Mercredi 03 Mai – Ça n’aura échappé à personne : Julien Doré vient de sortir un nouvel album, “&“, suivi d’une tournée dans toute la France et à l’étranger. De fait, nous voyons sa tête partout, sans savoir ce qu’il vaut vraiment sur scène. Voici la réponse.

Mais avant tout, commençons par le début avec une première partie extrêmement courte (environ 25 minutes). Sur scène, un groupe assez peu connu et que pourtant vous aurez certainement déjà entendu : Omoh. Ils ont en 2015 (alors que ce n’était qu’un duo) collaboré avec un certain Julien Doré sur son album Løve, triple disque de platine. Depuis, ils ont évolué, et c’est une composition de cinq musiciens qui apparaît sur la scène du Zénith ce soir. On se doute néanmoins assez rapidement du lien unissant les deux, ne serait-ce que musicalement. On retrouve une pop calibrée de la même manière, et un environnement proche (sans être tout à fait similaire) à celui qui suivra. Ils produiront toutefois pendant presque une demi heure une musique plus électrique, mêlant textes en anglais et français. Mais surtout, ce qui marque, c’est le manque de dispositif du groupe qui, n’ayant pour décor que les 4 lettres de leur nom sur pied, paraît assez “petit” sur la scène immense du Zénith. C’est quand même un excellent avant-goût qui aurait pu durer un peu plus longtemps, d’autant plus que Julien Doré enchaînera lui avec pas moins de 18 titres : une programmation logique mais déséquilibrée donc. On retrouvera toutefois certains membres d’Omoh dans l’entourage de ce dernier, ceci expliquant peut-être cela.

Le changement de plateau sera assez long et pour cause : il y a une lourde installation scénique en prévision. Il sera rythmé par les encouragements du public qui, au travers d’applaudissements répétés, inviteront l’artiste à débarquer sur scène. Ils n’auront pendant un moment comme réponse que des feintes assez comiques, où une simple note de clavier et une baisse d’intensité lumineuse feront croire à tout le public le début de la seconde partie, quand bien même rien n’était encore prêt – un bel ascenseur émotionnel qui trompera les plus impatients à trois reprises.

Enfin, le voilà qui arrive, dévoilant par la même occasion une scène dûment décorée. Un “&” en néon viendra remplir un bon tiers du fond, et servira durant tout le show d’écran pour diffuser des slow-motions. Quant aux musiciens (six en tout), ils sont éparpillés aux quatre coins de la scène, tandis que les deux machinistes sont disposés sur des piédestaux : la scène paraît soudain extrêmement étroite.  En vérité, le live sera en deux parties : tandis que les cinq six premiers morceaux sonorisent un véritable show de lumière, Julien Doré est irrémédiablement mis en avant, au travers par exemple de lumières directement braquées sur lui, contrairement au reste de la bande. On regrette là un manque d’énergie de la part des musiciens, et l’on comprend que cela met encore plus en lumière la star de ce soir. Pourtant, le deuxième acte va vite commencer, avec un leader beaucoup plus proche du public. Il enchaînera les prises de parole, mélange de blagues et de remerciements envers toute son équipe, mais aussi envers une école qui avait fait le déplacement. On y découvre un homme simple, accessible, en témoigne sa traversée du Zénith au milieu de la foule. Il fera retentir sa voix si particulière dans toute la salle, sur des morceaux tantôt sensuels (Coco Câline) tantôt plus rock (De mes sombres archives), tantôt anciens (Les Limites) tantôt actuels (Le Lac). Il fera aussi monter sur scène, à l’occasion de Kiss me forever, un très jeune guitariste qui avait envoyé à l’artiste des reprises de ses chansons ; geste très apprécié par le public qui hésite décidément entre l’altruisme et le charisme de Julien Doré. La longue prestation (qui sera rallongée qui plus est par trois rappels) passe finalement assez vite, et se finira sur une note de douceur avec un piano pour centre mélodique. On aura retrouvé le personnage Julien Doré, entre sympathie et bestialité ; mais aussi une bonne performance des musiciens qui contribuent tellement à l’atmosphère qui a inondé le Zénith. 

Finalement, j’avais assez peur d’un délire égocentré de “Juju” (entre l’absence totale d’infos concernant la première partie et le déséquilibre du chronomètre), mais il s’est montré très avenant et respectueux ce soir, assurant le show à la perfection. C’est donc une très bonne surprise, d’autant que le live apporte véritablement un plus comparé à l’album. Moins de douceur, des morceaux frôlant le post-rock et un chanteur qui habitera à lui seul l’immensité de la scène – entre poésie, sensualité et férocité.

Auteur : David Vacher
Photographe : Jérôme Jacques (Archive Thorium Magazine)

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