Pixies est un groupe bostonnais, formé par Black Francis (guitariste/chanteur) et Joey Santiago qui étaient alors étudiants dans la même université et partageaient une vive passion pour la musique. Après quelques maquettes et démos, le duo recrute Kim Deal qui est la seule à avoir répondu à une petite annonce du groupe, dans un journal local, cherchant bassiste/choriste. Kim qui n’avait jamais fait de basse jusqu’alors, jouera et collaborera par la suite avec les Breeders (où elle rejoindra sa sœur jumelle Kelly), The Amps, ou encore Sonic Youth. Après avoir fait quelques pratiques, accompagné d’une boite à rythmes, le trio s’étoffe de David Lovering qui sera responsable des percussions ainsi que du garage de ses parents, où ils feront leurs répétitions. C’est cette même année, en 1986, que le groupe portant le nom de petits elfes, donne son premier concert. Deux ans plus tard, paraît leur premier album Surfer Rosa, produit par Steve Albini  à qui Kurt Cobain (étant un fan du premier album des Pixies) demandera de produire In Utero (troisième et dernier album studio de Nirvana). Le quatuor bostonnais va, par la suite, s’installer à Los Angeles, changer de bassiste/chanteuse, se séparer en 1993 puis, se reformer en 2004, pause durant laquelle Black Francis signera sous le nom Frank Black, son travail en solo. On doit, aux Pixies, six albums qui ont ouvert la porte au rock Alternatif et qui influenceront des groupes comme Nirvana, Radiohead, Weezers, Blur pour ne citer qu’eux. Le titre Where Is My Mind, conclut musicalement le cultissime long métrage Fight Club de David Fincher (qui a aussi réalisé Judith, vidéoclip pour A Perfect Circle, groupe dans lequel Paz Lenchantin, actuelle bassiste/chanteuse des Pixies, jouait de la basse).

Ce soir, le Metropolis de Montréal est plein à craquer. Plein et prêt, prêt à se délecter des contrastes entre les couplets calmes et les refrains énervés. Prêt à recevoir des riffs velus avec des guitares qui accrochent en laissant traîner leur feedback. Prêt à goûter à un rock puissant teinté de surf music et de punk. C’est après trente minutes d’une agréable première partie Sunflower Bean (trio de rock new-yorkais, quelque part entre The Cure et les Pixies) et un long changement de plateau terminant sur une balance de sons, que le concert commence. Les membres du groupe ont pour habitude de ne jamais jouer leurs chansons dans le même ordre à chaque show. Ce soir, Wave Of Mutilation est le titre qui ouvre le bal, le public l’entonne du bout des lèvres. Le son est un peu agressif dans les médiums aigus, les lumières puissantes. Durant les une heure et quarante-cinq minutes de concert, entre toutes les chansons, un liseré jaune de lumière éclairera les dos du quatuor. Il en jaillira des silhouettes noires biens découpées sur un fond jaune orangé.  Le groupe enchaîne les titres sans blabla. On a droit à un Black Francis en forme, qui alterne (tout comme il le fait avec ses guitares acoustiques vs électriques et ses sons disto vs sons clairs) les chansons où il hurle (Something Against You, Crackity Jones, proche du style hardcore), où il parle (Subbacultcha), où il chante punk, mélodique et énergique mais sans souci d’une éventuelle recherche de justesse dans la voix (Brick Is Red ou encore Nimrod’s Son) ainsi que celles où il chante plus pop (Ana, Magdalena ou encore Bel Esprit en duo avec Paz). C’est certain, les pauses et attitudes des membres du band, ne les encombrent pas. Il n’y a pas plus de jeu scénique chez les Pixies que chez Édith Piaf  mais tout comme pour la môme, on trouve chez les membres du groupe, une prestance, un charisme et une spontanéité saine en ces temps où il est devenu la norme de faker en studio comme sur scène. Non, pas d’artifice ce soir!

L’efficacité, l’énergie et la cohésion sont au rendez-vous. Le public le sent bien et scande les naaaaa naaaaa! de l’intro de All The Saint ou encore, chante à tue-tête les ooOOOouUUuuuh oOOooouUUuuh! de Where Is My Mind qui clôturera le concert avant l’unique chanson de rappel, chantée par Paz, Into The White, pièce durant laquelle stroboscopes et fumigènes seront utilisés à outrance. La boucane va tellement se concentrer sur la scène  qu’elle va finir par se diffuser sur le public qui va être envahi par un brouillard danse jusqu’à ce que les lumières de la salle s’allument en marquant la fin du concert. Certains auront même sorti leurs vapoteuses histoire de participer à l’épais, chaotique et décadent Into The White. Les sourires et regards satisfaits voire béats sur les visages de la foule quittant le Métropolis, me feront presque oublier la lenteur de la file d’entrée due aux fouilles minutieuses, ainsi que le manque de basse guitare dans le mix de son.

Auteur: Ousman N’Dong

Photographe: Sophia Khmil

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