Rio Loco 2024 – J1 : Hommas à Dalida + Le Cri du Caire & Erik Truffaz + Lalalar et autres (Photos) @Toulouse
Barbara Pravi
Le Cri du Caire & Erik Truffaz
Lalalar
Nuri
Kornelia Binicewicz
Kornlelia Rio Loco 2024
Johnny Macam
Luz Casal
Photos : David Vacher
Pause Guitare 2024 – J5 : Josman + Louise Attaque + Georgio + Hoshi @Albi (Tarn)
Georgio
Déjà la troisième soirée sur la Base de loisirs de Pratgraussals, et quelle affiche ce soir! Il y a beaucoup de monde, c’est complet pour une soirée 100% française.
Départ à 19h avec Georgio, jeune rappeur accompagné d’un batteur et d’un guitariste, apportant un univers très agréable à son rap mélancolique et terriblement efficace. J’ai malheureusement manqué le début, mais je suis tombée sous le charme en quelques minutes, sa diction,son énergie, la musicalité avec le groupe donnent une harmonie inhabituelle pour un rappeur. Une très belle découverte pour moi ce soir. Et malgré une petite averse, on sent le public accroché et ravi.
Hoshi
Pour la suite, c’est un flot d’émotions qui va se répandre sur nous dès les premiers mots de Hoshi. Elle arrive sur scène sous un grand parapluie (clin d’œil au titre de son dernier album CÅ“ur Parapluie) pour interpréter Mauvais rêve, morceau autobiographique où elle se livre sur les difficultés qu’elle traverse depuis sa plus tendre enfance. J’ai été profondément touchée tout le long du concert, sa pop tantôt rock, tantôt mélodique et ses textes ne peuvent laisser indifférent. Elle nous raconte son histoire, son harcèlement extrêmement violent suite à un baiser avec l’une de ses danseuses aux Victoires de la musique, il y a quelques années. Mais aujourd’hui, grâce à ses fans, elle se sent mieux et chantera son titre Amour censure, un drapeau arc-en-ciel sur les épaules, appelant à l’amour et rien d’autre, c’était beau. Toujours dans cette émotion folle, elle chantera pour son grand père, qui lui a donné cet amour pour la musique, Marcel, nous a forcément entendu ce soir. Sur la fin, le titre Ta Marinière a donné un sacré coup de boost, tout le public chantait, et la toute jeune fan présente devant n’oubliera jamais cette soirée, puisqu’elle l’a fait monter sur scène pour sécher ses larmes de joie et faire une photo avec elle. Non, je ne pleure pas, j’ai une poussière dans l’oeil…merci Hoshi et ses musiciens c’était parfait.
Louise Attaque
Après l’émotion, place à la nostalgie avec Louise Attaque. Il est 22h, tout le monde s’est massé face à la scène pour chanter, pour danser et ça va démarrer très fort avec le titre Amours au rythme du violon si reconnaissable. Les sourires et les chants à l’unisson font tellement plaisir, on est embarqués, on danse avec ses voisins, ses amis! Dès le début, ils vont enchainer les tubes de leur 1er album, ne laissant aucun temps mort. J’ai mal aux joues tellement je souris, j’avais 15 ans quand cet album est sorti, et bien ce soir j’ai de nouveau 15 ans et je chante J’t’emmène au vent, Léa, Ton invitation en me rendant compte que ses paroles sont gravées dans ma mémoire. Pour la deuxième partie, 2 musiciens (masqués) les rejoignent sur scène pour des morceaux peut être moins populaire mais terriblement efficace. Petit clin d’œil à la carrière solo du chanteur Gaetan Roussel avec Help Myself, également repris en coeur. Energie, communion avec le public, superbe jeu de lumière, nous avons eu ce soir une potion magique qui va laisser à tous un souvenir impérissable, pour moi y compris. La fin approche, c’est passé beaucoup trop vite. L’ensemble du groupe finira au milieu du public pour rejouer J’t’emmène au vent,ce soir les soirées albigeoises n’avaient rien à envier aux soirées parisiennes!
Josman
Il est minuit passé…les “adultes” ont cédés leur place devant la scène à un public plus jeune pour Josman. Le rappeur bien connu pour ses textes un peu osés, s’est fait désirer arrivant avec plus de 20 minutes de retard sur l’horaire prévu. Mais c’est vite oublié, les basses résonnent fort, très fort et ses fans nombreux ce soir vont donner de la voix à son entrée sur scène. J’avoue ne pas être fan du rap moderne, mais Josman rappe bien et il occupe bien l’espace dans un décor de rues new-yorkaises. Son titre J’aime bien me fera sourire par des paroles quand même assez coquines, mais ça fonctionne, le public est ravi!
Quelle soirée encore, difficile de descendre de ce nuage sur lequel j’étais ce soir. Hâte d’être à demain pour le final en apothéose.
Texte : Jenny
Photos : David Vacher
Pause Guitare 2024 – J4 : Tiakola + Calogero + Julien Granel + Pomme @Albi (Tarn)
Pomme
Après une superbe 1ère soirée hier, nous revoilà en place pour profiter d’une programmation très différente aujourd’hui.
À mon arrivée, la douce Pomme est déjà sur scène dans une scénographie digne d’Alice aux pays des merveilles, avec des gros champignons en guise de décor et en guise de chapeaux. Alors je suis malheureusement très mitigée, car cette artiste est très talentueuse et j’aime beaucoup ses textes mais sur une si grande scène, c’est difficile de capter le public peu nombreux. Beaucoup de poésie (et un peu de politique) nous font démarrer la soirée en douceur.
Julien Granel
Autre univers mais beaucoup plus survolté, à 20h30 c’est l’électrique Julien Granel qui débarque en sautillant. C’était une découverte pour moi ce soir, il communique et nous raconte qu’il va jouer sur une trentaine de festivals cet été. Sur scène, ses machines et claviers sont posées sur un arc-en-ciel, et il va proposer un set électro voire techno par moment, entre coupé par quelques uns de ses titres dont Feel Good ou Plus Fort. Il entraine le public dans sa folie communicative et son univers coloré sans aucune difficultés.
Calogero
La nuit tombe pour accueillir une figure du paysage musical français, le grand Calogero. Accompagné sur scène de 7 musiciens, on s’apprête à vivre un grand moment. Au départ, j’ai un peu de mal à rentrer dans son univers, je m’attendais à quelque chose de plus rock…mais mes attentes ont été comblées après une vingtaine de minutes où le set c’est clairement accéléré avec des titres attendus et repris par un public conquis. Difficile de tous les citer, car il y a beaucoup de tubes dans son répertoire ! Mais Face à la mer, 1987 ou Je joue de la musique sont clairement des classiques qui fonctionnent sur scène, il suffit de regarder le public qui se déchaine. Il terminera après plus d’une heure de set avec le splendide Yalla, tout en émotion. J’ai entendu quelques déçus dans le public de ne pas avoir entendu En apesanteur, mais sur un petit set, il ne peut malheureusement pas tout jouer!
Tiakola
Place au dernier artiste de la soirée, il est quasiment minuit quand Tiakola entre en scène pour le plus grand plaisir du jeune public qui l’attendait avec impatience. Le rappeur d’origine congolaise est bien connu grâce à des collaborations avec d’autres grands noms du rap français comme Gazo et aussi grâce à des titres qui sont devenus viraux sur les réseaux sociaux. Le light show est puissant et son rap idéal pour ambiancer la fin de la soirée mais pas vraiment à mon goût, un peu trop d’auto-tune peut être ou alors je suis trop vieille!
Texte : Jenny
Photos : David Vacher
Caribana 2024 – J1 : Parkway Drive + Zeal & Ardor + unpeople + Cure for the Ghost et autres @Nyon (Suisse)
Bob Vylan
Cassyette
Cure for the Ghost
Zeal & Ardor
unpeople
Parkway Drive
Photographe : Valentin Bonadei
Hellfest 2024 – J1 : Ice Nine Kills + Landmvrks + Megadeth + Enter Shikari + Kerry King et autres @Clisson
Ceci est le report de MON Hellfest : la programmation est si chargée qu’il est virtuellement impossible de tout couvrir. Par ailleurs, j’ai retranscrit ma vision des choses et vous avez le droit de ne pas être d’accord avec mes propos. J’essaie de traiter le sujet avec sérieux et d’argumenter mes opinions. Et si, par l’intermédiaire de ce report, je peux vous faire vivre / revivre ce chouette moment qu’est le Hellfest ou vous communiquer un peu de la passion qui m’anime alors ce sera tant mieux !
Merci pour votre attention…
Juin 2004. Je fais du footing pour me mettre en forme en prévision d’un week-end exceptionnel : une association du nom de « Fury Fest » organise un festival à l’affiche démentielle au Mans, avec plein de noms prestigieux comme Fear Factory, Morbid Angel, Nasum, Meshuggah, Soulfly, Testament, Hatebreed, Slipknot… Pour tous les métalleux français qui n’ont pas la chance d’aller en pèlerinage au Wacken Open Air, la Mecque du metal à cette époque, c’est une opportunité de rêve. Cette édition reste gravée dans ma mémoire et constitue le point de départ d’une longue épopée…
Juin 2024. J’ai pris 20 ans dans les dents et je fais plus que jamais du footing pour rester en forme 😊 Entre-temps, Ben Barbaud et Yohann Le Nevé se sont lancés dans une nouvelle aventure du nom de « Hellfest », un événement devenu énormissime qui nous a permis de voir une pléiade de groupes prestigieux ou cultes, en plus de devenir l’endroit le plus cool de la Terre quand on est métalleux. Alors, même si l’effet de surprise s’est estompé avec le temps, c’est toujours un pur bonheur de partir en terres clissonnaises.
Pour cette 17eme édition, l’intégralité des billets a été vendue en un temps record et de nombreuses personnes n’ont pas eu la chance de pouvoir acheter leur pass. Néanmoins, le système de revente officiel fonctionne et les plus motivés réussissent à se dégoter une place même au dernier moment.
Depuis 2019, le festival se déroule sur quatre jours. Le premier jour, le site officiel n’ouvre qu’en milieu d’après-midi donc durant la matinée j’ai le temps d’aller faire un tour au Metal Corner et à l’Extrem Market.
Première modification sur le Metal Corner : l’organisation a installé une porte fortifiée gigantesque, d’une dizaine de mètres de haut, séparant le Corner du Hellcity Square. Cette structure, à priori démontable (comme The Sanctuary), est bardée de briquettes ocres et l’inscription « Welcome To Hell » apparaît en gros sur le mur. Les plus vieux fans de Black Metal apprécieront…
Deuxième changement : le Hellfest Cult s’est transformé en « Fanzone » mais à part cette différence de patronyme, le principe est le même : on peut adhérer à ce club qui donne accès à un espace détente avec une programmation musicale particulière…
Je pénètre ensuite sur le site officiel, qui ouvre un peu avant le premier concert. J’en profite pour faire un tour et constater les quelques changements par rapport à l’an dernier : le merch officiel du Hellfest, qui avait été déplacé en 2023 avec la création du Sanctuary, reste en place et l’orga a multiplié les files afin de réduire le temps d’attente (pour autant, cela ne résoudra pas vraiment le problème durant le week-end : on a l’impression que plus ils en proposent, plus les fans en redemandent !!). Le merch officiel des groupes programmés à l’affiche est désormais scindé en deux lieux distincts : les quatre têtes affiche bénéficient d’une petite tente proche du Sanctuary, et tous les autres groupes sont déplacés sur une plus grande tente située à gauche de la Cathédrale en entrant sur le site.
Le coin VIP a vu l’installation d’un nouveau massif de plantes vertes… à part ça, je ne note pas de changement majeur, si ce n’est la régie de la Valley qui est plus joliment décorée qu’avant (et les WC sont désormais placés à droite de la scène).
Wormrot (16:30-17:10 // Altar)
Le festival commence sur les chapeaux de roue pour moi avec le grind asiatique de Wormrot. Je ne les ai encore jamais vus en live, bien qu’ils soient récemment passés en tournée en Europe, notamment en première partie de Napalm Death. J’ai eu de très bons échos de leurs prestations live donc j’y vais plutôt confiant.
Effectivement, ça dépote sévère. Wormrot joue du pur grindcore, avec des titres oscillants entre trente secondes et une minute, selon la formule édictée par les piliers du genre. Tout est misé sur l’efficacité et l’instantanéité et on ne s’ennuie pas une seule seconde.
Le groupe évolue sous une formule semi-minimaliste : ils ont un guitariste et un batteur mais pas de bassiste… mais c’est une chose admise dans ce courant musical : Magrudergrind n’avait pas non plus de bassiste… et l’incarnation de Napalm à la fin des années 80 déployait un son de basse tellement saturé que l’instrument servait plutôt comme une deuxième guitare que comme une véritable basse. Donc je dirai que l’absence d’instrument ne dessert pas la musique.
A cette base de deux musiciens se joint un vocaliste et, surtout, une chanteuse qui prend parfois le leadership pour pousser de stridents hurlements… surprenant pour les Européens que nous sommes !
A part ça, le groupe maîtrise parfaitement son sujet grindcore, avec un batteur hallucinant de dextérité et de dynamique, capable d’enchaîner les diverses techniques de blast beats avec une facilité déconcertante, tout en frappant sur son kit comme un malade dès que le tempo décélère ; ça n’arrive pas très souvent chez ce genre de groupe mais leurs plans lourds m’ont semblé très efficaces, même si ce qui m’a le plus surpris est leur aisance à soudainement réaccélérer. Pour couronner le tout, le batteur se montre très visuel, par exemple en mettant des pains à ses cymbales en tendant le bras en avant et en l’appuyant sur la cymbale plutôt qu’en prenant la cymbale dans ses mains. Ça rajoute à l’impact visuel. Véritable mitraillette humaine, il a fourni une assise rythmique fulgurante et ceci, allié aux cris désincarnés de la chanteuse, nous a offert un final a-po-ca-lyp-ti-que !
Premier concert et déjà la méga-gifle ! Wormrot est bien le digne successeur de Nasum et de Napalm Death dans sa glorieuse époque grindcore.
Thrown (17:15-17:55 // Warzone)
Je vais faire un tour du côté de la forêt du Muscadet afin d’admirer la nouvelle créature tant annoncée par les organisateurs : la Gardienne des Ténèbres, une chimère mi-femme mi-scorpion, fruit de l’association entre la compagnie artistique de « La Halle de La Machine » basée à Nantes et à Toulouse et Hellfest Productions. Etant moi-même Toulousain et fan de cette compagnie, je n’avais pas de doutes quant à la réussite du projet mais rien ne vaut le fait de se rendre compte en vrai.
Et cette machine, même de jour, a de la gueule. La créature mesure presque dix mètres de haut et pèse 38 tonnes. Au moment où je l’observe, elle est au repos car exhibée seulement à la tombée de la nuit, sur de courtes plages horaires allant de 22 heures à minuit. Ses yeux sont fermés mais elle reste très expressive, aussi belle que dangereuse. L’alliage des couleurs est saisissant, oscillant entre le côté brun du bois verni, entre le côté vert foncé des gigantesques pinces qui lui servent à se mouvoir et entre le côté noir des pièces mécaniques nécessaires à la mise en marche de la créature. A ce propos, j’ai entendu certains festivaliers qui auraient préféré qu’on ne voit pas les nombreux opérateurs de La Halle de La Machine lors des phases de démonstrations (certains conduisent ou chevauchent la Gardienne pendant que d’autres l’entourent et se chargent d’actionner les pinces et les effets spéciaux) mais c’est dans cet état d’esprit, hérité autant de l’univers de Jules Verne que du mouvement Steampunk, que travaille cette compagnie dirigée par François Delarozière.
Nul doute que l’avènement de cette créature mythique va considérablement doper l’activité touristique de la région. C’est d’ailleurs en ce sens que Hellfest Productions a souhaité initier les choses, comme en atteste le panneau d’information situé devant le monstre : « projet indépendant porté par l’association Hellfest Productions, il vise à redonner aux habitants du territoire la confiance qu’ils ont offerte au festival durant toutes ces années ». Pour les métalleux sudistes, il est à noter que la Gardienne va faire une apparition cet automne à Toulouse… Elle devrait faire la connaissance de ses alter-egos Astérion le minotaure et Ariane l’araignée.
Le léger bémol de cette nouvelle arrivée est que la Gardienne a été installée à l’endroit de l’ancien bûcher qui, du coup, a disparu… c’est dommage car c’était un lieu convivial et chaleureux en fin de journée… j’espère que l’organisation remettra ce lieu en place l’an prochain dans un autre endroit du site… pourquoi pas à la Valley ?
Ice Nine Kills (18:45-19:25 // MainStage 2 )
Ice Nine Kills HF24
Kerry King (19:30-20:20 // MainStage 1 )
Premier passage au Hellfest pour ce groupe superstar, composé de membres présents ou passés de Slayer, Death Angel, Machine Head, Vio-lence et Hellyeah… bref, que des pointures ! En plus, ça fait un bail qu’on attend le retour du père Kerry sur les planches, le dernier passage de Slayer à Clisson remontant à 2019.
« From Hell I Rise », leur premier album, vient tout juste de sortir, il est très intense et plutôt bon – même si un peu unidimensionnel ; j’aurai espéré quelque chose de plus varié, avec plus de chansons mid-tempo parsemées de riffs sinistres, comme Slayer en avait disséminé sur « South Of Heaven » ou « Seasons In The Abyss ». Ce nouveau disque plaira particulièrement à tous les fans du Slayer 2.0, celui qui a continué d’exercer après le décès de Jeff Hanneman, lorsque Kerry King a pris en charge la totalité du processus d’écriture car sa patte est immédiatement identifiable. Par ailleurs, je conseille aussi à tous les fans de Death Angel de jeter une oreille sur ce disque car son chanteur Mark Osegueda y livre une performance superbe, bien plus hargneuse que dans sa formation d’origine.
Le groupe commence logiquement avec le titre d’ouverture de son premier opus, « Where I Reign » (titre qui avait été composé lors des sessions de « Repentless », le dernier LP studio de Slayer) et je constate que la formule, même si classique dans sa forme, est très efficace. Peut-être pas aussi dévastatrice que Slayer mais efficace quand même.
Cela dit, même si j’apprécie leur album (dont la version vinyle, au passage, est vendue au prix exorbitant de 40 € !) et même si je sens que le concert va être bon, j’adore le prochain groupe qui va jouer d’ici quelques minutes sous la Altar donc je quitte l’esplanade baignée de soleil pour replonger dans l’obscurité moite des tentes… et faire au passage un peu de sorcellerie 😊
A priori, Kerry King aura joué une bonne partie de son premier album solo ainsi que trois reprises de Slayer, ce qui est logique et non dénué d’intérêt : « Disciple » (extrait de « God Hates Us All » sorti en 2001), « Raining Blood » (du référentiel « Reign In Blood » de 1986) et « Black Magic » (de leur premier album paru en 1984). On verra bien si la reformation ponctuelle de Slayer pour quelques concerts live à la fin de l’année portera ses fruits… …ou si Kerry continuera ce projet parallèle ; il déclare avoir de nombreux titres en réserve donc on n’a pas fini d’entendre parler de lui !
Brujeria (19:40-20:40 // Altar )
C’est leur troisième passage au HF après une première venue en 2007 puis un retour en 2012 donc, pour les plus vieux d’entre nous, le côté événementiel de la chose a disparu. Shane Embury, bassiste de Napalm Death s’est mis en retrait de toute activité live donc il ne fait pas partie de la troupe (pas plus que le guitariste live actuel de ND, John Cooke). A la place, ils emploient deux autres musiciens que je n’identifie pas… En tout cas, le bassiste headbangue comme un fou ! L’indéboulonnable chanteur Juan Brujo mène la troupe et est assisté par un nouveau venu du nom de « El Sangron » alias Henry Sanchez ainsi que par Pinche Peach, à l’attitude aussi comique que provocatrice.
Bizarrement, la set list est très axée sur les trois premiers albums du groupe s’étalant sur la période 1993-2000. Un seul extrait de leur avant-dernier album « Pocho Aztlan » et deux maigres extraits de leur tout dernier méfait, sorti en septembre dernier sur Nuclear Blast records. Est-ce parce qu’on est dans le cadre d’un festival et que Brujeria ne souhaite pas prendre de risques ? Ou est-ce parce que ce dernier album ne remplit pas toutes ses promesses ?
Du coup, les sorciers mexicains vont asséner plutôt des classiques : « Cruza La Frontera », « Hechando Chingasos », « Vayan Sin Miedo », « Raza Odiada » (avec son refrain « Pito Wilson ! » repris à gorge déployée par le public), « Castigo Del Brujo »… Comme à son habitude, Juan Brujo sort sa machette et fustige le système capitaliste américain ainsi que les lois anti-immigration mises en place par l’administration Trump… si on l’écoutait, il y a fort à parier que le gros rouquin finirait comme le personnage décapité et empalé sur le mât du drapeau mexicain tenu à bout de bras par Pinche Peach !
Le concert se finit sur la doublette « Brujerizmo » / « Matando Güerros » et une ambiance de folie dans le mosh pit. Au moment de clôturer le show, c’est comme d’habitude « Marijuana », une version parodique métallisée de « La Macarena » qui sort des enceintes. Tout le monde se met à danser dans une ambiance festive ; certaines personnes miment même la chorégraphie de la chanson originale !
Brujeria a une fois de plus donné un show efficace et convivial, sans trop se mouiller, mais ça fait rudement plaisir de partager ces moments de joie – un des meilleurs concerts de la journée !
Je vais ensuite me placer pour voir le show de Megadeth et j’aperçois Babymetal…
Babymetal (20:45-21:45 // Warzone )
Babymetal est un groupe pour le moins clivant : soit on adore soit on déteste. La formule musicale développée par ces jeunes filles venues du pays du soleil levant emprunte autant à la pop qu’à une forme de métal décomplexé, kitsch comme seul Beast In Black arrive à l’être. Le spectacle n’offre rien de crasseux ; au contraire, les quatre chanteuses sont toutes jeunes, très jolies et très bien habillées et tout, absolument TOUT, est parfaitement en place. C’est même hallucinant de voir à quel point ces chanteuses / danseuses respectent une chorégraphie parfaitement synchronisée. On assiste donc à un spectacle énergique, avec une bonne dose de fun, des refrains très entêtants… le tout enrobé dans une esthétique nippone parfaitement millimétrée et synthétique.
Ça plaît en tout cas au public qui se masse en nombre devant la MS. Moi, ça me laisse plutôt de marbre… …j’admets volontiers qu’il y a un énorme travail de production donc je respecte l’artiste pour ça. Musicalement, bien que j’aime de nombreuses formations mélodiques, je ne trouve pas ça Metal pour deux sous et je ne peux pas dire que ça m’ait emballé plus que ça… Et si on allait demander au père Mustaine ce qu’il pense de tout ça ?
Crystal Lake (20:45-21:45 // Warzone )
Megadeth (21:20-22:20 // MainStage 1 )
Megadeth entre en scène au moment où la nuit va tomber. Les Californiens commencent à être des habitués du Hellfest, ayant déjà joué en terres clissonnaises en 2007, 2012, 2016, 2018, 2022 (à deux reprises, lors de la double édition à la suite de la pandémie). Si on ajoute leur apparition au Fury Fest de 2005, c’est leur huitième apparition en 20 ans !
Depuis son dernier passage, le groupe a publié son seizième album studio « The Sick, The Dying… And The Dead ! » et, surtout, il vient de changer de guitariste : le petit nouveau est Finlandais et s’appelle Teemu Mäntysaari. Issu de Wintersun, il remplace le brésilien Kiko Loureiro, parti définitivement pour se consacrer à sa famille. La carrière de Megadeth a toujours été jalonnée de changements de line-up et cela n’a jamais été de nature à remettre en cause l’existence du groupe. On serait même tenté de dire que peu importe les zicos, tant que Mustaine est là , c’est l’essentiel… Néanmoins j’ai reçu de bons échos de ce nouveau guitariste donc j’attends de voir ce qu’il donne en conditions live.
Tout naturellement Megadeth attaque son show avec la chanson-titre du dernier disque, un morceau alambiqué et progressif qui tente de mettre tout le monde dans le bain… mais ce titre mi-figue mi-raisin peine à convaincre et il faut attendre le deuxième morceau pour que les choses prennent une tournure plus sérieuse : « Rattlehead » tirée du premier album est jouée à la vitesse de la lumière. Ça fait du bien ! Et ce ne sera pas le seul moment bien thrash de la soirée : « We’ll Be Back », le meilleur extrait du dernier disque, passe très bien le test de la scène et a un zeste du feeling punk présent sur le premier album, qu’on retrouve bien évidemment sur « The Mechanix » (la version originale de la chanson « The Four Horsemen » que Metallica avait reprise à son compte sur leur fantastique premier disque). Ambiance de dingue dans le public avec le père Mustaine qui crache son venin. Fatal !
Megadeth sait également faire preuve de groove, avec l’inattendue « Kick The Chair » extraite de « The System Has Failed » ou encore « Skin o’ My Teeth » à l’ambiance heavy rock qui enflamme la foule et nous rappelle à quel point le virage artistique entamé par les thrasheurs au début des années 90 était bienvenu. « Tornado Of Souls », superbe manifeste de thrash metal, passe un peu plus mal en live, notamment avec ses cÅ“urs difficiles à reproduire, mais le public peut donner de la voix sur la sempiternelle ballade « A Tout Le monde », aussi irritante qu’enchanteresse mais dont aucun concert français ne saurait être privé. « Symphony Of Destruction » évolue dans un registre mélodique mais elle est bien plus heavy et plus entraînante. Mustaine parle peu entre les morceaux mais semble être dans un bon jour, lui qui est réputé pour son humeur changeante.
Fait amusant : je remarque qu’au début du concert, les écrans géants se focalisent sur Mustaine qui joue des rythmiques plutôt que sur le guitariste soliste qui est alors en pleine démonstration de son talent… du coup, les aficionados de la six-cordes ne peuvent pas profiter de la beauté de son jeu ! Heureusement, les choses s’arrangent en deuxième partie de set. Et c’est tant mieux car c’est un guitariste véritablement hallucinant, semblant toujours parfaitement à l’aide avec son instrument et au jeu d’une fluidité parfaite… même si Kiko était excellent et bénéficiait d’un gros capital sympathie auprès du public, on se demande si on n’a pas gagné au change ! Un peu comme quand Gary Holt d’Exodus a remplacé le regretté Jeff Hanneman au sein de Slayer : Hanneman était un compositeur hors-pair mais il était plus limité techniquement que Holt. Je me souviens que la prestation de Slayer lors du Hellfest 2017 avait été fortement bonifiée par le jeu extraordinairement fluide du gratteux d’Exodus. Et je n’étais pas le seul à penser ça.
Derrière Mustaine et Mäntysaari, ça suit sans aucun problème : Dirk Verbeuren prouve qu’il est une très bonne recrue, il n’en met pas une à côté et se permet même le luxe de chauffer le public durant la plupart des breaks. Lomenzo se montre fiable et solide comme à son habitude. A défaut d’avoir le charisme de son prédécesseur, on sent qu’il est partisan d’une attitude rock’n’roll (il porte l’emblématique T-shirt de Motörhead « England ») ; il lance le premier rappel, « Peace sells », grâce à une ligne de basse devenue iconique et ce titre, pourtant moins rapide et moins technique que le répertoire plus récent du groupe, est beaucoup plus identifiable et efficace. Après de longs remerciements, Dave se tient seul sur scène et semble très touché par les clameurs provenant du public.
Le deuxième rappel est forcément consacré à la chanson « Holy Wars… The Punishment Due » qui tient toutes ses promesses et nous rappelle à quel point « Rust In Peace » avait été un retour en grâce pour Mustaine and co.
Finalement, cela aura été un des meilleurs concerts de la journée ! Ce n’est pas forcément le meilleur show de Megadeth auquel j’ai assisté mais ça restait très correct. Le petit bémol est surtout au niveau de la voix de Mustaine : le rouquin chante le plus souvent dans le ton, on l’entend parfois très bien, d’autres fois il chante loin du micro ou semble forcer sur ses cordes vocales et avoir du mal à atteindre les notes les plus aigües de son répertoire. Le cancer qu’il a combattu (plus toutes les drogues qu’il a ingurgitées ?) a laissé des traces et ça fait mal au cœur de le sentir en difficulté. Néanmoins il faut bien dire que sa prestation vocale du jour est correcte.
Après avoir assisté à ce show, je repars confiant quant à l’avenir du groupe. S’ils peuvent nous sortir un album de la trempe de « Dystopia » ou de « Endgame » alors ils marqueront des points.
Landmvrks (22:25-23:25 // MainStage 2 )
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Après avoir été programmé en 2016 sur la Hell Stage puis en 2022 sur la Warzone, le groupe marseillais a l’opportunité de remplacer au pied levé un Bad Omens démissionnaire pour cause de problème de santé de son chanteur. Ce créneau de rêve, à une heure parfaite et placé entre les deux poids lourds que sont Megadeth et Avenged Sevenfold, constitue une opportunité à ne pas louper. Et les p’tits gars du sud vont confirmer leur ascension dans la cour des grands, grâce à leur mélange ultra vitaminé et à la fougue de leur charismatique chanteur, petit par sa corpulence mais qui déploie une énergie et une maîtrise scénique parfaite.
Leur formule Metalcore est matinée d’influences hardcore / rap / trip-hop, le mélange est assez entraînant et il est ponctué de pur gang vocals et de cris death ultra graves. La tuerie dans le mosh pit ! En contrepartie, des titres comme « Blistering » contiennent suffisamment de mélodies pour insuffler une énergie positive. J’ai vu leur concert de loin car je voulais me placer correctement pour mon « concert du jour », les allemands de Sodom. Mais vu l’ambiance des images projetées sur les écrans géants, j’aurai adoré être au milieu du pit. Je retiens définitivement le nom de ce groupe que j’écouterai attentivement en rentrant chez moi.
Sodom (00:00-01:00 // Altar )
La tente n’est pas bondée comme un œuf car All Them Witches et surtout Avenged Sevenfold attirent les foules mais le public qui se masse sous la tente est quand même conséquent ; en outre, c’est une assemblée de fans endurcis qui va montrer son soutien inconditionnel au groupe de Gelsenkirchen. D’autant plus que Sodom est absent de nos contrées : Le combo a déjà joué il y a longtemps de ça, en 2008 puis 2015 au Hellfest mais c’était sur la MainStage en plein après-midi et leur temps de jeu avait été limité. Ça avait quand même été un super concert et il me tardait qu’ils soient reprogrammés au Fest. C’est chose faite.
Entre-temps, le line-up a beaucoup changé, Tom Angelripper restant le pilier inconditionnel du groupe. Son vieux comparse Frank Blackfire est de retour au bercail : présent pendant une courte période dans les années 80, il a participé aux emblématiques « Persecution Mania » et « Agent Orange », devenu disque d’or en Allemagne à sa sortie (plus gros succès commercial du groupe avec 100 000 exemplaires vendus). D’entrée, on comprend que la set-list va avoir des allures de véritable best-of de la première période du groupe. Effectivement ça attaque sur les chapeaux de roue avec des brûlots comme « Christ Passion » et « Nuclear Winter » ou encore « Blasphemer » (le meilleur titre de ce concert, joué d’une manière tellement ultime que c’en est scotchant !), « Outbreak Of Evil » (un brin plus « groove » mais qui comporte aussi de belles accélérations thrash et un super refrain). On a même droit à une chanson rescapée de leur album bâclé, « Obsessed By Cruelty » via « Proselytism Real ». Tous ces morceaux ont été publiés entre 1985 et 1987. On est en plein revival de la période d’or du groupe !
S’ensuivent une paire de trucs du début des 90’s comme « Jabba The Hut » ou « The Saw Is The Law ». Seule « Conflagration », tirée du EP « Partisan » de 2018, échappe à la purge. Et prouve que Sodom est toujours pertinent même après 40 ans de carrière… Puis on revient vite à du gros classique avec les deux extraits de « Agent Orange » : « Remember The Fallen » et le morceau-titre. Pour clôturer le bal, Sodom fait péter « Bombenhagel », un exercice qui mêle le pur thrash teuton à un extrait de l’hymne national allemand et qui amène une connotation rock’n’roll bienvenue.
La formule actuelle avec Yorck Segatz à la deuxième guitare et Tony Merkel à la batterie fonctionne bien, le gagnant du lot étant le revenant Franck Blackfire qui démontre toute l’étendue de son talent lors des soli. Mais c’est surtout Tom Angelripper – alias Onkel Tom – qui se montre impérial de bout en bout. Comme Lemmy, un de ses héros, il n’éprouve pas la peine d’en faire des caisses, seule la musique compte et, là -dessus, il s’y entend : son attitude très franche et déterminée parle pour lui. C’est le boss, point. Sa voix inimitable, une des marques de fabrique des allemands, est très audible et apporte le surplus de violence et de noirceur – si besoin en était – à des titres déjà percutants à la base… Ici, on navigue en pur thrash old school – voire même en plein « black metal old school » (Sodom a commencé en 1982, à une époque où le terme « thrash metal » n’avait pas encore été inventé), il y a très peu de velléités progressives… mais cette absence de compromission confère une forme de pureté à la musique et rend les fans encore plus admiratifs.
Le concert passe à la vitesse de l’éclair et Sodom prouve que l’intégrité peut aller de pair avec le succès, eux qui n’ont jamais fait de concession pour plaire au plus grand nombre et qui sont pourtant acclamés comme le messie. Clairement les vainqueurs du jour pour moi !
Enter Shikari (01:05-02:05 // Warzone )
Dropkick Murphys (01:05-02:05 // MainStage 2 )
Ce n’est pas le premier passage des Américains au Hellfest. A ma connaissance, ils sont déjà passés à 4 reprises : en 2012, 2016, 2019 et enfin en 2024. C’est d’ailleurs dans le cadre du Fest que je les ai découverts. Je ne connais pas leur discographie sur le bout des doigts mais leur formule très personnelle, toujours à mi-chemin entre le punk rock et la musique irlandaise, fait mouche à tous les coups… et particulièrement en live. D’ailleurs, leur réputation n’est plus à faire et, malgré l’heure tardive, le public se masse en nombre devant la MS02. Et il a raison car les gars de Boston vont mener leur show à un rythme d’enfer, mettant à profit la seule petite heure dont ils disposent, en attaquant par l’hymne « The Boys Are Back ». On a immédiatement l’impression d’être téléporté dans un gigantesque pub irlandais ! Et l’intensité ne descendra pas d’un iota tout au cours de leur prestation, avec une flopée d’airs qui peuvent facilement être repris par le public, que ce soient des morceaux originaux (« Rose Tatoo », tiré de leur album « Signed And Sealed In Blood » sorti en 2013, au passage leur disque le plus représenté ce soir), des airs traditionnels irlandais (« I’m Shipping Up to Boston » et « Johnny, I Hardly Knew Ya ») ou des reprises (« You’ll Never Walk Alone », « The Irish Rover »). Certains de ces titres font tellement partie de l’inconscient collectif qu’ils sont immédiatement reconnus par le public et repris à gorge déployée.
Les chansons véhiculent une énergie très communicative : ça chante, ça danse, ça pogote gentiment dans la bonne humeur. Les instruments traditionnels (suivant les titres : cornemuse, accordéon, flute ou banjo) ajoutent la composante folklorique essentielle.
Il y a une avancée de scène qui permet au chanteur de descendre quelques marches afin de se rapprocher du public et de l’inciter à reprendre les morceaux en cœur. Il descend parfois carrément au niveau des barrières pour être au plus près des fans et les faire chanter. Quelle belle attitude anti-rock-star ! Dropkick Murphys aura clôturé cette première journée de festival de la meilleure manière qui soit, avec fougue et candeur. Gloire à eux !
Cradle of Filth (01:05-02:05 // Temple )
J’ai des échos divers de ce concert : le timbre criard de Dani Filth irrite certains au-delà du raisonnable. D’autres fans, rencontrés plus tard au camping, me confient eux aussi leur déception car les interventions fréquentes de la nouvelle claviériste / chanteuse, Zoé Marie Federoff qui double certaines parties vocales de Dani, aboutit à conférer un aspect orchestral et ampoulé aux titres. La transformation de ces anciens morceaux leur paraît trop brutale…
D’autres personnes semblent avoir apprécié le gig car le groupe a délivré une interprétation correcte avec une set list très équilibrée entre leurs différents albums, même si trop peu de focus sur leur dernier méfait (seule « Existential Terror » est jouée en début de set).
Au passage, je recommande à tous les anciens adeptes du Berceau Des Immondices de jeter une oreille sur leur trois derniers disques studios, les Anglais faisant montre d’une inspiration retrouvée.
Photographe : David Vacher
Auteur : Benoît Gazin