Le grand retour du Vans Warped Tour à Montréal

The Red Jumpsuit Apparatus

The Red Jumpsuit Apparatus est le second groupe à prendre d’assaut la scène principale en ce vendredi 21 août, après The Paradox. Le groupe débute avec Brace Yourself, une piste plutôt récente qui semble inconnue des festivaliers, puisque ça ne bouge pas beaucoup. On doit mentionner que le groupe a débuté quelques minutes à l’avance de son temps, ce qui pourrait expliquer le retard de certains fans.

Après un « Bonjour, ca va?! » bien senti, The Red Jumpsuit Apparatus poursuit avec deux titres issus de leur album Don’t You Fake It (2006) : In Fate’s Hands et False Pretense. On remarque un problème de calibration du micro de K Enagonio : on entendait à peine ses cris entre les boost de la basse et des instruments. Un peu déçu, on a bougé vers la seconde scène principale pour avoir des places de choix pour Escape The Fate. On a apprécié de loin leur dernières chansons, Guardian Angel et la fameuse Face Down, pour laquelle même devant l’autre scène, ça chantait très fort. C’était tout de même une belle finale.

Escape The Fate

Assister à un spectacle d’Escape The Fate c’est quelque chose d’électrisant. Impossible de ne pas bouger, surtout quand le groupe provoque un mosh pit dès la première chanson, One for the Money. Les fans crient les paroles, ça se bouscule en masse et le groupe se nourrit abondamment de cette énergie chaotique !

Escape The Fate nous a ramené tout droit en 2010 avec les singles de leur album This War Is Ours, notamment The Flood et Ashley, mais ont également réaffirmé leur identité avec un tout nouveau single intitulé Idle Potential. La foule est heureuse, on voit des signes de cornes faits avec les mains, ça chante et ça participe aux nombreux pits, ainsi qu’à un violent wall of death. Malgré tout, le groupe prend soin de sa foule et le chanteur de la formation, Craig Mabbitt, ne se gêne pas pour demander à ses fans « Is everybody good? ». C’est bon de savoir que le groupe se soucie du sort des festivaliers. Son attitude a d’ailleurs contribué positivement à notre appréciation du spectacle.

Craig habite bien la scène et ses notes sont franchement impeccables. Sa puissante voix est tout aussi claire et perçante qu’à ses débuts dans la formation. Il effectue aussi de belles interactions avec la foule. À un moment, il nous avoue que son Vans Warped Tour préféré s’est déroulé à Montréal et ajoute un « no cap », signifiant que ce n’est ni flatterie, ni du bluff. On sent que le band a vraiment du plaisir à performer dans notre ville et la foule lui rend bien son énergie. Les animations recherchées et très élaborées pour chaque piste nous émerveillent, tout autant que la finale avec la brutale This War Is Ours (The Guillotine II). Escape The Fate a livré une perfo super énergique et nostalgique à souhait, on a adoré !

All Time Low

C’est après avoir attrapé quelques chansons de Boston Manor qu’on se revient à la scène principale pour assister à une des rares prestations pop-punk de cette programmation 2026, celle d’All Time Low… Et dire que le groupe a fait une prestation colorée serait un euphémisme ! Tandis que Damn If I Do Ya (Damned If I Don’t) se démarque par une esthétique inspirée des jeux vidéo, Falling For Strangers offre une kiss cam en forme de cœur, faisant des gros plans sur le public, alors que The Weather présente des animations aux couleurs éclatantes, rappelant l’esthétique de l’album Everyone’s Talking! (2025). De plus, All Time Low est l’un des rares artistes du Vans à présenter un décor tangible. Celui-ci est composé de cubes à l’effigie des albums et des hits d’All Time Low et tous ces indices visuels contribuent à un effet nostalgique, nous rappelant les nombreuses ères musicales de qualité que le groupe nous a offertes.

Même durant les chansons plus récentes telles que SUCKERPUNCH et Little Bit, l’énergie est au rendez-vous dans la foule. Le groupe alterne avec brio les succès de neufs de leurs dix albums, tout en faisant constamment participer la foule. Il nous offre l’infectieuse PMA en invitant LØLØ à les rejoindre sur scène et celle-ci revêt une camisole « All Time LØLØ », qu’on trouve adorable.

Le chanteur de la formation, Alex Gaskarth, a effectué un super travail de hype man, de sorte à ce que le public se sente chéri. Entre les « Thank you for taking good care of each other », les « Is everyone good down here? » et son discours à propos de l’essence du Vans Warped Tour qui prend racine dans la camaraderie entre les bands et la foule et le commun respect pour les autres, impossible de ne pas se sentir en communion.

Gaskarth n’hésite pas à demander « some human participation », encourageant le crowd surfing et la danse, ce qui provoque une marée humaine sautillante, et ce, jusqu’à la rampe de skate. Le moment le plus émouvant survient durant Lost in Stereo, qui est dédiée au guitariste de la formation Jack Barakat, malheureusement absent sur scène, alors que la foule chante à pleins poumons la dynamique chanson datant de 2009. Le guitariste récupère présentement d’une blessure au bras et le groupe a tenu à souligner « We’re missing him. ». Toutefois, Jack a été aperçu brièvement, entre la barricade et la scène, au plus grand bonheur des fans !

Avant de conclure, Alex a livré un message simple mais puissant : « That’s all that matters in this world: keep each other safe. », puis nous livre la mythique Dear Maria, Count Me In, histoire de finir le spectacle avec un gros party. La perfo aura combiné un décor saisissant, une énergie contagieuse et une douce nostalgie, avec un All Time Low visiblement ravi de retrouver la foule montréalaise.

Taking Baking Sunday

La perfo de Taking Back Sunday a été marquée par une forte dose de nostalgie, alors que le groupe célèbre les 20 ans de Louder Now (2006). Leur prestation s’ouvre avec la trame sonore du Roi Lion, puis la formation lance son set avec What’s It Feel Like to Be a Ghost?. Contrairement à All Time Low qui les précédait avec une production visuelle imposante, Taking Back Sunday a conservé une mise en scène très sobre : aucune animation derrière le groupe, seulement son nom affiché en continu.

La performance n’a toutefois pas été exempte de problèmes techniques. Sur Liar (It Takes one To Know One), le micro d’Adam Lazzara, le chanteur du groupe, a semblé mal fonctionner. Certaines notes ont été peu poussées ou carrément couvertes par la musique. De plus, les cris en fin de piste n’ont pas été exécutés, mais on comprend qu’après 24 ans de carrière, Adam n’a potentiellement pas les mêmes capacités vocales. En contrepartie, celui-ci a multiplié les manipulations de son micro, le lançant dans les airs et l’enroulant autour de son cou, avant de se rendre à quelques reprises aux pédales d’effets pour y modifier sa voix.

Les difficultés vocales se sont également fait sentir durant Set Phasers to Stun. On précise que le second chanteur et guitariste John Nolan a livré d’excellentes harmonies, mais Adam peinait à atteindre certaines octaves. Malgré tout, le groupe a conservé son énergie et multiplié ses interactions avec le public. « It is an absolute pleasure to be here with you today. » a lancé Adam, après avoir souligné l’excellent set de leurs collègues MXPX.

Pour la finale, l’énergie a monté d’un cran avec le succès MakeDamnSure, qui a fait se lever de nombreux spectateurs, les faisant chanter (ou plutôt crier) et taper des mains. Adam a remercié Montréal avec enthousiasme « It’s such a beautiful night! Oh My God, you guys get to do it again tomorrow, woohoo! ». Il nous donnait un peu une vibe de guru spirituel, très connecté avec l’univers et content d’être là, comme si c’était sa première perfo à vie sur un main stage. Il a remercié le public d’avoir délibérément choisi d’être là, alors qu’il aurait pu se trouver n’importe où. Une conclusion chaleureuse et manifestement appréciée par une foule venue revivre les jours de gloire de Louder Now et Tell All Your Friends (2002).

Sublime

Connaissant peu le groupe, on ne pensait pas les inclure dans notre critique, mais pour avoir vu le trio performé sur la scène adjacente, en patientant pour A Day to Remember, on ne peut passer sous silence sa performance ! On remarque d’abord un immense dalmatien gonflable sur la scène – à l’effigie de Lou Dog, le chien appartenant au chanteur original de la formation, Bradley Nowell. On se rappelle d’ailleurs avoir vu plusieurs festivaliers durant le pit d’Escape The Fate disposer de l’animal gonflable, en format miniature.

Jakob Nowell a fait une formidable prestation, ultra dynamique en habitant totalement la scène et en descendant parfois dans la foule pour chanter les plus gros succès de Sublime avec les festivaliers. Sur scène, on voit fréquemment des planchistes faire des manœuvres sur leur skate. Niveau musique, le son est très bon et très clair. Une performance ultra agréable et sans faille, dans la légèreté du punk-ska et de la nostalgie de leur discographie.

A Day To Remember

Fidèle à lui-même, le groupe fait son entrée sur l’épique Also Sprach Zarathustra de Richard Strauss. Dès que les lumières s’allument, on constate une cinquantaine de personnes sur la scène, des heureux élus du concours promu par le Vans quelques semaines avant l’événement. Dès que les instruments entament The Downfall of Us All, ça chante très fort dans le public. A Day To Remember utilise des canons de fumée, dès les premières notes pour rendre la prestation plus explosive.

Surviennent ensuite les excellentes I’m Made of Wax, Larry, What Are You Made Of? et 2nd Sucks, et le ton est mis pour la soirée : on s’en fait mettre plein la vue avec des flammes, de la fumée et des animations bien ficelées. C’est avec Right Back at it Again que l’énergie monte d’un cran, alors que d’énormes ballons bleus sont lancés dans la foule et que les premiers feux d’artifices sont déclenchés sur stage. Le groupe enchaîne avec Paranoia, Bad Blood et Miracle, pour lesquelles le chanteur Jeremy McKinnon a à peine fini de demander un circle pit, que celui-ci est déjà créé !

On a eu un moment particulièrement émotif lors de All My Friends et Have Faith in Me, alors qu’on était entouré de nos amis les plus proches et que chanter ces hymnes avec nos meilleurs amis nous a provoqué une petite larme à l’œil. McKinnon nous avoue qu’à sa première tournée de Vans Warped Tour, ils avaient joué la prochaine chanson. « This is for all of you, this song is about perseverance » et poursuit avec A Shot in the Dark, tout en ajoutant « Open this pit up! ».

Après les solides Mr. Highway’s Thinking About the End et Resentment, McKinnon invite les fans à faire du crowd surfing en marchant verticalement dans les mains des festivaliers, tout en jouant Walk de Pantera. Un moment franchement épique ! Le groupe revient en force avec All I Want et, à notre grand bonheur, The Plot to Bomb the Panhandle. On se fait offrir un moment de douceur avec la sublime If It Means a Lot to You durant laquelle McKinnon joue de la guitare acoustique, pendant que des milliers de petites lumières se balancent parmi la foule.

La finale est accompagnée par de nombreux rouleaux de papier de toilettes qui non seulement sont lancés dans la foule, mais sont aussi animés à l’écran géant, sur le morceau All Signs Point to Lauderdale. Le tout est explosif : tous ont les mains en l’air alors que des feux d’artifices sont déclenchés au-dessus de la scène. Franchement, on aurait aucun commentaire constructif à fournir, car c’était une fin plus-que-parfaite ! A Day To Remember nous a donné la meilleure prestation de toute la journée et une fin absolument mémorable, dont on se souviendra longtemps !

Journaliste: Laurence Daoust

Photographe: Alexandre Guay