Un au revoir explosif : Olivia Rodrigo clôt le GUTS Tour à Montréal Osheaga 2025 - Jour 3
La dernière journée de cette 18ᵉ édition d’Osheaga se déroule sous un soleil rouge et une chaleur accablante. Toutefois, ceci n’empêche aucunement les festivaliers et festivalières de se présenter le sourire aux lèvres, prêts à tout donner pour cette ultime journée de concerts.
RAU_ZE
Notre aventure débute avec la formation québécoise Rau_ze. Pour l’occasion, le duo, composé de Rose Perron et de Félix Paul, est accompagné par six autres musiciens et musiciennes. Après avoir entamé le party avec Montréal Chill, le groupe poursuit avec l’excellente Summerset. Avant de jouer Partie Déjà, Rose souligne que Rau_ze est le seul artiste québécois à performer sur une grande scène ce weekend. En conséquence, elle remercie chaleureusement le public pour sa présence.
Durant le 45 minutes de prestation du groupe, la chanteuse Rose nous démontre qu’elle a encore gagné en confiance, autant par ses mouvements énergétiques — et parfois lascifs — que par ses échanges visuels avec la caméra et la foule. La chanteuse éblouit toujours par ses nombreuses prouesses vocales et sa présence dynamique sur la scène. Elle enchante par son côté rebelle, alors qu’elle crie dans le micro, qu’elle s’allume une cigarette en milieu de chanson et prend de bonnes goulées de vin sur scène.
Le groupe enchaîne plusieurs succès, notamment Pas la peine, L’Habitude et Virer nos vies, bien réceptionnés par le public. Bien qu’un petit pépin survienne avec la batterie de Juan David Espitia, ça n’empêche pas le groupe de performer sans interruption. En sommes, le joyau québécois aura bien mis la table pour la journée à venir et aura collectionné quelques nouveaux fans avec sa divertissante performance.
RENON
On se déplace vers notre seconde prestation de la journée, celle de la Montréalaise Renon. La jeune chanteuse qui détient une formation en jazz nous accueille à son spectacle à la thématique goth-glam, mais aussi… à ses funérailles ! Niveau costume, l’artiste est vêtue d’une robe moulante en cuir noir et de chaînes bonifiées de pendentifs en forme de crucifix. Un voile noir recouvre l’arrière de sa chevelure brune et rose et un imposant maquillage rose et noir rappel parfaitement la thématique.
Renon se présente telle une artiste indépendante, locale, et comme fier gémeau ! Sa musique se situe entre la pop et l’alternatif, avec des refrains accrocheurs, une voix impressionnante et des progressions d’accords inspirées du jazz. Ses trois musiciens et elles performent principalement des pistes tirées de son EP Too Far paru en octobre 2024.
Après avoir joué les pistes Dizzy et Nowhere To Go, elle invite l’artiste MINOE à la rejoindre afin de performer leur duo, LIQUORLIPS. MINOE est vêtue d’une robe de mariée et d’un voile blanc, que Renon relèvera afin de l’embrasser en plein milieu du bridge ! Renon termine finalement sa performance avec la dynamique chanson White Girl Wasted.
Autant d’éléments gothiques et sexy, que d’audace et de talent : c’est ÇA l’essence de Renon. Une belle découverte et un concert à renouveler dans la métropole !
LE SITE
Les scènes de la Fôret, de la Vallée et des Sessions Sirius XM sont à 5 minutes à pied (10 minutes avec le trafic de festivaliers) des deux scènes principales. En nous dirigeant vers ces dernières afin d’assister au spectacle de The Beaches, on constate que le site propose beaucoup d’endroits pour se reposer : tables à pique-nique, hamacs, chaises de bars et sofas sont quelques-unes des commodités pour patienter entre les prestations. Aussi, plusieurs kiosques offrent des goodies gratuits. Des aires de divertissement — proposant notamment des jeux d’arcade, de Guess Who et de Beer Pong géants — sont disposées minutieusement sur le site. On a été tout autant impressionnés par les stations de dépistage de drogues, que par le kiosque d’hygiène féminine, que par la variété des food trucks !
THE BEACHES
En arrivant aux deux scènes principales, on débouche sur une foule dépassant les 30 000 personnes. L’audience est très fébrile, ça se sent dans l’air. C’est à la fin du spectacle de Marina que les quatre musiciennes formant The Beaches entrent en scène. Elles réchauffent rapidement le public avec les chansons Cigarette, Takes One to Know One et Touch Myself, qui sont fortement acclamées. Les sonorités de The Beaches proposent principalement de la pop et du rock indie. Les guitares sont planantes et très présentes dans la sonorité des pistes, puisqu’elles sont au nombre de deux. Bien que leur batteuse demeure assise pour performer, elle a tant d’entregent qu’elle vole parfois la vedette !
Le groupe est très dynamique. Les guitaristes, tout comme la chanteuse Jordan Miller, se promènent sur la scène avant, descendant parfois tout près du public avec leurs instruments. Sur l’écran géant, The Beaches proposent des vidéos des quatre femmes en boucle, en train de sourire, de chanter, de fumer une cigarette ou même… de s’embrasser ! Elles assument pleinement leur côté wild et rebelle. Avant de jouer Me & Me, Jordan nous précise que c’est la troisième année de suite que le groupe joue à Osheaga, mais avoue que c’est leur toute première performance sur une scène principale. Jordan ajoute que c’est à Osheaga qu’elle a fait sa première expérience de mdma et cette réplique fait naître un tonnerre d’applaudissements.
Le groupe enchaîne avec les singles provenant de leur album à venir le 29 août 2025, No Hard Feelings. Les musiciennes performent Last Girls at the Party, Did I Say Too Much et Jocelyn, chanson pour laquelle une personne choisie dans le public qui viendra personnifier Jocelyn sur scène. Fait cocasse, en quittant le site à la fin de la journée, on croisera la « Jocelyn du jour », par hasard, et on l’abordera à propos de son expérience sur scène ! Elle nous révélera qu’elle est originaire du Chili, qu’elle réside aux États-Unis et qu’elle a adoré son expérience avec The Beaches. On n’a pas poussé l’interrogatoire plus loin, car bien qu’un grand sourire lui pendait aux lèvres, elle avait l’air très arrachée… Rien de plus normal à Osheaga !
Pour en revenir à The Beaches, elles présentent ultimement leur plus gros hit Blame Brett, pour laquelle Jordan mentionne « My boyfriend’s name is in this song… I guess we’ll see how he reacts ! » et c’est l’ultime party : tout le monde danse et chante très fort. The Beaches a consolidé sa base de fans et s’en est créé des nouveaux en livrant une prestation pleinement assumée et sans failles.
CAGE THE ELEPHANT
Le groupe embarque suite à la prestation de Royel Otis, qui nous a bercé de son doux indie-rock. Cage The Elephant, étant un groupe fondé depuis plus de 20 ans, était aussi attendu — sinon plus — que The Beaches. Le groupe propose une mise en scène extrêmement sobre : aucune animation, ni changement de costume ou de vidéo à présenter. Une dizaine de spotlights, une énergie explosive, un peu de pyrotechnie et on est en business ! Tout au long de la prestation, les fans sont déchaînés. Matt Shcultz, le chanteur du groupe, est omniprésent sur la scène, saute partout et descend fréquemment à la rencontre du public.
Lors d’une visite près de la foule, quelque part entre Spiderhead et Neon Pill, Matt emprunte la casquette d’un festivalier et revêt fièrement le couvre-chef plein de faux diamants pour la chanson Trouble. La formation poursuit avec leur chanson la plus attendue, Ain’t No Rest for the Wicked, ainsi que Back Against the Wall qui ravira la foule et surtout les fans de longue date. Le groupe jouera un total de dix-huit chansons, culminant sa prestation avec les populaires pistes Cigarette Daydream et Come a Little Closer. Ce show de pur rock, qui fait bouger les têtes et perdre les voix, fut une prestation mémorable pour son dynamisme et sa simplicité. Comme le dit si bien Cage The Elephant, Everybody had a good time !
OLIVIA RODRIGO
L’artiste à qui revient l’immense honneur de clore cette 18ᵉ édition d’Osheaga est nul autre qu’Olivia Rodrigo. Bien que l’américaine de 22 ans n’ait que deux albums à son actif, elle a connu la gloire et a battu des records de streaming avec son premier single drivers licenseparu sur son premier opus SOUR en 2021. Alors que ses musiciennes entament un rythme rock planant, on regarde l’animation sur l’écran géant qui présente une Olivia qui marche en équilibre sur une corde raide, tentant d’attraper un papillon mauve — couleur de ses deux albums SOUR et GUTS. Dans l’animation, elle chute de la corde et l’écran devient soudainement noir alors que des spotlights aveuglant sont dirigés vers la foule. La lumière revient sur scène et on y aperçoit une Olivia agenouillée en milieu de scène, vêtue d’une courte robe argentée à paillettes et de bottes noires de rockeuse. Elle entreprend son plus récent single, obsessed tandis que de petits feux d’artifices sont déclenchés sur scène. La foule, maintenant composée de près de 40 000 personnes, hurle à pleins poumons et récite chaque parole.
La piste se termine avec un solo de guitare qui se mue en ballad of a homeschooled girl et elle poursuivra avec le succès vampire. La chanson est massivement populaire et la foule chante fort au point d’enterrer la starlette ! Pour la piste suivante, drivers license, elle se place au piano à queue qui trône sur la scène et tant qu’à entamer une ballade, elle en enchaîne une deuxième avec la piste traitor. La foule chante si fort sur ces deux ballades, qu’il est parfois plus intéressant de l’observer que d’observer Olivia ! L’émotion est tangible. Les fans peuvent assurément se projeter dans les paroles des deux chansons et la symbiose entre l’artiste et ses milliers de fans émeut, tout autant qu’elle donne des frissons.
Afin de faire lever le party à nouveau, Olivia nous propose des chansons plus rythmées telles que bad idea right?, love is embarrassing, so american et jealousy, jealousy, piste pour laquelle elle descend dans la foule au (très) grand plaisir des fans. Ses musiciennes et elle performent en ajoutant une sonorité plus prononcée et ça fait le bonheur de tous : du devant de la scène jusqu’au sommet de la colline, tout le monde saute au rythme de ses chansons. On constate que la foule apprécie tout autant les magnifiques ballades que les chansons qui déménagent.
Olivia se permet aussi plusieurs pièces au tempo plus lent, telles que pretty isn’t pretty, happier, enough for you et lacy. On sent réellement que l’artiste désir passer un message à travers ses chansons. Elle propose une douce vulnérabilité et porte son cœur sur la main, même devant 40 000 personnes. Les fans sortent fréquemment leurs téléphones pour créer de petites lumières dansantes. Parmi cette marée humaine, l’effet est très impressionnant et l’impression de communion est incomparable. On aperçoit même les préposées au bar se tenir par les hanches ou les épaules et onduler doucement leurs corps lors de All I Want.
En guise d’intro à cette piste, Olivia précise qu’elle se sent très nostalgique puisque ce soir marque la fin d’Osheaga, mais aussi la dernière prestation du GUTS Tour. Elle poursuit avec deja vu et rendu au refrain, elle laisse la foule chanter d’elle-même, ce qui nous donne encore une fois des frissons. Olivia disparait ensuite de scène : c’est le moment du rappel. La foule contemple une animation d’Olivia dans un cercle de feu et le feu fini par consumer tout l’écran, alors que les premières notes de brutal se font entendre.
Olivia revient sur scène vêtue d’une paire de shorts en cuir et d’un chandail rouge abordant le numéro 3… sous entendant que le troisième album s’en vient ! Après tout, ceci est la dernière prestation du GUTS Tour et elle revêt un costume qu’elle n’a jamais porté auparavant ! Elle enchaîne avec all-american bitch et propose aux festivaliers de penser à quelque chose qui leur procure de la frustration et de canaliser cette frustration dans un cri collectif lors du bridge — et quel cri c’était ! Merci au kiosque Bell de m’avoir remis des bouchons gratuitement, vous avez sauvé mes tympans.
Le party se termine avec les deux singles good 4 u etget him back!, deux pistes explosives qui nous donnent envie de prolonger la fiesta ! Olivia enterre le GUTS Tour en offrant ses quatre bagues respectivement en forme de G, de U, de T et de S à quatre festivaliers dans l’audience, et c’est en frappant les cymbales de la batterie, entourée de pyrotechnie, qu’Olivia conclue la prestation finale d’Osheaga 2025.
Notre journée a dépassé nos attentes, autant au niveau de la météo, que des accommodations du site, que des époustouflantes performances des artistes. On espère que vous avez eu la chance d’y assister vous aussi. Une chose est certaine, on s’y revoit l’an prochain !
Journaliste: Laurence Daoust
Crédit photo: Tim Snow, Production Novak (Photo de Presse Osheaga)
