Piers Faccini - Beating Drum Records

05 mai 2015 – Le public n’est pas nombreux ce soir au Metronum et c’est dans la petite salle que se déroulera le concert. 20h40, c’est une brunette lookée garçonne et coiffée d’un chapeau qui vient se placer sur la scène où se mêlent batterie et guitares acoustiques, empoignant une de ces dernières au passage. Elle nous salue et entame une setlist folk. Ses chansons chantées en français, traitent du bonheur des uns, du chagrin des autres, de l’amour et de sa complexité, et de ses préjugés. Ouvrir la soirée devant un public encore timide, qui n’est pas le sien, n’est jamais un exercice facile et pourtant la jeune femme ne se démonte pas et fait preuve de beaucoup d’aisance. Le public se prête volontiers au jeu quand elle nous invite à soupirer des “Bébé” et “Oh oui” pour accompagner le langoureux morceau Fais tout. Les chansons s’enchainent, elle ne manque jamais de nous remercier après chacune d’elles et pourtant nous ne savons toujours pas qui elle est. La modeste songwriter ne dévoilera son identité que lorsque la question viendra du public juste avant sa sortie. C’est donc Syka James qui assurait la première partie.

Ce soir Piers Faccini ne sera pas seul sur scène, il sera entouré des artistes qui ont signé sur son récent label, Beating Drum Records. 21h30, le concert commence en douceur avec sa voix a cappella. Sur le morceau suivant, il se fait rejoindre par Horsedreamer le projet solo de Roger Robinson, chanteur trinidadien issu du groupe de dubstep King Midas Sound. Piers à la guitare accompagne le poète dub de ses choeurs, le batteur italien Simone Prattico vient rejoindre la scène ajoutant des percussions très atmosphériques, ensemble ils nous emportent avec le titre Bolder. Piers nous invite d’ailleurs à nous rapprocher de la scène. On apprends alors que cette soirée est la première représentation du label. Quel honneur d’expérimenter cela avec eux. Piers Faccini nous explique la genèse du projet : le ras-le-bol d’une lutte continuelle avec les maisons de disque pour défendre ses projets artistiques l’a poussé à démarrer ce “family business” qu’il gère avec sa femme. Et il est bien décidé à défendre la “slow music” autant que ceux qui défendent la “slow food”. Seul le duo Prattico/Faccini est maintenant sur scène, Simone n’utilise jamais de baguettes sur sa batterie mais plutôt des balais qui caressent cette dernière (une technique utilisé dans le milieu du jazz), combiné à la folk de Piers on est proches de la sorcellerie musicale. Le producteur invite maintenant un autre de ses talents : Yelli Yelli et c’est avec le morceau Yemma que l’on découvre son chant kabyle escorté par la guitare de Faccini. La poésie musicale de ce soir se métisse et nous ballade. Pour terminer son set la jeune femme prendra elle aussi une guitare tandis que Piers ajustera un harmonica en sus de sa guitare. Pour la dernière partie de soirée Piers Faccini fait entrer en scène Jenny Lysander, une jeune songwriter suédoise de 20 ans, qu’il a repéré sur Youtube après qu’elle ai posté la cover d’une de ses chansons. Ensemble ils interprètent Black Rose sur laquelle il utilise toujours son harmonica.

Cette Beating Drum Night nous a offert une soirée de délicatesse musicale, un live intimiste qui restera dans les coeurs et mémoires des toulousains présents ce soir.

Auteur : Vanessa Eudeline

Photographe : Emilie Sablik

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