. Entre deux photos, mieux vaut garder un œil sur ce qui approche. Ce soir, le spectacle se déroule aussi derrière nos épaules.
Une première partie efficace, qui installe immédiatement l’intensité de la soirée.
Motionless in White prend ensuite le relais avec une excellente prestation. Avec vingt ans de carrière, le groupe possède une assurance qui se ressent sur scène. À Québec, sa place sur l’affiche est celle d’un invité de Bring Me the Horizon, mais sa performance a toute l’envergure d’un groupe capable de porter sa propre soirée.
Chris Motionless et ses musiciens livrent un metalcore à l’identité sombre et théâtrale, où la puissance musicale accompagne naturellement l’esthétique du groupe. L’ensemble est convaincant et ne donne jamais l’impression d’une simple étape avant la tête d’affiche.
Dans le public, cette identité visuelle a d’ailleurs ses adeptes. De nombreux fans sont grimés ou maquillés, certains rappelant l’apparence du chanteur, d’autres arborant des maquillages de clown. Difficile de passer à côté : une partie de la foule avait, elle aussi, préparé son entrée en scène.
Bring Me the Horizon : une cathédrale pour terrain de jeu
Avant même l’arrivée de Bring Me the Horizon, les écrans plongent le public dans un univers de jeu vidéo, avec des images évoquant les jeux PlayStation. Une mise en condition qui annonce déjà une soirée pensée au-delà de la seule succession de chansons.
Puis le rideau est aspiré, dévoilant un décor immense. De grandes arches et des vitraux donnent à la scène des allures de cathédrale gothique. Des plateformes structurent l’espace, avec le batteur installé en hauteur sur la droite et, de l’autre côté, un musicien supplémentaire à la guitare. Le groupe occupe un véritable décor, dont les dimensions prennent tout leur sens dans une salle comme le Centre Vidéotron.
La production est spectaculaire. Les effets de fumée et la pyrotechnie ponctuent le concert, tandis que les éclairages transforment l’atmosphère autour des musiciens. L’univers numérique annoncé avant le spectacle rencontre cette architecture gothique pour composer un cadre aussi imposant.
Au milieu de tout cela, Oli Sykes demeure le point d’attention. Certains avaient exprimé des doutes sur ce qu’ils entendraient réellement de sa voix sur scène. À l’écoute ce soir-là, sa prestation est bien vivante. Les screams et les grunts comme les passages chantés participent pleinement à l’intensité du concert.
L’un des moments les plus sympathiques survient lorsque deux fans montent sur scène pour crier avec lui. Dans une production de cette ampleur, cette parenthèse ramène soudain le spectacle à une rencontre entre un chanteur et son public. Pour les deux invités, difficile d’imaginer un meilleur souvenir à rapporter de la soirée. Et dans la foule, quelques personnes ont certainement regretté de ne pas être à leur place.
Bring Me the Horizon livre ainsi un concert où la démesure visuelle accompagne une performance musicale à la hauteur. Après la lourdeur de The Plot in You et l’excellente prestation de Motionless in White, le groupe conclut une affiche particulièrement solide. Une soirée spectaculaire, vécue autant devant la scène que dans une fosse où personne ne semblait avoir prévu de rester tranquille.
Auteure et photographe : Sandra Esteves