Samedi 25 novembre – Nouvelle soirée rap indé au Rex avec une scène qui va être tour à tour partagée par l’1probable MC, Robse, la plume noire et Lucio Bukowski ; mais aussi par le grand beatmaker Oster Lapwass.

C’est un début de soirée improbable qui s’offre à nous vers 19h30 … et pourtant l’heure n’est pas au premier des rappeurs. Une intro musicale tandis que la soirée était pourtant dense en artistes mais qui permettra de se mettre doucement dans l’ambiance avant l’arrivée de l’1probable MC, mais aussi de la clique Label Étoile qui débarquera sur scène directement depuis le public. Un freestyle à 6 ou 7 permettra de rentrer dans le sujet d’une bien belle manière, avant de découvrir le talent de l’1mprobable. On découvre des instrus lourdes, des paroles aiguisées pour un rap super efficace. On reconnaît aussi, au fil d’un freestyle, sa capacité d’impro dont il fait souvent preuve au sein du collectif toulousain Kilotone. Bref : une nouvelle preuve que le rap actuel regorge de surprises à découvrir.

Une autre belle surprise : Robse. Nous le connaissions déjà de part ses nombreuses collaborations avec Oster Lapwass et son feat avec Lucio Bukowski sur Stress et Palettes. Il apparaissait aussi sur le freestyle mythique proposé par l’Animalerie : n°02062014.2 avec pêle-mêle Vald, Anton Serra ou Lucio Bukowski. Mais ce soir, c’est surtout pour nous présenter son dernier album, Colibri, que le MC est venu poser au Rex. L’une des belles découvertes du Demi-Festival nous dévoilera tout un univers, très intéressant parce qu’assez personnel et singulier.

Enfin, c’est au tour de Lucio d’entrer en scène. Au vu de la réaction générale, la majeure partie du public l’attendait de pied ferme pour entonner avec lui ses titres les plus connus, mais aussi les nouveautés de son dernier album Requiem / Nativité sorti la veille. Il prouvera encore une fois qu’il a sa place dans le rap indépendant, notamment au travers de textes magnifiquement écrits par une plume toujours acérée et maîtrisée à souhait. Sur scène, guère de spectacle ni même de mouvement, mais les prods ultra efficaces d’Oster Lapwass et le flow lyrique de Lucio Bokowski se suffisent à eux-seuls, pour un intense moment de rap comme on les aime. Reste désormais à le découvrir autrement, grâce par exemple à sa maison d’édition Les Gens du Blâme ou encore grâce à son recueil de poèmes intitulé Je demeure paisible au travers de leurs gorges.

En attendant, il aura sublimé ses paroles pour clore avec beauté une soirée riche de qualité, entre prods excellentes, textes lourds et flow puissant.

Photos et auteur : David Vacher