Les lieux de la scène Loto-Québec au Parc de la Francophonie sont déjà bien remplis en cette soirée du 12 juillet au FEQ avant que ne s’avance cette haute silhouette à la chevelure ébouriffée. Présenté comme un spectacle vrai et introspectif, Mathieu Holubowski ne demeure certainement pas figé à l’apparence de ces prétentions. Nous avons en effet droit à un tour d’horizon plus vaste que mes appréhensions  face à cette soirée. C’est sous une jolie synthèse de ce qui s’apparente à du Bon Iver, du Patrick Watson, des inspirations folk diverses et même quelques morceaux post-rock d’instrumentalisation vaporeuse à la Mogwai que s’écoule une heure contemplative.

C’est donc en solo que Matt amorce le spectacle, sous le silence appréciatif de la foule. Consciente des risques de sa propre pollution sonore, elle tente d’empiéter le moins possible sur la voix du chanteur semble-t-il, lui permettant de remplir les lieux de la mélodie d’un habile « fingerpicking »  mêlé à une voix haute, doucement perchée.

La première partie du spectacle sera ainsi poursuivie dans une atmosphère douce et flottante où se joignent plusieurs musiciens, dont une section de cordes (violons, violoncelle et contrebasse) s’agençant très bien aux morceaux d’Holubowski. Des murmures de contentement se font entendre,  la voix et les cordes pénètre la foule et l’atteint bien émotivement pour certain-e-s.

Après un bon moment de volatilité, c’est I am the king qui marque un changement d’ambiance dans la représentation.  La foule sort de ses rêveries pour s’animer et bouger sur les temps plus pesés du morceau.

Nous verrons par la suite Matt interpréter une de ses moins communes chansons francophones : L’imposteur, en solo encore une fois, puis incorporer un harmonica au reste de la formation pour y aller d’un air de folk plus traditionnel.

Pour clore sa représentation, Holubowski range ses instruments et se concentre sur sa voix, transportée par la mélodie de l’ensemble des cordes sur scène. Nous avons droit à une conclusion sentie tout à fait réciproquement.

D’une douceur bien émotive, les morceaux de Matt Holubowski semblent avoir vagabondé longtemps dans l’esprit du jeune compositeur pour parvenir à toucher l’âme du public si facilement. Le spectacle qu’il a offert s’apparentait plus à une expérience auditive bien cousue qu’à une série de singles me semble-t-il. L’humilité et/ou la timidité qu’il affichait ne faisaient sentir aucune froideur, mais plutôt un effacement volontaire dut à l’intention d’une forme de représentation bien particulière, sujette aux méandres introspectifs. Cela va sans dire, l’artiste gagnera de l’aisance scénique avec l’expérience, mais ce n’est certainement pas par hasard qu’on lui attribue le prix Espoir FEQ pour la programmation de 2017.

Auteur: Frédérick Deschênes

Photographe: Marie-Jade Morneau

 

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