Matmatah

Jeudi 23 Mars 2017 – C’est avec grand plaisir que nous retrouvons ce soir au Bikini le groupe Matmatah, moins d’un an après leur reformation en 2016. L’occasion pour nous de découvrir sur scène un groupe mythique au plus de 20 années d’expérience, pour eux de promouvoir leur tout nouvel album, Plates Coutures, sorti le 3 mars dernier.

Mais commençons par le début, avec la très bonne première partie du groupe Volin. Jeune groupe montpelliérain aux influences très variées, ils proposent un rock indé dont les paroles sont particulièrement intéressantes. Bien loin de la résonance révoltée d’une partie du rock français, les trois jeunes français (un chanteur/guitariste, un bassiste/claviériste et une batterie) ont préféré le verbe poétique. Ajoutez à cela une musique psyché, planante et parfaitement rythmée par un batteur talentueux ; le résultat est saisissant. Leur dernier album, Volcan qui sort le 31 mars 2017 (2 release, une a paris le 28.03 et une à Montpellier le 31.03) est largement représenté ce soir dans la tracklist du groupe et renouvelle le genre du rock français en y ajoutant un côté anglo-saxon poétique pour un mélange qui nous a convaincu. Leur prestation scénique a été qui plus est à la hauteur. On y retrouve trois musiciens complices, concentrés et à fond dans ce qu’ils font. Leurs titres Volcan et Canon, nous semblent notamment emblématiques de leur genre, et l’on ne saurait trop vous conseiller de les découvrir rapidement : ce sont surement les talents de demain.

En écoutant Volin, on se rend bien compte de la logique dans la programmation du Bikini ce soir. Deux groupes de rock français, l’un planant et poétique, l’autre engagé et enragé. Nous avions un peu peur de voir comment Matmatah se portait après tant d’années d’absence : rassurez-vous, ils vont bien. Ils vont très bien même, et nous ne lésinerons pas sur les éloges : ils sont toujours aussi rondement menés par le chanteur et leader du groupe Tristan Nihouarn aka Stan. C’est dans un Bikini chauffé à bloc que le groupe breton a mis l’ambiance pendant toute la seconde partie, à grand renfort d’hymnes devenus mythiques comme celui d’Emma, entonné en cœur par toute la salle. On a eu l’occasion en même temps de découvrir certains des morceaux du nouvel album, comme Nous y sommes, Petite frappe ou le très réussi Lésine pas. Encore plus rock, encore plus entêtant ; on retrouve sans problème l’âme du groupe. Le public était visiblement content d’entendre de nouveau les airs dynamiques de la bande, en témoignent pogos, drapeaux bretons, slams et même la montée sur scène d’un fan, décidé à faire la bise au chanteur visiblement amusé et étonné d’un tel engouement. Réciproquement, c’est un leader proche du public que l’on découvre, et qui comblera les temps de pause par des petits propos distrayants et un partage de motivation très efficace.
Ils finiront évidemment sur l’hymne plus que célèbre Lambé An Dro, cela avant un retour qui est venu clore une soirée parfaitement réussie.

Entre poésie et engagement, rock planant et rock virulent, groupe mythique et groupe prometteur ; c’est encore une belle affiche qui a tenu toutes ses promesses ce soir à Ramonville. Loin de nous de vouloir mystifier Volin et Matmatah, mais nous en faisons volontiers ici l’apologie au vu de leurs prestations respectives.

Auteur : David Vacher

Photographe : Jérôme JACQUES

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