Jeudi 14 Juin – Y’a de la Rumba dans l’air ! Rio Loco 2018 a des airs de fête cette année avec un hommage aux musiques insulaires. Entre danses, rythmes endiablés et percus démoniaques ; la programmation nous a permis de découvrir un tas de styles tout en sachant garder son fil rouge le long des 4 jours. Le Rio fidèle à lui-même.

18h30 – On découvre un site en partie inondé à cause les fortes pluies des jours passés et les nuages nous accueillent : on est loin des conditions idéales pour un festival chaleureux comme celui-ci. Heureusement, les prestations des 6 groupes vont réchauffer le public toulousain. Et quoi de mieux pour commencer qu’un groupe de rumba véritable, authentique et présent sur la scène congolaise depuis plus de 70 ans : Bakolo Music International. Tout ce que nous pouvions attendre de ce Rio Loco en un groupe : la chaleur d’une tradition, la prestance scénique et une atmosphère de quiétude qui envahit assez rapidement le public. Au son des percus et des cuivres, on devine cette richesse culturelle qui fait aussi le charme des musiques insulaires.

Quelle aisance et quel naturel aux percussions ! The Pedrito Martinez Group vient présenter un autre genre de rumba, plus dynamique et basée presque exclusivement sur les percussions. Avec des sonorités un peu jazzy (notamment dues au claviériste de talent Isaac Delgado), le quatuor fait jouer des hanches les amateurs et apporte la preuve, indéniable, que le Grammy Award pour lequel ils ont été nommés en 2014 n’est pas un hasard. Décidément, ce début de festival tient toutes ses promesses.

Déjà 21h15 et premier concert sur la grande scène “du Pont-Neuf”. On laisse la rumba de côté (provisoirement bien sûr) pour rejoindre la Jamaïque et sa musique emblématique : le reggae. Et pas avec n’importe qui puisque, en l’occurrence, Johnny Osbourne est l’un des emblèmes de la musique de ce pays. L’ayant traversé assez largement, il en est maintenant l’un des représentants. On ne peut que se réjouir de le voir sur scène accompagné du bassiste Lloyd Parks (techniquement excellent ce soir !) et du We the people Band. Evidemment, le mélange ne peut être qu’enthousiasmant et les good vibes envahissent la grande scène.

Seul concert de la scène “Garonne”, Moh! Kouyaté a pour le moins un univers complexe. Bercé entre la musique “occidentale” et une riche culture guinéenne, sa musique a su profiter des deux parties pour créer un véritable univers autour de sa guitare. Entouré d’un trio Guitare/Basse/Batterie, ils offrent un set bercé d’une douceur qui marque une pause dans cette programmation très énergique.

Premier coup de cœur du festival, et pas des moindres ; nous avons trouvé le ce groupe absolument parfait. On parle ici d’une fanfare, composée donc principalement de cuivres, qui reprend un paquet de classiques du monde éléctro. Meute nous vient d’Hambourg, mais ils ont déjà écumé les festivals ouest-européens et nous comprenons facilement pourquoi. Au travers de sons comme “The Man with the red face” (reprise de Laurent Garnier) ou You&Me (reprise de Flume), ils transcendent littéralement la Prairie des Filtres. Musicalement excellent, scéniquement très rigoureux, instrumentalement instable entre xylophone, tambour et poignées de cuivres, le mélange est tout bonnement incontournable. Ça fait longtemps qu’un coup de cœur de cette ampleur ne nous était pas arrivé, et nous partageons celui-ci avec un public véritablement envoûté. Retenez bien le nom de Meute car vous risquez de les recroiser très vite (avec pas mal de dates en France sur leur périple estival).

Baloji vient finir ce premier jour sur la scène secondaire du Village. Né en République Démocratique du Congo, il a longtemps vécu en Belgique avec son père et commence à apprendre le français. Depuis, le “sorcier” a choisi la voie/voix du hip-hop pour s’exprimer et il le fait très bien. Loin de lui le rap belge actuel comme celui que nous avons rencontré par exemple au Weekend des Curiosités ; celui que propose “MC Balo” est plus frais, plus ancré aussi dans l’origine congolaise de l’artiste. Un bon moyen de clore cette première belle journée, avec une programmation qui, comme toujours au Rio Loco, propose de belles découvertes et une culture parfois sous-représentée.

 

 

Photos et rédaction : David Vacher