Mercredi 18 janvier 2017 – Voici une nouvelle année qui commence. Celle-ci sera, comme les précédentes, rythmée par une belle série de concerts. 2017 s’annonce riche en musique extrême (hardrock, metal…), les organisations locales nous dévoilent régulièrement des affiches plus alléchantes les unes que les autres, les choix vont être difficiles. Après une mise en route au son rock’n’roll de Nashville Pussy début janvier et une soirée death/black aux Pavillons Sauvages, il est temps de se rendre au Bikini pour le premier « gros » plateau de l’année composé de Sabaton, Accept et Twilight Force. Un plateau qui aura d’ailleurs provoqué de vives réactions lors de son annonce.  En effet, pour les puristes, voir Accept, ce groupe de heavy metal allemand emblématique, jouer en tant que première partie est tout simplement une hérésie !
N’étant absolument pas fan des deux autres formations, j’avoue avoir fait le déplacement exclusivement pour eux.

J’arrive vers 18h30 (parce que les horaires annoncés étaient différents selon les sites/billets) devant une salle où les plus courageux font déjà la queue malgré le froid. Il faudra finalement patienter une bonne heure avoir de pouvoir rentrer et, c’est aux alentours de 20h que vont démarrer les hostilités.
Ce sont les suédois de Twilight Force qui ouvrent le bal. Créé en 2011, ce groupe s’inspire de thèmes tirés de l’univers heroic-fantasy et distille un power metal symphonique rappelant (de loin) certains groupes tels que Rhapsody, Dragonforce ou Hammerfall… Si tu es du genre à adorer le Seigneur des Anneaux, les dragons, et les conventions geek alors, peut-être que tu as été conquis par le show de TF.
Les suédois débarquent sur scène, vêtus de leur sublimes tenues de cosplay (ceci est ironique), entamant le set avec Battle of Arcane Might. A ce moment-là je ne sais pas trop si je dois rire ou pleurer… D’abord parce que la vue de leurs costumes à trois francs six sous me fait de la peine, mais également parce que le son est vraiment (pardonnez-moi l’expression) dégueulasse ! La batterie et la basse sont beaucoup trop fortes et on entend qu’une guitare sur les deux. N’étant déjà pas friande de ce genre d’épique-kitsch-power-sympho c’est vraiment mal barré. Ai-je consommé une substance illicite ? Devrais-je ? Non… il faut juste essayer d’ouvrir son imagination, avoir devant soi des elfes, des chevaliers, des sorciers et des mages qui font du « metal » c’est un peu perturbant. Finalement, j’ai plutôt envie de rire, surtout quand je vois mes potes à fond devant le spectacle.
J’admets tout de même que les mecs savent jouer, les guitaristes assurent et le chanteur dépote avec sa voix aussi jolie que puissante. Ajoutez à cela que les membres de Twilight Force ne se prennent pas au sérieux et sur scène, ils se donnent à 200%. Ils se dandinent, souriants et communicatifs, on sent clairement qu’ils sont surtout là pour délirer et une bonne partie des spectateurs se prend au jeu. L’ambiance est plutôt bonne. Les musiciens s’éclipsent après avoir joué 6 titres, ne faisant pas l’impasse sur les remerciements et la photo avec le public .

Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour voir Accept ? Nous sommes en 2017 et les temps ont bien changé ! C’est triste de voir que l’aspect visuel prend le dessus sur la musique et que les groupes actuels attirent davantage grâce à leurs grosses mises en scène. Pourtant, Accept reste pour moi l’un des piliers du heavy metal, l’un de ces groupes inégalables qui ont influencés tous les autres et même le plus splendide des shows visuels ne pourra pas changer cela.
Plus de quarante ans après sa création et après avoir connu beaucoup de reformations, la bande est de retour à Toulouse avec un line-up frais. Lors de leur passage dans la Ville Rose en 2014, Wolf Hoffmann (guitare), Peter Baltes (basse) et Mark Tornillo (chant), qui forment un noyau dur depuis 2009, étaient accompagnés de Herman Franck à la guitare et du batteur Stefan Schwarzmann (maintenant dans Panzer). Depuis 2015, le guitariste Uwe Lulis (ex- Grave Digger) et le jeune batteur Christopher Williams ont pris leur place.
Allez, c’est l’heure ! Le Bikini est plongé dans le noir, le quintet apparaît alors au milieu d’un superbe décor industriel, sobre mais qui fait largement son effet. Les teutons n’y vont pas par quatre chemins et nous projettent d’entrée de jeu leur heavy revigorant avec Stampede et Stalingrad. Le public est divisé, avec les plus jeunes venus pour la tête d’affiche et les plus âgés (ou plus simplement connaisseurs) qui, eux, ne se font pas prier pour entonner les paroles dès le début du set. Fidèles à eux-mêmes, les membres d’Accept sont survoltés et envoient leurs morceaux avec une énergie incroyable. Prenez-en de la graine les petits d’jeuns ! Cette impétuosité doublée de ces rythmes entraînants, riffs ravageurs et refrains éloquents vous galvanisent, l’agitation commence à se faire sentir dans le pit et la température grimpe d’un cran. Wolf, nous gratifie de son plus beau sourire et vient, comme à l’accoutumée, prendre la pause en bord de scène tout en délivrant ses soli de manière impeccable. Peter paraît tout aussi heureux d’être là et nous régale également, faisant hardiment vrombir sa basse et doublant ainsi la rythmique bien frappée par Christopher qui n’a rien à envier à ses prédécesseurs. Uwe, plus en retrait au départ viendra ensuite s’amuser avec ses confrères. Mark, quant à lui, semble fatigué vocalement, sa voix est un peu plus fragile que d’habitude mais cela ne l’empêche absolument pas d’assurer le show. Les allemands vont, une fois de plus, nous servir un set magistral, ne nous laissant aucun répit et enchaînant les titres légendaires que sont Restless and Wild, London Leatherboys, Princess of the Dawn, Fast as a Shark ou encore Metal Heart, On ne s’en lasse pas et ça fait du bien par où ça passe. Les voix résonnent dans l’enceinte du Bikini et les slameurs se multiplient, l’ambiance bat son plein mais malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin… Accept nous offrira la fameuse Balls To the Walls en guise de final. Une heure de pur bonheur, avec cette fois un son parfait, en compagnie de sympathiques musiciens, toujours souriants et prenant clairement leur pied à partager leur musique et leur passion avec le public. Des gars simples, généreux et surtout humbles qui ne boudent pas le plaisir d’être sur scène, “Acceptant” d’ouvrir pour un groupe beaucoup plus jeune qu’eux. Respect !

Il est temps pour moi de battre en retraite et laisser ma place à la barrière aux fans de Sabaton. Je n’arriverai jamais à comprendre tout cet engouement… je me répète car c’est la troisième fois que je vois le groupe depuis 2015. Les suédois se produisent au Bikini en tant que tête d’affiche pour la seconde fois. La première expérience m’avait laissée comme chouette souvenir un traumatisme crânien, autant vous dire que ne nous sommes pas partis du bon pied. De plus, je trouve cela assez chiant (très chiant sur cd) car tous les morceaux se ressemblent, et au final tous les shows aussi. Même scène, mêmes morceaux, mêmes blagues, et même public (avec quelques fans assez insupportables et surtout qui ne semblent ne rien connaître d’autre… j’ai mal à mon métal). Néanmoins, le spectacle en lui-même est tellement bien fichu qu’on peut  réussir apprécier la performance. C’est ce que je vous disais concernant leur passage à Bordeaux l’an dernier.
Ce soir, j’observerai le spectacle de loin et ce, jusqu’à la fin, histoire d’avoir le point de vue le plus objectif possible. Pas de changement niveau décor, nous retrouvons toujours ce fameux char d’assaut qui supporte la batterie et qui prend BEAUCOUP de place. On notera cependant quelques différences ce soir, étant donné que le groupe a récemment sorti un nouvel album, The Last Stand, et que le (beau) guitariste Thorbjörn Englund a quitté le groupe, cédant sa place à Tommy Johansson. Ils ont également ajouté un écran géant sur lequel seront projetées des scènes de guerre et autres images en rapport avec leurs thèmes tout au long du set. Ah, et puis c’était l’anniversaire d’Hannes, du coup, sa compagne Floor Jansen (chanteuse de Nightwish et ex-After Forever pour les incultes) viendra l’entarter à la fin du concert, ça aura fait de l’animation en plus !
Un set qui s’amorce avec You’re In The Army Now de Status Quo, mais attention, Sabaton a quand même eu la merveilleuse (très mauvaise) idée de reprendre la chanson et de nous balancer le sample de la reprise en guise d’introduction… sérieusement ?
Joakim et sa bande nous joueront plus de 15 titres, j’ai bien cru que cela n’allait jamais s’arrêter. Alors, les trucs bien ?
– Leur attitude sympathique, l’humour et la communication avec le public
– Le show toujours très propre avec de belles mises en scène, nous avons même vu des spartiates!
– Des musiciens appliqués à qui on ne peut rien reprocher et qui ont de l’endurance.
– L’ambiance générale que Sabaton arrive à instaurer à chacun de ses concerts: on chante, on danse, on tape dans les mains…
– Le choix d’interpréter The Final Solution en acoustique, pour moi le meilleur morceaux de la soirée, même si vocalement cela passait juste.
– Le fait de pouvoir me marrer en regardant les gens autour de moi.
Les trucs moins bien ?
– Cette put*** d’intro !
– Le clavier, il y a vraiment trop de clavier…
– Des spartiates oui, mais nous étions bien loin de la réalité, un peu maigrichons (ou gras) les spartiates !
– Les titres se ressemblent vraiment trop.
– Les samples et playback, il ne faudrait pas se foutre de nous quand même !
. Les attardés qui ne connaissent que Sabaton et qui diront en sortant qu’Accept ce n’est pas trop mal comme petit groupe.
– Tout est TROP.
Au final c’était sympa mais j’étais contente que cela se termine.

Une soirée qui aura rameuté plus de 1000 personnes et qui s’est déroulée dans une très bonne ambiance, du début à la fin. Un show d’Accept encore une fois remarquable et deux autres groupes qui auront ravis les fans mais dont, personnellement, je me serais bien passée.
Merci au Bikini !

Auteure: Fanny Dudognon

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