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En retrait des Plaines d’Abraham et du brouhaha de la Grande-Allée se trouvent plusieurs endroits plus discrets sur la rue St-Joseph. Ainsi, si on désire sortir, mais ne pas faire la fête à s’en déchirer les tympans, il est possible de prendre part à une soirée de musique électronique décontractée à des bars comme le District St-Joseph, comme en ce 9e jour du Festival d’Été de Québec.

M.I.M. (Andrei Herran) ouvre la soirée avec une introduction très marquée par le disco: le funk est on-ne-peut plus présent! Par le biais de la 3e chaîne du mélangeur, il ajoute une trame de fond de drums de house: cela a pour effet d’ajouter une touche moderne aux chansons disco. Loin de céder sa place pour la soirée, M.I.M. ne sera jamais trop loin de la scène, prêtant souvent main forte à Gab Rhome.

C’est dans un tel effort collaboratif que Gabriel Rhéaume (de son vrai nom), natif de Québec, prend le contrôle des platines. Pendant trois heures, sa performance est marquée par une grande infusion de tech house : parmi les morceaux joués, on écoute « I Got You » de Lucio Aquilina, « Crackhouse » de Peter Horrevorts et « Danza Danza » de Kaiserdisco. Comme style de musique, c’est plus sec, et c’est voulu: on veut laisser le rythme de la batterie et de la basse s’exprimer. Mais, de l’aveu même du principal intéressé, ça manque un peu de dynamisme pour la foule; il adapte donc son set en conséquence. Ainsi, plus tard dans la soirée, on peut entendre quelques morceaux issus de l’univers Anjunadeep comme « Kill For Love » de Clarian et « Falling » de Cubicolor. Ça culmine avec le dynamique morceau “Personal Space” de Yotto, qui, selon Gabriel, effectue une transition parfaite entre le deep et le progressif. Les spectateurs ne peuvent demander mieux pour danser sur le parterre.

Gab Rhome et M.I.M. prouvent une fois de plus que la musique électronique peut être douce et tempérée, sans rien sacrifier de la teneur musicale. Parallèlement, en marge d’ÎleSoniq, on pourra assister aux spectacles d’Andrew Bayer au New City Gas et Pomo au Newspeak. Idéal pour ceux qui veulent expérimenter une portion du festival électro!

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NDLR – Véritable gentleman, Gab Rhome a pris le temps de répondre à quelques questions concernant son parcours musical ainsi qu’un bref aperçu de ses prochains projets. Il fournit même des conseils à ceux qu’ils désireraient percer dans l’univers de la musique électronique!

Thorium : Quel a été l’élément déclencheur pour te mettre à la production de musique?
C’est venu très naturellement : je suis dans le milieu de la musique depuis que j’ai 6 ans et j’ai une nature très curieuse. Lorsque j’ai découvert la musique électronique, j’ai tout de suite voulu comprendre le processus derrière la création.

Thorium : Qu’est ce qui est venu avant: le mixing ou la production?
Production, mixing dans les secondes suivantes.

Thorium : Avec quels outils t’es-tu initié à la composition de chansons?
Un vieil ordinateur portatif, Cubase et beaucoup de courage pour surmonter le manque d’équipement. J’ai développé le système très vite après les premiers gigs et sorti pour un setup entièrement analogique.

Thorium : Comment es-tu entré en contact avec Anjunadeep?
Ce sont eux qui m’ont contacté : après avoir essayé de signer une de mes chansons sur All Day I Dream en licensing, ils ont exprimés le désir de me signer comme artiste officiel. Le responsable du A&R et moi sommes devenus de très bons potes peu après, ayant fait des sets back to back en Égypte, Bahreïn et New York jusqu’à maintenant.

Thorium : Quelle a été ta réaction quand un des membres d’Above & Beyond t’as demandé de faire le Guest Mix sur l’émission ABGT?
Très grande fierté, car ce sont les premiers artistes d’électroniques que j’ai écouté religieusement. Un sentiment de coming full circle!

Thorium : Parle-nous de ton expérience à la résidence d’Anjunadeep en juin!
Très bonne expérience; j’ai toujours aimé la foule anglaise et les événements Anjunadeep sont le genre d’endroit où tu es libre d’explorer musicalement, car ils ont une clientèle tellement diverse. À refaire!

Thorium : Outre ta prochaine édition du podcast Anjunadeep, d’autres surprises à venir
J’ai un nouvel opus qui vient tout juste de sortir sur Kindisch, 3 remixes qui sortent d’ici l’automne et d’autres trucs secrets pour Anjunadeep. Je serai à Black Rock City pour Burning man et j’ai aussi une tournée en Asie pour octobre.

Thorium : Quels conseils donnerais-tu à ceux qui désirent se lancer dans la production de musique électronique?
De développer sa patience: ça prend souvent plusieurs années avant d’avoir un résultat qui soit à la hauteur des labels importants. Il est très important de ne pas se dépêcher de sortir sur la première étiquette qui veut signer: de sortir sur une mauvaise maison peut amener beaucoup plus de négatif que de positif.

Thorium : Enfin, pourquoi un nœud papillon à la place d’une cravate?
Je suis un jour tombé dans une rivière à courant très rapide. Les cascades me poussant sur les rochers jusqu’à faire une commotion cérébrale, je ne me rappelle de rien. Tout ce que je sais c’est qu’en me réveillant, il y avait un nœud papillon qui me faisait du bouche-à-bouche et m’a ainsi sauvé la vie. Depuis ce jour je le porte constamment à mon cou.

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Auteur: Mathieu Bonin

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