Flamenco Hoy @ Festival de Jazz
[simpleviewer gallery_id=”455″]
27 juin 2012 – Envie de réchauffer ce nuageux été québécois? Le spectacle Flamenco Hoy est un véritable rayon de soleil tout droit exporté de la péninsule ibérique. Une fois de plus, le Festival international de jazz de Montréal nous permet de goûter à ce qui se fait de mieux dans le domaine de la musique d’outre-mer.
Sous les chaudes couleurs des projecteurs, le réalisateur et metteur en scène espagnol Carlos Saura nous transporte dans tous les recoins de l’Andalousie, de l’atmosphère festive des grandes places publiques à l’intimité d’un feu de camp sur les berges du Guadalquivir. Que ceux qui croient que le flamenco se résume à quelques pas de danse bien secs aillent regarder ce à côté de quoi ils passent. Chorégraphies où se conjuguent fluidité et précision extrême, costumes aux teintes tantôt sobres, tantôt flamboyantes, contrastes entre rythmes effrénés et chants langoureux, tension palpable au sein d’un couple de danseur, on retrouve tout cela – et bien plus encore – en une seule représentation de Flamenco Hoy.
Durant la soirée, plusieurs scènes s’enchaînent, renouvelant habilement l’intérêt des spectateurs à chaque changement. Le tout commence en force avec une musique puissante où les principaux instruments sont les semelles des danseurs, dont les pas retentissent comme un orage déchaîné. On entend par la suite un saxophone qui donne une touche toute moderne au genre folklorique, alors que l’on aperçoit des ombres en arrière-plan qui se meuvent avec une souplesse alanguie. Entre en scène Antonio Rey, virtuose de la guitare, dont les doigts sur son instrument produisent un son enivrant comme le plus fin des xérès. Des couples dansent gracieusement sans jamais que les partenaires ne se touchent. Puis, deux hommes s’affrontent à coup de pas précis. C’est ensuite un petit groupe de musiciens et chanteurs qui nous font des confidences. Juste avant l’entracte, nous avons la chance d’assister à ce qui ressemble à une répétition quotidienne de la troupe, où les danseurs, simplement vêtus de leurs dessous de costume, effectuent sous l’œil attentif du chorégraphe un ballet aux effluves indéniablement andalous.
La deuxième partie du spectacle fait alterner danseurs et musiciens. Elle débute avec quatre couples qui s’échangent des caresses on ne peut plus sensuelles; la température dans la salle monte littéralement. Par la suite, des danseurs solistes tentent de s’impressionner les uns les autres. Les hommes cambrent leur corps avec puissance alors que les femmes montrent leurs jambes en remontant leur jupe, audaces que la morale victorienne condamnerait avec véhémence. Arrivent les deux danseuses solistes dans ces robes qui, croirait-on, n’existent que sur les images. Elles bougent avec une grâce que même les photographies d’affiches ne parviennent pas à représenter entièrement. On assiste par après à une courte scène particulièrement dramatique où des figures entièrement recouvertes d’un voile noir entourent un homme, semblant dépeindre une mort divinement tragique. C’est ensuite le retour du saxophone et de quatre danseuses qui, tout en gardant une saveur espagnole, nous laissent un petit arrière-goût jazzé du style Chicago. Ces différentes scènes sont séparées par des chants traditionnels dans lesquels on perçoit plus de lamentations que de paroles proprement articulées, mais qui n’en demeurent pas moins poignants. Le spectacle se clôt par un triomphant retour de l’énergie explosive et des costumes colorés qui font tant le bonheur du public.
Les danseurs solistes font preuve d’une énergie qui impressionne le plus flegmatique des spectateurs. Même lors d’ l’un ralentissement, quand leurs chaussures ne font plus d’étincelles, une flamme dans leur regard témoigne de la passion dont sont empreints chacun de leurs mouvements. Carlos Saura met en scène une fierté de son pays en splendeur, mais sans arrogance, ce qui en fait un spectacle accessible à tous ceux qui sont désireux de s’imprégner d’un peu de culture andalouse.
Auteur : Geneviève Luca
Crédit photo : Flamenco Hoy
Pour en savoir plus : Flamenco Hoy!
