Charlotte Cardin @ St-Jean-Baptiste Church (Montréal)
Ce soir, Charlotte Cardin se produit sur l’autel de l’église Saint-Jean-Baptiste, au coeur de Montréal. Il s’agit de la troisième et dernière date en église de l’artiste, mais celle-ci est particulière. En effet, le concert a été annoncé sold out en 45 secondes après sa mise en vente, preuve incontestable de son succès florissant. La jeune québécoise est souvent comparée à Amy Winehouse, cela est peut-être dû au fait qu’elle se soit fait connaître du grand public en interprétant le célèbre You Know I’m No Good dans La voix, émission où elle terminera d’ailleurs finaliste.
En entrant dans la nef de l’église, il fait très sombre et le grondement de la foule m’indique que je suis parmi les derniers à arriver. Je n’aperçois de la scène, au loin, que le nom de celle que je suis venu voir, illuminé par des néons blancs, et tenu par ce qui semble être un pupitre mais qui s’avère être un piano. Le public est placé sur les bancs, et les groupes d’amis essaient de ne pas se séparer pour rester dans une sorte de communion. Je trouve donc une place facilement, impatient de découvrir les raisons artistiques de ce lieu empreint de symboles.
Soudain, trois grands panneaux s’illuminent sur la scène, en simultané et en symbiose avec les majestueuses et imposantes colonnes qui se parent des mêmes lumières. L’ensemble forme un décor à la fois minimaliste et époustouflant. L’artiste arrive en petites foulées pour nous interpréter son titre Big Boy. Les voûtes perchées au sommet de l’édifice rendent au lieu toute sa hauteur, tandis qu’un panel de nouvelles teintes très variées lui donnent une touche personnelle. Le choix d’une église ne peut être que le meilleur. Au milieu derrière son piano, Charlotte habillée tout en blanc, apparaît si petite mais s’impose pourtant en faisant résonner sa voix puissante au refrain de Paradise Motion. Cette deuxième chanson semble avoir été créée pour cet instant, sa voix mature est en adéquation parfaite avec le lieu. L’acoustique est admirable, toutes les sonorités parviennent dans les oreilles de chacun, avec une certaine pureté. Je suis émerveillé devant cette scène très bien ajustée.
Après quelques interactions et blagues, avec un public calme et attentif, le troisième morceau Les échardes est maintenant interprété. La voix de l’artiste est parfaitement maitrisée, parfois volontairement écorchée et passe d’autres fois du grave à l’aiguë pour le plus grand bonheur de l’audience.
Un piano, une voix, il n’en faut pas davantage aux plus grands pour transmettre d’intenses émotions, et c’est ce que Charlotte Cardin arrive parfaitement à faire ce soir.
Auteur: Axel Habrial
Photographe: Jessica Valoise