Alestorm à la Place Bell : la piraterie comme art conceptuel @ Montréal
Mardi soir, Place Bell. Cinq pirates, canard gonflable géant en fond, foule en tricornes de plastique. Le ridicule est total. C’est précisément le sujet.
Mais avant les pirates, les elfes. Twilight Force ouvre en armures et capes, power metal symphonique assumé sans ironie. Performance vocale irréprochable d’Allyon, riffs néoclassiques affûtés. Selon une bonne partie de la salle, ils ont presque volé la vedette.
Rappel : Alestorm naît à Perth en 2004 et invente le pirate metal en 2008 avec Captain Morgan’s Revenge. Là où Sabaton industrialise la guerre, Christopher Bowes industrialise l’ivresse. Méta-blague sur le folk metal de Korpiklaani et Finntroll, poussée jusqu’au canard gonflable.
Le set démontre la mécanique. Keelhauled, Zombies Ate My Pirate Ship, Banana : les titres se lisent comme des memes, mais les riffs tiennent debout. La reprise Hangover de Taio Cruz transforme un tube R&B en hymne à la cuite collective. Dans un metal saturé de sérieux performatif, la connerie revendiquée devient une forme de radicalité.
Le rappel achève le travail. Drink, Wooden Leg!, Fucked With an Anchor : chantés par 6000 personnes comme on chante Hey Jude. Rumpelkombo clôt dans un chaos eurodance assumé.
On sort le tricorne de travers. Bowes a gagné. Encore. Mais ce soir, les elfes ne sont pas loin derrière.
Journaliste et Photographe: Paul Blondé