La chanteuse américaine Katy Perry a offert un époustouflant spectacle aux Montréalais le 30 juillet dernier, alors qu’elle était de passage au Centre Bell. Bien qu’aperçue au restaurant Le Violon quelques jours plus tôt en compagnie de l’ex-premier ministre Justin Trudeau, la pop star revenait performer après huit ans d’absence dans la métropole… Et la foule était prête à l’accueillir ! Une vaste majorité de personnes était vêtue de costumes faisant allusion à ses œuvres et à ses vidéoclips.

La première partie est assurée par la chanteuse et youtubeuse Rebecca Black. Celle-ci entre en scène sous des flashs de lumière stroboscopiques colorés. Elle entame sa première piste, American Doll, vêtue d’un manteau de fourrure brun, de bottes en fourrure blanches et d’une courte robe babydoll rose bonbon. La mise en scène est simple : six pancartes encourageant la tolérance des pratiques sexuelles LGBTQ+ ainsi que deux danseurs, vêtus de crop tops et de jupes à carreaux.

Durant son trente minutes de gloire, Rebecca Black performe l’entièreté de son EP Salvation, paru en février 2025. Black danse beaucoup et a de l’énergie à revendre. La chanteuse demeure divertissante, mais sans plus. Elle nous fait penser à une copie à rabais de Charlie XCX, en version plus monotone étant donné sa pauvre performance vocale.

C’est dans une esthétique beaucoup plus développée, supportée par une thématique de jeu vidéo, que Katy Perry amorce son spectacle. Via des écrans géants, on propose au public une mission qu’il devra mener conjointement avec l’avatar de Katy Perry, KP143. Ils sont mandatés par un objectif commun : traverser quatre niveaux afin d’y collecter des cœurs et affronter le boss du jeu pour finalement libérer des papillons.

Dans cette mise en scène originale qui prend place dans un monde futuriste et dystopique, on nous présente le premier niveau : Strenght. On retrouve une Katy Perry bionique, qui monte en l’air au sein d’une cage, entourée de fils reliés à son costume, qui lui confèrent un air robotique. Katy, accompagnée de huit danseurs et de ses musiciens, nous livrent une performance très énergétique. La star enchaîne Artifical, Chained To The Rythm, Teary Eyes et Dark Horse, chanson pour laquelle la foule crie les paroles si fort qu’on en a des frissons. Ce premier niveau se termine lorsque Katy Perry récolte le premier cœur.

Elle amorce le deuxième niveau, Woman’s World, vêtue d’une tenue dorée scintillante et poursuit avec des chansons plus anciennes telles que California Gurls, Teenage Dream, Hot N Cold, Last Friday Night (T.G.I.F.) et I Kissed A Girl. Elle dédie cette dernière à la communauté LGBTQ+ qui l’a supportée dès ses débuts et spécifie qu’effectivement, elle a adoré embrasser une fille ! À la fin de la piste, Katy Perry virevolte dans une cage sphérique très haut dans les airs, en compagnie de six danseurs et chante plusieurs couplets, la tête à l’envers ! Un spectacle surprenant et impressionnant. Elle attrape ensuite un second cœur et on assiste à une animation avant de passer au niveau suivant, Nirvana.

Dans ce segment, Katy Perry est éjectée rapidement du centre de la scène dans les airs, alors que les premières notes de Nirvana se font entendre. Elle est vêtue d’une tenue blanche découpée à plusieurs endroits, laissant paraître à quel point la starlette de 40 ans est en forme. Sur scène sont disposées plusieurs installations qui s’élèvent en hauteur, sur lesquelles trônent des fleurs faisant une subtile allusion aux sexes féminins et masculins. Équipée d’un harnais, Katy Perry vole en l’air et se pose sur une structure installée en plein milieu de la foule. Elle y chante un couplet avant de se projeter en l’air en effectuant plusieurs saltos arrière et de planer au-dessus la foule. Elle enchaîne avec les pistes Crush, I’m his, he’s mine et termine ce niveau avec la populaire chanson Wide Awake. Durant cette piste, la foule scande les paroles et saute sur place en synchronisation avec la chanteuse.

Le troisième niveau se poursuit avec une séquence bonus, Choose Your Own Adventure, durant laquelle la foule vote pour entendre des pistes tirées de l’album Teenage Dream, en version acoustique. Katy revêt désormais une robe beige très moulante incrustée de bonbons, rappelant l’esthétique de l’ère Teenage Dream. Elle choisit trois personnes dans l’audience afin de chanter sur scène Not Like The Movies ainsi que The One That Got Away. Alors qu’elle termine la piste All The Love, qu’elle dédie à toutes les mères présentes dans la salle, Katy récupère cette fois-ci deux cœurs. Elle passe ainsi au niveau suivant, Mainframe, dans lequel elle affronte le boss du jeu vidéo.

Dans une ambiance verte et inquiétante, Katy entame E.T., un sabre laser à la main, afin d’affronter des extraterrestres qui l’attaquent. Le party décuple en puissance lorsque la pop star performe Part Of Me. Pour cette pièce, elle modifie les paroles I just wanna throw my phone away pour I just wanna throw my social media away, fort probablement en raison de sa séparation avec l’acteur Orlando Bloom et des rumeurs qui circulent à propos de Justin Trudeau et d’elle ! Ce sera lors de la piste Rise que Katy triomphera du boss en revêtant un gant métallique géant qui lance littéralement des flammes vers son ennemi. Une performance très bien mesurée qui propose des animations et des artifices spectaculaires.

Durant End Game, l’ultime segment de ce concert, Perry émerge de la scène sur le dos d’un papillon mécanique géant. Elle chante la populaire pièce Roar en survolant la foule, au grand plaisir de celle-ci. Elle poursuit avec une version remixée de Daisies qu’elle dédie à sa fille Daisie Dove, avant de pousser la fête à son apogée avec les pièces Lifetimes ainsi que Firework. Pour cette pièce, quatre cannons propulsent des confettis colorés sur la foule et tous dansent et chantent à tue-tête.

Le spectacle de Katy Perry était une performance grandiose, rodée au quart de tour, sans temps mort. La pop star a démontré avec brio sa maîtrise vocale, tout en faisant preuve d’une créativité incomparable et son énergie contagieuse qui a électrifié la foule tout au long de la soirée. C’était un spectacle de haut calibre qui gravera les esprits pendant longtemps.

Journaliste: Laurence Daoust

Crédit photo: Sandra Léo Esteves (Archives Thorium)