Après sept ans d’absence aux plaines, le groupe Les Cowboys Fringants est venu entretenir une foule comble et clore la soirée du 11 juillet au FEQ avec la puissante combinaison d’un zèle infatigable et d’une expérience marquée de la scène festivalière.

Avec déjà vingt ans d’activité pour la formation québécoise, le spectacle semble pratiquement enchaîner des chansons à répondre tellement la foule chante à l’unissons avec Karl Tremblay. Ce dernier nous exprime sa joie et sa surprise d’être si bien soutenu par une aussi grande foule.

Les succès du groupe s’enchainent ainsi sur les aires de célébration, de nostalgie et de militantisme qu’on leur connait bien. Ayant ouvert sans trop d’attente avec Bye-Bye Lou, ce sont La Manifestation, En Berne, 8 Secondes et Plus Rien qui suivent dans un engouement énorme, résonnant comme de véritables hymnes sur les plaines. Plusieurs titres du dernier album Octobre sont également joués, dont la nouvelle formule garantissant la réussite de toute festivité depuis sa sortie en 2015; la chanson de beuverie Marine Marchande, en duo avec Frannie Holder de Random Recipe. Sous le vacarme du refrain “À boire, à boire car j’ai la gorge en feu…” est d’ailleurs distribué des bières en avant-scène.

Extérieur aux performances mêmes du groupe, nous pouvons apprécier une mise-en-scène ingénieusement montée. Permettant d’amplifier le caractère comique du groupe, nul autre qu’une troupe de clowns et de cracheurs de feu viennent égayer la soirée sur scène, par une animation et improvisation thématique au gré des chansons (Les premières rangées et photographes ont droit à de bonnes éclaboussures après que les clowns, effrayés par les flammes, s’improvisent pompiers). Les messages plus sérieux et engagés des morceaux tels que Plus Rien et La Reine sont pour leur part représentés par les magnifiques toiles animés de l’artiste Martin Bureau.

Depuis tout ce temps sur la scène québécoise, les membres de la formation semblent incarner chacun individuellement une partie indissociable du groupe. La très talentueuse Marie-Annick Lépine nous montre l’amplitude de ses habiletés musicales en passant aisément du violon à l’accordéon, à la mandoline, au piano et même au mélodica. Jean-François Pauzé, musicien compositeur responsable de l’écriture d’une bonne majorité des chansons, parcourt énergiquement la scène, s’assurant de combler l’espace dans un habit folklorique rouge vif. Jérôme Dupras, à la basse, nous fera quant à lui bien rire après s’être lancé dans la foule en ne conservant que son caleçon rose pétant. Accompagné par une petite section de cuivres aux complets hétéroclites, Karl Tremblay, conserve pour son compte une interaction constante avec la foule, enchaînant les morceaux avec la même vigueur qu’autrefois.

Terminant avec l’incontournable Les Étoiles Filantes face à une foule toujours pleine d’entrain, Karl se prononce émotivement sur l’aspect «mémorable» et «hors du commun» de ce show, en exigeant que les caméras se tournent vers la foule pour projeter les images des plaines pareilles à un «énorme champ de lucioles», scintillantes sous la mélodie familière de l’accordéon.

Dépassant légitimement le couvre-feu du FEQ, la formation nous offre un rappel rassembleur, telle une dernière accolade amicale avant de mettre fin à cette célébration collective. Nul autre que le guitariste de Voivod sera invité sur scène pour performer Heavy Metal (le band métal canadien figurant dans les paroles de cette chanson). La soirée se termine avec Le Shack À Hector, puis par une scène remplie de fans, invités pour chanter en choeur et dans une camaraderie marquée Tant qu’on aura de l’amour.

Enfin, les gens évacuent tranquillement les plaines, sourire aux lèvres et bien fiers de leur groupe national, pendant que le groupe des cowboys, tout aussi joyeux, quitte la scène après un «micdrop» improvisé du chanteur.

Auteur: Frédérick Deschênes

Photographe: Marie-Jade Morneau

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