Dj Shadow and Cut Chemist playing Africa Bambaataa

8 novembre 2014 – En 2007, les petits génies des platines, DJ Shadow et Cut Chemist se produisaient au Metropolis pour leur album The Hard Sell et nous offraient une véritable performance : 2 DJs pour 8 platines avec des singles 45 tours de 7 pouces. Durant le show, la salle était pleine, les sets extrêmement bien rythmés (ouverture avec Kid Koala, excellent, comme à son habitude) et nos 2 gars comme des rock stars qui démontraient tous leurs talents (techniques)! Un pied phénoménal pour tous ceux qui ont été dépucelé des tympans par les artistes trip-hop des années 90.

Aujourd’hui, 7 ans plus tard, nos deux acolytes sont de retour à Montréal pour donner une nouvelle leçon de djing…au Théatre Corona…avec l’étage fermé…Ouch! On est loin du Metropolis blindé. La foule met du temps à s’amasser dans la salle et ce n’est pas la première partie qui retient le monde d’aller fumer une cigarette (ou autre chose) en attendant DJ Shadow et Cut Chemist. Andy Williams peine à convaincre avec son set qui mêle blues, funk et dub…

Bref, arrivent enfin nos idoles. Une entrée peu fracassante, mais ce n’est pas grave on commence à comprendre le ton de la soirée : un concert intimiste pour les amateurs de turntablisme. D’ailleurs, DJ Shadow prend dès le début le micro pour nous expliquer la performance du soir, au menu 6 platines, des mix du DJ précurseur des années 70, Afrika Bambaataa, et une collection de vinyles originaux (ils jouent sur des antiquités)! On est là moins dans la performance que dans l’hommage. En fait, on pourrait même aller jusqu’à dire que ca ressemble à une conférence TED, DJ Shadow et Cut Chemist prenant tour à tour le micro pour commenter sur les différents morceaux, outils utilisés et techniques… Les gars sont des pros et de vrais amoureux de leur art. Ils sont là pour se faire plaisir et pour éduquer le public… Et tout le monde embarque! En milieu de performance, Cut Chemist sort une drum machine de 1967, avec des basses bien lourdes, bien old school et DJ Shadow assure les percussions sur la classique Number Song. Jubilatoire! Ils savent faire le show, c’est indéniable.

Avec une première partie plutôt soul/funk/disco et une deuxième partie plus electro/hip hop, DJ Shadow et Cut Chemist nous font voyager dans le temps et on nous content l’histoire de la musique. On comprend alors aussi pourquoi leurs salles sont de plus en plus petites : ils s’adressent aujourd’hui à un public de plus en plus averti, et donc restreint. Ils finissent par suivre le même chemin que leur idole Afrika Bambaataa, décidant d’éviter le mainstream pour se concentrer sur une musique plus « poussée »/expérimentale(/intello?). Tout au long du concert jusqu’au moment de quitter la salle, la nostalgie était présente. Sur scène, pour nos 2 DJs, la nostalgie du djing original, et pour nous, dans la salle, la nostalgie de l’apogée de DJ Shadow alors au top du trip hop… En attendant un prochain album pour renouer avec son travail précédent, on replonge dans les classiques…snif.

Auteur: Thomas Daguenel

Photographe: Bianca Lecompte

Pour en savoir plus: DJ Shadow, Cut Chemist

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