Incandescence est une grosse pointure dans le paysage black metal de Montréal qui roule sa bosse depuis maintenant quinze ans. La formation menée par Philippe Boucher depuis sa création et Louis-Paul Gauvreau depuis 2018 va bientôt sortir Hors temps, son cinquième album. En plus d’avoir une pochette glauque à souhait signée Mitchell Nolte qui a aussi illustré les pochettes de groupe comme Baest et Werewolves, les extraits L’enfer existe et Inexorable détérioration étaient très prometteurs.

Ce que j’aime avec Incandescence, c’est les ambiances malsaines et lourdes qu’on retrouve dans leurs chansons. Vous me direz que c’est souvent comme ça le black metal, mais je trouve que malgré toute la rage et l’agressivité, on y retrouve une certaine mélancolie qui fait la différence. C’est d’ailleurs ce qu’on retrouve dans la première pièce de l’album, Affranchissement, avec une intro ambiante qui est par la suite explosée par les blast beats pour finalement y aller avec une partie plus lente où l’on y trouve la hargne et le désespoir. D’ailleurs, Louis-Paul Gauvreau fait un travail titanesque sur l’album avec un vocal très efficace et bien senti. Ce que je remarque avec Hors temps, c’est que comparé aux albums précédents, les sonorités sont beaucoup plus crues. Pas question ici d’avoir des passes acoustiques ou plus tranquilles, c’est un gros mur de son qui te défonce les oreilles.

Malheureusement pour moi c’est peut-être ce que j’ai le moins apprécié de cet album. Sans vouloir faire trop de comparaison avec ce qui a été sorti auparavant, j’ai trouvé que Hors temps manquait de variété, surtout comparé à l’album précédent Le coeur de l’homme. Hors temps est beaucoup plus agressif et lugubre (ce qui se marie parfaitement avec son artwork) mais, au final, je trouve que ça manque un peu de finesse et de diversité au niveau des compositions. Le fait d’avoir un album “rentre dedans” peut plaire à plusieurs, mais ça a comme conséquence que, en bout de ligne, les chansons manquent de hooks et les chansons finissent par toutes se ressembler. Mais ce qui m’a le plus dérangé lors de mes écoutes c’était surtout la production. J’ai eu l’impression à plusieurs reprises, et surtout pendant les nombreux blast beats que j’ai trouvé un peu trop présents, que le son saturait. En fait le problème est peut-être que le drum est juste trop fort dans le mix et ça enterre un peu tout le reste. C’est dommage car quand le drum n’est pas dans le tapis, tout est bien audible et ça permet d’entendre les autres instruments.

Ce qui est dommage, c’est que j’étais hyped d’entendre du nouveau matériel d’Incandescence et je ne peux pas vous cacher que j’ai été un peu déçu. Si vous chercher du black metal bien hargneux, ça va clairement vous plaire, mais je m’attendais à quelque chose d’un peu plus varié. 

7/10