Louis Bertignac13 avril 2015 – Le Metronum est devenu ma seconde maison en ce début d’année 2015, nous aurions presque pu dormir sur place étant donné que nous avons assisté au concert d’Obey The Brave (THS) la veille. Pour l’heure, SPM Prod et Noiser nous ont concocté un menu aux saveurs punk/hardcore. La soirée s’annonce piquante aux côtés d’Angel Du$t, Tagada Jones et Sick Of It All.

Nous pénétrons au sein du Metronum vers 19h30 où il fait déjà chaud et oui, la clim est en panne ! Nous allons très certainement perdre quelques litres d’eau ce soir… Il est 20h05 lorsque Angel Du$t débarque. Né de la fusion des membres de Trapped Under Ice, Turnstile et Mindset, le groupe sortait l’album A.D en juin 2014. Les baltimoriens sont connus pour leur punk hardcore pêchu fait pour la scène. Le groupe se produit généralement dans des petites salles où la proximité avec le public est forte et l’ambiance folle. Je ne sais pas si le souci vient de l’espace ou bien de l’audience qui est, semble-t-il, scindée entre les fans de Tagada Jones et ceux de Sick Of It All. La sauce ne prendra pas, entre le public et Angel Du$t en dépit de l’effort des musiciens qui offrent malgré tout une bonne prestation, énergique. Le chanteur, Justice Tripp nous fera tout de même sourire avec son étrange façon de bouger mais niveau chant il n’est clairement pas motivé. J’attendais tellement l’explosion sur Stepping Stone… Finalité : j’ai l’impression de voir un mec bourré chanter “la la la la la la la” au milieu de musiciens dans leur bulle qui font de leur mieux face un public apathique. A revoir dans un cadre plus intimiste ou en festival.

Après quelques petites modifications scéniques, le backdrop de Tadaga Jones apparaît. Les bretons sont bien connus dans le coin puisqu’ils passent souvent, ils étaient au Connexion Live en décembre dernier et participaient à l’édition 2014 de l’Xtreme Fest. Avis très personnel, je ne suis adepte ni de punk (souvent à cause de la voix) ni de textes ultra engagés et politiques. Je les revois donc sans grande conviction. Le quatuor investit les planches à 20h50 démarrant le set avec De l’amour & du sang, Instinct sauvage et Le chaos. Action/réaction, le public se met à remuer dès les premiers accords. Si comme moi vous n’êtes pas fan du genre, il faut bien admettre en revanche que les membres de Tagada Jones sont très bons. Leur expérience ainsi que le cadre jouent en leur faveur, le son est réglé au poil et l’espace offert leur permet “d’habiter” le Metronum. Niko (chant/guitare), Stef (guitare), Waner (basse) et Job (batterie) se donnent corps et âmes nous balançant leur énergie en pleine face. Dans la foule ça chante et les pogos et slams vont bon train. Les titres vont s’enchaîner pendant plus d’une heure. J’ai bien apprécié Descente aux enfers, Les nerfs à vif ou encore Le feu aux poudres avec des riffs bien puissants et plus métal qui m’emportent davantage. Le groupe s’en ira après une petite photo souvenir, acclamé par un public majoritairement conquis.

Nous assistons à une mini rétrospective de l’Xtreme Fest puisque nous allons maintenant retrouver Sick Of It All. Référence en matière de hardcore new-yorkais sont très attendus et prennent d’assaut la scène à 22h15. Comme toujours, les américains arrivent souriants et envoient la purée. On se rend rapidement compte que le son n’est pas au top, Lou Keller s’excusera pour la qualité de son chant un peu faiblard ce soir. Hormis cette imperfection, le show sera d’une très bonne qualité, agrémenté par une setlist variée balayant leurs quasi 30 ans de carrière et une fougue atemporelle. Sound the Alarm, Uprising Nation, My Life, Death or Jail, Sanctuary, Busted ou encore la fameuse et attendue Step Down. La foule est exaltée, headbang, pogos, circle pit, wall of death et slams… l’ambiance est plus au métal qu’au hardcore, mais qu’importe du moment qu’elle est bonne. Devant nos yeux, Sick Of It All s’anime, Pete et son sourire bright enchaîne ses sauts pendant que son frère, le frontman, gère le chant et l’interaction avec le public. Craig Setari se promène de chaque côté de la scène faisant vibrer les cordes de sa basse et Armand Majidi, en pleine formefrappe la cadence. World Full of Hate, Road Less Traveled, Us vs. Them : “Woooo oh oh, hey hey hey ! ” Nous chanterons tous en chœur avant que le show ne s’achève après plus d’une heure. Court mais intense. Le groupe prendra un long moment pour remercier son public, distribuer des petits souvenirs, échanger de nombreuses poignées de mains et faire LA photo.

Encore une chouette soirée… épuisante ! Le show n’était certes pas aussi puissant qu’à l’Xtreme Fest, mais l’ardeur de Sick Of It All après 29 ans de carrière est intacte. Saluons également leur gentillesse et leur simplicité. Merci à SPM et Noiser, ainsi qu’à Angel Du$t et Tagada Jones.

Auteur: Fanny Dudognon

Photos: Jerome Jacques

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