Une soirée sous haute tension avec Taxi Girls, GrimSkunk et Papa Roach @ Festivent 2026
Le vendredi 31 juillet, le soleil brillait sur le parc Champigny de Lévis. Une météo idéale pour profiter des montgolfières, des manèges et de l’ambiance familiale du Festivent… avant que les guitares ne viennent sérieusement secouer la soirée.
Pour cette troisième journée de la 43e édition, le festival proposait une programmation résolument punk et rock, portée par Taxi Girls, GrimSkunk, accompagné de Groovy Aardvark, puis par la tête d’affiche américaine Papa Roach.
Une soirée qui a commencé avec une excellente découverte montréalaise et qui s’est terminée dans une impressionnante décharge d’énergie collective.
Taxi Girls, la découverte qui ne demande qu’à être revue
Dès 18 h 30, Taxi Girls a pris possession de la scène Loto-Québec avec une assurance et une énergie capables d’attirer rapidement l’attention des festivaliers.
Formé à Montréal en 2022, le groupe évolue principalement dans un garage punk énergique, auquel viennent se mêler des sonorités rock’n’roll et quelques accents rockabilly. Sur scène, la recette devient particulièrement efficace : des guitares rugueuses, une section rythmique qui ne laisse aucun répit et, surtout, une attitude débordante de personnalité.
Dès les premières minutes, Taxi Girls impose son univers. Le décor visuel aux roses rouges contraste avec la nervosité de la prestation, tandis que les musiciennes enchaînent les morceaux avec un plaisir évident.
Le groupe ne se contente pas de jouer fort. Il sait habiter la scène, créer une véritable identité visuelle et transmettre cette urgence propre aux formations qui semblent avoir beaucoup à dire et aucune intention d’attendre poliment leur tour.
Le résultat est punché, accrocheur et suffisamment distinctif pour donner immédiatement envie de revoir le groupe dans une salle plus intime, là où cette énergie pourrait probablement devenir encore plus explosive.
Ce premier passage au Festivent aura donc rempli sa mission, et même davantage : Taxi Girls repart avec le titre officieux de très belle découverte de la soirée. Voilà une formation québécoise que l’on aimerait assurément croiser beaucoup plus souvent sur les scènes de la province.
GrimSkunk, toujours aussi engagé et rassembleur
Quelques semaines seulement après son passage au Festival d’été de Québec, GrimSkunk retrouvait déjà le public de la grande région de Québec.
Au FEQ, la formation avait dû composer avec une soirée complètement bouleversée par le violent passage d’une cellule orageuse sur la ville. Les spectacles présentés à la place George-V avaient alors été interrompus, puis repoussés. Cette fois, au Festivent, pas d’orage menaçant ni de programmation chamboulée : les conditions étaient réunies pour laisser toute la place à la musique.
Et lorsqu’il est question de GrimSkunk, la musique ne demeure jamais bien sage très longtemps.
Le groupe conserve cette puissance brute qui caractérise ses prestations. Les années passent, mais l’intensité demeure intacte. Les textes engagés, parfois franchement enragés, continuent de résonner auprès d’un public qui connaît visiblement très bien le répertoire.
Ce qui frappe surtout, c’est cette relation toujours aussi solide entre la formation et ses admirateurs. Le public ne se contente pas d’écouter : il chante. Constamment. Les paroles sont reprises d’un bout à l’autre du spectacle, comme si elles appartenaient désormais autant à la foule qu’au groupe.
Il existe des formations dont les chansons vieillissent avec leur époque. Celles de GrimSkunk, elles, semblent plutôt continuer de trouver de nouvelles raisons d’être criées à pleins poumons.
Le Festivent avait d’ailleurs annoncé une prestation particulière réunissant GrimSkunk et Groovy Aardvark, deux formations emblématiques de la scène alternative québécoise. Cette rencontre exclusive ajoutait une dimension supplémentaire à une soirée déjà solidement chargée en décibels.
L’univers de Groovy Aardvark, quelque part entre punk, métal, funk et rock alternatif, s’accordait naturellement à celui de GrimSkunk. Une association qui rappelait à quel point ces groupes ont contribué à façonner une scène québécoise capable d’être à la fois éclatée, engagée et férocement festive.
Papa Roach transforme le parc Champigny en immense défouloir
À 21 h 30, Papa Roach avait la responsabilité de conclure la soirée sur la scène Loto-Québec. Une tâche que la formation californienne a accomplie sans trop de difficulté.
Fondé en 1993, le groupe possède désormais plus de trois décennies de carrière et un catalogue suffisamment solide pour réunir plusieurs générations d’amateurs de rock et de nu metal. Sur scène, cette longévité ne se traduit toutefois pas par une prestation tranquille ou nostalgique.
Bien au contraire.
Mené par un Jacoby Shaddix toujours aussi charismatique, Papa Roach livre un spectacle puissant, généreux. Le chanteur multiplie les interactions avec la foule et conserve cette capacité rare à donner l’impression que chaque spectateur participe directement au concert.
Les guitares sont massives, la rythmique frappe avec précision et l’enchaînement des morceaux ne laisse que peu de temps pour reprendre son souffle. Tout est pensé pour maintenir la tension, provoquer les mouvements de foule et transformer le parc Champigny en immense défouloir collectif.
L’équipe de Thorium Mag n’ayant pas obtenu d’accréditation photographique pour cette portion de la soirée, aucune image du passage de Papa Roach au Festivent ne peut accompagner directement ce compte rendu. Les photographies utilisées sont donc tirées des archives du magazine.
Mais même sans appareil photo devant les yeux, le constat demeure le même : Papa Roach sait encore offrir un sacré bon spectacle.
Des chansons comme Scars, Getting Away With Murder, Between Angels and Insects et l’incontournable Last Resort ont traversé les années sans perdre leur capacité à rassembler. Lorsque les premiers accords familiers retentissent, les voix s’élèvent spontanément et le spectacle devient aussi celui du public.
Le Festivent peut certainement compter sur ses montgolfières pour colorer le ciel de Lévis. Mais ce vendredi soir, ce sont surtout les guitares qui ont fait décoller le parc Champigny. Et s’il fallait retenir un nom à surveiller après cette soirée, ce serait assurément Taxi Girls. Le groupe possède l’attitude, le son et la présence scénique nécessaires pour aller beaucoup plus loin. Il ne reste maintenant qu’à espérer le revoir rapidement sur scène parce qu’une seule dose, manifestement, ce n’était pas suffisant.
Auteure et photographe : Sandra Esteves
Crédit photo: David Vacher (Papa Roach, Archives Thorium)