Peter Gabriel Zénith de Toulouse 2014/11/16 Credit : CHARDON/DALLE

16 Novembre 2014  – Dimanche pluvieux, dimanche heureux ? En tout cas à 19h, nous pénétrons dans un Zénith plein à craquer. Les toulousains se sont rassemblés en nombre car ce soir, c’est un grand Monsieur qui se produit à Toulouse. En effet, l’ex-membre fondateur de Genesis, Peter Gabriel, nous rend visite à l’occasion de sa tournée So live. L’album So sorti en 1987 a permis au chanteur de devenir une star mondialement connue et admirée. Afin de célébrer comme il se doit les 25 ans de ce gros succès, l’anglais a rassemblé la formation mythique de l’époque : Manu Katché (batterie), Tony Levin (basse) et David Rhodes (guitare).

Ce sont les deux choristes de Peter Gabriel qui ouvrent le spectacle un peu avant 19h. Les deux suédoises s’installent à l’avant de la scène, chacune accompagnée de son instrument.La blonde, Linnéa Olsson munie se sont violoncelle et la brune, Jennie Abrahamson jouant du piano et du xylophone électronique. Les jeunes femmes nous font découvrir leur musique et leurs voix, parfois à deux comme avec Hard To Come By et la sublime Snowstorm mais aussi à tour de rôle. Linnéa nous offre une très belle prestation sur Giddy Up !, une chanson prenante et pleine de douceur. Jennie à une voix qui se rapproche par moment de celle de Kate Bush, claire et puissante à la fois. Deux femmes, deux univers. Une belle première partie avec de vraies artistes aux superbes voix qui se terminera vers 19h20. A découvrir plus amplement à la maison.

Il faudra un petit moment pour que les techniciens achèvent l’installation de la salle. A 19h40, les lumières restent allumées et Peter Gabriel s’installe devant son piano chaleureusement accueilli par le public. C’est en toute simplicité et avec beaucoup d’application qu’il s’adresse à nous en français afin de nous présenter le “menu” de ce soir. En effet, il va nous servir une entrée avec des titres en acoustique, un plat plus électrique et un dessert riche en émotion. Peter nous dit : “un ami me disait que dans le futur, la beauté se nicherait dans l’imperfection et je vous promet beaucoup de beauté ce soir”. Alors place au show, place effectivement à beaucoup de beauté. Le set démarre donc sur un nouveau morceau Daddy Long legs, version piano/voix et contrebasse. L’ensemble du groupe fait son apparition sur Come Talk to me, et une chose est sûre, à 64 ans ce grand Monsieur n’a rien perdu de sa voix ! Bien au contraire, avec le temps elle s’est même bonifiée pour le plus grand plaisir de mes oreilles.  Le rythme s’accélère lorsque retentissent les premières notes de Shock The Monkey subtilement remise au gôut du jour, le refrain est repris en chœur par le public. C’est au beau milieu de Family Snapshot que les lumières s’éteignent et que la scène s’embrase. Les tubes vont s’enchaîner : Secret World, No Self Control, Solsburry Hill, le tout est brillamment mis en valeur par un show lumineux resplendissant. Techniciens sur nacelles, projecteurs, spots robotisés, écrans géants, caméras et énorme structure lumineuse, tout est là pour nous éblouir. Vient enfin Red Rain, premier titre de So, on entre dans le vif du sujet. Les musiciens sont au top, Manu Katché, frappe le rythme avec décontraction. David Sancious tout sourire, papillonne entre clavier, accordéon, guitare… David Rhodes s’amuse sur sa guitare, et Tony Levin nous guide avec sa rythmique à la fois rock et groovy. Viendront ensuite les tubes interplanétaires Sledghammer et Don’t Give up en duo avec Jennie. Les spectateurs, en famille, en couple, entre amis, sont venus nombreux et semblent heureux d’être ici, chantant et dansant tous ensemble. Moment d’émotion durant Mercy Street, Peter Gabriel s’allonge au centre d’une spirale. Sans prétention il se laisse aller sur cette doucereuse mélodie, emportant chacun de nous avec sa sublime voix, ce timbre si particulier. Pendant un instant le temps s’est arrêté. Revenons à la réalité, le groupe nous réveille avec le très funky Big Time avant de mettre le feu au Zénith pour l’envolée finale. La scène se transforme alors en arc-en-ciel, les couleurs de la tolérance, un message fort véhiculé dans In Your Eyes succédée par The Tower That Ate People. A la fin de ce morceau très rock, Peter est englouti par la structure cylindrique accrochée au plafond qui dévoilera une magnifique torsade lumineuse. Une composition éblouissante. Enfin, le concert se termine par un hommage aux militants disparus et plus particulièrement à Stephan Biko tué en 1977. C’est sur l’image d’un Zénith rempli de poings levés par un public chantant Biko à l’unisson que s’achève ce concert mémorable.

Deux heures de show que je n’ai pas vu passer, aveuglée par la beauté du spectacle et impressionnée par ce Monsieur, ce grand artiste si humble à la voix d’or qui à bercé mon enfance. Félicitations à tous les musiciens et techniciens qui ont vraiment fait un travail remarquable, et bien sûr, à Peter Gabriel qui à su orchestrer ce spectacle d’une main de maître. C’est les yeux remplis d’étoiles et les oreilles pleines de grâce que je quitte le Zénith de Toulouse.

Photographe: Antony Chardon

Auteur: Fanny Dudognon

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