Le 13 juin était une magnifique journée ensoleillée, au grand plaisir de tout festivalier se rendant aux Francos de Montréal. Cette 37e édition a débuté le 12 juin, avec des têtes d’affiches solides telles que Orelsan, Lou-Adriane Cassidy, Marie-Mai, Émile Bilodeau, Loud, Gab Bouchard et j’en passe.

Aujourd’hui, on s’en va assister aux show de Marco Ema, Ariane Roy, ainsi que Kinji00, un trio d’artistes qui promet de nous faire bouger. On débute notre périple à la scène (extra bondée) du Pub Brasseur de Montréal pour voir Marco Ema. Celui-ci est vêtu d’un poncho blanc avec des imprimés de fleurs de lys et porte des lunettes d’aviateur brunes. C’est avec sa guitare à la main qu’il fera sa prestation, accompagné à la voix par la gagnante des Francouvertes Luan Larobina, à notre agréable surprise !

 

Le chanteur marie le folk, le rock et l’indie avec aisance, en plus d’être un super guitariste. Il conquit la foule presque instantanément avec Amy, Anyway, Mommy Love, Cool et branchée et Rose Nostalgie. Il met évidemment de l’avant les pistes de son dernier album Soleil Mâché (2026), dont les chansons Journée férié, Un, deux, trois, sans oublier les populaires Comme un refrain, Avalanche et Feu de paille. La foule rend bien son énergie à l’artiste et elle en redemande ! On a passé un très bon moment avec Marco et sa gang. On vous invite à découvrir cet artiste en pleine ascension, si ce n’est pas déjà fait.

Après un petit arrêt pour casser la croûte, on se rend à la scène Rogers qui domine la Place des Festivals. À 21h, on aperçoit sur les écrans géants un décompte qui annonce la venue d’Ariane Roy sur scène. L’interprète entre en scène sur la pièce éponyme de son plus récent album, Dogue (2025), sous les cris et applaudissements des dizaines de milliers de festivaliers. Ariane a remonté ses cheveux tressés, qu’elle agence à son kit digne du début des années 2000, nous rappelant une esthétique féminine et punk, un peu à la Avril Lavigne.

Alors que les drapeaux du Québec se font aller, elle entame Quand je serai grande et performe des magnifiques harmonies avec ses choristes. On capte rapidement que la féminité est un thème inhérent à sa performance, parfois, exprimée à travers une certaine vulnérabilité (on pense à Une cigarette sur le balcon), et par moments de manière plus explosive. Durant sa dynamique performance d’une heure trente, Ariane met de l’avant le talent de cinq choristes féminines, ainsi que celui de quelques danseuses. L’artiste se joint d’ailleurs à ces dernières lors de plusieurs chorégraphies envoûtantes ! On adore la voir si sûre d’elle et tenter quelque chose de nouveau.

Ariane performe un total de neuf pistes de l’album Dogue de Luxe, en passant par Âmes sœurs, Agneau et Mordre, jusqu’à Bonne fête, Tous mes hommages et Coule, pièce pour laquelle elle sera accompagnée sur scène par Thierry Larose. La chanteuse ravie la foule avec Kundah, Tu voulais parler, Si je rampe ainsi qu’« une des toutes premières chansons » qu’elle a écrite, Le ciel est en place (à notre grande surprise !). Avant d’entamer le refrain de I.W.Y.B., Ariane accompli l’immense défi de faire accroupir tous les festivaliers, avant de leur donner le signal de se relever, ce qui provoque une euphorie dans la foule : tout le monde danse et scande I want your body à l’unisson et c’est la fête.

Ensuite, afin de ravir les fans de longue date, la compositrice-interprète propose Ce n’est pas de la chance, pièce qu’elle performe en à la guitare, appuyée sur son ami et complice Dominique Plante. Ariane conclut avec les pistes Banc de parc et Ta Main, dont elle chantera avec brio le dernier couplet a cappella.

Avant d’entamer son ultime chanson, Fille à porter, Ariane invite sa meilleure amie Lou-Adriane à la rejoindre. Généreuse de sa présence, celle-ci avait également performé aux Francos la veille. Durant la chanson, Ariane nous livre un poignant discours sur la beauté de la musique québécoise, de sorte à muer en feu notre braise patriotique intérieure, pendant que Lou-Adriane l’aide à brandir un drapeau du Québec. Les deux amies chantent le dernier refrain en sautant sur place, en se regardant dans les yeux et le tout finit en accolade. On ne pouvait rêver de mieux !

 

Maintenant rassasié de concerts, on se dirige tout de même vers la scène Desjardins, curieux de voir de quel bois se chauffe le jeune Kinji00. Soulignons que le rappeur de dix-huit ans est une sensation sur TikTok. Il transmet des valeurs séparatistes à travers sa musique, surtout à la nouvelle génération – sa fan base – majoritairement composée par la Gen Z. Accompagné sur scène par son grand frère et beatmaker LB66, Kinji00 avait aussi invité l’équivalent d’une classe entière sur la scène, qui agitait des drapeaux et hurlait de partout. Parmi les personnes sur scène, on retrouvait aussi des invités de marque dont Shadow Wizard Money Gang… et Manon Massé ! Manon a d’ailleurs livré un message d’encouragement et de solidarité envers les jeunes, de quoi rassembler et toucher la foule.

Durant les premières chansons, on a l’impression que Kinji00 subit des problèmes techniques, car on n’entend pas le beat et on distringue davantage la « classe » qui hurle des « Wah ! Wah ! », plutôt que les paroles du jeune rappeur. N’empêche que Kinji00 est une bête de scène : il bouge partout sur scène et interagit avec la foule, sans doute pour nous faire oublier le tempo quelque peu décousu et les pépins de son en début de prestation (mais ça marche). En plus de sa « belle énergie », on apprécie beaucoup Cayo Perico, durant laquelle les Gen Z autour de nous se mettent à chanter très fort (pour ne pas dire beugler) les paroles, nous rendant hilares vu leur entrain un peu trop intense.

Lors de la pièce Shake, impossible de résister à l’envie de danser et de sourire. Avec des paroles telles que « Pour René Lévesque faut que tu shake that shit », la foule est conquise.  Les bras et les drapeaux du Québec se font aller dans les airs, tout le monde danse. Malheureusement, après quelques morceaux, il commence à pleuvoir et on décide de quitter les lieux. Soulignons que les gens étaient venus en grand nombre et que la scène Desjardins ne pouvait accueillir le trop-plein de festivaliers présent. De plus, on se sentait très boomer parmi la foule de Gen Z et de gens saouls. On a préféré leur laisser leur party et on choisi de déguster un repos bien mérité après une journée de 18 000 pas. Somme toute, cette journée aux Francos était presque parfaite et on a déjà hâte d’y retourner !

Journaliste: Laurence Daoust

Crédit photo: Benoit Rousseau, Victor Diaz Lamich, Productions Novak (photos de presse)