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Après une soirée conférence sur la création en danse urbaine, la déconstruction d’une œuvre en direct par le biais de l’improvisation, un soir consacré aux court-métrages réalisés dans l’année entre des réalisateurs montréalais et des danseurs de danses urbaines et deux soirées de représentations diverses, le festival 100Lux conclut sa semaine pour consacrer deux créations originales, à la cinquième salle de la place des arts.

C’est le film Notre jour viendra de Romain Gavras et l’album Sagan Om Ringen de Bo Hanson, qui inspirent Sovann Prom Tep pour créer la pièce Presque trop tard. Désireux d’amener le public dans une atmosphère proche du conte, le duo, interprété par Sovann Prom Tep lui-même et Jean Édouard Pierre-Toussaint, évoque l’évolution d’une relation. Tiraillés entre les ambitions de chacun, les égos et les idées de grandeurs, les deux interprètes évoluent et se perdent, tout au long de la pièce. Véritable couple urbain, il s’agit pour eux de jouer avec l’intimité et l’abandon afin de mieux les accepter et de consolider leur duo, malgré leurs différences. Constamment dans l’étonnement, les interprètes ne laissent pas le public indifférent qui se perd avec eux. Les spectateurs suivent l’évolution de leur relation à deux, sans bien savoir où elle mène. Décor épuré, interprètes sans artifices, la pièce veut nous ramener à une réflexion essentielle, celle de la relation à l’autre. Parfois construite sur de la redondance, la création tient tout de même son audience en alerte grâce à l’ingéniosité de la composition chorégraphique et aux changements de situations entre les deux danseurs. Avec une empreinte hip-hop moins flagrante que les pièces présentées les soirs précédents, Presque trop tard peut surprendre son public ou au contraire l’amener dans un univers davantage contemporain, où musique flottante et diversité chorégraphique sauront en ravir plus d’un.

Saxon Fraser conclut cette soirée de festival avec sa pièce dis’traktƏd. Inspirée par l’omniprésence actuelle des réseaux sociaux et de la technologie en générale, la créatrice a voulu reproduire de façon théâtrale et dansée l’incapacité à réellement vivre le moment présent. Les interprètes évoluent tous dans le même monde, où chacun est déconnecté de soi. Cette distance influence alors les relations sociales et engendrent alors les difficultés que l’on connaît de nos jours comme la dépendance, les problèmes de couples ou encore la violence des informations et du monde. Beaucoup de thèmes sont abordés dans cette création, parfois sur le ton de la légèreté et de l’humour, parfois sur une note plus sensible, juste et enivrante. Au travers des danseurs talentueux qui l’accompagnent, la créatrice a réussi a faire ressortir en chacun un personnage qui amène le public dans son univers et lui permet ainsi de s’identifier à son propre quotidien. Dans sa création, l’artiste a aussi voulu montrer toute la diversité des danses urbaines. On peut alors y voir du krump, du wacking, du popping tout en décelant une démarche chorégraphique plus contemporaine où changements de costumes, d’univers, de composition musicale et chorégraphique s’enchaînent et ne se ressemblent pas, au grand bonheur de l’audience. Ayant travaillée pour le Cirque du Soleil, W&M Physical Theater et House of Dangerkat, c’est récemment que Saxon Fraser a créée cette compagnie, Juxtapose et nous montre un travail consciencieux et original qui a provoqué l’ovation du public montréalais.

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Auteure: Lea Villalba

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