Les Louanges + Haute & Freddy + Bricknasty + Hélène Barbier + Nectar Palace

Alors que les Plaines d’Abraham accueillaient les grands noms de cette quatrième soirée du Festival d’été de Québec, la Place George-V proposait une programmation aussi éclectique que surprenante. D’une prestation à l’autre, le public est passé d’une ambiance contemplative à une véritable explosion d’énergie, démontrant une fois de plus que les plus belles découvertes du FEQ se cachent parfois sur les scènes secondaires.

Le coup d’envoi est donné par Nectar Palace, qui livre une prestation dynamique et rafraîchissante. Avec son énergie communicative et ses mélodies accrocheuses, le groupe séduit rapidement les premiers festivaliers venus profiter de cette fin d’après-midi estivale. Une très belle découverte qui donne immédiatement le ton à la soirée.

L’atmosphère change ensuite avec Hélène Barbier. Sa musique, teintée de sonorités psychédéliques, installe un climat beaucoup plus contemplatif. Portée par une voix aérienne et accompagnée de ses musiciens, elle demeure presque immobile derrière son micro, sa guitare en bandoulière, laissant toute la place à ses chansons. Devant la scène, le public écoute attentivement. Quelques festivaliers esquissent même de timides pas de danse, bercés par cette proposition musicale tout en douceur.

L’intensité monte d’un cran avec Bricknasty. La foule s’épaissit devant la scène, séduite par le talent du groupe et la qualité de ses interprétations. L’accueil est si chaleureux que les musiciens profitent des quelques minutes qu’il leur reste pour offrir une ultime chanson, une petite surprise qui fait le bonheur d’un public qui en redemandait.

Puis arrive sans doute la révélation de la soirée, et même mon plus grand coup de cœur de cette 58e édition du FEQ jusqu’à présent : Haute & Freddy.

Difficile de rester indifférent devant cet univers complètement déjanté où se rencontrent électro-pop, rock, théâtralité et esthétique circassienne. Dès les premières minutes, le duo entraîne le public dans un spectacle aussi musical que visuel. Plusieurs festivaliers jouent même le jeu en arborant des costumes d’arlequin ou des tenues à l’esthétique très britannique, rappelant autant les années 80 que 90.

Impossible de quitter Haute des yeux. Véritable comédienne autant que chanteuse, elle transforme chacune de ses chansons en numéro de théâtre, multipliant les grimaces, les mimiques et les expressions les plus improbables. Loin d’avoir peur du ridicule, elle en fait sa plus grande force et captive instantanément le public.

Le duo offre également une excellente reprise de Let’s Dance de David Bowie, une chanson qui semble avoir été écrite pour leur univers flamboyant. Le public embarque immédiatement dans cette version festive, avant d’exploser une dernière fois lorsque résonnent les premières notes de Shy Girl, leur chanson de clôture.

L’accueil réservé au duo est tout simplement phénoménal. Après leur dernier morceau, Haute & Freddy descendent de scène pour aller à la rencontre des premiers rangs, serrant des mains et distribuant quelques setlists à leurs admirateurs. Puis, fidèles à leur univers complètement décalé, ils offrent un ultime clin d’œil au public : sur une musique de cirque, ils improvisent quelques clowneries avant de quitter la scène en gambadant, déclenchant les rires et une longue ovation.

Révélé notamment grâce aux titres Scantily Clad, Anti-Superstar et Shy Girl, le duo, nommé parmi les Spotify Artists To Watch 2026, confirme qu’il possède une identité artistique aussi unique qu’attachante.

La soirée se conclut avec Les Louanges, dont la venue était visiblement très attendue. Avant même que Vincent Roberge n’apparaisse, les musiciens prennent tranquillement place sur scène tandis que résonnent les premières notes d’Alouette. Puis, depuis les coulisses, le chanteur entonne le début de la chanson. Instantanément, la foule reprend chaque parole à l’unisson. Les cris deviennent assourdissants et les festivaliers scandent à plusieurs reprises « Lou! Lou! », réclamant leur artiste avant même son entrée sur scène.

À peine arrivé, Vincent Roberge lance en souriant :

« Ce soir, c’est nous tous qui faisons le show… on va mettre le FOMO aux Plaines! »

Une phrase qui déclenche immédiatement les applaudissements et donne le ton à une prestation placée sous le signe de la complicité.

L’enthousiasme ne retombera jamais. Entre plusieurs chansons, les « Lou! Lou! » reprennent de plus belle, témoignant de la connexion évidente entre le groupe et son public.

Le spectacle s’enchaîne ensuite avec une aisance remarquable. Le duel amical entre Vincent Roberge et le saxophoniste Félix Petit sur Promis juré donne rapidement le ton. Le groove contagieux de Qu’est-ce que tu m’fais, l’intensité de Goddamn et l’énergie dansante de Correct font progressivement monter la température devant la scène. Un électrisant solo de guitare vient ensuite couronner Tercel, arrachant une nouvelle salve d’applaudissements.

En rappel, Les Louanges offrent La nuit est une panthère, transformant la Place George-V en immense chœur à ciel ouvert. Des centaines de voix accompagnent Vincent Roberge jusqu’aux dernières paroles, concluant cette quatrième soirée dans une ambiance de communion parfaite entre les musiciens et leur public.

Cette quatrième soirée à la Place George-V aura une fois de plus démontré toute la richesse de la programmation du Festival d’été de Québec. Entre les prestations tout en douceur d’Hélène Barbier, l’énergie de Bricknasty, la folie assumée de Haute & Freddy et la communion offerte par Les Louanges, les festivaliers auront vécu un véritable voyage musical.

Et s’il fallait retenir une seule découverte de cette soirée, Haute & Freddy s’imposent sans hésitation comme le coup de cœur. Le genre de groupe que l’on ne connaissait pas une heure plus tôt… et dont on repart avec l’envie de suivre la carrière.

Auteure et photographe : Sandra Esteves