Evanescence + Spiritbox au Centre Bell : quand la petite scène rencontre la grande @ Montréal
Montréal, Centre Bell — 30 juin 2026
Le 30 juin dernier, le Sanctuary World Tour d’Evanescence faisait escale au Centre Bell, avec Spiritbox et Nova Twins en première partie. Le groupe d’Amy Lee a lancé sa tournée nord-américaine le 11 juin à West Palm Beach, en Floride, afin de mettre en avant leur nouvel album Sanctuary, sorti le 5 juin 2026 chez Columbia. Il s’agit de leur sixième disque studio et du premier depuis The Bitter Truth (2021).
Spiritbox : une grosse pointure à l’étroit sur une trop grande scène
Je dois dire avant toute chose que je ne connaissais pas Spiritbox, alors qu’Evanescence a bercé mon adolescence. Mais il est difficile de ne pas ressentir un décalage entre les deux prestations. Spiritbox sort tout juste de sa propre tournée en tête d’affiche pour leur nouvel album Tsunami Sea, où ils ont l’habitude d’être les maîtres des lieux dans des salles à leur mesure. Sur la scène du Centre Bell, en revanche, le son manquait de punch et l’ensemble donnait une impression étonnamment cheap pour un groupe de ce calibre. On sentait presque qu’ils n’avaient pas l’habitude d’occuper les grandes surfaces : la production visuelle était minimale, les éclairages au strict minimum syndical, surtout sur les premières chansons. Le show est devenu un peu meilleur par la suite, mais pour un groupe habitué à ouvrir pour de très grands noms et capable de remplir le MTelus, je m’attendais à mieux.
Ceci dit, le groupe reste solide musicalement, porté entre autres par un bassiste qui bouge très bien sur scène et qui vole une bonne partie de l’attention visuelle. La chanteuse Courtney Laplante est également assez active, même si j’aimerais qu’elle mette son pied-de-micro au placard. Mais l’impression qui domine, c’est celle d’un groupe qu’on a envie de revoir dans une salle plus petite, je regrette de les avoirs raté en Avril au MTelus, cela m’aurait permi d’avoir un bon point de comparaison.
Evanescence : une scénographie qui, elle, est à la hauteur
Le contraste est total dès l’entrée en scène d’Evanescence. Le groupe d’Amy Lee, en pleine tournée pour Sanctuary, a livré un spectacle qui n’a jamais souffert du même sentiment d’être « trop petit » pour l’endroit — bien au contraire. La quantité de lumière, de fumée, de pyrotechnie… était juste impressionnante.
Sur plusieurs chansons dont Lithium, le piano à queue sort d’une trappe et se retrouve à l’avant-scène, presque au milieu du public. Juste après Like You, la seule chanson de The Open Door qui n’avait jamais été jouée en spectacle, un clin d’œil bienvenu au 20e anniversaire de cet album en 2026, a eu droit à sa première live sur cette tournée, un vrai cadeau pour les fans de longue date.
Self Destruct, tiré du nouvel album, est un exemple de mise en scène travaillée et aboutie : des câbles LED suspendus qui bougent au-dessus de la scène, une projection de ville futuriste en fond et un plancher incliné et lumineux qui donne une vraie profondeur visuelle à la pièce. On a l’impression d’être immergé dans l’univers du groupe.
Sur Calm Down, la scène s’enflamme littéralement, avant que le groupe ne s’envole sur des plateformes élévatrices. Il y en a toujours plus (parfois presque trop ?) et on se demande si le groupe a encore des surprises pour nous.
Call Me When You’re Sober profite quant à elle d’un écran en fond de scène qui mélange habilement images captées en direct et extraits de vieux clips du groupe, un effet très réussi qui joue autant sur la nostalgie que sur le moment présent.
Comment passer à côté de Bring Me to Life, qui était placé en milieu de set, J’aurais pensé la voir à la toute fin, mais peu importe. C’est ma chanson préférée du groupe et malgré l’absence de la voix masculine de Paul McCoy (qui l’interprétait sur l’enregistrement original), on aurait pu craindre un moment un peu bancal. Mais le groupe a intelligemment réarrangé la chanson pour composer avec cette absence, et Amy Lee reprend elle-même certaines des sections vocales masculines. Le résultat est plutôt réussi.
En bref
Une soirée à deux vitesses : un Spiritbox que j’ai trouvé pas vraiment à l’aise dans un aréna aussi grand malgré son statut actuel de tête d’affiche dans ses propres tournées, et un Evanescence qui, avec Sanctuary, prouve qu’il sait encore transformer une salle en véritable spectacle scénique. Cela n’a donné envie de réécouter ce groupe que j’écoutais adolescent et les chansons de leur dernier album Sanctuary, bien présentes pendant le concert, ont su me convaincre d’aller l’écouter. J’ai déjà hâte de pouvoir les revoir.
Journaliste et photographe: Thomas Courtois