Obey The Brave
 12 avril 2015 – Nous avons eu quatre jours pour nous remettre de l’excellent concert Madball + Alea Jacta Est qui s’est déroulé au Connexion Live. Ce soir le lieu est différent mais THS nous permet de prolonger cette immersion dans l’univers metal/hardcore en compagnie d’Obey The Brave, Malevolence, Napoleon ainsi que Kublai Khan.

20h, je me radine au Metronum et là, que vois-je ? C’est presque vide ! Bon, on peut comprendre que Madball le 8 et Sick Of It All le 13 ça plombe le budget de la semaine. Il faudra faire avec, et les membres de Kublai Khan s’avancent sur la scène à 20h15. Originaire du Texas, ce groupe de metalcore sortait un second album Balancing Survival and Happiness en 2014. Leur musique est « rentre-dedans » à la fois acerbe et  énergique. Les riffs, assurés par Nolan à la guitare et  Eric à la basse, sont lourds et puissants rappelant par moment le son de MeshuggahMatt, caché sous sa casquette nous balance un chant agressif manquant malheureusement d’amplitude. C’est Isaac qui donne le rythme, parfois lent, parfois plus groovy. L’ensemble est intéressant et le groupe ne se démonte pas face à ce public indigent mais néanmoins encourageant, des petits mouvements se produisent par-ci par-là. On entendra des titres tels que Balancing Survival and Happiness ou The Guilty Dog, un set de 20 minutes, propre mais manquant de folie.

Les suivants sont les anglais de Napoleon qui étaient au Connexion Live l’an dernier avec Architects. J’avais vraiment bien aimé leur musique, ce mélange de metalcore, groove metal et de metal mélodique qui leur donne une véritable identité. Le Metronum s’assombrit, il est 20h50 quand ils débarquent sur scène applaudis par un public légèrement plus garni. La jeune bande (2011) va nous balancer des morceaux comme Stargazer, Liars and Sellers ou Brought Here To Suffer clairement efficaces ! Le nouveau chanteur, Wes, est une boule d’énergie qui saute et tourne dans tous les sens tout en préservant la qualité de son chant. Sam, ou les doigts de fée, nous délivre ses accords ultra mélodiques et techniques. Le son de sa guitare retentit faiblement dans la salle mais, par chance je suis devant lui et l’entends convenablement. Posé derrière sa batterie, James fait varier la cadence avec fluidité, sa frappe est franche et ultra groovy : le rythme dans la peau ! C’est aussi le cas de David  qui fait vibrer sa basse tout en gigotant. Dans le pit ça commence à chauffer et les circle pit sont déclenchés, ça bouge bien. Une fois de plus, Napoleon a su m’emporter dans cet univers à la fois violent, mélodieux et aérien. Good!

21h40, c’est l’heure de retrouver Malevolence. Un retour prématuré (mais attendu) dans la ville rose, puisqu’ils étaient à la Dynamo il y’a moins de 6 mois aux côtés de Dying Fetus, Goatwhore et Fallujah. On pourrait aussi dire Mâles et Violence, cet hybride alliant metalcore, death, heavy et groove va nous déboîter le cerveau.  Comme le dit le vocaliste: « let’s go motherfuckers, move the fuck up !» Nous allons avoir droit à une succession de morceaux: Condemned To Misery, Eternal Torment, In the Face Of Death… Le chant du charismatique Alex est hyper puissant, accompagné par des riffs tantôt lourds tantôt mélodiques assurés par Josh ansi que Konan. Ce dernier, très à l’aise sur scène, gère également les chœurs et sa voix me fait cruellement penser à celle de Phil Anselmo, écoutez donc Serpents Chokehold (il force quand même un peu, j’ai bien cru que sa jugulaire allait péter).  Wilkie se démène à la basse, faisant vrombir ses cordes, c’est dense et bourru. Enfin, c’est Charlie qui s’active derrière ses fûts, blast beat, double pédale, on y va franchement ! Dans le pit les gens s’agitent également avec ferveur en écho à l’énergie délivrée par Malevolence car en effet, l’ensemble du quintet se lâche. Circle Pit, pogo, karaté, c’est la bagarre ! Cette fois, j’ai pu assister au set dans son intégralité,  c’était excellent: explosif ! Waouh !

On passe à la tête d’affiche avec Obey The Brave. Venu du Canada et formé en 2012, ce groupe de metalcore/hardcore réunit les anciens membres de Despised Icon et Blind Witness. Leur deuxième album Salvation sortait l’an dernier. C’est à 22h30 que les lumières du Metronum s’éteignent une ultime fois. Les canadiens apparaissent et les premiers accords de Raise Your Voice retentissent. Le refrain sera repris en chœur par l’assemblée qui,  vraisemblablement, l’attendait. Alex Erian est un excellent frontman, il sait comment chauffer son public et gère parfaitement son scream. Up In Smoke, C’est La Vie, Back In The Day, Short Fuse… Les morceaux sont assez variés, on passe de gros riffs bien pesants à des mélodies pêchues plus dansantes. En ce qui concerne les paroles, les textes sont fédérateurs et les refrains marquent les esprits. Les guitares résonnent dans les mains de John Campbell et Terrence Mc Auley et la basse est jouée par Cory Wilson. Les trois mecs sont aussi fougueux que le vocaliste, ils occupent pleinement l’espace sautant de tous les côtés, j’en ai presque le tournis ! Au fond, posté à la batterie, Stevie Morotti donne tout, frappant la cadence avec véhémence. C’est reparti pour les circle pit et compagnie, nous sommes peu nombreux mais l’ambiance est tout de même au rendez-vous : ça brasse dans la cabane ! Les membres hyperactifs d’Obey The Brave devront reprendre leur souffle entre chaque titre : Full Circle, Garde la tête froide…et puis finalement : Grim et Get Real : « don’t lose your head » voilà ce qui tournera dans ma tête en cette fin de soirée. Un très bon show, merci les mecs !

Encore une belle sauterie grâce à THS en compagnie de 4 groupes de qualité et très sympathiques. Déçue quand même du petit nombre de présents, les autres, vous avez loupé un sacré concert ! Mention spéciale à Malevolence pour la branlée! On se retrouve demain, même heure, même lieu pour Sick Of It All.

Auteur: Fanny Dudognon

Photographe: Clément Costantino

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