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14 mai 2015 – Petite sortie du jeudi, c’est au Connexion Live que ça se passe. Nous allons découvrir l’univers neo apocalyptic folk de King Dude. Ce nom ne vous dit rien, sa tête ne vous dit rien ? De son vrai nom, Thomas J Cowgill, est le chanteur et guitariste des Book of Black Earth (blackened death metal), il a aussi joué au sein du groupe Teen Cthulhu (black hardcore). Ce soir, vous allez découvrir un tout autre personnage. Une petite mise en bouche est toutefois nécessaire avant de plonger dans l’obscur monde du King.

Il est 21h lorsque le Connexion Live est plongé dans le noir et que les italiens de Movie Star Junkies débarquent. Le groupe sortait un 4eme album nommé Evil Moods en 2014. Le set démarre et le chanteur extraverti est déjà en transe, chantant, criant, remuant au milieu du public. Il rejoint ensuite ses quatre confrères (plus discrets) sur scène. Le quintet nous balance un son hétéroclite pêchu mélangeant blues, folk, punk, pop. Une musique poisseuse qui transpire la rage, l’alcool et la démence. Le public suit, on applaudit, les têtes se meuvent et l’ambiance est déjà bonne. Le frontman, Stefano Isaia est habité, il nous conte ses chansons en se livrant corps et âme, n’hésitant pas à sauter ou s’allonger sur le plancher en véritable rock star euphorique. Les guitares crissent, la basse vibre et les rythmes cadencés par la batterie sont variés. Le tout est agrémenté par quelques notes de synthé judicieusement placées et le tintement du tambourin. Nous entendrons des titres comme Little boy, A lap full of hate ou encore Tongues of Fire. Le set s’achèvera avec un chanteur possédé dansant comme une fillette (ou un aliéné sous MD), les Movie Star Junkies nous quittent après nous avoir fait découvrir leur univers, à la fois troublant, crasseux, passionné et entraînant.

King Dude  sortait son 4eme album Fear l’an dernier. Avec 4 productions en l’espace de 4 ans, on peut dire qu’il est inspiré. 21h45, l’artiste prend place sur la scène et invite le public, qui était jusqu’alors assez éparpillé, à s’approcher. Fini le look métalleux, adieu la guitare électrique, adieu les cheveux long et les bras tatouées. King Dude est « classe » : chemise noire et cheveux gominés. Seul sur la scène, il se livre en chanson avec, pour unique partenaire, sa guitare sèche (un piano est tout de même posté en arrière plan, nous y reviendrons). Le set qu’il va nous délivrer sera entièrement acoustique, il abordera des sujets personnels et nébuleux tels que l’isolement, ses amours perdus, la drogue sans oublier ses nombreuses références au « fils de Satan ». A little bit of baby gonna make me wanna live again, Born in Blood, Jesus in the Courtyard, Lord I’m coming Home… Sa voix grave, puissante et envoûtante vous transporte, son charisme vous ébloui, l’audience écoute de façon quasi religieuse. S’abreuvant de son fidèle Jack Daniel’s (qu’il partagera même avec ses fans), le King prend ses aises et s’amuse avec le public, il aime ça, faire rire son public ! Il s’excusera des effets désinhibiteurs de l’alcool, il vendra le corps de son pote « Mon ami là-bas est célibataire et il a un gros … mesdames ». L’effet est immédiat, le public se marre et lui aussi. Il s’installera derrière son clavier, à 22h50, bravant la loi, le rebelle allume sa cigarette (petit clin d’œil à Saxon, il mentionne Denim & Leather) et joue. You know my lord,  I don’t want to dream Anymore. Il reprendra sa guitare pour terminer le spectacle. Une dernière dose d’humour lorsqu’il annonce le dernier morceau et que le public râle, faisant référence à Sonata Arctica: « Vous connaissez ce groupe ? » dit-il « Et bien il ne faut pas faire comme eux, il faut savoir s’arrêter avant de faire n’importe quoi». Merci! Nous avons bien ri! King Dude est un personnage haut en couleurs, un artiste de talent à la voix d’or qui se raconte dans une ambiance intimiste. Un show à la fois beau et sombre qui vous enivre, vous fait frissonner et vous faire rire voire même pleurer. Un concert à voir sans hésiter, un homme à découvrir ou à redécouvrir.

Merci au Connexion Live pour cette belle soirée en compagnie de King Dude et des Movie Star Junkies, une belle leçon de musique et d’humanité.

Auteur: Fanny Dudognon

Crédit photo: King Dude

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