On a eu droit à un concert des plus variés mardi soir avec des noms que l’on voit pas souvent…et même que l’on n’avait jamais vu à Montréal jusqu’à maintenant. Le groupe israélien Orphaned Land était enfin de retour, sept ans depuis leur dernier passage en ville. Le groupe Pain du légendaire Peter Tägtgren et Voodoo Kungfu assuraient la première partie et si on se fit à la densité de la foule déjà présente, ça allait être une bonne soirée.

Voodoo Kungfu : Le malaise chamanique

J’avais déjà entendu parlé du groupe chinois Voodoo Kungfu grâce au documentaire Global Metal et déjà je trouvais la sonorité du groupe vraiment unique et bizarre. Comme son compatriote de Tengger Cavalry, le leader du groupe Li Nan a déménagé aux États-Unis pour reformer le groupe avec d’autres membres. Habillés de vêtements traditionnels et d’un masque faisant penser à Scarecrow dans Batman Begins. le chanteur et ses acolytes se sont présentés sur la scène des Katacombes devant une foule fascinée mais un peu inquiète quant à la prestation à venir. Ce que j’ai vu ce soir m’a laissé assez perplexe et, avec du recul, je n’ai pas tellement apprécié leur performance. Les chansons se suivaient et se ressemblaient beaucoup trop et côté sonorité, ça ressemblait à un mélange de Sepultura du temps de Roots et de System Of A Down avec une touche asiatique. Quand ton guitariste a une sept cordes mais n’utilisent que 2-3 d’entre elles, tu te demandes en quoi c’est pertinant. Li Nan, torse nu et couvert de tatouages qui lance des cris très animaliers, qui crache partout et qui te tape très fort sur la tête…c’est pas nécessairement très intéressant non plus, c’est juste trop pour pas grand chose. Durant la dernière chanson, il s’est renversé une coupe de plastique pleine de sang sur la tête, et je me suis même demandé si c’était vraiment nécessaire. Musicalement, je n’ai pas trouvé Voodoo Kungfu intéressant et je les mettrais seulement aux rangs des curiosités, rien de plus.

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Pain : De l’industriel classique, mais répétitif

Bien que Peter Tägtgren soit venu plusieurs fois à Montréal avec Hypocrisy, c’était la première fois qu’il se produisait avec son autre projet Pain. La salle était pleine à craquer et on voyait qu’une grande partie de la foule était venue que pour eux. Dès que le groupe est apparu, les gens présents se sont déchaînés et la chaleur est devenu assez intense. Les musiciens ont montré une excellente énergie tout au long de leur prestation et, sérieusement, si tu headbangais pas, tu devais être mort! Ils ont joué plusieurs chansons tirées de la plupart de leurs albums comme Suicide Machine, Dirty Woman et Pain In The Ass. Malgré toute cette belle énergie, j’ai trouvé que beaucoup de chansons se ressemblaient entre elles et, à mon goût à moi, les paroles ne sont pas assez recherchées. En guise de conclusion, on a eu droit à Shut Your Mouth, moment où la foule a le plus participé. Les fans avaient l’air amplement satisfait de leur prestation, c’était divertissant, mais pas très mémorable.

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Orphaned Land : Divinement excellent

J’ai eu la chance de voir Orphaned Land à deux reprises dans le passé et j’ai toujours été amplement satisfait. Le groupe nous propose un métal de qualité, teinté d’influences progressives et folkorique qui rendent leur son unique. Prônant la tolérance et la paix entre tous, c’est assez rare d’entendre des messages aussi foncièrement positifs dans le métal de nos jours. Devant une foule qui s’était quelque peu réduite, ils ont entamé leur succès Ocean Land, un choix d’entrée des plus judicieux. N’ayant pas sorti d’album depuis All Is One sorti en 2013, le groupe a pigé dans ses quatres albums et leurs choix ne m’ont pas déçu du tout! Passant de chansons plus vieilles comme El Meod Na’Ala jusqu’aux chansons comme Brother et The Simple Man, il y en avait pour tous les goûts. Le moment fort de la soirée pour moi a été l’interprétation de Birth Of The Three (The Unification) et The Kiss Of Babylon (The Sins) où le chanteur Kobi Farhi a montré ses talents d’entertainer. Orphaned Land ont visiblement l’air d’aimer leurs fans et ça fait plaisir à voir! En guise de dernière offrande, on a eu droit au classique Norra El Norra suivi de la finale de Ornaments Of Gold. Encore une fois, Orphaned Land ont offert une performance impeccable et j’espère fortement qu’il ne faudra pas attendre un autre sept ans avant de les revoir.

Setlist : Ocean Land, The Simple Man, All Is One, Let The Truce Be Known, Barakah / The Kiss Of Babylon (The Sins), Brother, The Birth Of The Three (The Unification) / Olat Ha’tamid, Sapari, El Meod Na’Ala, In Thy Neverending Way, Halo Dies (The Wrath Of God), Norra El Norra / Ornaments Of Gold

Auteur : Maxime Pagé

Photographe: Romy Del Signore.

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