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Hellfest 2024 – J2 : Machine Head + Shaka Ponk + The Prodigy + Body Count (ft Ice-T) + Tom Morello et autres @Clisson

Lovebites (12:15 -12:45 // MainStage 1)


Wagasm (12:50 -13:30 // MainStage 2)


Orden Ogan (13:35 -14:15 // MainStage 1)

Orden Ogan n’est pas un groupe que je vĆ©nĆØre autant que Blind Guardian, Running Wild ou Helloween mais c’est assurĆ©ment un prĆ©tendant sĆ©rieux Ć  la relĆØve de la scĆØne power metal. J’ai connu le combo allemand il y a une dizaine d’annĆ©es grĆ¢ce Ć  l’album Ā« Ravenhead Ā» et il semblerait que ce soit un tournant dans leur discographie puisque, sur les cinq maigres titres interprĆ©tĆ©s ce jour-lĆ , deux sont issus de cet album.

Le public n’est pas trĆØs nombreux Ć  cette heure de la journĆ©e… ou est-ce la popularitĆ© somme toute relative du combo dans nos contrĆ©es qui ne suscite pas d’enthousiasme particulier ? Toujours est-il qu’on peut s’approcher sans difficultĆ© de la scĆØne.

On a droit Ć  un extrait de l’album Ā« The Order Of Fear Ā» qui est sur le point de sortir (d’ailleurs leur backdrop reprend le paysage visible sur la pochette de ce prochain disque), Ć  un extrait de Ā« Gunmen Ā» et bien entendu Ć  leur hit Ā« The Things We Believe In Ā» tirĆ© de l’album Ā« To The End Ā». Pour cette chanson, le leader Seeb, habillĆ© en costume sci-fi muni d’énormes Ć©paulettes, nous fait rĆ©pĆ©ter les quelques mots du refrain Ā« and so we are – cold, dead and gone Ā», ceci afin que le public participe du mieux qu’il peut. Et Ƨa fonctionne ! Le public se lance dans un circle-pit trĆØs bon enfant, presque au ralenti, sous le soleil du dĆ©but d’aprĆØs-midi. Ce dernier titre est rĆ©ellement trĆØs fort. En revanche, j’aurai vraiment aimĆ© entendre Ā« We Are Pirates Ā» (dont le clip accueillait en guest star Majk Moti, guitariste de Running Wild sur la pĆ©riode d’or de 1985 Ć  1990).

Le Hellfest n’est pas extrĆŖmement friand de power metal et c’est dĆ©jĆ  une belle opportunitĆ© de pouvoir assister Ć  une prestation d’Orden Ogan, mĆŖme si j’aurai prĆ©fĆ©rĆ© un meilleur crĆ©neau sur l’affiche. Je recommande Ć  tous les amateurs de ce style de donner une chance Ć  ce groupe dont on n’a pas fini d’entendre parler.


Textures (14:20-15:05 // Altar)

Je reviens sous la tente pour assister au concert de Textures. Les bataves ont splittĆ© en 2018 aprĆØs 5 albums publiĆ©s chez Listenable et Nuclear Blast. Leur retour sur le devant de la scĆØne est une occasion inespĆ©rĆ©e de se replonger dans leur musique torturĆ©e et syncopĆ©e. Puisant dans diffĆ©rents styles (mathcore / metalcore / death / thrash / progressif), la mixture peut parfois semble indigeste. Mais le niveau technique des musiciens n’est plus Ć  dĆ©montrer, comme en atteste leur impeccable prestation, le vocaliste DaniĆ«l de Jongh se montrant lui aussi au top.

Le groupe revient sur son parcours en se concentrant surtout sur la deuxiĆØme partie de sa discographie, le titre Ā« Regenesis Ā» tirĆ© de l’album Ā« Drawing Circles Ā» Ć©tant le seul rescapĆ© de la pĆ©riode 2001 – 2008.

En ce qui me concerne, un concert qui vaut plus pour sa raretĆ© que pour son vĆ©ritable intĆ©rĆŖt musical, la formule Ć©tant trop alambiquĆ©e et manquant de lyrisme Ć  mon goĆ»t… ce qui ne sera pas le cas du concert suivant…


Lofofora (15:50-16:35 // MainStage 2)

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Klone (16:00-16:45 // Altar)

Klone est programmĆ© sur la Altar… Ć©tonnant quand on connaĆ®t l’optique artistique des deux derniers opus, trĆØs Ć©motionnelle et dĆ©pouillĆ©e. Il aurait Ć©tĆ© plus logique de les programmer sur la Main Stage. On se consolera en se disant que l’ambiance tamisĆ©e de la tente est propice Ć  la rĆŖverie…

Justement, au mĆŖme moment joue Lofofora sur la Main Stage, combo ultra efficace et qui vĆ©hicule un message social fort dans lequel je me reconnais (mĆŖme si la maniĆØre qu’a Reuno d’assĆ©ner les propos peut parfois faire Ā« donneur de leƧons Ā»)… mais Klone se fait si rare sur scĆØne que je prĆ©fĆØre me diriger vers la Altar.

L’interprĆ©tation est top, le chant est hyper juste et les extraits du dernier opus, Ā« Meanwhile Ā», sont majestueux… mais, pour je ne sais quelle raison, je n’arrive pas Ć  rentrer totalement dans le concert (et j’ai presque honte d’avouer Ƨa !). Autant Textures avait la hargne, autant Klone est trop mĆ©lancolique Ć  cette heure de la journĆ©e. Un light show adaptĆ©, ou un concert donnĆ© en pleine nuit aurait eu Ć  mon avis plus d’impact. Je m’aperƧois que j’apprĆ©cie plus leur musique en fermant les yeux qu’en les gardant ouverts… Mais cela n’enlĆØve rien Ć  l’intĆ©rĆŖt de leur dĆ©marche artistique et Ć  la grande humilitĆ© de ces musiciens. Respect !

Au fait, Klone va se lancer dans quelques shows acoustiques cet automne… et Lofofora va publier un nouvel album intitulĆ© Ā« Cœur De Cible Ā». Vive nos groupes franƧais !


Mork (16:50-17:40 // Altar)

J’ai rĆ©cemment vu Fear Factory en concert Ć  Toulouse (et c’était dĆ©cent… mĆŖme si le chanteur doit gagner en charisme et se dĆ©partir de l’ombre de son imposant prĆ©dĆ©cesseur, Burton C. Bell) alors je reste un peu sous la tente et je passe de l’Altar Ć  la Temple pour voir ce que donne Mork. Heureusement que leur musique est mieux que leur logo, le plus dĆ©gueulasse qui soit depuis Gronibard…

N’étant pas un gros fan de true black, leur musique me gonfle assez vite mais j’avoue qu’elle a un cĆ“tĆ© hypnotique affirmĆ© et qu’on peut presque, pour peu qu’on ferme les yeux, se croire tĆ©lĆ©portĆ© en pleine forĆŖt norvĆ©gienne avec toute la panoplie qui l’accompagne (la forĆŖt, la neige et la meute de loups). Pas une grosse rĆ©vĆ©lation pour moi mais j’admets volontiers que cela puisse ĆŖtre la tasse de thĆ© de certains…

 

Suite Ć  quoi je fais un retour au camping pour une paire d’heures.


Einar Solberg (17:45-18:35 // Altar)


Polyphia (18:35-19:35 // MainStage 1)


Steel Panther (19:40-20:40 // MainStage 2 )


Clawfinger (20:40-21:40 // Warzone )

S’il y a bien un groupe que je ne m’attendais pas Ć  voir en live, c’est Clawfinger. Ce combo suĆ©dois, initialement connu car ses membres s’étaient rencontrĆ©s lorsqu’ils Ć©taient infirmiers en hĆ“pital psychiatrique, avait alignĆ© quelques trĆØs bons albums de rap metal incorporant des samplers dans les annĆ©es 90 et avait mĆŖme accouchĆ© de quelques Ā« tubes Ā» (Ć  une Ć©poque où Internet n’existait pas) comme Ā« Nigger Ā» ou Ā« Do What I Say Ā». Dans les annĆ©es 2000, ils avaient continuĆ© leur carriĆØre mais de maniĆØre plus confidentielle, jusqu’à splitter en 2013. A la maniĆØre de Sacred Reich ou de Coroner, ils se rĆ©unissaient ces derniĆØres annĆ©es pour des concerts Ć©vĆ©nementiels lors de festivals.

Bien que le temps passe vite, certaines choses ne tombent pas dans l’oubli… il y a un peu de monde devant la Warzone, preuve de la popularitĆ© toute relative de Clawfinger… … ou preuve de la mĆ©ga popularitĆ© de Tom Morello, guitariste de Rage Against The Machine, qui joue en ce moment mĆŖme sur la Main Stage. Zak Tell ne s’y trompe pas et remercie tous les gens prĆ©sents Ć  la Warzone. Et le bougre va instaurer une ambiance ultra conviviale entre son groupe et le public, allant mĆŖme jusqu’à descendre au beau milieu de celui-ci pour motiver tout le monde Ć  chanter Ā« si tu es content alors applaudis Ā». Son attitude humble est la cerise sur le gĆ¢teau d’une prestation bon enfant, Ć©nergĆ©tique tout en vĆ©hiculant un message positif. CĆ“tĆ© set list, Ƨa pioche surtout dans les trois premiers albums du groupe sortis dans les annĆ©es 90. Ā« Rosegrove Ā» et Ā« The Truth Ā» n’ont pas pris une ride en 30 ans… mais c’est surtout le seul extrait de leur deuxiĆØme LP, Ā« Use Your Brain Ā», qui marque les esprits : la chanson Ā« Do What I Say Ā» et son refrain scandĆ© par un enfant, fait un carton… et le public aime tellement Ƨa qu’il continue de chanter Ć  cappella pendant un long moment, remplissant de bonheur un Zak qui n’en croit pas ses yeux et va jusqu’à se prosterner en signe de remerciement !

Super concert avec une putain de super ambiance comme on aimerait en vivre plus souvent – Ā« Good Friendly Violent Fun Ā» !


Tom Morello (20:45-21:45 // MainStage 1 )


Amorphis (21:45-22:45 // Altar )

Amorphis est un groupe qui m’a convaincu sur le tard. J’avais beaucoup aimĆ© Ā« Elegy Ā» en 1996 mais un peu moins la suite de leur disco. Ce n’est que ces dix derniĆØres annĆ©es que je me suis intĆ©ressĆ© de prĆØs Ć  leur parcours. C’est un combo trĆØs pertinent, capable de poser du lourd (Ć  ce titre, le chanteur Tomi Joutsen est un des meilleurs vocalistes du circuit) comme des plans folk ou progressifs. Je ne vois malheureusement qu’une petite partie de leur concert car, une fois de plus, la tente est bondĆ©e (une constante sur cette Ć©dition). Comme d’habitude, musicalement c’est du 100% solide : la formule est savamment dosĆ©e, il y a ce qu’il faut de brutalitĆ© et ce qu’il faut de mĆ©lodie, aucun musicien ne prend le dessus sur les autres et la force du collectif permet de transcender les titres. Et tout ce savoir-faire est serti dans une identitĆ© mĆ©tal affirmĆ©e. La classe absolue !


Shaka Ponk (22:00-23:10 // MainStage 2 )

Encore un nom qui confirme que le Hellfest s’ouvre Ć  un nouveau type de public… Je ne connais pas leur musique, j’ai rĆ©cemment vu leur passage dans l’émission Ā« C A Vous Ā» au cours de laquelle ils expliquaient qu’ils se lanƧaient dans une tournĆ©e d’adieu : ils souhaitaient raccrocher les gants car leurs considĆ©rations Ć©cologiques sont incompatibles avec la vie d’un groupe en tournĆ©e dont la facture carbone est Ć©norme… …je comprends ce point de vue… mais pour ĆŖtre tout Ć  fait cohĆ©rent avec ces idĆ©aux, peut-ĆŖtre devraient-ils faire cette tournĆ©e d’adieu avec des moyens plus confidentiels ? Et mĆŖme si je leur accorde le bĆ©nĆ©fice du doute, qui nous dit qu’ils ne risquent pas de se reformer d’ici quelques annĆ©es ? …on nous a dĆ©jĆ  fait le coup plusieurs fois, n’est-ce pas ?

Musicalement, ce que j’ai entendu n’est pas trop mon truc. Je n’ai vu que la fin du concert mais j’ai apprĆ©ciĆ© les interventions de la chanteuse car j’ai trouvĆ© qu’elle avait beaucoup de coffre et de charisme. Je me souviens avoir vu via les Ć©crans gĆ©ants un circle pit de fou furieux (beaucoup plus animĆ© que certains groupes de metal extrĆŖmes…). J’ai Ć©galement vu le chanteur, beau gosse en puissance, se tenir debout sur une plateforme au beau milieu du public… Ƨa faisait un peu Ā« culte de la personnalitĆ© »… Il a accueilli une jeune fan sur sa plateforme et l’a prise dans ses bras, l’air de dire Ā« on vit un moment fantastique, profitons-en Ć  fond !!! Ā» puis il s’est Ć©lancĆ© de sa plateforme et est parti en crowdsurfing. Et puisque c’est le chanteur et qu’il est super connu, tout le monde l’a soutenu et il a tapĆ© un slam de fou sur plusieurs dizaines de mĆØtres… je me suis dit que j’aurai bien aimĆ© ĆŖtre chanteur de Shaka Ponk Ć  ce moment prĆ©cis 


Emperor (22:50-23:50 // Temple)

C’est dĆ©jĆ  la cinquiĆØme venue des NorvĆ©giens au Hellfest : la premiĆØre fois c’était en 2007 lors de Ā« l’annĆ©e de la boue Ā» puis ils ont jouĆ© en 2014 l’intĆ©gralitĆ© de leur premier LP pour cĆ©lĆ©brer ses vingt ans d’existence et sont revenus en 2017, en 2019… puis enfin cette annĆ©e !

En 2024, le combo se focalise sur ses deux premiers disques (Ā« In The Nightside Eclipse Ā» sorti en 1994 et Ā« Anthems To The Welkin At Dusk Ā» en 1996), le seul autre titre Ć©tant Ā« In The Wordless Chamber Ā» extrait de Ā« Prometheus… Ā» et arborant une facette un brin plus atmosphĆ©rique.

Personnellement, je suis plus sensible Ć  des titres tels que Ā« The Loss And Curse Of Reverence Ā» ou Ā« Thus Sparke The Nightspirit Ā», envoĆ»tante et hypnotique malgrĆ© l’heure tardive… d’ailleurs, je ne suis pas le seul Ć  ĆŖtre fatiguĆ© car Ihsahn exhorte le public Ć  Ā« retrouver ses forces Ā» avant d’annoncer le titre Ā« With Strength I Burn Ā».

L’interprĆ©tation est parfaite, les gars maĆ®trisant leur rĆ©pertoire sur le bout des doigts et on comprend aisĆ©ment pourquoi ce groupe est devenu le chef de file de tout un mouvement. Ils sont tout bonnement lĆ©gendaires.

On retrouve Ihsahn au chant et Ć  la guitare lead, avec sa dĆ©gaine actuelle de nerd, barbe et lunette Ć  l’appui, Samoth Ć  la deuxiĆØme guitare, Trym, batteur Ć  partir du second LP et Secthdamon Ć  la basse.  Le claviĆ©riste m’est inconnu.

Les lights sont Ć  dominante bleu et sont rĆ©ellement magnifiques, le son est super bien rĆ©glĆ© et le back-drop Ć©voque la damnation Ć©ternelle avec la fameuse initiale Ā« E Ā» tirĆ©e de leur logo (logo dessinĆ© par le belge Kris Verwimp).

La triplette finale va nous achever tous avec Ā« I Am The Black Wizards Ā» et Ā« Inno A Satana Ā» tirĆ© du premier LP et Ā« Ye Entrancemperium Ā», qui tient autant de la tornade sonore dĆ©fonƧant tout sur son passage que du voyage onirique. Tout est dit.

Emperor a prouvĆ© que mĆŖme s’ils n’ont pas sorti de nouvel enregistrement depuis presqu’un quart de siĆØcle, ils restent les patrons absolus du black metal symphonique. On se revoit dans deux ans, mĆŖme endroit, mĆŖme crĆ©neau ?


Machine Head (23:15-00:45 // MainStage 1

Machine Head – ou Ā« MH Ā» pour les intimes – tient son statut novateur du fait qu’ils ont Ć©tĆ© les premiers Ć  mixer le thrash metal classique avec des plans plus lourds, plus orientĆ©s groove metal – voire nĆ©o metal – et avec des vocaux clairs. En outre, ils ont injectĆ© une grosse dose de dynamique par rapport au thrash dit Ā« old school Ā». Durant leur carriĆØre, ils ont subi plein de changements de line-up, parfois avec pertes et fracas, Rob Flynn restant l’unique membre d’origine.

Ces derniĆØres annĆ©es, le groupe s’est concentrĆ© sur les concerts en salle donc il s’était fait trĆØs rare en festival… la derniĆØre fois qu’ils sont passĆ©s Ć  Clisson, c’était en 2012 ! En 2024, ils sont une des quatre tĆŖtes d’affiche du festival donc ils bĆ©nĆ©ficient d’un temps de jeu plus que correct. Musicalement, ils n’ont pas fait que des bons albums mais le dernier, Ā« Of Kingdom And Crown Ā» est plutĆ“t une bonne cuvĆ©e… …alors, Ƨa donne quoi en live ?

Les amĆ©ricains attaquent avec Ā« Imperium Ā» tirĆ© de Ā« Through The Ashes Of Empire Ā» sorti en 2003 et le public rĆ©agit directement. Il faut dire que MH a mis les petits plats dans les grands : pyrotechnie de fou furieux, light show de malade, ultra variĆ©, avec des dominantes rouges ou bleues et un rĆ©troĆ©clairage jaune, son ultra massif… que demander de mieux ? ForcĆ©ment, Ƨa enflamme le pit. Pour autant, MH ne s’endort pas sur ses lauriers : Rob continue d’invectiver le public (Ā« Hellfest… Jump ! Jump ! Ā»), il ne le lĆ¢che pas d’une semelle et le fout littĆ©ralement en feu : contrairement Ć  Slaughter To Prevail la veille, Rob ne laisse aucun temps mort… tout est mis au service de l’efficacitĆ©. C’est d’ailleurs impressionnant de constater Ć  quel point les ricains arrivent Ć  maintenir un niveau d’intensitĆ© Ć©levĆ© pour des morceaux de ce genre, assez longs car tournant plutĆ“t aux alentours des 6-7 minutes !

Le guitariste live dĆ©bauchĆ© de Havok, Reece Scruggs, assure correctement mais c’est surtout le bassiste, Jared MacEachern, remplaƧant du co-fondateur Adam Duce qui tire son Ć©pingle du jeu : malgrĆ© sa dĆ©gaine improbable avec sa grosse moustache de Gaulois, il participe activement au jeu de scĆØne et assure les backing vocals trĆØs correctement. Rob Flynn crĆØve l’écran et emmĆØne son groupe vers des sommets de brutalitĆ© et d’efficacitĆ©, pendant la chanson Ā« Ten Ton Hammer Ā» (où des fans tiennent Ć  bout de bras des marteaux gonflables gĆ©ants estampillĆ©s MH… C’est fou de voir Ć  quel point le merchandising peut partir dans tous les sens šŸ˜Š) ou pendant Ā« Choke On The Ashes Of Your Hate Ā», extrait du dernier LP, titre conƧu pour faire pĆ©ter les plombs Ć  l’audience avec sa partie de basse en plein milieu et ses vocaux Ć  la limite du death metal.

S’ensuit une lĆ©gĆØre baisse de rĆ©gime en milieu de concert, avec certaines chansons mĆ©lodiques comme Ā« Is There Anybody Out There ? Ā» qui me parle beaucoup moins et empĆŖche mon adhĆ©sion d’être inconditionnelle… je ne suis pas non plus trop client de Ā« Darkness Within Ā» car trop lente Ć  mon goĆ»t… mĆŖme si le fait que ce titre, dĆ©diĆ© par Rob Ć  feu sa mĆØre qui aurait fĆŖtĆ© ses 84 ans ce soir-lĆ , est une jolie attention… Le groupe enchaĆ®ne ensuite avec deux extraits corrects de leur pĆ©riode nĆ©o metal de la fin des annĆ©es 90 : Ā« Bulldozer Ā» et Ā« From This Day Ā» (avec son refrain chantĆ© par tous les musiciens) durant laquelle il y a un lĆ¢cher de gros ballons gonflables estampillĆ©es Ā« MH Ā» – comme Metallica le fera le lendemain soir – et Ƨa chauffe bien les fans pour le titre suivant : l’ultime Ā« Davidian Ā» : effet garanti ! Le final se fera sur Ā« Halo Ā» tirĆ© de Ā« The Blackening Ā», leur meilleur album de mon point de vue. La set-list aura donc Ć©tĆ© Ć©quitablement rĆ©partie entre tous les disques du combo, exception faite du ratĆ© Ā« Catharsis Ā».

Rob Flynn a encore progressĆ© au chant, on sent toute sa hargne et il s’est montrĆ© impĆ©rial, prouvant que Machine Fuckin’ Head mĆ©ritait sa place en tĆŖte d’affiche. Ce concert puissant, probablement le meilleur que j’ai vu de leur part, me donne envie de me replonger dans leur discographie. Horns Up !


Pain of Salvation (23:55-00:55 // Altar

Apparemment, Pain Of Salvation se fait plutĆ“t rare en concert. Je ne suis pas un gros connaisseur de ce groupe progressif et je passe en vitesse pour voir la fin de leur set. Je suis impressionnĆ© par la variation de leur propos : le dĆ©but des morceaux est calme et doux puis de grosses montĆ©es en puissance aboutissent Ć  des finals explosifs, ce qui est probablement la meilleure dĆ©finition du terme Ā« progressif Ā».

Finalement, mĆŖme si je n’ai pas pu m’identifier Ć  ces morceaux que je ne connaissais pas, j’ai vraiment Ć©prouvĆ© un grand respect vis-Ć -vis de la qualitĆ© de leur interprĆ©tation. Bravo !


The Prodigy (00:50-02:00 // MainStage 2

Prodigy - Hellfest 24


Anaal Nathrakh (01:00-02:00 // Temple

Anaal Nathrakh n’est pas non plus un groupe qui tourne beaucoup : ils ont donnĆ© Ć  peine un peu plus de 200 concerts en un quart de siĆØcle ! C’est donc plutĆ“t un projet studio qui permet Ć  ses gĆ©niteurs d’expulser leur haine du monde en musique. Ce projet est composĆ© de deux membres : Irrumator et V.I.T.R.I.O.L.

Mick Kenney alias Irrumator a collaborĆ© avec Napalm Death, d’abord en tant qu’illustrateur (il a rĆ©alisĆ© les pochettes de Ā« The Code Is Red… Ā», Ā« Smear Campaign Ā» et Ā« Time Waits For No Slave Ā») puis en tant qu’associĆ© de Shane Embury lors du lancement du label FETO Records et enfin en tant que partenaire de jeu de Shane au sein du projet death / grind Born To Murder The World. Quant Ć  Dave Hunt, alias V.I.T.R.I.O.L., il a Ć©tĆ© chanteur des death mĆ©talleux de Benediction pendant une vingtaine d’annĆ©es (bien qu’il n’ait enregistrĆ© que deux albums studios avec eux).

Il y a un peu de monde sous la Temple malgrĆ© l’heure tardive… l’optique ultra extrĆ©miste ne semble pas rebuter les fans les plus avides de sensations fortes. Car musicalement parlant, Anaal Nathrakh joue un mix de true black metal, de black symphonique (durant certains refrains) et de death metal, le tout sur fond de sonoritĆ©s industrielles… c’est un peu la bande-son de l’apocalypse ! Ƈa blaste beaucoup mais Ƨa n’empĆŖche pas l’apparition de certains plans mid-tempi absolument mortels (notamment l’intro du concert Ā« Acheronta Movebimus Ā» ou pendant le titre Ā« Forward Ā»).

AN est une hydre Ć  deux tĆŖtes, avec Irrumator qui a une dĆ©gaine d’intello assez propre sur lui, trĆØs concentrĆ© sur son instrument, ce qui tranche littĆ©ralement avec l’attitude furieuse de V.I.T.R.I.O.L., lui qui crache sa haine du monde avec une diction parfois plus proche du punk que du metal. On sent toute la violence de son propos putride lors des couplets et, paradoxalement, il monte dans de grandes envolĆ©es lyriques lors de certains refrains (Ā« Unleash Ā», Ā« The Age of Starlight Ends Ā»).

Le duo est accompagnĆ© de musiciens live, Ć  priori des gars du combo anglais avant-gardiste Akercocke et ils assurent comme il faut (pendant des annĆ©es, AN a utilisĆ© une boĆ®te Ć  rythme et c’était plutĆ“t un projet studio, sans rĆ©elle existence live. Le duo n’envisageait pas qu’un batteur puisse reproduire les morceaux sur scĆØne… jusqu’à ce qu’ils tentent l’expĆ©rience live avec le batteur de Napalm Death, Danny Herrera).

Tous les titres dĆ©boitent mĆ©chamment. A un moment donnĆ©, AN dĆ©dicace par solidaritĆ© un morceau Ć  deux formations ukrainiennes de metal extrĆŖme : 1914 et White Ward. V.I.T.R.I.O.L. fait preuve d’un humour typically british et s’instaure en gourou du nihilisme (Ā« souvenez-vous que tous les gens auxquels vous tenez finiront par mourir Ā»). Ā« Submission Is For The Weak Ā» clĆ“ture le bal avec un gentil petit wall of death en dĆ©but de morceau… puis aprĆØs quelques mesures, le groupe s’arrĆŖte pour en lancer un bien meilleur, avant d’envoyer le bois pour de bon avec force blast beats et cris nĆ©cros. Les survivants peuvent aller se coucher, ils ont survĆ©cu Ć  l’apocalypse 


Body Count ft Ice-T (01:00-02:00 // Warzone)

 

Photographe : David Vacher

Auteur : BenoƮt Gazin

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