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21 juin 2015 – C’est un public un peu plus gêné qu’à l’habitude qui arrive au Parc Jean-Drapeau deux heures plus tard que prévu. Le set de Vilify a effectivement été annulé en raison d’un soleil tout aussi timide… C’est donc Forrest qui ouvre le bal sur la scène Moog Audio avec des mix suivant une tradition propre au house traditionnel avec un son toutefois très contemporain. Ses beats qui semblent minutieusement travaillés et ses grooves ensorcelants gagnent graduellement l’enthousiasme de la foule qui transforme encore une fois le pied de la Place de l’Homme en dancefloor alors que les cumulonimbus nous fichent finalement la paix. Le DJ adopte aux platines une attitude stylée et domine l’espace par sa présence comme sa musique. Il prend même le micro pour chanter live sur ses morceaux.

Simultanément, sur la scène Vidéotron Mobile, Toast Dawg et Ephiks formant le duo Payz Play Deejays nous servent un plateau de beats hip-hop originaux qui comportent souvent des mélanges de style inusités (par exemple du jazz ou encore de la musique latine). Leur synergie, leur camaraderie et leur esprit de jeu transpire sur les pique-niqueurs qui passent définitivement un bon moment. Ils sont finalement relayés par le Big Barbe Jojo Blues Band, c’est-à-dire Figure8 et FunkyFalz, qui rattrapent facilement le momentum de leurs prédécesseurs (peut-être parce que les quatres DJs ont chillé sur la scène ensemble tout au long de la journée). Leur mix funky et groovy de house ont un son accrocheur et le plaisir que les gars ont sur la scène est contagieux. Pendant ce temps, sur la scène Moog, Deadbeat prend le relais de Forrest avec un style de house plus propre au nightlife. Des mix simples qui semblent prioriser l’ambiance au party, ce qui calme les ardeurs dansantes amenées par Forrest. Il faut dire que la moitié de l’équipement qu’il utilise est de profil au public et qu’il ne nous a pas non plus fait part de ses talents en danse… Je suis donc plus tenté, comme plusieurs autres, par le Big Barbe qui réussissent facilement à faire danser tout le monde, eux.

À la fin de la soirée, tout le Parc Jean-Drapeau laisse la place à Jacques Greene, le DJ montréalais qui commence à se tailler une place à l’international-et avec raison!En effet, on comprend vite en quoi Greene est digne d’intérêt en assistant à un set aussi varié en ambiance, avec des mélodies et des harmonies ressenties sur des beats qui forcent à danser. Il n’hésite pas non plus à intégrer des styles complètement différents à l’occasion, comme du trap ou du techno. Ses drops, qu’il sait placer avec timing et originalité – ce qui est trop rare dans la scène électronique – sont clairement l’apogée de la soirée. Bref, son set reflète parfaitement la beauté d’une foule unie au nom du beat et de la danse!

Auteur & Photographe : Louis Desautels

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