nothing,nowhere

La formation punk nothing,nowhere. débute notre second jour au Vans Warped Tour de Montréal. Le groupe propose un son emo à tendance hardcore, avec de belles harmonies et on est rapidement charmé. nothing,nowhere. fait scander la foule « tabarnak », nous encourage à taper des mains et un pit se maintient tout au long de la prestation, bien qu’il soit à peine 12h45. Le groupe provenant du Vermont nous fait penser à un mélange de The Used, State Champs et par moment, A Day To Remember. Le chanteur a un ton de voix très clair et assez aigu, mais les riffs de guitare s’orientent plus vers le punk et le hardcore. Le tout est assez agréable, surtout parce qu’on a un faible pour les groupes qui usent de clean vocal, sur une musique pesante.

Un peu comme Our Last Night le fait, le groupe se prête à des covers réinventées dans son style. Il nous offre All Star de Smash Mouth, ainsi que Wish You Were de Incubus, et rapidement, on est conquis ! L’énergie est impeccable et les musiciens donnent absolument tout ce qu’ils ont sur scène. À un moment, ils nous mentionnent « Open this pit up, you guys have health insurance here, prove it! » et on applaudit leur sens de la répartie. Leur perfo est un gros party, rempli de crowd surfing et de personnes ravies de débuter leur journée avec une si chouette prestation. Pour les fans de emo, de pop-punk et de softcore, on vous recommande une écoute !

Jutes

Si plusieurs attendaient la prestation de Simple Plan ou Jimmy Eat World, notre spectacle le plus attendu était celui de l’ontarien Jutes… et on avait prévu le coup en se plaçant à la barricade centrale ! On se retrouve entouré majoritairement de femmes – sans surprise -, étant donné la beauté du chanteur et sa sensibilité artistique. Ça a quelque peu compliqué le crowd surfing puisque des fangirls de 120 livres toutes mouillées, ça a quelques difficultés à soutenir les hommes musclés de 220 livres, qui nous arrivent derrière la tête, pieds en premiers.

L’artiste enchante avec plusieurs chansons de son nouvel album Chin Up, Beautiful, paru le 5 août dernier. Il entame à notre grand bonheur avec l’énergique One of Us, pour laquelle la foule balance ses mains dans les airs. Les cris du chanteur sont absolument impeccables, ils sont encore plus émotifs et droit au cœur qu’en simple audio. Jutes nous livre une performance vulnérable, tout en étant totalement en contrôle de son impressionnante voix, particulièrement lors de Blink Twice, Mannequin et Disassociate.

« It feels like home, I’m from Ottawa but this feels just like home. I’ve put out a new album, I think we need a picture » nous dit-il, pour ensuite sortir son téléphone et se filmer alors qu’il entame Smile, You’re on camera. Jutes comble également ses fans de longue date avec It Takes Two, SMUT et Sleepyhead, avec laquelle il termine son set. On a savouré chaque seconde de son spectacle. On a déjà hâte qu’il reviennent à Montréal pour une performance plus longue !

30H!3

Le groupe débarque sur la scène affublé de costumes d’éboueurs très voyants et livre l’énergique PUNKBITCH et ça explose déjà dans la foule. Chaque piste du groupe est accompagnée de son univers visuel à l’esthétique du début des années 2000, dans lequel les deux chanteurs sont personnifiés. Allant de l’univers de South Park, au logo de Nickelodeon, en passant par le fameux fond d’écran de Windows 93, le tout est super nostalgique et bien réapproprié. 30H!3 présente ses musiciens avant la populaire STARSTRUKK et on remarque qu’une femme les accompagne à la batterie, à notre plus grande suprise !

Les deux chanteurs sont énergétiques : ils se lancent par terre, ils sautent sur place et habitent toute la vaste scène. Ils nous livrent les classiques Touchin on My, IMNOTYOURBOYFRIENDBABY, Double Vision, My First Kiss et leur méga succès DONTTRUSTME. Lors de cette piste, ainsi que durant RICHMAN, la foule place ses mains en symbole à l’effigie de l’album WANT (2008) et ça nous replonge tout droit dans les premiers Vans Warped Tour où on les a vu performé. Mis à part les quelques poils blancs dans leurs barbes, on dirait que rien n’a changé : on est immergé dans l’énergie des années 2000, comme si on avait encore 17 ans !

30H!3 nous offre également de plus récentes compositions telles que MY FRIENDS et LONELY MACHINES, durant lesquelles ont reprend un peu notre souffle, car il fait TRÈS chaud et la foule est dense. En somme, 30H!3 nous a offert un beau moment de danse et de nostalgie. On a beaucoup sauté sur place et dansé, au point d’avoir hâte à un moment de repos à l’ombre suite à leur super spectacle.

Scorching Tomb

On avait très hâte à la perfo de nos amis de Scorching Tomb, avec qui on avait effectué une entrevue en début de journée. Ceux-ci se produisent sur la plus petite scène du festival, qui est réservée aux artistes émergents, mais avec les nombreux fans de musique métal qui les supportent, ils ont attiré assez de gens pour poser une circulation difficile aux festivaliers autour de leur scène !

Dès les premiers riffs de guitare, un pit est déjà formé et ça bardasse en masse. Pour ajouter aux festivités, Scorching Tomb nous propose deux belles surprises en invitant d’abord Alex Cloutier de Primal Horde pour jouer Feel the Blade, et la foule en redemande. Un peu plus loin dans le set, c’est au tour de Greg Kepka du groupe Desecrate de performer aux côtés de Scorching Tomb et les fans sont ravis, ça crinque l’énergie d’un cran !

Les gars de Scorching Tomb nous livrent des pistes principalement issues de leur album Ossuary, paru en 2025. Pendant que le chanteur Vincent Patrick Lajeunesse fait tourner son micro en l’air, un vaste circle pit se déchaîne parmi les spectateurs. Vincent encourage même la foule à effectuer un wall of death et ça participe comme jamais. Après tout, c’est vrai qu’on a des cartes d’assurance maladie, alors on s’en permet un peu !

Le contraste entre l’amour qui leur est envoyé et la lourdeur de leur death metal est saisissante. Leur prestation a été bien plus qu’un simple show dans un festival, c’était une réunion entre amis, un moment de célébration de la musique métal québécoise et on a un immense élan de fierté à voir nos chums être soutenus par des centaines de festivaliers, lors d’une journée si épique.

Sudden Waves

Au tour de Sudden Waves de prendre d’assaut la scène après Scorching Tomb. Le groupe est généreusement introduit par nul autre que Rej Laplante, ancien VJ de MusiquePlus, animateur radio et fier représentant de la scène punk canadienne. Sudden Waves est associé à la couleur orange et plusieurs festivaliers (dont nous-même) brandissent des bandanas oranges, afin d’encourager le groupe. Gabriel Desbiens, chanteur de la formation, brandit pour sa part un cône orange à bout de bras et le donne aux fans, qui l’installent à l’avant de la scène afin de l’intégrer au circle pit.

Si la circulation autour du stage était déjà pénible, elle devient à peu près impossible dès que Sudden Waves entame son set ! Gabriel nous lance « C’est bon d’être ici, il y a tellement de gens qu’on reconnait, plein de visages familiers. On a commencé à faire de la musique dans un sous-sol en 2018 et là, on est au Vans Warped Tour, what the fuck ! » et la foule rugit. Entre THIS ONE LIFE, Meet Me Halfway et Contender, le groupe fait des sourires à ses fans, lui donne des fist bumps et même des accolades à ceux qui osent monter sur scène pour ensuite se lancer dans le pit.

Petite surprise pour les fans de pop-punk : ils sont ravis d’avoir droit à un excellent cover de Decode du groupe Paramore. Les gens ont réellement du plaisir et le band se nourrit de cette énergie pour leur redonner au quintuple. Les gars sont super dynamiques, ils sautent en synchronisation et occupent tout l’espace. Fait cocasse, à un moment, Gabriel saute tellement qu’il perd momentanément l’équilibre et s’enfarge dans le micro du batteur !

En plus des bandanas oranges, Sudden Waves a sa propre bannière et des fans crinqués montent sur les haut-parleurs pour l’étendre. Le groupe avait également prévu des ballons gonflables qu’il lance dans la foule histoire de dynamiser le set.

En fin de spectacle, Gabriel nous dit « Allez dans les shows de bars, encouragez la scène locale. De plus, notre ami Miguel va lâcher le band et continuer avec Scorching Tomb, il est dans deux groupes qui roulent bien trop, ce sera aujourd’hui son dernier show avec nous. Il a fait 4 ans avec nous, faites du bruit pour Miguel. ». La foule se met à scander le nom du bassiste à répétition et on sent que c’est un moment très émotif pour ses comparses musiciens. La formation nous livre l’excellente Moonshot et Late bloom, puis nous laisse sur un « Ça fait chaud au cœur la maison, merci ! ». On est absolument ravi de ne pas avoir loupé ce spectacle si rassembleur et impressionnant !

Jimmy Eat World

Le groupe de rock alternatif Jimmy Eat World embarque sur la scène principale en début de soirée. Il ouvre avec la superbe Bleed American et ça met le ton pour leur prestation, puisqu’il joue l’entièreté de l’album éponyme ! En effet, cette année marque les 25 ans de la parution de l’opus et le groupe est actuellement en tournée mondiale pour souligner l’anniversaire de ce disque qui a lourdement impacté sa carrière. On s’étonne d’entendre comme troisième piste la très populaire The Middle, qui normalement, serait jouée en fin de set pour propulser la prestation à son summum. Qu’à cela ne tienne, on leur lève notre chapeau d’avoir joué l’album dans son entièreté et dans l’ordre désigné.

On sent toutefois qu’en milieu de performance, la tension se relâche et ça bouge un peu moins dans la foule, puisque Bleed American propose des pistes au tempo plus lent, notamment Your House, Hear You Me et Cautioners. On était particulièrement ravi d’entendre If You Don’t, Don’t pour laquelle on a un énorme faible. Hormis six gros bulbes lumineux géants dispersés de chaque côté des musiciens, la mise en scène est très sobre et s’appuie essentiellement sur un jeu d’éclairage, ainsi que quelques animations de trophées sur l’écran géant, à l’effigie de la pochette de Bleed American.

Entre les chansons nostalgiques, le dynamisme des musiciens et le magnifique couché de soleil qui teinte les nuages d’or et de rose, on vit un vrai moment emo. Après avoir clos l’album avec My Sundown, Jimmy Eat World nous réserve Pain en guise de rappel, histoire de finir sur une note plus dynamique. La formation a fait un sans faute : aucune fausse note, aucun problème technique et c’était une prestation savoureuse, plus particulièrement pour les fans de longue date !

Yellowcard

Vient ensuite la performance d’un autre groupe dont la discographie est synonyme de nostalgie, Yellowcard. Contrairement à Jimmy Eat World, Yellowcard a choisi d’alterner entre de plus récentes chansons tirées de l’album Better Days (2025) et ses plus grands succès. Et on vous l’avoue, le party était pas mal plus présent lors de leur performance ! La formation est introduite au son de la chanson thème de Ghost Busters et l’iconique fantôme du film, ainsi qu’un ghost buster, se poursuivent sur la scène, en lançant occasionnellement des chandails dans la foule. Bien que le lien entre le groupe et cette mise en scène nous semble obscur, c’était une bonne introduction qui nous a gardé sur le qui-vive.

Alors que la chanson thème de Top Gun joue, la formation entre en scène et ouvre avec Better Days, puis enchaîne avec le succès Way Away – durant lequel tout le parterre crie les paroles – avant de jouer For You, and Your Denial. Yellowcard impressionne toujours par l’intégration de violon dans ses pistes et leur violoniste, Sean Mackin, habite la scène encore plus qu’un guitariste ne le pourrait : il est hyper dynamique et se promène absolument partout. Même si on se fait offrir des pistes plus récentes, un circle pit est créé et ça swing beaucoup, surtout pour Love Letters Lost et Bedroom Posters. Le groupe nous fait plaisir avec des classiques tels que Lights and Sounds, Breathing et Only One, chanson durant laquelle tout le monde allume sa lumière de téléphone et savoure chaque moment de la poignante ballade.

Il convient de souligner deux petits bémols à cette prestation. D’abord, le groupe ne propose que son nom en guise d’animation et on avoue qu’étant un artiste qui joue juste avant la tête d’affiche, on avait des attentes plus élevées niveau décor. Ensuite, le groupe interagit peu avec la foule. On s’imagine que c’est dû en raison du peu de temps qui lui est accordé pour sa performance et qu’il préfère laisser la musique parler d’elle-même.

Toutefois, avant jouer sa dernière chanson, le band nous avoue que « There was a time when we thought we couldn’t do this anymore and in Chicago, when we played the Riot Fest, we hadn’t played any music together for six years, but something told us to put this behind, as friends and bandmates. Since that night, we’ve done the biggest tours of our career, recorded Better Days with our friend Travis Barker and had two number one hits on the radio. Thank you guys so much! This show is wild and unreal, and we are going to come back next year, promise! ». Yellowcard termine avec son méga succès Ocean Avenue qui comble la foule de bonheur, et nous donne l’espoir d’un spectacle plus long en sol montréalais en 2027 !

Simple Plan

En se faufilant dans la foule, on se demande vraiment comment Simple Plan pourra surpasser la prestation de clôture de la veille, livrée par A Day To Remember. Après tout, il lui revient la lourde tâche de clôturer le festival, alors les attentes sont à leur maximum. La formation originaire de Montréal a attiré une foule monstre et il est trois fois plus difficile de se faufiler (ou de simplement se tenir debout) qu’au spectacle de A Day To Remember. On range rapidement notre téléphone ainsi que notre montre dans notre sac, car ça brasse beaucoup trop pour le peu d’espace qu’on a au parterre !

Simple Plan débute avec I’d Do Anything et ça transforme le festival en véritable chorale. On est témoin de plein de jeunes hommes qui chantent en regardant leur amis, les yeux plein d’étoiles et le sourire aux lèvres. On avoue que c’est une douce et puissante nostalgie qui règne dans la foule pour cet ultime spectacle du Vans Warped Tour.

Si au niveau des animations c’était monotone durant Yellowcard, avec Simple Plan, c’est complètement l’inverse : on a droit aux plus belles animations de tout le festival ! Et durant les chansons, c’est tout autant dynamique : de Nothing Changes à Jump, en passant par Shut Up!, ça bodysurf sans interruption. On a droit à de la fumée et à du feu sur la scène, sans oublier la formation d’un immense pit au parterre. Celui-ci prend d’ailleurs de l’ampleur quand le chanteur Pierre Bouvier annonce « On a tu des fans de Reset ici ce soir ?! » et que la formation enchaîne avec Go Away, issue du projet Reset – le groupe punk dont faisaient partie Pierre et Chuck Comeau, avant qu’ils ne se consacrent uniquement à Simple Plan.

Durant Jet Lag, le groupe invite LØLØ à prêter sa voix à la chanson. On aurait préféré voir débarquer Marie-Mai et entendre la version francophone du hit, mais LØLØ fait une superbe prestation et de belles harmonies. Pierre nous demande ensuite « C’est quoi un vieux fan de Simple Plan ? Quelqu’un qui nous suit depuis 5 ans, 10 ans, 15 ans ou 20 ans ? » et les festivaliers font beaucoup de bruit pour exprimer sa longévité en tant que fan. « On va vous donner du old Simple Plan ! » et le groupe enchaîne avec Addicted.  Étonnamment, ce n’est pas tout le monde qui chante autour de nous, donc on met les bouchées doubles pour assumer leur part d’ignorance en criant les paroles le plus fort possible !

Le groupe nous demande ensuite qui les a déjà vu en prestation et souhaite « Welcome to the family! » aux nouveaux, avant de nous jouer la fameuse Welcome To My Life, chanson qui a marqué notre génération (et le Top 5 MusiquePlus anglo) au fer rouge. Pierre renchérit « Ça fait trop longtemps qu’on n’était pas venu au Vans Warped Tour. ». « How about we put some party music? » et la formation nous livre des covers de All Star de Smash Mouth, de Sk8er Boi d’Avril Lavigne ainsi que de Mr. Brightside du groupe The Killers. On a l’impression d’être au meilleur Emo Night de tous les temps et la foule se transforme à nouveau en une puissante chorale.

On a droit à plusieurs autres surprises : des énormes ballons de plage durant Summer Paradise, plus d’une centaine de personnes déguisées en Scooby-Doo qui prennent d’assaut la scène durant What’s New Scooby-Doo et aussi à un gâteau en forme de burger qui est amené à Jeff Stinco, le guitariste de la formation, qui célèbre ses 48 ans sur la scène ce soir ! Pierre poursuit en soulignant que Simple Plan est devenu viral grâce à sa chanson I’m Just a Kid et souligne que « Every night is the worst night ever, mais pas ce soir ! », avant de poursuivre avec la mythique chanson. Durant le bridge, Chuck prend un micro et revêt fièrement un jersey de la Victoire en soulignant que « Montréal, c’est la ville des championnes ! ». Il donne plein de high five aux gens à la barricade, confie son instrument à Pierre qui assume désormais le rôle de batteur pour le reste de la piste, alors que Jaret Reddick, le chanteur de Bowling For Soup, prend le relais au chant. Quand I’m Just a Kid reprend, Chuck se lance dans la foule pour faire du bodysurf et c’est l’ultime party au parterre.

Et justement, grâce aux nombreux bodysurfers, on gagne de l’espace dans la foule et ça nous permet de vivre à fond la dernière pièce, Perfect, alors que des feux d’artifices illuminent le ciel et qu’on serre nos amis dans nos bras en chantant la douce ballade. C’est définitif, Simple Plan sait comment animer une foule, livrer une prestation incroyable et unifier le public. Cette performance de Simple Plan a comblé notre cœur d’emo, redevenu adolescent le temps d’une soirée, et nous a offert la finale dont on avait de besoin !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alexandre Guay