Ho99o9

1 Décembre 2017. Le mois de l’aligot, du vin chaud, des gamins qui hurlent sous le sapin et des blagues racistes de tonton autour d’une table qui pourrait nourrir l’équivalent d’un petit village en Afrique. J’aime Décembre. Heureusement, Regarts Asso nous a concocté une petite soirée défouloir au Connexion Live. Les américains de Ho99o9 (ça se prononce oraureuh), débarquent en compagnie de Kate Mo$$ (comme la frange) et de nos Black Knives à nous.

On commence donc avec Black Knives et du hardcore de chez nous. Le groupe est déjà sur scène quand j’arrive, et les coreux bien postés devant la scène. Pas vraiment de surprise, les zicos bourrinent une demi heure sans fausse note : c’est lourd, c’est brut et au bout d’un moment ça titille même le gène de la mandale. Dans le pit on ne s’y trompe pas. Le ménage est fait régulièrement et les petits jeunes qui n’ont pas vraiment l’air de baigner dans ce milieu l’apprennent à leurs dépends. Si vous voulez vous en remettre une couche à la maison, les toulousains viennent de sortir les clips de leurs singles Zero Fucks Given, You’re Not So Special et The Price To Pay.

Après ce démarrage énergique, on passe à Kate Mo$$ … Et là ça coince. Déjà je dois avouer que -parfois- je ne fais pas très bien mon travail de grande reporter avant les concerts et je ne me renseigne pas à fond sur TOUS les groupes. C’était ici le cas. Et qu’elle ne fut pas ma surprise quand, non contente de voir arriver un batteur, un chanteur cagoulé et … un de leurs potes qui n’a pas bougé du set sur scène, se jette par terre une fringante jeune femme à moitié nue et prête à montrer ses meilleurs talents de strip teaseuse. Vulgaire et pauvre, voilà ce qui résume pour moi cette prestation de Kate Mo$$. Ne venez pas me faire croire qu’il y avait un intérêt musical ou un fond contestataire à cette prestation, si ça avait été le cas ces messieurs dans la salle n’auraient pas eu des airs de loup de Tex Avery la langue pendante quand je me suis retournée pour sortir de la salle.

 

Après ce petit interlude j’ai un peu de mal à me remettre dans l’ambiance, mais le duo du New Jersey (plus leur batteur) investi la scène. Ho99o9 fait une halte par chez nous en pleine tournée européenne pour la promotion de leur nouvel album : United States of Horror. L’univers du groupe est frappant autant visuellement que musicalement, leur entrée en scène le prouve : cagoule et montée en tension progressive, la tempête se prépare. Le public est déjà à fond des les premières notes. Ça saute et ça se bouscule dans le pit, ceux qui ont peur de la promiscuité – ou de se retrouver collé à un inconnu dégoulinant de sueur – ne sont pas à leur place. Le duo monte en puissance à mesure que les morceaux se font apocalyptiques. Ceux qui cherchent un exutoire dans la musique devraient prendre exemple sur The OGM et Eaddy et leurs voix mélodieuses. Le set est pourtant étonnement clean, le son est évidement fort, mais les morceaux sont exécutés au poil et les rappeurs sont au taquet du début à la fin. En sueur, certes, mais toujours au taquet. La scène est comme en communion avec la salle ce soir, plus le public donne, plus les musiciens répondent, et inversement. Points d’orgues du show : Eaddy qui prend l’envie soudaine d’aller sauter depuis le balcon du premier étage, ce qu’il a fait, mais rassurez-vous on l’a récupéré, et la venue d’un très jeune fan sur scène, dorénavant nouvelle mascotte du groupe. Ah et de nouveau un saut depuis le balcon du premier étage, par ce que chez Ho99o9 on est des déglingos. Le groupe repart avec un grand sourire aux lèvres et moult remerciements.

 

Une soirée pleine de surprises sommes toutes, mais pas inintéressante. Merci à la salle, aux organisateurs et aux groupes.

Auteure : Anaëlle Martin

Photographe : Antony Chardon.

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