Linkin Park

18 Juin 2017 – C’est une météo sans pitié qui nous attend pour ce dernier jour, avec des températures caniculaires et un ciel d’un bleu aussi enthousiasmant que désespérant. C’est également à cause de cela qu’aura lieu le deuxième gros problème de cette édition 2017 : à cause de ces températures extrêmes, le festival subira dès le milieu de l’après midi une pénurie d’eau potable, obligeant l’organisation à fermer certains points d’eau et occasionnant une énorme attente aux points d’eau restants. Ce sont, avec la poussière, les deux problèmes sur lesquels a promis la direction du festival de plancher pour l’année prochaine. En attendant, les festivaliers se sont rabattus sur la solution la plus simple concernant la soif : la bière, battant le record de consommation du festival avec pas moins de 1.4 millions de demis vendus !


Vôdûn (11:40-12:10 // Valley)

Nous attaquons cette dernière journée plus en douceur, sous la Valley où nous allons découvrir un groupe assez peu connu nommé Vôdûn. Le trio né en 2013 et originaire de Londres intrigue par son style singulier, mélange de stoner psychédélique et sonorités ethniques. La Valley est bien remplie pour une fin de matinée, preuve que la bande a attisé la curiosité des festivaliers.

The Marassa (guitare), Ogun (batterie) et Oya (chant/percussions), apparaissent dans leurs boubous africains très colorées et grimés de maquillages de style tribal, ils prennent place et entament le set. Le son n’est pas mauvais du tout, en tout cas depuis la console c’est bien équilibré,  il faut cependant s’habituer à l’absence de basse et au style plutôt décalé de Vôdûn. Les modulations rythmiques assurées par Ogun ont un effet galvanisant, cette nana envoie du lourd, son jeu est propre et ultra groovy j’adore. Le jeu du guitariste est fluide, il alterne entre riffs très stoner et plans plus mélodiques. Oya quant à elle, nous fait une belle démonstration de chant, son timbre est à la fois puissant et chauds, rappelant par moment Beth Ditto. J’aime beaucoup ce grain chaleureux mais j’ai plus de mal lorsqu’elle monte dans les aiguës. Non pas qu’elle le fasse mal, bien au contraire, je trouve juste que c’est “too much”. La chanteuse double son chant en jouant des percussions : djembé, grelots, tambourin… une belle panoplie qui permet d’agrémenter les compositions de sonorités tribales, envoûtantes, qui vont de paire avec les refrains lancinants. Il faudra attendre la fin du concert pour entendre le titre phare Mawu, issu de leur unique album Possession (2016) et qui remporte bien évidemment tous les suffrages.

Vôdûn nous aura ensorcelés à coup de vaudouisme musical, on regrettera néanmoins le manque total de communication avec le public qui aurait été un vrai plus.

 


Welicoruss (12:15-12:45 // Temple)

 


Prong (12:50-13:30 // MainStage 2)

Il est 12h50 et le soleil tape fort, très fort: crème solaire, casquette, lunettes de soleil, nous sommes parés pour un concert devant la Mainstage 2. Prong jouait déjà en ces lieux en 2013, même scène, même créneau horaire, les voici de retour après une tournée américaine aux côtés de Testament et Sepultura. Nous avions également eu l’occasion de voir le groupe à Paris en octobre dernier en compagnie d’Exodus et Obituary, le show avait été très bon malgré le timing serré. La bande officie toujours en tant que première partie durant un court laps de temps, on ne loupe donc pas une occasion de les revoir. Le trio new-yorkais, maître du groove metal fait son entrée avec Ultimate Authority issu de leur album X (No Absolute) sorti en 2016. Le son est très propre et comme à leur habitude, Tommy Victor (chant/guitare), Mike Longworth (basse) et Arturo Cruz (batterie) balancent leur titres avec énergie. Le frontman est sans cesse en train de motiver la foule qui  semble, malheureusement, avoir bouffé des calmants: les gens sont d’une mollesse impressionnante, ce qui finira bien évidemment par agacer Tommy (et on le comprend). J’ai énormément de mal à saisir le pourquoi du comment, les titres sont punchy à souhait. Prong c’est: des rythmiques groovy ultra entraînantes, des riffs incisifs, des refrains éloquent et des zicos carrés et toujours dynamiques. En tout cas, nous sommes un petit groupe à l’arrière, on se régale, on danse, on chante, porté par les ondes positives qui se dégagent des compos.  Malgré le manque d’enthousiasme de la part du public, les gars assureront jusqu’au bout, nous livrant un peu moins de dix titres et achevant le set avec le combo dévastateur Whose Fist is the Anyway? / Snap Your Fingers, Snap Your Neck, les deux bombes de leur incontournable album Cleansing sorti en 94.
Encore une fois, c’est trop court et nous n’aurions pas craché sur quelques morceaux de Carved in Stone.

Espérons que Prong ait envie de revenir et que la sortie toute proche de leur nouvel opus Zero Days soit le déclencheur d’une nouvelle tournée européenne.)

 


The Vintage Caravan (12:50-13:30 // Valley)

Vintage Caravan

Dans tous les festivals, il y a forcément un groupe que tu ne connais pas, ou peu, qui te met une bonne grosse claque dans la face et qui marque ton festival d’une pierre rouge. Et bien pour moi ce sera The Vintage Caravan en ce dimanche midi. Le groupe venu d’Islande qui se produit dans la Valley devant une tente déjà quasiment pleine va tout déchirer sur scène avec ses compos d’un genre couvrant plusieurs styles, du stoner au rock psyché. Les festivaliers encore endormis seront rapidement réveillés par les riffs de malade du guitariste Óskar Logi Ágústsson, la basse lourde d’Alexander Örn Númason et les coups énervés de Stefán Ari Stefánsson sur sa batterie ! Comment ne pas se laisser entraîner par le riff de Midnight Meditation ou le refrain puissant de Crazy Horses ? Et comment ne pas être touché par le sublime morceau Innerverse et son excellent solo de fin ? Le groupe arrive même à masquer un problème de jack défectueux du guitariste sans que la plupart du public ne s’en aperçoive, tellement il est hypnotisé. Pour leur première participation au Hellfest, The Vintage Caravan ont vraiment assuré et seront, je l’espère, à nouveau programmés dans une future édition à un horaire moins matinal.

 


Motionless in White (13:35-14:15 // MainStage 1)

 


Regardes les Hommes Tomber (13:35-14:15 // Temple)

 


Hirax (14:20-15:00 // Altar)

Hirax

Quoi de mieux qu’un peu de thrash pour débuter l’après-midi ? Ce style était à l’honneur sous l’Altar lors de l’édition 2016, avec des groupes tels que Dust Bolt, Testament, Overkill, Sacred Reich…, cette année il y en a beaucoup moins et ce, à mon plus grand regret. Pas question alors de manquer Hirax. Séance de rattrapage pour les américains qui avaient été contraints d’annuler leur venue l’an dernier. Les thrashers se sont produits plusieurs fois dans des petites salles de notre région Toulousaine, nous sommes donc heureux de retrouver la tornade Hirax au Hellfest et voir ce que cela donne sur cette grande scène.

Quand on connaît un peu le groupe, on sait que Anne, la femme du chanteur les suit partout, faisant presque partie du groupe. Elle s’avance avec son micro et annonce le début du show à la façon d’une speakerine. Les musiciens débarquent aussitôt lançant les premiers accords de la décapante Hellion Rising issue de leur dernier album en date Immortal Legacy sorti en 2014. Très vite, la foule est emportée par l’énergie ultra communicative qui se dégage de la scène et les premiers circles pit prennent forme. Comme à son habitude, Katon W.De Pena met le feu, haranguant sans cesse les festivaliers, courant dans tous les sens et souriant à pleines dents, il semble totalement possédé (les yeux lui sortent presque de la tête délirant ! ). Que l’on aime ou pas son chant perçant, on peut dire qu’il assure, il chante impeccablement malgré son hyperactivité. Maîtrise technique et charisme, il a tout pour conquérir l’audience et ça fonctionne, le public ( que l’on aurait aimé plus dense) lui mange littéralement dans la main après quelques morceaux. Black Smoke, Lucifer’s Inferno, El Diablo Negro… Les titres véhéments aux rythmiques tantôt frénétiques tantôt groovy défilent, les riffs acerbes à souhait résonnent et la bonne ambiance règne sous l’Altar. Les musiciens se donnent à fond, que ce soit Mike Vega derrière les fûts ou les frères Harrison, Steve et Lance, respectivement à la basse et à la guitare. La belle complicité entre les quatre hommes fait plaisir à voir.

Les américains nous servent Bombs of Death en guise de final, un choix judicieux, diablement efficace!!! Hirax nous a envoyé du bon thrash old-school pendant une quarantaine de minutes et je dois dire que ça fait un bien fou !  

 


Black Star Riders (15:05-15:50 // MainStage 1)

 


Ghost Bath (15:05-15:55 // Temple)

Après la déferlante Hirax, place à la douceur obscure de Ghost BathC’est totalement par hasard qu’un jour, intriguée par une jolie pochette, je suis tombée sur l’album Moonlover (2015). J’ai fermé les yeux et je me suis laissée bercer par la musique. Une musique sombre, torturée et tellement belle à la fois…une grosse claque! L’album a d’ailleurs été très bien accueilli par la critique.

La bande s’est formée en 2012, se proclamant à l’époque, originaire de Chine créant ainsi la confusion. Véritablement basé en Dakota du nord, Ghost Bath est actuellement mené par Dennis Mikula, membre fondateur qui assure guitare, chant et clavier. Il est aujourd’hui accompagné des deux guitaristes John Olivier et Tim Church ainsi que du batteur Jason Hirt et de Josh Jaye à la basse. Ils se produisent pour la première fois au Hellfest après une tournée aux côtés de Katatonia et la sortie récente de leur troisième opus Starmourner.

Les américains montent en scène et démarrent avec Thrones, issue de leur dernière galette. Les gars n’y vont pas par quatre chemins et nous balancent d’entrée de jeu un morceau ultra intense. Jason martèle sa grosse caisse à coups de double pédale, accompagné par le son de basse opulent de Josh qui headbang comme un fou. On pourrait penser que trois guitares c’est trop…et bien non, les trois guitaristes se complètent, tant dans leur attitude que dans leur jeu. Ils enchaînent avec deux titres de Moonlover dont la sublime Happyhouse. Le chant de Dennis est tout simplement parfait, aussi maîtrisé qu’en studio, une voix black déchirante qui vient des tripes et qui prend aux tripes. Le public semble à la fois intrigué, dérangé, reposé…l’ambiance est toute particulière sous la Temple.
Une fois encore, je ferme les yeux et me laisse porter par les propos irascibles et magnétiques de Ghost Bath. Les américains nous feront voyager dans leur univers amphigourique et envoûtant pendant près d’une heure. Ils clôturent le set avec la très belle Luminescence.

Nous avons passé un super bon moment en compagnie du quintet qui nous a servi son excellent post black metal avec professionnalisme. Un beau voyage dans les méandres d’un esprit torturé, bercé par une musique atmosphérique, à la fois intense et mélancolique et où la violence et la douceur fusionnent parfaitement. C’était bon, c’était beau.
A revoir en salle et en soirée pour une immersion totale….

 


Ill Nino (15:55-16:35 // MainStage 2)

16h, il est temps d’aller bouffer de la poussière et prendre des coups de soleil sur la Mainstage : c’est Ill Niño, groupe de metal américain qui s’y produit actuellement. C’est une découverte pour moi, et pour être honnête, pas franchement une bonne. Si la musique n’est pas mauvaise, au niveau du chant c’est autre chose : les parties criées… bon c’est du cri quoi, mais dès que ça part en chant, là ça devient assez affreux. On croirait entendre mon cousin émo de 16 ans, enfin mon cousin espagnol de 16 ans, puisque le groupe étant constitué de latino-américains, ils parleront tantôt en anglais, tantôt en espagnol à coups de “Gracias” ou de “¿Dónde está el pogo?”. Après 40 minutes de cette étrange expérience, je me tourne vers la Mainstage 1, pour un concert avec des vrais émos cette fois.

 


A Day To Remember (16:40-17:30 // Mainstage 1)

Plusieurs personnes m’avaient prévenues : “ne va pas voir ça, c’est pas bien !”. Mais ayant écouté au préalable et apprécié certaines chansons, je fais fi de l’avis de ces gens médisants et m’en vais me faire mon avis par moi-même. Et bien, il se trouve que ces personnes n’avaient pas entièrement raison, ni entièrement tort. Si Ill Niño avait été un étrange mélange entre métal et mauvais pop-rock, on a cette fois un mélange étrange entre metalcore et mauvais pop-punk californien. C’est assez troublant : sur certaines chansons, comme Paranoia, ce mélange passe très bien, alors que sur d’autres non… Et de temps en temps on a une chanson de pur punk californien, qui ne passe pas du tout… pourtant je ne suis pas spécialement allergique à ce style, mais dans le cadre ça parait un peu hors contexte. A part ces points négatifs, au niveau du show, pas de problème : les musiciens sont pleins d’énergie et communiquent très bien avec le public. Que ce soit des confettis ou des rouleaux de PQ, ils aiment lancer des trucs dans la foule, et ça le festivalier il aime bien. Un concert pas si désagréable au final, mais si ce jour restera bien “a day to remember”, ce ne sera quand même pas grâce à eux.  


Beyond Creation (16:00-16:40 // Altar)

Beyond Creation

Vite, vite, je me précipite sous la tente voisine pour aller soutenir les copains de Beyond Creation qui se produisent également au Hellfest pour la première fois. Les québécois étaient venus en France fin 2016 pour une tournée en compagnie de Rivers of Nihil, Revocation et Obscura. J’avais eu la chance de faire deux dates et de les revoir en mai dernière lors du Knights of Metal à Barcelone, trois dates, trois excellentes performances et l’occasion de découvrir un peu plus cette bande de joyeux lurons talentueux.

Formé en 2005, Beyond Creation fait dans le death technique et progressif, s’inspirant des plus grand tels que Death ou encore Necrophagist. Toujours soucieux de bien faire et de progresser, le quatuor travaille aujourd’hui sur son prochain album qui succédera à Earthborn Evolution sorti en 2014.
Il est 16h, Simon Girard (chant/guitare), Kevin Chartré (guitare/choeurs), Philippe Boucher (batterie) et Hugo Doyon-Karout (basse), prennent position sur la scène de l’Altar. Ils amorcent le set en force avec la brutale Omnipresent Perception. Le son est plutôt bon, un peu trop fort cependant, ce qui dérange un peu lorsque l’on est placé sur les côtés, les enceintes vibrent beaucoup. Ceci étant, le show n’en sera pas moins bon, comme toujours, les gars envoient du lourd.
Le chant de Simon est puissant et parfaitement maîtrisé, je suis impressionnée, à chaque fois, par sa capacité à alterner entre growl et chant hurlé. Ajoutez à cela son aisance à la guitare, il nous offre de superbes plans mélodiques qu’il se partage avec Kevin qui brille également par son habileté sur sa huit cordes. À l’arrière, Philippe frappe ses fûts avec vigueur, précision tout en gardant cet air décontracté. La rythmique est doublée par la basse fretless six cordes d’Hugo. Arrivé en 2015, le bassiste n’a rien à envier à son prédécesseur (le très bon Dominic Lapointe), il assure comme un chef, nous régalant de somptueux plans bien techniques.
Le public les attendait et semble prendre énormément de plaisir, certains animent le pit pendant que d’autres restent là, bouche-bée, captivés par cette chouette démonstration technique. Les membres de Beyond Creation vont nous servir quelques uns de leurs longs et succulents morceaux comme Theatrical Delirium ou Fundamental Process. Quarante minutes de concerts, quarante minutes de prouesse technique et surtout, quarante minutes de pure plaisir !
Les québécois sont de brillants musiciens mais aussi de très belles personnes, ils sont toujours souriants, humbles et généreux et ne lésineront pas sur la communication avec les festivaliers. Encore une belle claque.

Merci !

 


Candiria (16:45-17:35 // Warzone)

 


Alter Bridge (18:25-19:25 // MainStage 1)

L’heure commence à avancer et on arrive au fur et à mesure aux plus gros groupes de ce dimanche, c’est maintenant Alter Bridge qui investit la Mainstage 1. 2 ans après son excellent concert avec Slash, sur l’exacte même scène, c’est aujourd’hui avec ses accolytes d’Alter Bridge que Myles Kennedy va déchaîner la foule. Et si la performance du groupe est largement à la hauteur de la Mainstage, c’est malheureusement le son de la Mainstage qui ne sera pas à la hauteur du groupe : est-ce que c’est à cause du vent, bien plus présent que les jours précédents, ou autre, nous ne pouvons pas savoir, mais les riffs et solos ultra précis des 2 guitaristes seront rendus de manière un peu trop approximative pour en profiter vraiment. Dommage, au vu de leur niveau et de l’excellence de leurs compositions : que ce soit sur les nouvelles chansons issues de leur dernier album The Last Hero, Show Me A Leader en tête, ou leurs meilleurs morceaux passés comme Cry Of Achilles ou Blackbird, Alter Bridge nous propose un set démentiel, malheureusement un peu gâché par la qualité du son. Un très bon moment tout de même pour tout le public de la Mainstage !

 


Equilibrium (18:35-19:35 // Temple)

 


Prophets of Rage (20:20-21:50 // Main Stage 1)

Prophets Of Rage

Il est temps de se retrouver sur la Mainstage 1 pour un des moments les plus attendus de ce festival, à savoir la venue des Prophets Of Rage, ce super-groupe composé des musiciens de Rage Against The Machine, accompagnés de Chuck D et DJ Lord de Public Enemy ainsi que de B-Real de Cypress Hill. Si qui que ce soit avait le moindre doute sur cette nouvelle machine contestataire, ce doute sera très rapidement dissipé tellement les américains vont mettre le feu. Assez fatigué par mes derniers concerts, je ne tiendrai pas assis plus de 3 chansons avant de partir rejoindre mes amis devant. Si la setlist du groupe comporte une première composition, Unfuck The World, c’est principalement des reprises de Rage Against The Machine qui vont nous permettre de nous défouler pendant ces quelques 1h30 de live. Le tout sera également entrecoupé de plusieurs reprises différentes : Fight The Power de Public Enemy, ou bien How I Could Just Kill A Man de Cypress Hill. Mais surtout, vers le milieu du concert, Tom Morello prendra le micro pour dédier une chanson à Chris Cornell, décédé quelques semaines auparavant, avec qui lui, Tim Commerford et Brad Wilk partageaient également le super-groupe Audioslave. C’est donc une reprise de ce même groupe qu’ils choisissent, Like A Stone, jouée en version raccourcie et sans chant, pour démontrer à quel point le chanteur leur manque. Un moment très émouvant : on peut lire une grande tristesse sur le visage de Tom pendant qu’il joue le morceau… Ce moment d’émotion passé, on peut repartir sur les chapeaux de roues avec Know Your Enemy et Bullet In The Head. Mais ce n’est encore rien comparé à ce qui arrive pour la fin, avec la cultissime Killing In The Name qui provoquera un moment d’hystérie générale dans le public. Malgré la fatigue provoquée par tant d’émotions, nous repartons convaincus d’avoir assisté à un des meilleurs moments de ce Hellfest 2017.

 


Five Finger Death Punch (21:55-22:55 // MainStage 2)

Qu’il est difficile de passer après les Prophets Of Rage… Mais heureusement Five Finger Death Punch ont de la ressource, et surtout un bon paquet de fans dévoués qui rempliront rapidement les rangs de la Mainstage 2. Ce n’était pourtant pas gagné : cette tournée 2017 se passait jusqu’alors très mal, les tensions entre les membres du groupe augmentant de manière exponentielle. Et c’est à peine une semaine avant le Hellfest que la goutte d’eau arriva : le chanteur Ivan Moody, au beau milieu d’un concert aux Pays-Bas, annonce qu’il quitte le groupe. Mais heureusement, sentant l’événement arriver, les autres membres avaient préparé un autre chanteur, Tommy Vext (ex – Westfield Massacre, Snot), qui les accompagnait sur la tournée. C’est donc lui qui a ce soir la lourde tâche de remplacer Ivan, tâche qu’il accomplira haut la main, et même s’il n’est pas prêt de le remplacer dans le coeur des fans, il aura au moins prouvé ce soir qu’il était à la hauteur – surtout pour un de ses premiers concerts avec le groupe. Que ce soit sur des chansons où il faut gueuler bien fort comme Wash It All Away, ou d’autres plus calmes comme la reprise acoustique de Wrong Side Of Heaven, le nouveau chanteur ne se démonte pas et assure jusqu’au bout. Il sera d’ailleurs le seul, de tous les groupes que j’ai vu, à faire une dédicace à la personne handicapée qui slamme à tous les concerts depuis le début du fest, qualifiant cela de “truc le plus métal qu’il aie jamais vu”. Parfait pour une des têtes d’affiche les plus métal de cette édition.

 


Linkin Park (23:00-00:45 // MainStage 1)

Il est 22h, et c’est maintenant la troisième tête d’affiche du weekend qui va se produire sur la Mainstage 1 : Linkin Park, pour un concert qui s’annonce polémique avant même d’avoir débuté. En effet, les évolutions électro-pop du groupe sur leur dernier album One More Light sont loin de faire l’unanimité, surtout parmi le public de métalleux nostalgiques d’Hybrid Theory du Hellfest. La question se posait alors : le groupe va-t-il proposer, dans un tel contexte, un set plus orienté métal, à base de leurs 2 premiers albums, ou des plus récents Living Things et The Hunting Party ? La réponse viendra rapidement, puisque la première chanson après l’intro sera Talking To Myself, chanson pop-rock issue du dernier album. L’effet sera immédiat, et se prolongera durant le premier tiers du concert environ : beaucoup de gens quitteront prématurément le concert, quand ils ne hueront pas simplement le groupe à chaque écart trop pop ou trop électro. Durant tout le concert, on observera ainsi une fracture nette entre fans absolus du groupe, massés devant la Mainstage et un peu éparpillés plus loin, et le reste des festivaliers qui regarderont le concert de manière bien plus critique. On pourra même observer un assez mauvais esprit de certains, allant jusqu’à se moquer du groupe en dansant la macarena, ou en lançant des pichets sur scène (l’épisode sera d’ailleurs marqué par la colère du chanteur Chester Bennington, engageant un combat de regard avec un lanceur de projectile). Une belle perte de temps sachant qu’il y avait au même moment un excellent concert d’Every Time I Die sur la Warzone, qu’ils auraient mieux fait d’aller voir au lieu de rager devant la Mainstage et qui aurait été bien plus constructif. Sinon, pour parler un peu plus de la prestation du groupe, on aura donc effectivement un set assez irrégulier, perdu entre métal, électro et pop. Si l’ensemble apparaît tout de même plus cohérent que ce que j’aurais imaginé grâce à une bonne énergie donnée par le groupe, on aurait évidemment préféré avoir des versions plus métal en live. Certains choix peu judicieux, comme la version dubstep de Castle Of Glass, ou la version piano de Crawling, clairement destinée à faire plaisir aux fans, feront malheureusement tâche au milieu des In The End et autres One Step Closer qui recevront elles un très bel accueil. On peut néanmoins mettre à leur crédit le fait de proposer une expérience assez différente en live, avec beaucoup de versions plus ou moins revisitées de leur répertoire. Malheureusement, après un ensemble en demi-teinte, le groupe enfonce le clou du côté obscur, en terminant le concert 15/20 minutes avant l’horaire prévu, sans faire le moindre rappel. Ce manque de respect est-il dû au comportement du public ? Nous ne le saurons probablement jamais, mais il est peu probable après tout ça que le groupe joue à nouveau au Hellfest dans le futur.

EDIT : Cet article avait été écrit avant l’annonce de la mort de Chester Bennington. Si l’événement ne change rien à la prestation du groupe ce jour-là, c’est quand même avec un regard tout à fait différent que nous nous souviendrons de ce concert. Si l’avenir de la formation sans lui est plus qu’incertain, nous savons tout de même aujourd’hui que c’était la dernière occasion d’assister à une prestation du groupe au complet. Que l’on ait aimé ou pas les dernières évolutions de leur musique, il est indéniable que Linkin Park aura marqué durablement toute une génération de fans de rock et de métal. Chester, tu étais un très grand chanteur et nous te regretterons. RIP.

 


Slayer (00:50-01:50 // MainStage 2)

Slayer

 


The Dillinger  Escape Plan(01:05-02:05 // Warzone)

Nous arrivons à notre dernier concert du Hellfest, et pas des moindres puisqu’il s’agit de The Dillinger Escape Plan sur la Warzone. Les américains sont là dans le cadre de leur dernière tournée avant séparation, c’était donc un concert à ne surtout pas rater pour tous leurs fans (et les autres aussi). Si la fatigue commence à se sentir de mon côté, les 3 jours de festival n’ont pas suffi à entamer la motivation de ces derniers. Et ils vont être récompensés par un show qui va tabasser : le groupe est ultra chaud et va se donner à fond malgré l’heure tardive. L’énergie déployée est vraiment folle et les chansons sont au final bien plus violentes qu’en version album. Un peu trop pour moi d’ailleurs, mais ça ne m’empêche pas d’apprécier quand même le show. Ce qui est sûr par contre c’est que le public devant la scène va lui réellement se déchaîner pour clore en beauté cette très riche édition 2017 du Hellfest. Il est alors temps de rentrer, la tête pleine de bons souvenirs et espérant que l’édition 2018 sera au moins aussi bonne que celle-ci !

 

Article : Fanny Dudognon & Sylvain Ginestet

Photos : Antony Chardon

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