TRUST  


 

Mardi 21 Novembre – C’est un Bikini plein de vieux briscards que nous trouvons ce soir et pour cause : l’heure est au retour de Trust. Antisocial pour certains, vrai artiste marquant des générations pour d’autres, il nous tardait de voir ce qu’ils valaient sur scène.

Mais découvrons avant David Sparte, et on vous prévient d’entrée : c’est plein de surprises. D’abord du point de vue biographique, puisque le chanteur (qui a donné son nom au groupe) n’est autre que le fils du “Nono“, guitariste iconique de Trust. Or, nous découvrons que David a parcouru tous les univers musicaux avec notamment la composition de deux titres pour Sexion d’Assault sous Wati B. Ce grand écart étonnant à évidemment éveillé notre curiosité et notre envie de le voir en live. Le résultat laisse … décontenancé. Un premier morceau semble annoncer une setlist plutôt rock, avec des attitudes pseudo-punks, avant de basculer dans un milieu de live tourné vers une pop-funk aux accents soul. L’arrière-plan rock est toujours là, mais la transition entre le début et le milieu de set n’est pas évidente, d’autant qu’il retournera vers des titres rock sur les deux derniers morceaux. Un yoyo esthétique intéressant, peut être un peu trop hétérogène en revanche. En tout cas, sans s’attirer le refus du public, ce dernier ne bouge vraiment pas beaucoup et on comprend : en première partie de Trust, le choix était extrêmement audacieux.

C’est à 21h35, après une longue attente, que Nono, Bernie et leur bande arrivent sur scène. Dès les deux premiers titres, la ligne éditoriale est marquée, explicitée au travers de slogans comme “Ni Dieu ni Maître” ou “Marche ou crève“. Le tout est martelé par des zikos assez dynamiques, entourant un Bernie Bonvoisin peut être toujours punk ; certainement en forme ; à coup sûr évitant de se dévoiler, emmitouflé derrière bob , capuche, lunettes et tournant systématiquement le dos au public. Néanmoins il se bouge plutôt bien (malgré une cheville out), et a encore suffisamment de voix pour entonner en chœur avec le public certains de ses morceaux mythiques, dont Antisocial qu’ils joueront en rappel pour le plus grand bonheur du Bikini. Ce-dernier se réveillera petit à petit, mais est loin de l’engouement qu’on était en droit d’attendre de sa part. En somme une bonne prestation, super agréable, mais qui ne comblera néanmoins pas la nostalgie du temps giscardien où la puissance de Trust et de leurs hymnes/riffs résonnaient autrement.

Ce Au nom de la rage tour se montre comme un événement en France. Et bien que Trust ne soit plus l’icône générationnelle qu’ils étaient, on est ravi de voir que ça tient encore largement sur scène avec une très belle énergie. Malgré une blessure et une bronchite, Bernie demeure convaincant derrière le micro et semble avoir encore des choses à dire au bout de tant d’années : une aubaine pour les nostalgiques et les amateurs de punk !

Photos : Yannick Souyri

Auteur : David Vacher

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