01Rival-Sons

22 avril 2015- Il est 19h20 lorsque je pénètre entre les murs du Bikini, les membres de Kill it Kid sont déjà en train de jouer devant un public plutôt bien fourni.

Fondé en 2009 par le chanteur et guitariste Chris Turpin, le groupe anglais qui sortait You Owe Nothing en septembre dernier, va nous balancer un blues grunge ultra chaud et prenant. Kill it Kid puise son inspiration dans les racines du rock et du blues pour créer des compositions aussi électriques qu’envoûtantes. Chris, ce petit blondinet au grain de voix surprenant, à la fois puissant, rauque et chaleureux nous balance des riffs bien pêchus et bluesy. A ses côtés se trouve la jolie Stéphanie Ward qui s’affaire sur son clavier et délivre un chant rocailleux et fort de suavité, délicieux ! Les anglais nous servent un panachage musical, du rock avec Pray on Me, du psychédélique avec You’re in my Blood et de la douceur avec la sublime balade Caroline. Marc Jones donne le tempo derrière sa batterie tandis que Dom Kozubik fait vibrer sa basse apportant un son heavy bien dosé. Côté guitare, le slide est maîtrisé à la perfection, on se prend du bon rock blues dans les oreilles. Basse et tambourin accompagnent les deux voix qui s’unissent et se répondent sur une reprise carrément lascive de State Trooper de Bruce Springsteen « Mister state trooper please don’t stop me » …ouah, la température monte d’un cran, le public est conquis. Le final sera rock et déjanté avec I’ll be the First, la guitare grésille et les têtes remuent avec enthousiasme. Les membres de Kill it Kid sont gratifiés d’applaudissements chaleureux, personnellement ils m’ont bluffée!

L’entracte nous permet d’échanger nos impressions, positives, une première partie qui nous a tous très largement convaincus. 20h15, le Bikini s’assombrit progressivement et l’intro retentit : c’est au son de la bande originale Le Bon, la Brute et le Truand  d’Ennio Morricone que débarquent les Rival Sons. Venus de Long Beach, les rockers californiens sont en tournée pour défendre leur 4eme opus Great Western Valkyrie. Aussi, c’est avec Electric Man, titre phare et évocateur que s’amorce le set justement électrique. S’en suivra le très rock’n’roll Good Luck, Scott Holiday, qui porte divinement bien la moustache et le costard, fait résonner sa guitare. Un excellent riff sur lequel viendra se poser la puissante voix de Jay Buchanan. Le son est délicieusement bon! Si vous aimez le blues rock 70’s, les Led Zep ou autres The Doors, vous serez alors sous le charme du frontman. En effet, il y a un peu de Robert Plant et de Jim Morisson en lui, dans son chant et dans son attitude. Secret, All over the Road, Pressure & Time… Les rythmiques endiablées sont menées par Mike Miley, vêtu de son marcel blanc et de ses fidèles bretelles. Il fait virevolter ses baguettes sur les toms de sa batterie, doublé par Dave Beste qui fait vrombir sa basse. Le public est déjà bouillant et les premiers « oh oh oh » se font entendre, on chante, on vibre. Caché derrière sa barbe et son chapeau, le petit nouveau, Todd Ögren s’active au clavier. Puis, les oiseaux chantent et les Rival Sons s’installent sur le devant de la scène pour nous offrir un somptueux set acoustique qui démarre avec Nava. Guitare sèche, contrebasse, petit kit de batterie, maracas s’unissent et se joignent au magnifique timbre de Jay. Burn down Los Angeles, The man who wasn’t there et White noise… délicatesse et simplicité, un pur moment de beauté et d’émotion mis en valeur par un joli jeu de lights.  A cet instant, vous fermez les yeux, un frisson vous traverse l’échine et se répand dans tout votre être. C’est ça aussi la musique, ressentir… Vous remarquerez d’ailleurs que le chanteur ne parle pas beaucoup, mais il le dit : « les chansons parlent d’elles-mêmes ».  Si vous regardez ces musiciens, vous voyez qu’ils vivent le show jusque dans leurs tripes, souriant, inhalant et exhalant la musique. Scott semble être né avec une guitare dans les mains tant ses doigts délivrent les accords avec facilité. Jay, lui, chante, crie, saute, il se plie à terre, il vit et transpire son art, se livrant sans retenue. Il est temps de revenir à la réalité, le quintet se remet en place pour un second round électrisant. Torture, Tell Me Something suivis de la fameuse histoire entre elle et lui, Rich and the Poor celle avec laquelle le mot western (présent dans le titre de l’album) prend tout son sens. Un titre qui me fait penser à l’univers de Tarantino. Le quintet s’éclipse mais revient très vite, fervemment acclamé par le public. Dernière ligne droite avec  Open my Eyes, un petit solo de batterie puis un final totalement rock’n’roll sur Keep On Swinging ! Ouhhhhhhhhh yeah !

22h, les titres se sont enchaînés à vive allure ! Ce soir les Rival Sons nous ont éblouis, un show parfait, rehaussé par une technique gérée (lumière et son) au poil. C’était intense et beau, les californiens nous ont transmis leur passion avec une générosité sans limite, merci ! Merci aux british de Kill it Kid qui passaient leur dernier show en compagnie des Rival Sons et qui m’ont aussi totalement conquise ainsi qu’à Bleu Citron et au Bikini. C’est certain, cette soirée, nous nous en souviendrons…

Auteur: Fanny Dudognon

Photographe: David Torres

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