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22 août 2014 – L’évènement incontournable de la fin d’été à Paris c’est bien sûr Rock en Seine, et pour la première fois Thorium Magazine était de la partie ! Malgré le pari risqué d’avancer le festival d’une semaine par rapport aux éditions précédentes, dû aux dates européennes de certains des artistes, les aoutiens ont répondu présent puisque les soirées ont affiché complet à quelques heures de l’ouverture. Les pass 3 jours et les emplacements camping étaient, quant à eux, déjà épuisés depuis de nombreuses semaines. En véritable acteur économique de la région Ile de France, cette douzième édition de Rock en Seine a donc rassemblé 120 000 festivaliers.

Pegase – 17h05

Sous quelques éclaircies de soleil les festivaliers se rassemblent sur la pelouse de la Scène de l’Industrie où se produit le projet français synth-pop Pegase. Raphaël d’Hervez au chant et aux machines est entouré d’un bassiste, d’un batteur et d’un guitariste, ce dernier assure les choeurs. En anglais ils nous interprètent les mélodies esthétiques extraites de leur premier album telles que Out of Range et Blamed. Pegase prend plaisir à jouer ici et nous en fait part. Le ciel commence à s’assombrir et c’est aussi déjà le moment pour les artistes de quitter la scène. Raphaël assurera également la première partie de l’after show à l’espace VIP le soir même.

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Camp Claude – 18h

Cette année une 5ème scène a pris forme au festival, il s’agit de la Scène Ile de France, petite scène intérieure teintée “showcase”. Jour très spécial pour Camp Claude, puisqu’en ce 22 août sort leur premier EP. C’est donc une Diane Sagnier très en joie que nous retrouvons, de sa voix spectrale elle envoute la salle qui déborde au fil des titres tels que Trap ou Hurricanes. Accompagnée de deux des membres de Tristesse Contemporaine : Mike Giffts (qui a troqué son traditionnel masque d’âne pour des lunettes de soleil) et Leo Hellden (à la guitare), habitués à une atmosphère neurasthénique paraissent concentrés certes mais surtout complètement stoïques face à la belle Diane qui déborde d’énergie. Le concert prendra fin avec le titre Lost and Found.

Jake Bugg – 18H45

C’est sous un ciel chargé que Jake Bugg, 20 ans, accompagné de sa guitare acoustique prend possession de la Grande Scène. Bassiste, guitariste et batteur accompagnent le jeune songwritter, qui assurait à ses débuts il y’a 2 ans les premières parties de Noel Gallagher’s High Flying Birds, groupe de l’ancien guitariste d’Oasis. La caméra qui survole le public excite ce dernier, qui démontre de plus en plus son enthousiasme, a contrario de Jake, qui lui ne décroche aucun sourire. Sur les coups de 19h Jake échange sa guitare acoustique contre une électrique. Sans arrogance aucune il délivre les titres country folk de ses derniers albums à l’instar de There’s A Beast And We All Feed It.

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Blondie -19h45

C’est sur la Scène de la Cascade que résonne le célèbre titre One Way Or Another. Sur scène, Deborah Harry chanteuse du groupe Blondie, du haut de ses 69 ans, arbore toujours un blond peroxydé et un look new wave. Les festivaliers s’amassent pour voir cette légende musicale forte de 40 ans de carrière. Mais l’ambiance n’y est pas, ou peut être au-devant de la scène. La voix de Déborah Harry n’est plus celle qui résonne encore aujourd’hui dans nos voitures et nos casques, mais le groupe, lui, semble prendre toujours autant de plaisir qu’avant. Elle enchainera ses célèbres tubes comme Hanging On The Telephone, Heart Of Glass, Atomic ou encore Call Me. 

The Hives – 20h45

Il est maintenant l’heure de rejoindre la Grande Scène, habillée des lettres des Hives tirées par les ficelles entre les mains d’un espiègle horrifiant aux yeux rouges lumineux. 5 minutes avant le début du concert un intermittent prend la parole au sujet de la récente réforme du gouvernement avant de diffuser sur les écrans un film de moins de 3 minutes signé #DataGueule.

Le groupe suédois entre ensuite en scène : un bassiste, un batteur, deux guitaristes pour accompagner Pelle Almqvist au micro. En complet noir et blanc jusqu’aux micros, l’allure est soignée. Malgré quelques soucis techniques nuisibles à la prestation, The Hives, débordant d’énergie, retourne la scène et le public de Rock en Seine. Il ne faudra pas attendre 4 titres pour que Pelle Almqvist, véritable showman, entreprenant quelques efforts en français non sans humour, fasse jumper les festivaliers. Nicholaus Arson, son frère n’est pas le dernier non plus pour balancer rock euphorique et gestuelle saccadée. Pendant que les mains du public se lèvent et frappent, sur scène les Corona se vident, les chemises se mouillent, baguettes de batterie et médiators virevoltent, on apercevra même un drapeau français orné des mots “Liberté, Egalité, The Hives”. Sur les coups de 21h30 retentit leur tube Tick Tick Boom. Avant d’enchainer sur un gimmick scénique répandu : cesser de jouer tous ensemble le temps de longues secondes, comme un arrêt sur image. S’en suit la présentation du groupe, et Pelle réussira à faire asseoir quelques milliers de festivaliers avant de reprendre une dernière fois le refrain.

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Die Antwoord – 22h

Retour à la Scène de la Cascade pour une toute autre ambiance. Die Antwoord duo déjanté et porte-parole du mouvement Zef sud africain est très attendu. Des projections abstraites débutent sur les écrans, DJ Hi-Tek affublé d’un masque inquiétant prend place. Puis le duo fait son apparition vêtu de joggings orange réflecteurs aux lumières fluos de la scène. Ninja et Yo-Landi Vi$$er balancent leur rap mixant l’anglais, l’afrikaans et le xhosa (langages d’Afrique). Ninja, grand à la musculature sèche bardée de tatouages et Yo-Landi Vi$$er, petite et menue ne tarderont pas à se retrouver en sous-vêtements sur scène. Rejoints par deux danseuses qui passeront de sweats-cagoules à combinaisons en aluminium. Dans ce duo le contraste est physique mais aussi vocal : entre la voix grondante de Ninja, et celle enfantine et aiguë de Yo-Landi Vi$$er. La nuit parisienne déverse quelques gouttes, mais qu’importe Die Antwoord nous transporte, dans le public ça twerke, ça jumpe. L’ambiance sur scène est très sexy. Les écrans projettent les images déroutantes de leurs clips. Aux alentours de 22h30 s’enchaineront les très attendus Pittbull Terrier et I Fink U Freeky.

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Arctic Monkeys – 23h

L’affrontement est rude alors que Trentemøller va investir la Scène de l’Industrie dans 5 minutes, Arctic Monkeys s’installe sur la Grande Scène. Mais le choix de Thorium Magazine se porte sur les héros de notre génération rock, leur dernier album plus abouti que jamais et la gueule d’ange de son leader. En fond de scène, l’onde caractéristique à leur dernier opus AM reproduite en néon. Dans le parc de St Cloud résonne alors la voix doucement narquoise d’Alex Turner, et comme sur l’album le concert débute avec Do I Wanna Know ?, après laquelle il saluera le public parisien. S’en suit Brianstorm et Dancing Shoes issus de leurs deux premiers albums avant d’en venir au titre plus crooner Arabella. Les morceaux des différents albums s’enchainent. Charismatique, élégant, incisif, Alex drive le concert avec une grande maîtrise, un peu trop même. Le rock des Arctikc Monkeys est pro et propre mais il manque la frénésie de la rock attitude ! Sur les coups de minuit retentit le flegmatique I Wanna Be Yours dans une ambiance étoilée par les lumières de scène. Dans le public on peut apercevoir des affiches telles que “Turner = God”. C’est maintenant l’heure du départ et du rappel, lors de ce dernier le groupe revient avec l’éclatant R U Mine ? Dernier morceau qu’il fera durer, avant de nous envoyer des baisers et nous dire Au revoir (en français). Les jambes commencent à saturer en cette fin de première journée.

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Auteur : Vanessa Eudeline

Photos : © Victor Picon, Nicolas Joubard et Sylvere Hieulle – Rock en Seine

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