Suicidal Tendencies

Depuis le début de cette année 2017, le Bikini nous offre de belles dates de musique extrême qui ne sont pas boudées, bien au contraire. Sum 41, Gojira, ou encore le plateau Amon Amarth/ Dark Tranquility/ Omnium Gatherum affichaient tous un joli « sold out ». Ce soir, le rendez-vous est donné à 20h pour la venue du groupe emblématique de Crossover Thrash, Suicidal Tendencies.

La population est encore faible lors de l’ouverture des portes, il faut dire que la première partie de ce soir avait été ajoutée assez récemment et le choix surprenant du groupe, dont le style s’oppose en tout point à la tête d’affiche, n’a clairement pas convaincu les skaters et autres fans de crossover. En effet, ceux qui ne sont pas arrivés qu’à l’heure de ST ont, pour une grande majorité, préféré siroter une bière en terrasse pendant le set de 22 Below. Il faudra pourtant composer avec, la formation ayant été retenue pour toutes les dates françaises.
Inconnu au bataillon, je découvre donc ce jeune sextet hollandais qui nous délivre son rock alternatif aux accords tantôt pop tantôt ambient. Il est clair que ce n’est pas le genre de musique qui vous chauffe pour la suite de la soirée, 22 Below fait néanmoins bien son job et les compositions ne sont pas mauvaises du tout. La partie vocale est assurée par une chanteuse qui délivre un chant juste, elle est douce et pleine de grâce. La configuration de l’espace est assez originale, la jeune femme est placée sur une estrade. De chaque côté se trouvent le claviériste et le batteur alors que les deux guitaristes et le bassiste sont devant. Les zicos sont à fond, en particulier le bassiste qui se dandine comme s’il jouait dans un groupe de thrash. La bande assurera un show d’une trentaine de minutes avec des titres comme Wild Fire, Monopoly, Dark Knight, Ashes to Ashes… Une prestation loin d’être désagréable avec une atmosphère sombre et planante que l’on aurait largement plus appréciée si elle s’était déroulée en ouverture d’un groupe de metal progressif ou d’ambient. On aurait bien aimé pouvoir s’échauffer les cervicales au son d’un bon Municipal Waste, Iron Reagan, DRI ou encore Ratos de Poraos Ces derniers seront d’ailleurs présents sur deux dates espagnoles de ST programmées au mois de Juin.

Les techniciens s’activent alors pour préparer la scène avant l’arrivée de Suicidal Tendencies. Le onzième album de la bande à Mike Muir, World Gone Mad, est dans les bacs depuis septembre 2016. Qui dit nouvel album dit également changement de line-up avec, notamment, l’arrivée de Monsieur Dave Lombardo à la batterie. On croisera d’ailleurs de nombreux fans de Slayer qui ont fait le déplacement en partie pour voir leur ancien batteur. Celui que l’on surnomme Thunderkick a donc rejoint Mike ainsi que Dean Pleasants, lead guitariste de ST depuis 96 aussi membre d’Infectious Grooves. Le frontman a également recruté du jeunot pour compléter la fine équipe, il s’agit du guitariste Jeff Pogan et du bassiste Ra Diaz respectivement âgés de 25 et 33 ans.
Le public s’amasse, les bandanas sont de mise, la bière coule à flot et l’impatience se fait grandement sentir, il faut dire que ce changement de plateau est réellement long, les américains se font désirer.
C’est aux alentours de 21h30 que le son de Body Count résonne en guise d’introduction, les aficionados sont chauds bouillants, ils réclament l’arrivée de Suicidal Tendencies en doublant la voix d’Ice-T gueulant S,T, S, T à plein poumons. Le quintet débarque enfin sur scène entamant le set avec un classique, You Can Bring Me Down, balançant d’entrée de jeu une énergie folle. Une énergie qui se répand et se déplace comme un boomerang de la scène à la fosse, de la fosse à la scène… La foule se met instantanément en mouvement, l’intégralité d’une bière me coule dans le dos dès les premiers accords, ça promet !
Les titres vont fuser, Mike Muir et ses acolytes vont nous offrir un excellent set, jouant des morceaux de ce très bon dernier opus tels que Clap Like Ozzy ou Get Your Fight On!. Le show sera néanmoins majoritairement rythmé par une succession de vieux titres, ces incontournables tubes fédérateurs que sont I Shot ReaganInstitutionalizedSubliminal… Quel plaisir de pouvoir se défouler et brailler sur des classiques comme War Inside My Head et Send Me Your Money. 
Les membres de Suicidal Tendencies nous donneraient presque le tournis, ils courent dans tous les sens, bondissent… quelle fougue ! M.M est, à l’instar des plus jeunes membres, exalté, gigotant comme un fou (ahhhhh les mimiques de Muir!) et il délivre son chant si singulier avec enthousiasme. Le chanteur qui se veut proche de son public prendra régulièrement la parole, pour nous livrer quelques anecdotes mais également pour inviter ses fans à le rejoindre sur la scène. Il conviera un fan à chanter War Inside My Head en sa compagnie, il demandera ensuite si des skaters se trouvent dans la salle, il les incite alors à le rejoindre sur scène, introduisant ainsi la culte Possessed to Skate.
Dans la salle c’est la folie, la foule est en perpétuel mouvement, les slams vont bons train et les voix résonnent entre les quatre murs du Bikini. L’ambiance est bonne mais il y a tout de même quelques lourdauds qui passent plus de temps à parler qu’à regarder le concert ou qui essayent de monter sur scène quand ce n’est pas l’heure provoquant un poil les agents de sécurité (c’est le jeu mais c’est chiant ! Si t’as envie de papoter avec ton pote tu peux le faire au bar ou dehors).
Je vois ST pour la première fois, et oui, la fameuse malédiction ! Tu adores un groupe mais à chaque fois qu’ils passent tu ne peux absolument pas te libérer pour les voir. Bref, today is the day et je ne suis pas déçue du tout, trop contente de voir des zicos tous aussi souriants qu’efficaces, livrant une set list absolument parfaite, bien que trop courte (c’est toujours trop court quand c’est bon), à mon goût : tuerie !
Un petit I Saw Your Mommy suivit de Cyco Vision puis How Will I Laugh Tomorrow avant une deuxième invasion scénique. Mike Muir nous demande une dernière fois de grimper sur les planches, je retrouve mes potes pour un chouette moment de convivialité au son de Pledge Your Allegiance. On chante, on danse, on ne réalise pas vraiment que nous sommes sur scène avec les membres de Suicidal Tendencies mais c’est génial. Les moins timides oseront même un petit selfie avec Dave Lombardo.
Il est temps de redescendre, au sens propre comme au figuré, le groupe s’éclipse. Alors que les gens commencent à partir, les américains nous font la surprise de ré-apparaître pour un ultime morceau, c’est donc sur les dernières notes de Living For Life que s’achève cette soirée.

Le temps est passé bien trop vite, mais qu’est-ce que c’était bon ! Merci au Bikini et à Suicidal Tendencies pour cet excellent moment. Un groupe fougueux et généreux comme on aime. Le temps passe m’a n’a pas d’incidence sur la qualité du groupe dont la réputation n’est plus à faire. Suicidal Tendencies est une valeur sûre en live comme en album.
Les fans les plus patients seront récompensés par la venue de Mike Muir en toute fin de soirée, il prendra le temps de faire quelques photos et signatures.
Vivement le Hellfest pour que l’on remettre ça !

Auteure: Fanny Dudognon
Photographe : Jérôme JACQUES

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