Fool's Gold

29 avril 2015 – Je m’attendais, en arrivant au Connexion, à voir la salle déjà bien remplie pour accueillir les Fool’s Gold et leur rock californien ethnique. Et pourtant, à l’intérieur, c’est vide et la terrasse n’a pas un taux d’occupation beaucoup plus élevé. Tout en m’interrogeant sur la suite et l’ambiance de la soirée, je patiente les 50 minutes qu’on nous fait endurer entre l’ouverture officielle des portes et le début effectif du concert. A 20h50, les toulousains d’Alpaga assurant la première partie commencent leur set dans une salle aux deux tiers vide.

Sans se laisser démonter, le quatuor lance The ants et enchaine sur Sabotage, devant des spectateurs en retrait qui ont du mal à se chauffer à la pop noise du groupe.  La chanteuse Alexandra fait son possible pour détendre la salle, un petit « coucou » tout mignon, des invitations à s’approcher, mais ça reste laborieux et  les autres membres sont bien silencieux. Pour faire bouger tout ça le groupe alterne des sons pop tout doux et des riffs plus funky, plus rock, avec des titres comme Mirroridors ou High Tech tirés de leurs différents EP. L’immobilisme de la salle n’empêche pas le groupe d’envoyer des morceaux exécutés parfaitement et les applaudissements se font quand même plus chaleureux au fur et à mesure du set. Quand Alexandra annonce « y’a un poème qui dit que toutes les bonnes choses ont une fin » les premières notes de Our Sun résonnent, ce sera le dernier morceau du groupe pour ce soir, il est 21h30. Petite déception pour cette première partie. Ils auraient mérité plus d’ambiance, mais souffrent d’une trop grande différence de style avec le groupe principal pour que la sauce prenne vraiment. La chanteuse a sûrement  eu une prémonition en lançant en début de set  « Vous êtes venu pour Fool’s Gold ?! » puisque la salle presque vide jusque là, connaîtra un pic d’affluence avec l’arrivée des californiens. C’est en effet pour Fool’s Gold qu’on est venu au Connexion ce soir.

Bon, on va quand même attendre encore 30 minutes avant que les américains ne débutent le show, c’est un petit soulagement quand je les vois monter sur scène à 22h. C’est la quatrième fois qu’ils passent à Toulouse, ils sont à l’aise et entament leur set avec l’entêtant Poseidon  (chanté en hébreu s’il vous plait) un des titres de leur premier album Fool’s Gold. Ils sont 4 sur scène, derrière, batterie et bongo, devant les 2 membres fondateurs : Luke Top chanteur/bassiste accompagné de son acolyte l’excellent et chevelu  guitariste Lewis Pesacov. Niveau ambiance, on monte de pas mal de crans et, dès le premier morceau, la salle danse sur les rythmes entraînants. Gros contraste donc avec le début de la soirée. Les solos de guitare s’enchainent sur des sons chaleureux d’inspiration multiculturelle, signature du groupe. On bougera sur Tel Aviv ou Street Clothes  tirés de l’album Leave no Trace et sur Flying Lessons ou le très bon I’m in Love, extrait du très récemment sorti Flying Lessons. L’installation de bongos et cloches diverses derrière les deux frontmen apporte la touche ethnique de la formation, la batterie insistante donne l’impulsion aux danseurs, qui ne se privent pas pour s’éclater. Il fait chaud et on peut voir de gros smiles sur les visages, dans l’assistance comme sur scène. Les quelques tentatives ratées de communication de Luke avec le public (le californien a quand même un sacré accent) ne semblent pas perturber la salle, mais coupent un peu la belle aisance du chanteur. C’est un peu moins d’une heure après le début du set que les musiciens annoncent le dernier morceau. L’habituel départ-puis-retour-sur-scène marque le début du premier rappel, qui sera suivi à ma grande surprise, d’un second, où le groupe décide de jouer en totale interaction avec un public ravi. Gros applaudissements, des spectateurs qui en redemandent, on espère …. On attend …. Mais Fool’s Gold  ne reviendra  pas sur scène, à 23h08 le show prend définitivement fin.

C’est sur cette note que se termine une soirée contrastée, voire mitigée par moment, mais musicalement riche, pleine de belles découvertes et de décontraction, qui a amené un peu de bonne humeur dans la salle du Connexion Live.

Auteur : Anaëlle Martin

Photos : Antony Chardon

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