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Bigflo & Oli + Berywam @ Le Bikini (Toulouse)

Mercredi 15 Octobre – Enfin arrive la date tant attendue par nombre de jeunes toulousains : le live des rappeurs phare de la ville rose. Avant leur double Zénith l’année prochaine, ils viennent célébrer leur nouvel album La Vraie vie, le tout dans une initiative caritative puisque les recettes sont reversées au Secours Populaire.

Nulle surprise de voir Berywam en premier partie : on sait à quel point Wawad est proche des deux frères. Nul besoin de les présenter non plus, entre les millions de vues sur Youtube et le passage de MB14 à The Voice. On retrouvera ainsi Beatness, Rythmind, MB14 et Wawad dans toute leur splendeur, faisant résonner un beatbox assuré, propre et toujours aussi efficace. Les 4 beatboxers se connaissent bien à la longue, entraînant une fluidité sans faille dans leur show et une maîtrise évidente. Ils reprendront une partie de leur production disponible sur leur Youtube très actif, en attendant un album plus complet que l’EP Berywam sorti le 02 Juin dernier. L’heure passera à toute vitesse, au rythme de leurs medleys, et permettra de chauffer un public déjà très motivé !

Il est toujours difficile de critiquer des artistes adulés des foules, d’autant plus difficile s’ils jouent chez eux et mettent une ambiance de malade. Et pourtant… Certains reprochaient à Bigflo & Oli d’être davantage des show men que des rappeurs, ce soir l’a confirmé. Rien à dire certes sur leur talent pour mettre l’ambiance, bien que le public scandait déjà à l’unisson “Qui ne saute pas n’est pas toulousain” lors du changement de scène. Comme une évidence, la grosse majorité des titres joués ce soir seront les plus dynamiques des deux albums : Comme dhab, Gangsta, etc. Cela ravira le public extrêmement jeune (voire enfantin) de ce soir, moins les amateurs qui attendaient des prestations sur leurs morceaux plus “sérieux”. Même sur les titres plus calmes comme Sac à dos, les frangins essayeront de faire bouger le balcon du Bikini. Au vu de l’hétérogénéité de leurs compositions, le choix n’en est que plus révélateur sur la direction que souhaitent prendre les deux frères en live. Quelques imprécisions sur Nous aussi  (ils se rattraperont néanmoins sur Ça va trop vite) et des paroles posées sur papier nous confirmerons tout cela : le but ce soir était de mettre le feu et non de sortir une grosse prestation rappesque. Ce fut largement le cas, et le spectacle fut particulièrement réussi ; notamment grâce à un décor scénique très sympa et un fond de scène dévoilant des animations en adéquation avec les paroles. Bravo au passage aux musiciens, aux deux collègues de Mirror que nous savons constants et à l’ex Kid Wise Clément Libes qui alliera show scénique et maîtrise polyinstrumentale. Bravo aussi pour la gaieté qui transpirait de leur père, qui fera irruption sur Papa. On aura également droit à des solos de batterie et de trompette de la part des deux frères, continuant le show comme il se doit. Enfin, bravo à Wawad qui viendra faire les bruitages (hyper réussis !) sur un récit de Bigflo.


Un live dur à résumer tant il peut être considéré comme réussi ou raté. Tout dépend de ce que vous attendiez au Bikini : sans doute que le bonheur des pitchouns ayant fait le déplacement ce soir donne raison aux frangins. Dans tous les cas, on regrettera énormément leur narcissisme. Ils ramèneront par exemple le NRJ Music Award sur scène et mettront un point d’honneur à rappeler qu’ils ont rempli tout plein de salles. Un manque de spontanéité dans leurs réactions viendra s’ajouter à tout cela : dommage. Néanmoins, le public s’est éclaté de bout en bout avec une belle première partie et un spectacle de taille par la suite.

Photo et auteur : David Vacher

Gramatik + Dub Inc + The Geek x Vrv + Stand High Sound DJ Set Jour 3 @ Les Bulles Sonores (Limoux)

Dimanche 22 Octobre – Déjà le dernier jour des Bulles Sonores qui nous ont pour l’instant régalés. Ce dimanche sera l’occasion pour le festival de finir comme il a débuté : en beauté.

Quoi de mieux qu’un peu de Massilia Sound System pour entamer ce dimanche ? Fidèles à eux-mêmes, leur énergie indescriptible semble nous rappeler les paroles de Massilia Faï Avans : “Ca fait 20 ans qu’on le dit : pour mettre l’aïoli on est là”. Ils débaleront leurs titres les plus fada en ne manquant pas de nous remémorer les traits les pus typiques de leur culture : Marseille, Ricard et bonne humeur. Un mélange un peu cliché certes, mais qui ne manquera pas de mettre l’ambiance à l’heure de l’apéro : c’est surtout ce qu’on pouvait attendre d’eux.

Stand High Patrol (ou Stand High Sound) fait le détour à Limoux au sein d’une tournée bien fournie. Entre Garorock et Télérama Dub Festival, le groupe formé par Mac Gyver et Rootystep (rejoints plus tard par celui qui donnera sa voix aux morceaux : Pupajim) le groupe de dub ne chôme pas. Normal me direz-vous, ils ont sorti en Mai dernier The Shift, nouvel album aux accents hip-hop. Ils en présenteront de beaux extraits durant leur DJ Set, malgré un son toujours beaucoup trop chargé en graves qui vient de nouveau gâche, comme la veille, une partie du live. Nul reproche à faire au groupe évidemment qui arrivera tout de même à instaurer une atmosphère particulière malgré tout.

On attendait avec impatience la prestation de Dub Inc tant leur capacité à allier ambiance et musique est grande. On ne présente donc plus le groupe de world/reggae qui a marqué toute une génération avec des titres comme Rude Boy ou My Freestyle, qu’ils interpréteront évidemment ce soir aux Bulles Sonores. On retrouve également les good vibes et les paroles si actuelles qui, prononcées par les deux voix parfaitement complémentaires de Hakim Meridja et Aurélien Zohou, donnent à leur venue une dimension supplémentaire. Si nombre de groupes de reggae passent mal dans une programmation aussi festive que celle des Bulles, Dub Inc s’est montré un choix judicieux en créant une transition entre la première partie de la journée et la fin de soirée qui finira sur les chapeaux de roues.

11 jours après les avoir vus en première partie d’Alltta, nous retrouvons curieux The Geek x VRV. On découvre une composition similaire, on appréhende de nouveau les balances … et en effet les graves sont toujours trop fortes. On essaye néanmoins de mettre cela de côté pour vérifier si notre ressenti un peu mitigé de leur live au Bikini est toujours d’actualité. Bonne nouvelle : l’ambiance “festival” de ce soir donne une puissance supplémentaire à leur prestation, qui nous ambiance davantage de fait (comme quoi le public joue un rôle majeur à chacun des concerts). Hormis cela, rien n’a changé ; et nous nous voyons obligés de partir à la moitié du set pour assister à une conférence de presse à l’espace presse.
Petite anecdote : on se permet d’ironiser sur la mauvaise foi de certains propos entendus durant cette conférence de presse, où les simples mots “bonne qualité sonore” se sont vus entrechoqués par les énormes subwoofs provenant du live de The Geek X VRV, faisant perdre toute crédibilité au discours tout en donnant un sourire narquois à certaines personnes dans l’assemblée. Néanmoins on se dépêche de partir car le gros du gros arrive !

On attendait beaucoup de la tête d’affiche de ce festival, d’autant que Chinese Man a mis la veille la barre très très haute. Et le pari a plutôt été bien tenu par Denis JaÅ¡arević, ce slovène de 33 ans ayant été bercé tout petit par la culture jazz puis, dans son adolescence, par le rap US. C’est de là que vient ce mix entre beats puissants et sons parfois très ronds si caractéristique de Gramatik. En live, c’est une claque ! Aussi imprégnant que l’a été Chinese Man, l’ambiance atteint son climax quand bien même ils passent relativement tôt ce soir (toute la prog’ a été avancée pour éviter de finir trop tard en ce Dimanche soir, veille de reprise). Son set d’une bonne heure passe tout seul, le public étant propulsé auditivement ailleurs qu’à Limoux, dans un monde parallèle où les samples s’enchaînent et résonnent parfaitement. La scénographie, bien qu’assez simple, fera son effet grâce à un écran en fond de scène diffusant des couleurs abstraites permettant au public de bader encore un peu plus.

Ainsi s’achève ce nouvel épisode des Bulles Sonores. Il confirme sa qualité au travers d’une prog’ assez lourde (que l’on retrouvera quasi à l’identique sur d’autres festivals du réseau Spedidam), d’un espace agréable et bien géré au sein d’une magnifique région. Et si le temps était mitigé, et si les basses étaient trop fortes, cela n’aura pas empêché les 14.000 personnes présentes de s’éclater !

Auteur : David Vacher

Photos : Antony Chardon

Pyrrhon – What Passes For Survival Album

Trop souvent les critiques musicaux, j’ose inclure l’auteur de ces lignes dans le lot, ont tendance à lancer des fleurs sur des albums qui vont être audacieux et qui font plus prétentieux que vraiment avant-gardistes. On peut alors parler d’albums surévalués et qui ne sont à peine à moitié aussi bons que les évaluations qui lui sont données. Je plaide coupable dans certains cas de dithyrambe maladive (expression que j’ai inventée). Bref, presque toutes les évaluations du dernier opus de Pyrrhon sont positives et même que l’on pourrait croire que ce dernier se retrouvera sur certaines listes de fin d’année.

Ce consensus autour de What Passes For Survival se situe dans le fait que le Death Metal technique de Pyrrhon est disjoncté comme un album de The Dillinger Escape Plan, pesant comme Swans tout en se foutant complètement des règles d’un genre aussi orthodoxe que le Death Metal. Des chansons comme Tennessee sont lourdes, lentes et rappellent les belles années de Neurosis avec les vocaux languissants et la batterie quasi-tribale quand pour autant des pièces comme The Happy Victim’s Creed vous rentre dedans par tous les sens. Pyrrhon apporte à son interprétation du métal une sonorité propre au Hardcore surtout dans son évitement des éléments mélodiques.

Tout ceci est une constations qu’après une multitude d’écoutes. Au premier abord c’est  une oreille pleine et une saturation musicale qui découle de WRFS. Cependant, la complexité des pièces et l’enchainement de celles-ci est maitrisé de manière à ce que l’album reste digeste et attrayant. Ce n’est pourtant pas une promenade tranquille mais une descente à grande vitesse loin, très loin des chantiers battus qui vous attend avec What Passes For Survival.

L’enregistrement et le mix est fait de main de maître et mon oreille de critique n’a pas tiquée sur la compression du son. En fait, j’apprécie beaucoup les sonorités assez organiques des instruments et le travail de Colin Marston à son studio The Thousand Caves. Ce dernier est un pilier dans le genre et il est quasiment entièrement responsable de la renaissance du Death Metal. C’est, par contre, les performances notamment de Steve Schwegler derrière la batterie qui ose et déroge des blast beats habituels.

Avec la panoplie d’excellentes parutions dans le Death Metal dissonant cette année, Artificial Brain et Ingurgitating Oblivion en sont deux exemples, Pyrrhon emboite le pas avec l’un des albums les plus audacieux de cette lignée. Bref, plus l’année avance plus on se rend compte qu’elle coûte cher et que nos liste de fins d’année seront remplies de choix déchirants. What Passes For Survival est bien ficelé et se rapproche de la crème de la crème de 2017.

Note: 8.5 / 10
Format critiqué: 320 kbps mp3
Étiquette: Willowtip
Sites Web: Facebook | Bandcamp
Date de parution: 11 août 2017

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Auteur : Michaël Parent

Lyre le temps @ Le Connexion Live (Toulouse)

Jeudi 05 octobre 2017 – Tandis que la saison des concerts recommence petit à petit, certaines dates semblent très prometteuses, à l’image de celle de ce soir au Connexion Live : Lyre le temps. Nous attendions beaucoup d’un groupe que beaucoup de personnes considèrent comme l’un des meilleurs représentants de l’électro-swing à la française : nous n’avons pas été déçus.

Arrivés à 20h30 : c’est DJ Vega qui est chargé de chauffer la salle. Or, comme souvent au Connexion Live, le public ne se sent pas encore concerné par la musique, ce qui rendra la tâche particulièrement difficile. Il faudra donc attendre l’arrivée du groupe pour découvrir ce que le public de cette salle sait faire de mieux.
C’est un peu après 21h00 que les 4 musiciens de Lyre le temps entrent en scène et c’est clair : ils sont là pour faire bouger. Après une petite introduction de DJ Q pour réchauffer une salle toujours assez immobile, l’entrée en scène du groupe va sonner comme un coup d’éclat, réveillant l’ensemble du public (assez peu nombreux). On découvrira quatre hommes très convaincants et faisant preuve d’une cohésion extraordinaire. Ils nous amèneront à l’époque passée du swing, à grand renfort de costumes, de décoration et de déhanchés monumentaux. Côté musique, l’ensemble est parfaitement maîtrisé et notamment les contre-temps si emblématiques du style représenté. Petite mention au bassiste/contre-bassiste qui, à l’image du reste du groupe, a livré un show à l’ancienne avec une véritable volonté de partager et de vivre la musique : cela fait du bien à voir. Il finira d’ailleurs allongé sur scène, faisant tenir sa contrebasse parallèle à lui en la tenant avec un pied ! Mention aussi au chanteur/claviériste, dont le charisme et la voix ont fait de leur prestation une véritable claque auditive. Leur setlist, variée, nous proposera des incontournables tel Hold the night, des morceaux de leur dernier album (Prohition Swing – 2016) comme le titre éponyme ou des morceaux beaucoup plus rocks tel Rock’n’roll. Ils offriront même à un public désormais vitaminé une reprise, en rappel, de Hit the road Jack (initialement joué par Ray Charles) parfaitement construite et efficace.

En somme, la première claque de la saison pour un groupe motivé, partageur et qui maîtrise parfaitement leurs compositions pour un show survitaminé et très agréable. Rien à dire !

Photographe : Antony Chardon

Auteur : David Vacher

Les Bulles sonores approchent à grand pas @ Limoux (France)

 

Tandis que les derniers noms de la programmation viennent de tomber, avec Mome, Nomadic Massive ou encore Les Wampas ; les Bulles Sonores se préparent pour leur 5ème édition.
À cette occasion, Thorium vous offrira dans les prochains jours la possibilité de gagner 2 pass 3 jours pour profiter de la riche programmation 2017. Pour cela, rendez-vous sur notre page Facebook dès lundi !

Vous pouvez retrouver aussi toutes les informations sur leur site Internet, leur page Facebook ainsi que la page de l’événement.
On vous laisse avec le teaser tout frais !

Auteur : David Vacher

Ingurgitating Oblivion – Vision Wallows In Symphonies Of Light Album

Vous ai-je déjà partagé mon enthousiasme pour le métal dissonant? Si vous n’avez pas de souvenir récent de cela je vous invite à considérer les critiques de Dodecahedron, d’Artificial Brain et d’Afterbirth. Après une disette estivale, je vous reviens avec un album à rattraper et qui en vaut toutes les minutes passées en sa présence. Vision Wallows In Symphonies Of Light de Ingurgitating Oblivion (vous pensiez que Nile possédait les titres les plus longs jamais vus!) est un album qui égale toute la prétention que sa pochette peut lui conférer. C’est-à-dire, un véritable ouvre d’art alliant Death Metal dissonant, guitares jazzées, passages de piano introspectifs et des durées de pièces impossibles.

Comprenant quatre pièces de plus de sept minutes dont la plus longue de près de vingt-trois, il est facile de dire que c’est un album qui est immersif et qui demande un certain état d’esprit à son auditeur. Des moments de calmes ponctuent les passages chaotiques et dissonants du Death Metal qu’Ingurgitating Oblivion a su perfectionner pour ce troisième opus. Rares sont les moments qui ne semblent pas calculés avec précision et autant dans la retenue que dans les explosions métal les effets évoquent un passage au travers des quatre pièces de manière à ce que les cinquante-deux minutes passent et que l’on en redemande aussitôt.

Les fans de Deathspell Omega et Gorguts seront charmés sur le champ, j’en conviens. L’ajout à la batterie de Lille Gruber de Defeated Sanity se voulait la pièce manquante à ce trio. Ce dernier apporte une touche jazz à leur Death Metal dissonant et une sonorité plus organique à leurs compositions.

L’insertion de longs passages de piano est assez non-orthodoxe dans le Death Metal et son effet est positivement étonnant dans la pièce titre de l’album. À certains égards, on pourrait se croire dans un album de métal progressif. C’est un dépaysement des horizons habituels du métal et me rappelle des moments lyriques du rock progressif et du post-rock qui sont des mouvements qui osent s’aventurer dans toutes sortes de textures et toutes sortes d’effets musicaux.

Vision Wallows In Symphonies Of Light est un album qui regorge d’audace et qui écarte la prétention souvent associée à cette dernière en livrant un prétendant à l’album de l’année 2017. Comme avec Kwintessens de Dodecahedron, Ingurgitating Oblivion nous livre une œuvre qui dépasse les étiquettes de genres musicaux et qui nous ramène à se recentrer et réévaluer nos standards. Face à une œuvre comme celle-ci, ce texte semble faible pour illustrer tous les éléments que l’on aimerait décrire en mots mais qui ne sont palpables que par la substance dont il est composé.

Note: 9.5 / 10
Format critiqué: 320 kbps mp3
Étiquette: Willowtip
Sites Web: Facebook | Bandcamp
Date de parution: 21 avril 2017

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Auteur : Michaël Parent

Afterbirth – The Time Traveler’s Dilemma Album

Ici à Thorium Entreprises ®, on avait encensé le nouvel album d’Artificial Brain plus tôt cette année, avec son Death Metal technique et inspiré. Voilà que fin juillet, Will Smith le chanteur d’Artificial Brain, pas le rappeur/acteur quoique ce serait vraiment hilarant de penser à l’acteur de Wild Wild West régurgitant les paroles de Drills And Needles et Maggots In Her Smile. Assez de digression et revenons à notre raison d’être, Smith le chanteur de Death Metal est aussi l’homme derrière le micro de Afterbirth qui nous présente ici un petit bijou de Death Metal progressif et bien brutal. Ce quatuor de New York a une histoire qui débuta en 1993 pour être mise au rancart pendant près de vingt ans pour ensuite reprendre forme en 2013. Formé de membres de Helmet, Artificial Brain et Buckshot Facelift, ils donnent dans le progressif, le Death Metal progressif. Si l’on pense à Obscura et à son approche hyper jazzée et progressive du Death Metal teinté à l’incontournable référence à Gorguts on se rapproche des sonorités du groupe New Yorkais nous offrant The Time Traveler’s Dilemma.

Ancré dans un angle brutal juste par la mention de l’étiquette de disque qui les représente, Unique Leader Records, Afterbirth livre un album imprévisible, technique et rafraîchissant sans pour autant délaisser tout l’aspect violent et répugnant de la chose. Lorsque j’écoute le morceau Drills And Needles j’entends le groupe de rock progressif Rush en version DM. L’aspect brutal de Afterbirth est bien senti et se fait satisfaisant tant dans la technicité des compositions ainsi que dans les brusques changements de cap qui peuvent aussi rappeler les meilleurs efforts de Dying Fetus.

À mesure que les pièces s’enchainent l’aspect progressif de la musique de TTTD avec les deux derniers morceaux en Devouring The Hungry Ghost et Time Traveler’s Dilemma II est à son apogée. Au lieu de tomber dans la facilité de la répétition et le remplissage Afterbirth a gardé les meilleures pièces de son répertoire pour la conclusion de son opus.

Loin d’être définitivement un sans-faute, avec une production assez froide et manquant probablement d’écart dynamique au mixage, TTTD est l’un des albums de Death Metal incontournables de 2017. Tant par la qualité des compositions que par la maîtrise de la polyvalence des sous-genres visités on évite de copier un courant tout en faisant preuve d’une compréhension hors pair des principes du genre.

Note: 8 / 10
Format critiqué: 320 kbps mp3
Étiquette: Unique Leader Records
Sites Web: Facebook | Bandcamp
Date de parution: 28 juillet 2017

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Auteur : Michaël Parent

Kassad – Faces Turn Away Album

Lorsque je reçois des albums en promo je me fais toujours un mot d’ordre d’écouter tous les titres qui se classent dans la catégorie Black Metal. Pour la plupart du temps, on a droit à des clones ou à des albums frôlant la médiocrité. Alors le travail acharné qu’est de départager le bon grain de l’ivraie est un labeur qui requiert une grande patience. Le projet solo londonien qu’est Kassad, fera paraître son premier effort après avoir pondu un EP en 2016.

La meilleure comparaison pour Kassad serait le Black Metal du groupe Norvégien Gorgoroth à l’époque de Antichrist, Pentagram et Under The Sign of Hell. C’est à dire des blast beats simples avec une texture musicale assourdie et des vocaux criards rappelant Burzum et à la fois Thomas Kronenes alias Pest. Les cinq premières pièces de l’album sont dignes d’un Black Metal cru issu de la seconde vague du genre. Tandis que Faces Turn Away et Drifting sont des moments intéressants mais diamétralement opposés au reste de l’album surtout avec le morceau qui conclue l’album, Drifting. Ce changement de cap drastique me laisse pantois et en plus d’être beaucoup trop long la pièce ne semble faire office que de remplissage. Les compositions sont déjà assez variées, quoique certaines un peu longues pour leur propos, il n’était pas requis d’apporter un effet New Age au Black Metal urbain de Kassad.

Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié l’interprétation contemporaine de la seconde vague et les pièces comme Pariah et Madness décoiffent. Tandis que Void est un passage plus posé et ambiant. La pièce d’ouverture, Shame donne le ton de l’album et semble faire effet d’avant-goût et annonciateur de l’agression promise avec quelques moments plus atmosphériques.

Finalement, ce premier opus démontre une énergie intéressante et un angle plus urbain et contemporain du Black Metal sans tomber dans le post-Black Metal. Une épuration plus soignée de l’album et un souci plus grand de l’écart entre les fréquences basses et hautes au moment de la production seraient bénéfiques à la musique de Kassad. Malgré tout, on se démarque de la masse de quelques poils significatifs.

Note: 7 / 10
Format critiqué: 320 kbps mp3
Étiquette: Hypnotic Dirge Records
Sites Web: Facebook | Bandcamp
Date de parution: 6 juillet 2017

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Auteur : Michaël Parent

Witch Vomit – Poisoned Blood Album

Sortant tout droit de la ville se targuant d’être la plus weird sur Terre, Portland dans l’état de l’Oregon, Witch Vomit, je vous épargne la traduction du nom de groupe, est sans contredit un groupe qui ne fait pas dans la subtilité. C’est avec un peu (lire ici beaucoup) d’appréhension que l’auteur de ces lignes appuya sur Play pour l’écoute de ces cinq morceaux qui introduisent ce groupe à l’étiquette de renommée qu’est 20 Buck Spin. Étonnamment, c’est un Death Metal puissant et loin d’être ennuyeux que l’on découvre sur Poisoned Blood. Pensez à Bolt Thrower et Morbid Angel pour la signature sonore et le vocal. Par contre, les tempos sont plus rapides que ces cannons du genre.

Loin de dénaturer l’essence du Death Metal, on sent toutefois une attention particulière à l’effet pesant et à l’intensité dans la musique. Tel qu’énoncé plus haut Witch Vomit met de la moutarde partout et on beurre épais sur la pédale double, les guitares buzzsaw tel Entombed et les envolés rapides. Le format de 20 minutes de l’EP est parfait pour la découverte et l’appréciation de ce groupe. Son efficacité est telle que l’on en redemande et après chaque écoute je me surprends à effectuer des écoutes répétitives une fois le quintet de chansons achevé.

Les pièces incontournables sont Accursed Temple Of The Great Deceiver et Doomed In the Realm Of The Dead. Bien que les pièces soient bien balancées et quasiment aussi bonnes les unes que les autres, les compositions citées plus haut sont d’excellents exemples de maitrise et de réinterprétation du Death Metal bien gras.

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Dernier fait à noter est l’effet bloc de granite de cet offrande qui rend le tout uniforme et bien dosé de moments lents et pesants avec d’autres instants rapides et entraînants. Ainsi, faites une petite étoile près du nom de Witch Vomit et attendez-vous à les voir surgir et rugir dans un proche futur car ils possèdent plusieurs éléments fort prometteurs.

Note: 7 / 10
Format critiqué: 320 kbps mp3
Étiquette: 20 Buck Spin
Sites Web: Facebook | Bandcamp
Date de parution: 30 juin 2017

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Auteur : Michaël Parent

Dying Fetus – Wrong One to Fuck With Album

Fidèle à son habitude, le Death Metal de Dying Fetus rentre dans le politiquement incorrect et dans la section supervision parentale. Juste à voir la repoussante pochette d’album et le fameux f word dans le titre de l’album. Pour les habitués du groupe et même la plupart des métaleux qui se respectent, hurler le fameux refrain de Kill Your Mother Rape Your Dog fait partie de l’attitude over the top de DF.  Donc, le huitième album du groupe de Baltimore est une suite des opus précédents. On pourrait même avancer que Wrong One to Fuck With est possiblement dans la même classe que Killing On Adrenaline et Destroy the Opposition. Leur mélange de Death Metal brutal et technique agrémenté de touches de Hardcore et de Grindcore fait de Dying Fetus un véritable incontournable depuis plus de vingt-cinq ans dans le genre.

Fixated on Devastation pourrait même être une composition des jams des albums encensés plus haut. Les cris de John Gallagher se font tout autant intenses et les paroles aussi inaudibles comme on aime tant. Sa guitare est précise et ses rythmes et compositions sonnent comme dans le bon vieux temps. Du côté de la batterie de Trey Williams, il y a une nette amélioration et le jeu de ce dernier est digne des plus grands que le genre a connu. Il surpasse à mon humble avis le jeu de Kevin Talley qui fut membre de ce trio de 1997 à 2001; ce n’est peu dire.

Lorsque l’on écoute les compositions pour ce qu’elles sont, on peut évidemment relever que l’innovation est moins au rendez-vous qu’elle ne pourrait l’être. Par contre, la technique et le raffinement, oui le raffinement, des musiciens compense largement pour le manque d’évolution. Les fans pourront se targuer que c’est un groupe qui reste fidèle à sa sonorité. Sans se réinventer ils savent utiliser une formule gagnante et répéter les exploits du passé. Tel une équipe qui remporte un championnat deux années de suite.

Si ce n’est que de moi, cet album me fait oublier les efforts de second ordre que furent Reign Supreme, Descend Into Depravity et War of Attrition. Ainsi, un fan de la première heure peut vous dire que je suis satisfait par Wrong One to Fuck With et qu’il s’insère sans effort dans la crème de la discographie bien replie de Dying Fetus. Trop souvent on s’attarde aux groupes phares d’un genre donné, et ce, sur des albums peu inspirés (lire ici le dernier de Suffocation par exemple). Dans le cas de Wrong One to Fuck With vous ne perdrez pas votre temps.

Note: 8.5 / 10
Format critiqué: 320 kbps mp3
Étiquette: Relapse Records
Sites Web: Facebook | Bandcamp
Date de parution: 23 juin 2017

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Auteur : Michaël Parent

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