Lisa Leblanc, un nom qui impose de plus en plus sa présence sur la scène country folk québécoise, a su justifier une fois de plus l’attention que le public donne à sa musique rustre et rassembleuse.

Entrant sur scène, grand sourire aux lèvres, avec des salutations chaleureuses pour sa foule qui lui rend énergiquement office, elle ne se fait pas prier pour donner le pouls rock et animé de la soirée en ouvrant avec Voodoo Woman, dans un épais nuage de fumée verte projeté sur la scène.

Solidement accompagnée par un ensemble de musiciens talentueux, dont Mico Roy de Les Hotesses d’Hilaire, la chanteuse originaire d’Acadie nous offre des performances bien inédites. En effet, la structure musicale soutenue par le restant du groupe (nous pouvons compter plus de 3 guitares sur scène), elle se permet de s’amuser dans un rapport léger et plein d’authenticité face à ses propres compositions, enchainées sous forme de “pot-pourri” du contenu de ses trois albums. Passant de la guitare au banjo, de la mandoline au triangle dans un contentement bien convaincant, elle démontre une bien belle aisance à animer dans la rigolade un public si vaste.

Veillant à conserver un rythme embrasé continu, la formation offre tout de même un bref “interlude” ou les cœurs s’attendrissent instantanément; Lisa invite sa mère et ses tantes sur scène pour chanter en chœur son fameux titre, Aujourd’hui Ma Vie C’est D’la Marde, en rigolant de façon complice avec sa mère sur le fait qu’il ne s’agit pas du morceau préféré de cette dernière.

Après cet hymne rassembleur et un solo de banjo sur les plaines (petit fantasme révélé de la musicienne folk), le groupe métal canadien Voivod rejoint l’artiste sur scène sous les fortes acclamations du public. C’est à cœur joie que les deux formations s’assemblent pour performer Gold Diggin’ Hoedown et Ace of Spades, dans une ambiance plus thrash et d’une satisfaisante violence. Ce moment nous donne d’ailleurs droit à la synergie de deux groupes complets, apportant deux couleurs s’agençant surprenamment bien. Le public assiste ainsi à un échange musical entre guitaristes, batteurs, bassistes et chanteurs dans une atmosphère de plaisir des plus communicatrice.

Ne se faisant pas beaucoup attendre après avoir quitté la scène suite au morceau à l’air “bluesy” Why Does It Feel So Lonely (When You Are Around)?, la chanteuse revient face à un public bien content de poursuivre. Une fois de plus, elle nous démontre reconnaissance de ses origines en invitant sa mère pour interpréter dans un doux duo Kraft Dinner, puis ensuite clore avec I Love You, I Don’t Love You, I Don’t Know.

Dans une année de forte représentation médiatique avec entre-autre une performance sur la colline du parlement (150ème du Canada), ainsi qu’une première expérience des plaines d’Abraham, Lisa a su aborder le tout avec la légèreté et la gaieté contagieuse qu’on lui connait. Dans le digne rôle de l’artiste à la notoriété encore jeune, elle nous exprime le bonheur sincère qu’elle vit à performer ou elle se trouve, face à un public si participatif.

Auteur: Frédérick Deschênes

Photographe: Marie-Jade Morneau

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