C’est deux jours avant la fermeture de l’édition 2017 du FEQ que se produisaient sur la scène Bell, les doyens du festival : nul autre que la formation rock britannique The Who. Parmi les artistes les plus attendus de cette année (aux côtés de Metallica et de Muse qui conclurent les festivités dans les jours qui suivirent), leur groupe désormais composé des deux membres originaires Roger Daltrey et Pete Townshend, a su donner aux gens de Québec une raison de regarder nostalgiquement l’époque 60-70; celle de l’émergence et du rayonnement d’une scène rock endiablé.

Leur plus récent album studio Endless wire (2006) datant de onze ans déjà, il est bien clair que la formation n’est pas en tournée pour faire valoir ce dernier. La soirée, à la grande joie de l’immense foule s’étant déplacée, sera donc plutôt une bonne couverture des années médianes et premières du band, pigeant particulièrement dans les albums Tommy (1969), Who’s next (1971) et bien sûr Quadrophenia (1973).

 Débutant la représentation avec le populaire single de leurs tout débuts I Can’t Explain, on saisit rapidement que l’âge aura une incidence bien mineure sur le caractère typiquement animé du groupe. Daltrey fait tournoyer son micro comme toujours, pendant que Townshend, entre ses moulinets en série, joue d’une agressivité saisissante. Voir le musicien s’exécuter live fut en effet une tout autre expérience que l’écoute d’album studio. La tension brillamment soutenue dans son jeu était telle que l’on aurait pu croire qu’il décide, dans l’excitation de la foule, d’éventuellement fracasser sa guitare sur un ampli, comme certains l’ont vu faire bon nombre de fois dans ses jeunes années. Ajoutant à cette vigueur, c’est l’excellent batteur Zak Starkey, accompagnant le groupe depuis un moment déjà, qui vient soutenir rythmiquement et encourager, si ce n’est même « challenger » amicalement Pete Townshend dans ses envolés lourdement senties.

La soirée continue avec des succès tels que My Generation, Who are you, faisant résonner les « Who, Who, Who, Who » partout sur les plaines avant que Behind Blue Eyes ne les illumine.

Les deux membres du band ne sont pas pressés d’offrir leurs morceaux, mais chacun d’eux est très bien livré. Prenant le temps d’interagir avec le public et de s’essayer quelque peu au français, on ne peut pas dire que les buveurs de thé gardent le petit doigt levé! Le spectacle se poursuit, Townshend s’affaire sur ses pédales suite à un pépin technique et tout le monde est simplement amusé de voir un grand close-up improvisé de son visage sur les écrans de la scène, pendant qu’il règle le tout.

Annonçant ce qui suivrait lorsque Pete Townshend demande à la foule « How do we say Quadrophenia down in Québec? », ce sont 5.15, I’m One, The Rock et dans une démonstration vocale du chanteur, Love Reing O’er Me qui viennent combler la foule dans une suite éprouvée. Un problème technique interrompt malheureusement le début de ce dernier morceau, mais sans trop de dégâts.

À la grande joie des fans, les deux hommes accompagnés de leurs musiciens termineront la soirée avec des titres pigés dans Tommy (1969) dont Pinball Wizard et l’album Who’s next (1971), une seconde fois, pour clore avec Baba O’riley et Won’t Get Fooled Again.

Quoi penser de tout cela maintenant? Face à une foule si grande et si diversement composée, les appréciations sont certainement variées. Tout de même, The Who nous a fourni une autre occasion de revisiter  ses classiques en nous remémorant une époque non pas révolue, mais fertile, ingénieuse et animée d’une fouge scénique hors du commun. Malgré l’âge qui avance en limitant les possibilités des deux hommes face à ce qu’ils ont déjà accompli, leur présence ainsi que leurs performances au FEQ 2017 ont témoigné une passion débordante.

Terminant  par des remerciements des deux artistes, Pete Townshend, cherche quelque peu ses mots avant de souhaiter : « See you again I hope… ». Puis après une brève hésitation : « À bientôt! À bientôt! »crie-t-il d’une voix animée.

Le groupe aura débuté sa tournée nord-américaine 2017, au Québec, de façon enthousiaste et bien réussie avant de partir pour les États-Unis.

Auteur: Frédérick Deschênes

Photographe: Marie-Jade Morneau

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